De Jé­ru­sa­lem à Bar­ce­lone. Les sou­ve­rains fran­çais ex­pa­triés.

Quit­tant Evry pour par­tir à la con­quête de Bar­ce­lone, Ma­nuel Valls re­prend une an­cienne tra­di­tion : la quête du pou­voir hors de France, sou­vent lot de conso­la­tion des in­for­tunes de nais­sance ou des re­vers po­li­tiques.

Marianne Magazine - - Sommaire - Par Guy Ko­nop­ni­cki

Quand l’ave­nir en France s’avère in­cer­tain, qu’il est ha­sar­deux si­non im­pos­sible d’es­pé­rer conqué­rir ou re­con­qué­rir le pou­voir, la ten­ta­tion de cher­cher ailleurs gagne les plus au­da­cieux. Les croi­sades per­mirent à des ca­dets de fa­milles trop nom­breuses, qui ne pou­vaient es­pé­rer hé­ri­ter des fiefs de leurs pères pour cause de droit d’aî­nesse, d’ob­te­nir des fiefs et des du­chés dans le royaume de Jé­ru­sa­lem. Le fon­da­teur de ce royaume, Go­de­froy de Bouillon, ve­nu du Bra­bant, avait conquis la Ville sainte, en 1099, pour li­bé­rer le tom­beau du Ch­rist, en chas­sant les Fa­ti­mides, au­tre­ment dit les chiites, qui avaient conquis l’Egypte. Un siècle plus tard, la Terre sainte étant le théâtre d’af­fron­te­ments entre sei­gneurs chré­tiens, les frères Amau­ry et Guy de Lu­si­gnan ar­ri­vèrent du Poi­tou pour ra­mas­ser la cou­ronne va­cillante. Hugues VIII, sei­gneur de Lu­si­gnan et comte de la Marche, leur père, n’avait pas moins de huit fils. Amau­ry était le qua­trième, Guy le sixième. Au­tant dire qu’ils n’avaient au­cune chance de ré­cu­pé­rer l’hé­ri­tage du pe­tit fief de Lu­si­gnan, qui n’avait pas de quoi les faire rê­ver. Quelques terres agri­coles, entre les ma­rais et la ville de Poi­tiers, où ré­gnait leur su­ze­raine, Alié­nor d’Aqui­taine. Amau­ry de Lu­si­gnan part en Terre sainte, en 1174, se dis­tingue en quelques ba­tailles mais se montre sur­tout ha­bile dans les jeux de cour.

De­ve­nu grand cham­bel­lan du roi de Jé­ru­sa­lem, Bau­doin le Lé­preux, dont les jours sont comp­tés, Amau­ry fait ve­nir son frère, Guy de Lu­si­gnan, qui, si­tôt ar­ri­vé, en 1180, épouse la soeur du roi lé­preux, Si­bylle, et re­çoit le titre de comte de Jaf­fa. En 1886, Guy de­vient roi de Jé­ru­sa­lem. Mais un an plus tard, un Kurde nom­mé Sa­la­din in­flige une cin­glante dé­faite aux croi­sés. Guy de Lu­si­gnan est fait pri­son­nier. Jé­ru­sa­lem per­due, Guy de Lu­si­gnan pour­ra tout de même s’ache­ter, en 1192, la cou­ronne de Chypre, par l’en­tre­mise d’un voi­sin poi­te­vin, le roi d’An­gle­terre, Ri­chard Coeur de Lion, éle­vé à Poi­tiers, en fils pré­fé­ré d’Alié­nor. A sa mort, son frère Amau­ry se­ra triple roi, ré­cu­pé­rant le trône de Chypre, le titre, dé­sor­mais sans ob­jet, de roi de Jé­ru­sa­lem ain­si que le royaume d’Ar­mé­nie-Ci­li­cie (ou Pe­tite Ar­mé­nie). Il y eut à peu près deux siècles de dy­nas­tie Lu­si­gnan dans l’Orient tour­men­té. Belle des­ti­née pour les re­je­tons sur­nu­mé­raires d’un sei­gneur poi­te­vin !

