Marianne Magazine

“L’AN PRO­CHAIN, JE METS 20 À TOUT LE MONDE”

- France · Marseille · Niger

De­puis mar­di 22 mai, les pro­vi­seurs des éta­blis­se­ments se­con­daires de France sont sur le pied de guerre. Entre élèves dé­pi­tés et pa­rents an­gois­sés, ils enchaînent ren­dez-vous sur ren­dez-vous pour ten­ter d’apai­ser craintes et rage. Mais eux-mêmes sont dé­pi­tés et en co­lère. « Je garde l’es­poir que tout ce­la se dé­cante, mais je suis très sur­pris des af­fec­ta­tions au sein des facs, grogne ce pro­vi­seur ad­joint d’un ly­cée

de Seine-et-Marne qui

sou­haite res­ter ano­nyme. Je pense no­tam­ment à cet élève de ter­mi­nale S, qui a 17 de moyenne en mathématiq­ues, qui n’a de­man­dé que des li­cences de maths et qui, mal­gré ce­la, est en at­tente par­tout. » Ma­rie-Pierre Chabartier, qui di­rige le ly­cée pri­vé Pro­vence à Mar­seille, est, elle, ou­trée : « Si je de­vais faire un ra­pide bi­lan : les élèves moyens sont pris dans leurs voeux, les élèves mau­vais et très bons ne sont pris nulle

part. C’est la ca­tas­trophe, on at­teint les som­mets de la mé­dio­cri­té. » La chef d’éta­blis­se­ment dé­nonce aus­si les in­co­hé­rences dans

le choix des uni­ver­si­tés : « La fac de mé­de­cine de Mar­seille a, par exemple, ins­tau­ré un al­go­rithme ne pre­nant que des ly­céens ayant au moins 12 de moyenne. Du coup, des élèves en ter­mi­nale ES sont pris et d’autres de ter­mi­nale S, qui se pré­parent de­puis plu­sieurs mois, sont re­fu­sés avec 11,85 de moyenne. »

En 2017, plus de la moi­tié des élèves de son ly­cée avaient ob­te­nu une men­tion très bien au bac. « On es­saie de les pous­ser vers le haut, en leur don­nant des notes de 2 à 3 points au-des­sous de celles du bac », se fé­li­cite-t-elle.

Mais elle pré­vient : « L’an­née pro­chaine, je mets 20 à tout le monde ! Je ne vois pas pour­quoi on es­saie­rait de don­ner du sens à des ga­mins qu’on veut ti­rer par le haut alors que ces ré­sul­tats n’en ont ab­so­lu­ment au­cun ! »

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