Ca­té­go­rie mai­son de ville

Va­rier les usages

Maison et Travaux - - Sommaire - Texte : Pau­line Mal­ras. Pho­tos : An­to­nio Duarte.

Ré­no­ver sa mai­son étage par étage, c’est l’idée d’Anne et Sa­muel, tous deux ar­chi­tectes et pro­prié­taires d’une mai­son de 1930 à Lille. En­semble, ils re­pensent en­tiè­re­ment la dis­tri­bu­tion dans un pro­jet mo­du­lable et réa­lisent eux-mêmes une grande par­tie des tra­vaux. Le chan­tier dure cinq ans, le temps de voir gran­dir les en­fants et de s’adap­ter à l’évo­lu­tion des be­soins de la fa­mille.

Un pe­tit jar­din, de hauts pla­fonds et des cheminées en marbre, Anne et Sa­muel re­con­naissent au pre­mier coup d’oeil le po­ten­tiel de cette mai­son de ville, mal­gré l’état de dé­la­bre­ment dans le­quel la laissent ses an­ciens pro­prié­taires. Des ma­té­riaux d’ori­gine pré­ser­vés et la pos­si­bi­li­té de faire tom­ber toutes les cloi­sons, c’est tout ce que re­cherchent nos deux ar­chi­tectes pour réa­li­ser une habitation évo­lu­tive dans la­quelle ils ver­ront gran­dir leurs en­fants. Pour l’heure, le rez-de-chaus­sée est ha­bi­table, le couple s’y ins­talle le temps de réa­li­ser la pre­mière phase de tra­vaux.

La mai­son évo­lu­tive

Ils s’em­parent d’abord du pre­mier étage en y amé­na­geant une grande salle de bains, une suite pa­ren­tale et une pe­tite chambre. Les tra­vaux s’achèvent tout juste à temps pour l’ar­ri­vée de leur bé­bé. Au mo­ment de conce­voir ces trois pièces, la suite du pro­jet est dé­jà dé­ter­mi­née. Puis­qu’ils savent qu’à terme la grande salle de bains se­ra

des­ti­née aux en­fants, ils pré­voient une ali­men­ta­tion et une éva­cua­tion suf­fi­santes pour pou­voir conver­tir la pe­tite chambre en salle d’eau. Pour la nais­sance du se­cond, le deuxième étage est in­ves­ti. Deux chambres et une ca­bane, sur­mon­tée d’une mez­za­nine, sont amé­na­gées. Sur ce ni­veau vo­lon­tai­re­ment ou­vert, les en­fants pro­fitent de l’es­pace pour se re­trou­ver et jouer. S’ils sou­haitent s’iso­ler, il leur suf­fit de faire cou­lis­ser leur porte. Lorsque la pe­tite der­nière est en âge de re­joindre son frère et sa soeur, la pièce cen­trale de­vient une chambre et la mez­za­nine un coin lec­ture. Au­jourd’hui, le vo­lume sous-pente est à son tour une chambre, l’an­cienne ca­bane, un dres­sing. Par ailleurs, la mo­di­fi­ca­tion du rez-de-chaus­sée se concentre sur le cou­loir d’en­trée et le sé­jour. La cui­sine est amé­lio­rée, et un bu­reau prend la place de l’an­cienne salle de bains.

Entre cui­sine, salle à man­ger et sé­jour, il n’y a plus de cloi­son

Ex­ploi­ter chaque re­coin

Dans cette mai­son, les cir­cu­la­tions in­utiles sont ban­nies ! D’ailleurs, tout le cloi­son­ne­ment d’ori­gine est dé­mo­li pour or­ga­ni­ser la nou­velle dis­tri­bu­tion des pièces.

Entre le tra­di­tion­nel cou­loir qui mène à l’es­ca­lier de la mai­son 1930 et le sa­lon, le mur de sé­pa­ra­tion est ou­vert pour y in­sé­rer un meuble tra­ver­sant. Il est à la fois une cloi­son entre les deux es­paces, un élé­ment de mo­bi­lier pour l’en­trée et une bi­blio­thèque pour le sé­jour. Dans un jeu de niches aléa­toires, ce qui est plein d’un cô­té est creux de l’autre, et in­ver­se­ment. À l’étage, c’est le dres­sing qui sert de sas entre la chambre, la salle d’eau et la salle de bains. Il est for­mé de deux blocs noirs, fermés par des portes cou­lis­santes blanches. Ils res­serrent le pas­sage vers le coin des pa­rents.

Lu­mière na­tu­relle à tous les étages

Anne et Sa­muel tiennent à ce que dans chaque pièce de vie, la lu­mière cir­cule de fa­çade à fa­çade, tout en conte­nant d’éven­tuelles sur­chauffes. C’est pour­quoi ils font le choix de concen­trer les es­paces ser­vants tels que le cel­lier, le dres­sing ou en­core les w.-c. au centre de la mai­son. Dans les étages, ils fa­briquent eux-mêmes des cloi­sons cou­lis­santes trans­pa­rentes avec des pan­neaux de po­ly­car­bo­nate. Le ma­té­riau sert aus­si de cloi­son sé­pa­ra­tive, ou d’im­poste. Afin de ré­pondre au mieux aux nou­velles exi­gences ther­miques,

Ils s’em­parent d’abord du pre­mier étage

une iso­la­tion in­té­rieure com­plète a été réa­li­sée. En outre, 15 cm de laine de verre sont ap­pli­qués dans les plé­nums entre le rez-de-chaus­sée et le pre­mier et une sur­élé­va­tion de quelques cen­ti­mètres entre les deux der­niers ni­veaux per­met d’at­teindre 20 cm d’épais­seur d’iso­lant. Une chau­dière basse consom­ma­tion et une ven­ti­la­tion double-flux contri­buent au confort de la mai­son ●

Une habitation évo­lu­tive dans la­quelle gran­dissent les en­fants

3. Le cou­loir s’ouvre sur un sé­jour vo­lon­tai­re­ment dé­cloi­son­né.4. Par­quet, pla­fonds et cheminées de marbre consti­tuent le ca­chet de l’époque.

1. La mai­son d’Anne et Sa­muel ne change pas d’as­pect à l’ex­té­rieur. Ses me­nui­se­ries sont ré­centes et la toi­ture était en bon état.2.L’en­trée tout en lon­gueur est ty­pique d’une mai­son de ville des an­nées 1930.

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1. Le pa­lier était au­tre­fois un es­pace de jeu entre toutes les chambres, il sert au­jourd’hui de bu­reau pour les de­voirs.2. La ca­bane cen­trale des en­fants est de­ve­nue un ran­ge­ment. fe­nêtre de toit pour un ap­port de lu­mière na­tu­relle. Elle de­vien­dra un jour une chambre. 14. Les portes sont rem­pla­cées par des cloi­sons cou­lis­santes que les en­fants ouvrent ou ferment au gré des en­vies.

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3. Iso­lée et dou­blée, la mez­za­nine re­çoit une 3

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