Les royaumes étran­gers ne furent pas seule­ment convoi­tés par des nobles n’ayant d’autre is­sue que l’aven­ture. Au-de­là des conquêtes et des an­nexions, les sou­ve­rains de France n’eurent de cesse de faire va­loir des droits sur ces cou­ronnes ex­té­rieures, pour eux-mêmes

ou pour pla­cer des proches. Charles VIII, hé­ri­tier d’un royaume conso­li­dé par la force et l’ha­bi­le­té po­li­tique de son père, Louis XI, se mit en tête de ré­cu­pé­rer le royaume de Naples, dont il s’es­ti­mait l’hé­ri­tier. En­jeu bien dé­ri­soire, si l’on songe qu’au même mo­ment les Es­pa­gnols s’in­ter­ro­geaient sur les terres mys­té­rieuses que Chris­tophe Co­lomb ve­nait de dé­cou­vrir. Ce­pen­dant, Charles VIII le­va une ar­mée de 30 000 hommes et tra­ver­sa l’Ita­lie, pillant Flo­rence au pas­sage, avant d’oc­cu­per Rome, sans plus de consi­dé­ra­tion pour le pape Alexandre VI, qui n’était ja­mais que Ro­dri­go Bor­gia, dé­bau­ché et cor­rom­pu. Mais Bor­gia était as­sez fin ma­noeu­vrier pour fé­dé­rer plu­sieurs Etats ita­liens et ob­te­nir le sou­tien de l’Es­pagne. Ar­ri­vé triom­pha­le­ment à Naples en fé­vrier 1495, Charles VIII se trouve pris au piège, la coa­li­tion an­ti­fran­çaise ren­dant son re­tour des plus pé­rilleux. Il re­part en mai, doit li­vrer ba­taille plu­sieurs fois, avant de pas­ser les Alpes et re­ga­gner la France. A peine ren­tré en son châ­teau d’Am­boise, il meurt de s’être co­gné la tête contre le lin­teau d’une porte basse. Tout ça pour ça.

Guerres et com­plots

Quelques guerres d’Ita­lie plus tard, une autre mort stu­pide, celle du roi Hen­ri II, tué au cours d’un tour­noi, donne à la France une reine mère flo­ren­tine sur­douée du cal­cul po­li­tique, Ca­the­rine de Mé­di­cis. Son pre­mier fils, Fran­çois II, mort sans hé­ri­tier, son se­cond, Charles IX, connaît un règne mar­qué par l’ef­froyable nuit du 24 août 1572, la Saint-Bar­thé­le­my. Ca­the­rine veut à toute force une cou­ronne pour son troi­sième, son pré­fé­ré, dit-on, Hen­ri, duc d’An­jou, qui, sur conseil de sa mère, avait pris la tête des mas­sa­creurs de hu­gue­nots, re­lé­guant Hen­ri de Guise au rang de simple com­parse. Ce qui va­lait bien un trône. Ce­lui de Po­logne étant dis­po­nible, Ca­the­rine de Mé­di­cis en­voie une am­bas­sade plai­der sa cause à la diète de Cra­co­vie, qui ac­cepte de pré­sen­ter le duc d’An­jou aux 40 000 nobles qui forment le col­lège élec­to­ral. Hen­ri de Va­lois, Hen­rik Wa­le­zy en po­lo­nais, est lar­ge­ment élu roi de Po­logne et grand-

duc de Li­tua­nie en mai 1573. Ca­the­rine de Mé­di­cis a di­ri­gé la cam­pagne, de­puis la France. Hen­ri de Va­lois ne parle pas un mot de po­lo­nais et ignore tout de la Vis­tule quand une dé­lé­ga­tion de nobles po­lo­nais vient le cher­cher en France, le 19 août 1573. Pas moins de 250 aris­to­crates ont fait le voyage ! Hen­ri n’est pas pres­sé et at­tend jus­qu’en dé­cembre, si bien qu’il tra­verse les pays al­le­mands en plein hi­ver et par­vient à Cra­co­vie le 18 fé­vrier 1574. Il règne sur la Po­logne de­puis à peine trois mois lors­qu’il re­çoit, le 14 juin 1574, une lettre lui an­non­çant la mort de son frère Charles IX. Entre la Po­logne et la France, il n’hé­site pas. Il ne lui faut pas quatre jours pour s’échap­per de son pa­lais et fi­ler à bride abat­tue avec une pe­tite es­corte pour ré­cu­pé­rer la cou­ronne de France. Son règne, comme l’on sait, ne se­ra que guerres et com­plots, son coup de maître se­ra l’as­sas­si­nat du duc de Guise au châ­teau de Blois. Mais il fi­ni­ra lui-même as­sas­si­né à Saint-Cloud par le moine Jacques Clé­ment. La Po­logne, pour­tant, ne de­man­dait qu’à lui of­frir un re­fuge plus tran­quille.

