Proche-Orient Les vé­ri­tés de Gilles Ke­pel

Dans son dernier ou­vrage, “Sor­tir du chaos” (Gal­li­mard), le cher­cheur nous guide à tra­vers la confu­sion de l’Orient, qui est aus­si la nôtre. Entretien.

Marianne Magazine - - Sommaire - PROPOS RE­CUEILLIS PAR MAR­TINE GOZLAN ET ALAIN LÉAUTHIER

Dans “Sor­tir du chaos”, le cher­cheur nous guide à tra­vers la confu­sion de l’Orient, qui est aus­si la nôtre. Entretien.

Ma­rianne : Que re­pré­sente ce livre dans votre tra­vail ? Un bi­lan, une somme ? Ou l’au­to­por­trait d’un cher­cheur « dé­vo­ré » par son su­jet d’étude ?

Gilles Ke­pel : En 1977-1978, j’étais bour­sier à l’Ins­ti­tut fran­çais de Da­mas. A l’époque, nous étions quelques jeunes ara­bi­sants fran­çais très fiers d’al­ler au Cham, ce qui vou­lait dire la Sy­rie, le Le­vant. Per­sonne n’au­rait ima­gi­né que trente-cinq ans plus tard, le Cham se­rait le cri de ral­lie­ment des dji­ha­distes des ban­lieues pour al­ler mas­sa­crer tout le monde. Et en­core moins, en ce qui me concerne, que je se­rai condam­né à mort de­puis le Cham jus­te­ment, de­puis Ra­q­qa, par un dji­ha­diste al­gé­ro-fran­çais de Roanne et d’Oran : Ra­chid Kas­sim, trois fois de suite. Mon livre pa­raît au mo­ment du pre­mier an­ni­ver­saire de la chute de Ra­q­qa. J’ai com­men­cé à l’écrire cou­ché en rai­son d’une épou­van­table scia­tique contrac­tée dans les mau­vaises voi­tures de la pro­tec­tion po­li­cière dont je bé­né­fi­ciais alors. J’ai ten­té de mettre en pers­pec­tive ex­pé­rience et sa­voir à par­tir d’une ques­tion très simple : pour­quoi les ré­vo­lu­tions arabes ont-elles tour­né au cau­che­mar ? Ça al­lait être la ré­vo­lu­tion 2.0, un événement com­pa­rable à la chute de Fran­co, de Sa­la­zar, des co­lo­nels, puis du mur de Ber­lin et, trois ans plus tard, on s’est re­trou­vé avec Daech d’un cô­té, la guerre ci­vile de l’autre, en Sy­rie, au Yé­men ou en Libye, puis le re­tour des ré­gimes au­to­ri­taires. Seule la Tu­ni­sie, ca­hin-ca­ha, a mis en place une ins­ti­tu­tion dé­mo­cra­tique. Com­ment ex­pli­quez-vous cette er­reur d’ana­lyse col­lec­tive ? Il y a eu une es­pèce de vo­lon­té de table rase in­tel­lec­tuelle. Le sa­voir spé­ci­fique des orien­ta­listes et des ara­bi­sants a été je­té à la pou­belle. J’ai consa­cré un livre, Pas­sion arabe (Gal­li­mard), à mes car­nets de voyage pen­dant cette pé­riode. On pou­vait al­ler par­tout. Les ré­gimes au­to­ri­taires étaient tom­bés et les dji­ha­distes n’avaient pas en­core pris le pou­voir. J’ai pu al­ler en Haute-Egypte, dans des en­droits où je n’avais ja­mais mis les pieds. J’ai pu tra­ver­ser clan­des­ti­ne­ment la fron­tière tur­co-sy­rienne. J’ai pu me rendre en Libye dans des zones in­croyables. Avant, je n’au­rais ja­mais pu faire ça et, évi­dem­ment, de­puis ce­la au­rait été sui­ci­daire. Cinq ans plus tard, je peux re­vi­si­ter cette ex­pé­rience. Je crois qu’ef­fec­ti­ve­ment, en Eu­rope en par­ti­cu­lier, on a cra­ché sur le sa­voir des gens qui connais­saient la ré­gion, la langue et la cul­ture. C’est la po­lé­mique qui m’a op­po­sé à

Oli­vier Roy. On pré­fère ce­lui qui ne connaît rien mais énonce des gé­né­ra­li­tés pseu­do-phi­lo­so­phiques à ce­lui qui connaît le ter­rain et parle la langue.

Je ne suis pas par­ti­cu­liè­re­ment rus­so­phile, mais ce qui me frappe beau­coup, c’est que, dans le sys­tème russe, la connais­sance orien­ta­liste tra­di­tion­nelle du Le­vant a été ab­so­lu­ment fon­da­men­tale pour per­mettre d’éclai­rer, que ce soit en bien ou en mal, les dé­ci­sions de Pou­tine. Pou­tine avait au­près de lui Pri­ma­kov, an­cien Pre­mier mi­nistre et an­cien chef du KGB et, sur­tout, Vi­ta­ly Naoum­kine, l’an­cien pa­tron des Etudes orien­tales à Mos­cou, ara­bi­sant par­fait. Au­jourd’hui, Vi­ta­ly Naoum­kine est tou­jours pré­sent quand ar­rivent à Mos­cou le Dji­had is­la­mique, le Ha­mas et l’OLP pour né­go­cier. Evi­dem­ment, la Rus­sie est un sys­tème non dé­mo­cra­tique et il ne s’agit pas de faire l’éloge des bom­bar­de­ments de son avia­tion. Mais le mépris qu’on leur té­moigne dans nos contrées est dé­pla­cé. Leur connais­sance du monde arabe leur a per­mis d’avoir la main là où nos di­ri­geants po­li­tiques ont écou­té des in­com­pé­tents et des igno­rants. Faut-il voir dans les er­re­ments de la di­plo­ma­tie fran­çaise la consé­quence de cette in­ca­pa­ci­té à en­tendre ? Les études arabes se sont effondrées dans notre pays. J’ai beau­coup pro­tes­té sur cette af­faire. On m’a don­né un rap­port à faire pour me cal­mer : Ma­nuel Valls et Fran­çois Hol­lande l’ont je­té à la pou­belle. En­suite, on a at­tri­bué quelques sau­pou­drages à l’uni­ver­si­té pour sa­tis­faire des co­te­ries syn­di­cales, mais rien de sé­rieux n’a été fait. De ce point de vue, le quin­quen­nat de Fran­çois Hol­lande a été une ca­tas­trophe in­tel­lec­tuelle. Y a-t-il eu un mo­ment où la « ré­volte dé­mo­cra­tique » a été ma­jo­ri­taire en Sy­rie ? Au dé­but, il y a eu ef­fec­ti­ve­ment un pro­ces­sus dé­mo­cra­tique qui res­sem­blait à ce­lui du Caire ou de Tu­nis. Le ré­gime As­sad vou­lait évi­ter à tout prix l’équi­valent d’une place Tah­rir à Da­mas. