EN TOUTE DEPENDANCE

Maisons Normandie - - Sommaire - Re­por­tage : Co­rinne et Gilles Tar­gat

Cette de­meure au coeur d'un grand parc se dis­si­mule sous l'au­to­ri­té des grands arbres qui lui font une haie d'hon­neur. Elle n'était au­tre­fois que la dé­pen­dance du châ­teau voi­sin. Dans cette ré­gion bé­nie du Val de Saire où l'agri­cul­ture et le lit­to­ral forment un couple com­plé­men­taire, les pro­prié­taires ont su ex­ploi­ter toutes les res­sources de cette vaste mai­son pour y créer deux uni­vers pa­ral­lèles où le contem­po­rain trouve un juste équi­libre avec la tra­di­tion.

Au bout de la route qui des­sert la mai­son, le port de Bar­fleur se dé­voile et prouve que son clas­se­ment par­mi les plus beaux vil­lages de France n'est pas dû au ha­sard ! Au­then­tique et pit­to­resque, Bar­fleur est aus­si une des places his­to­riques de l'his­toire de la Nor­man­die. C'est de ce port que par­tit Guillaume le Conqué­rant pour la ba­taille d'has­tings en 1066 à bord du Mo­ra, vais­seau cons­truit dans ce port. Une stèle or­née d'un mé­daillon en té­moigne. Dans ce vaste ter­rain de deux hec­tares et de­mi, la grande mai­son ne manque pas d'es­pace pour s'ex­pri­mer, un ruis­seau ser­pente entre les arbres cen­te­naires dis­til­lant son chant apai­sant et fluide. Quelques ca­nards se pro­mènent sur la vaste pièce d'eau qui fait face à la mai­son dont les pro­prié­taires, oc­cupent la par­tie cen­trale. Ces bâ­ti­ments de­puis 1850 abri­taient granges et écu­ries n'avaient pas d'ou­ver­tures sur le jar­din lors de l'ac­qui­si­tion en 1980. Le pre­mier gros chan­tier fut d'y per­cer portes et fe­nêtres en im­por­tant les ma­té­riaux de­puis les mu­rets bor­dant la pro­prié­té. Tous les tra­vaux, éche­lon­nés pen­dant plus de vingt ans ont été réa­li­sés par des en­tre­prises lo­cales. En 2014, les pro­prié­taires choi­sis­saient d'ex­ploi­ter les ailes de la de­meure et les re­con­ver­tir en deux gites mo­dernes et confor­tables. Les mai­sons ont pris le nom des fleurs qui illu­minent le jar­din, l'une est ain­si nom­mée gun­ne­ras tan­dis que l'autre à pris le nom d'aga­panthes. Dès l'ex­té­rieur, leurs fa­çades pré­sentent des phy­sio­no­mies bien dis­tinctes. A gauche, dans la mai­son des gun­ne­ras, une baie vi­trée illu­mine la chambre à cou­cher tan­dis qu'à l'op­po­sé, la mai­son des aga­panthes à conser­vé les pe­tites ou­ver­tures des écu­ries d'au­tre­fois.

De la na­ture avant toute chose

Dans cha­cune de ces dé­pen­dances, les vastes es­paces de sé­jour en été op­ti­mi­sés en y in­té­grant une cui­sine ou­verte pour en faire un lieu de vie dé­dié au bien être. Une chambre est ins­tal­lée au rez de chaus­sée et un es­pace nuit est amé­na­gé à l'étage. Si les confi­gu­ra­tions sont si­mi­laires, les deux amé­na­ge­ments sont ra­di­ca­le­ment dif­fé­rents, la maî­tresse de mai­son a te­nu à per­son­na­li­ser chaque es­pace avec un soin par­ti­cu­lier aux ma­té­riaux nobles et à une dé­co­ra­tion contem­po­raine qui ne re­nie pas le ca­rac­tère tra­di­tion­nel de la de­meure. Les gun­né­ras s'ouvrent sur un sé­jour aux do­mi­nantes chaudes, le mur du sa­lon peint en orange vif ré­pond au mur de pierre qui lui fait face, un es­ca­lier mo­derne en mé­tal fait sur me­sure per­met l'ac­cès à la chambre de l'étage. En rap­pel de l'art du cuivre de Ville­dieu les poêles, quelques ac­ces­soires de cette belle ma­tière po­sés sur un éta­bli an­cien viennent rap­pe­ler les to­na­li­tés chaudes tout en pré­ser­vant la mé­moire du tra­vail de la ré­gion. Cô­té cui­sine, au­tour d'un évier en cé­ra­mique, le pia­no règne en maître, cou­ron­né par une hotte en verre et mé­tal, L'îlot et la table à por­tée de main pour des re­pas convi­viaux com­posent l'ode au par­tage qui ca­rac­té­rise si bien cette mai­son. La chambre à la­quelle les pro­prié­taires ont as­so­cié une salle de bains en en­fi­lade a pour ciel de lit les fermes de la char­pente dé­li­ca­te­ment re­peintes en gris. Le mo­tif fo­res­tier du pa­pier an­glais ré­pond au pay­sage qui se dé­voile par la grande baie qui donne sur le parc ar­bo­ré.

Une ode au par­tage

Une dé­co­ra­tion na­ture et mo­derne

Der­rière les mas­sifs fleu­ris pa­rent les belles pierres do­rées, de mo­destes ou­ver­tures qui rap­pellent le pas­sé de la mai­son, qui fut ja­dis écu­ries. Le sé­jour que com­plète son coin sa­lon est peint de blanc que re­hausse la pé­tillante cou­leur des poutres du pla­fond. Une somp­tueuse ar­moire nor­mande en chêne trône au centre de la pièce fai­sant le lien entre les es­paces L'an­cienne che­mi­née a trou­vé une re­con­ver­sion en de­ve­nant plan de tra­vail et table de cuis­son, l'es­pace pour la hotte était tout trou­vé, un pa­re­ment de bri­quettes com­plètent l'as­pect tra­di­tion­nel cher aux pro­prié­taires. La chambre du rez de chaus­sée est com­po­sée comme une suite qui se conclut par une baie vi­trée s'ou­vrant sur une ter­rasse, la hau­teur sous la char­pente re­peinte de gris ap­porte une élé­va­tion au des­sus du lit for­mant une al­côve pro­pice aux rêves les plus doux. L'étage est do­té d'un es­pace nuit très fonc­tion­nel qui fait le bon­heur des en­fants qui adorent al­ler se ta­pir dans la mez­za­nine créée au des­sus des cou­chages. L'es­prit ate­lier règne, avec une salle de bains ni­chée dans un es­pace vi­tré dans la même veine que la fe­nêtre qui sur­plombe l'es­ca­lier avec vue sur la na­ture.

Les mas­sifs fleu­ris co­lorent les murs des aga­panthes.

En 1966, le mé­daillon de bronze dû à Jo­sette Hé­bert­co­ef­fin fut scel­lé sur un ro­cher pour com­mé­mo­rer les 900 ans du dé­part de Guillaume pour l'an­gle­terre.

Ci-des­sus : une lampe de table in­dus­trielle qui trouve sa place idéale face à la ver­rière. Ci-des­sous :les cuivres de Ville­dieu-les­poêles pour la cou­leur lo­cale.

Ci-des­sus : har­mo­nie de jaunes et de lignes pour des nuits se­reines. Ci-des­sous : la salle de bains est com­po­sée comme une ca­bine aux ac­cents in­dus­triels.

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