Ap­pels à l’uni­té na­tio­nale

Les rêves étran­gers des mo­narques fran­çais prirent une autre di­men­sion, en 1700, lorsque Louis XIV, fils puis époux d’in­fante d’Es­pagne, es­ti­ma que son pe­tit-fils Phi­lippe d’An­jou était l’hé­ri­tier lé­gi­time de la cou­ronne d’Es­pagne. On peut consi­dé­rer que ce fut une réus­site, Phi­lippe V mon­ta sur le trône et fon­da une dy­nas­tie. Le bi­lan de la guerre de la Suc­ces­sion d’Es­pagne, qui em­bra­sa toute l’Eu­rope, de 1701 à la paix d’Utrecht de 1713-1715, n’en est pas moins ter­ri­fiant. Il y eut au moins 500 000 morts ! La France en sor­tit ex­sangue, au sens fi­gu­ré comme au sens propre. Les ser­gents re­cru­teurs des ar­mées royales par­cou­raient les cam­pagnes, en­rô­lant des di­zaines de mil­liers de jeunes pay­sans. Les fi­nances du royaume ne de­vaient ja­mais s’en re­le­ver. L’en­det­te­ment et l’im­pôt ne ces­sèrent de croître, jus­qu’à de­ve­nir l’une des causes ma­jeures de la Ré­vo­lu­tion.

Pro­duit de la Ré­vo­lu­tion, le gé­né­ral Bo­na­parte n’igno­rait rien des consé­quences fu­nestes de la guerre de la Suc­ces­sion d’Es­pagne, ce qui ne l’em­pê­cha pas de cher­cher à son tour des cou­ronnes hors de France. Pour lui-même d’abord : après avoir conquis l’Egypte et ré­or­ga­ni­sé son ad­mi­nis­tra­tion, agis­sant en pro­con­sul ro­main, il se mit en tête de conqué­rir un em­pire d’Orient. Les murs de la for­te­resse franque de SaintJean-d’Acre, la ré­sis­tance fa­rouche des sol­dats turcs et les ca­nons de la flotte an­glaise rui­nèrent le pre­mier rêve im­pé­rial de Bo­na­parte. Ce­pen­dant, si­tôt re­vê­tu du man­teau d’em­pe­reur des Fran­çais, il dis­tri­bua du­chés et royaumes à sa nom­breuse fa­mille. Le moins que l’on puisse dire est que les royaumes de la fra­trie n’ont guère ser­vi Na­po­léon.

