Marianne Magazine

Pe­tit fes­ti­val de­vien­dra grand

- MA­RION GUILBAUD

Pour exis­ter face aux grands raouts que sont les Eu­ro­ckéennes ou les Fran­co­fo­lies, les jeunes fes­ti­vals se trans­forment en la­bo­ra­toires ar­tis­tiques, cultu­rels et po­li­tiques. Car, au­jourd’hui, payer (cher) sa place pour al­ler voir (sou­vent loin) le même groupe qu’ailleurs ne suf­fit plus. Au Rush Fes­ti­val, c’est un ar­tiste, Ro­dolphe Bur­ger, qui ras­semble sous le signe de la transe les Toua­regs de Bom­bi­no, le chant cha­ma­nique de Jeanne Ad­ded et le sor­cier du son Ar­naud Re­bo­ti­ni. Pour le gui­ta­riste al­sa­cien, « la mu­sique vise à nous bous­cu­ler, à nous faire sor­tir de nous­mêmes ». S’ou­vrir aux autres est aus­si un des cre­do de We Love Green, pen­dant le­quel Pierre Rabhi est aus­si bran­ché que Bjork… Top rin­gardes, les mer­guez-frites ! Ici, on mange bio et ve­gan, tout en dé­bat­tant sur com­ment sau­ver la pla­nète et en po­go­tant sur Beck. Entre deux ré­vé­la­tions de l’an­née (An­gèle et Mo­ha la Squale), ren­dez-vous donc au think-tank pour évo­quer la souf­france ani­male et la tran­si­tion éner­gé­tique. Même bobo at­ti­tude chez This Is Not A Love Song. Cette conven­tion du rock in­dé­pen­dant ras­sure avec quelques grands noms (Phoe­nix, Sparks…), mais fait aus­si la part belle à la dé­cou­verte. Fon­cez et, bien­tôt, vous fri­me­rez en ayant vu avant tout le monde le col­lec­tif Su­pe­ror­ga­nism. En prime : sa­lon de ta­touage, ate­lier de sé­ri­gra­phie et de coif­fure avec des fleurs. Sur­fant sur une vague éco­ci­toyenne par­fois op­por­tu­niste, bien­ve­nue dans les fes­ti­vals du XXIe siècle !

 ??  ?? THIS IS NOT A LOVE SONG, À NÎMES, “Ti­nals”
pour les connais­seurs, fête ses 6 ans.
THIS IS NOT A LOVE SONG, À NÎMES, “Ti­nals” pour les connais­seurs, fête ses 6 ans.

Newspapers in French

Newspapers from France