En 1806, Jo­seph Bo­na­parte fut pro­cla­mé roi de Naples, où, en dé­pit de l’op­po­si­tion de la no­blesse, il en­tre­prit des ré­formes plu­tôt po­pu­laires, cas­sant quelques pri­vi­lèges féo­daux. Mal­heu­reu­se­ment pour lui, la re­la­tive réus­site de son im­plan­ta­tion na­po­li- taine in­ci­ta son frère à le pla­cer en 1808 sur le trône d’Es­pagne. Le ma­ri de Ca­ro­line Bo­na­parte, Mu­rat, qui avait conduit l’oc­cu­pa­tion de l’Es­pagne, fut ré­com­pen­sé et rem­pla­ça Jo­seph sur le trône de Naples. L’Es­pagne fut la pre­mière grande ca­tas­trophe du règne de Na­po­léon. L’an­cienne mo­nar­chie avait beau être dis­cré­di­tée, les pre­mières ré­voltes an­ti­fran­çaises sus­ci­tées par les nobles et le cler­gé furent ré­pri­mées avec une telle vio­lence que le roi Jo­seph fut aus­si­tôt im­po­pu­laire. Le mou­ve­ment in­sur­rec­tion­nel, ap­puyé par les An­glais, ga­gna bien­tôt tout le pays, iso­lant tou­jours plus Jo­seph. Con­fron­tées à une vé­ri­table guerre po­pu­laire, les troupes fran­çaises s’en­li­sèrent pen­dant cinq ans, mul­ti­pliant des exac­tions, qui, à en ju­ger par les ta­bleaux et des­sins de Goya, re­lèvent du crime de guerre. En 1813, après la ca­tas­trophe de Rus­sie, quand par­tout en Eu­rope le sort des armes de­ve­nait dé­fa­vo­rable, Jo­seph Bo­na­parte dût re­non­cer au trône d’Es­pagne. Son beau-frère Mu­rat, qui avait vu la dé­faite de près en Rus­sie, en Po­logne et en Prusse, tente alors de sau­ver son royaume de Naples. Il joue tous les jeux, pro­met une al­liance aux par­ti­sans de l’uni­té ita­lienne, en­voie sa femme, Ca­ro­line Bo­na­parte, faire les yeux doux à Met­ter­nich, tout en ju­rant fi­dé­li­té à Na­po­léon. Ce qui ne l’em­pêche pas de me­na­cer la Tos­cane, dont Eli­sa Bo­na­parte est en­core, of­fi­ciel­le­ment, la gran­de­du­chesse. Eli­sa est la seule à se te­nir à ses res­pon­sa­bi­li­tés, de­puis que le grand frère at­ten­tion­né lui a des­si­né, en 1805, une prin­ci­pau­té de Lucques (Luc­ca) et Piom­bi­no, à la­quelle elle ajou­ta Car­rare et Mas­sa. Un mor­ceau de Tos­cane tout à la fois stra­té­gique, sur la mer Tyr­rhé­nienne, et concen­trant quelques ri­chesses, entre agri­cul­ture et marbre de Car­rare. Ins­tal­lée à Lucques, la prin­cesse Bo­na­parte s’at­tache à l’ins­truc­tion pu­blique, crée des écoles pri­maires et se­con­daires, et s’at­tache par­ti­cu­liè­re­ment à l’ins­truc­tion des filles. Contrai­re­ment à sa soeur Ca­ro­line, elle n’a pas épou­sé un ma­ré­chal de l’Em­pire, mais un pe­tit noble corse, Fé­lix Ba­cioc­chi. Ce­lui-ci par­tage les titres prin­ciers, mais c’est Eli­sa qui exerce le pou­voir. A Lucques, elle trans­forme pro­fon­dé­ment la ville, un peu trop pour ce concen­tré de tré­sors du Moyen Age et de la Re­nais­sance, où elle fait ra­ser un quar­tier pour dé­ga­ger une grande place à la fran­çaise, de­vant son pa­lais. De­ve­nue en 1809 grande-du­chesse de Tos­cane, elle sup­porte dif­fi­ci­le­ment la tu­telle de Na­po­léon, qui

Si­tôt de­ve­nu em­pe­reur, Bo­na­parte dis­tri­bua du­chés et royaumes à sa nom­breuse fa­mille. Mais cette stra­té­gie ne ser­vit guère Na­po­léon.

en­tend contrô­ler l’ad­mi­nis­tra­tion de la pro­vince et, sur­tout, ré­cu­pé­rer les re­ve­nus des marbres de Car­rare et des ports de Mas­sa et Piom­bi­no. A Flo­rence, comme pré­cé­dem­ment à Lucques, elle dé­fend les in­té­rêts de ses ad­mi­nis­trés, même face à son frère.

Eli­sa Bo­na­parte ne pou­vait conser­ver sa prin­ci­pau­té après la pre­mière ab­di­ca­tion de Na­po­léon, en 1814, en rai­son de la proxi­mi­té de Piom­bi­no avec l’île d’Elbe, de­ve­nue royaume de l’em­pe­reur dé­chu en mai 1814. Les Au­tri­chiens l’ar­rêtent et l’en­ferment dans une for­te­resse avant de l’as­si­gner à ré­si­dence à Trieste. Mu­rat, lui, conserve Naples, au prix d’une tra­hi­son, il a fait al­lé­geance aux Au­tri­chiens, avant même les adieux de Fon­tai­ne­bleau. Les An­glais n’y croient pas, per­sua­dés que Na­po­léon cher­che­ra à s’échap­per de l’île d’Elbe pour re­joindre Naples et par­tir à la re­con­quête en com­pa­gnie de Mu­rat. Leur flotte se place donc entre l’île d’Elbe et la baie de Naples.

Sur l’île d’Elbe, Na­po­léon gou­verne, or­ga­nise l’ad­mi­nis­tra­tion, pro­mulgue une ré­forme agraire et mo­der­nise les mé­thodes d’ex­ploi­ta­tion de la mine de fer, prin­ci­pale ri­chesse du royaume. Contrai­re­ment aux An­glais, l’em­pe­reur d’Au­triche semble pen­ser que l’Aigle ne re­lè­ve­ra ja­mais la tête. Comme l’on sait, il s’échappe et dé­barque le 1er mars 1815 à Golfe-Juan. Ap­pre­nant la nou­velle, le roi de Naples lance un ap­pel à l’uni­té ita­lienne et quand Na­po­léon ar­rive à Pa­ris, il dé­clare la guerre à l’Au­triche. Il est sé­vè­re­ment bat­tu, quitte Naples le 19 mai 1815 et dé­barque en France, es­pé­rant re­prendre du ser­vice. Na­po­léon ne veut pas de lui. Il au­ra tout le temps, à Sainte-Hé­lène, pour le re­gret­ter et ima­gi­ner qu’il eût ga­gné la ba­taille de Wa­ter­loo s’il avait confié la ca­va­le­rie à Mu­rat plu­tôt qu’à Grou­chy. De son cô­té Mu­rat ten­te­ra en­core de re­prendre son royaume de Naples, en dé­bar­quant avec un mil­lier de fi­dèle, ce qui lui vau­dra d’être fu­sillé, le 13 oc­tobre 1815.

Ba­layés par le vent de l’his­toire

Le gé­né­ral Jean-Bap­tiste Ber­na­dotte fut plus heu­reux. Ce ré­pu­bli­cain, gé­né­ral de l’an II, mi­nistre de la Guerre du Di­rec­toire, s’était op­po­sé au coup d’Etat du 18 Bru­maire. Hos­tile au con­su­lat par ré­pu­bli­ca­nisme, il se ral­lia à l’em­pe­reur à l’heure du sacre et ob­tint son bâ­ton de ma­ré­chal. On ne sau­rait dire qu’il se dis­tingue dans les ba­tailles, il semble même culti­ver l’art de les évi­ter, il ar­rive en re­tard à Ey­lau et at­tend tran­quille­ment les ordres à cô­té d’Auers­tedt, le 13 oc­tobre 1806, pen­dant que Da­vout bat les Prus­siens, em­pê­chant Blü­cher de re­joindre Ié­na, où Na­po­léon triomphe le len­de­main. Mais Ber­na­dotte a un ami plus utile que l’em­pe­reur en la per­sonne de Jo­seph Fou­ché, qui pro­pose sa can­di­da­ture aux Sué­dois en quête d’un roi. Les Etats gé­né­raux de Suède le portent sur le trône en 1810, sur­pre­nant tous les mo­narques d’Eu­rope, à com­men­cer par Na­po­léon. Elu pour chas­ser les Russes de Fin­lande, Ber­na­dotte re­tourne ses al­liances en 1812, se rap­proche du tsar Alexandre et entre même dans la coa­li­tion contre la France. C’est ain­si que l’on fonde une dy­nas­tie, tou­jours en place de nos jours. Mais, à l’ex­cep­tion des Bour­bons d’Es­pagne et du gé­né­ral Ber­na­dotte, les mo­narques fran­çais de l’étran­ger n’ont guère ré­sis­té au vent de l’his­toire.

AR­RI­Vé EN GRANDE POMPE à Naples, en fé­vrier 1495, Charles VIII, qui s’es­time hé­ri­tier de ce royaume, se trouve pris au piège. Il en re­par­ti­ra en mai 1495, li­vrant plu­sieurs ba­tailles sur le che­min du re­tour, avant de pas­ser les Alpes.Ci-des­sus, pein­ture d’Eloi Fir­min Fe­ron (1837).

L’IN­SUR­REC­TION an­ti­fran­çaise en Es­pagne, ap­puyée par les An­glais, iso­la le roiJo­seph Bo­na­parte. Con­fron­tées à une vé­ri­table guerre po­pu­laire, les troupes fran­çaises s’en­lisent pen­dant cinq ans, mul­ti­pliant exac­tions et crimes de guerre. Ci-contre, le 2 Mai 1808 à Ma­drid, peint par Fran­cis­co de Goya en 1814.

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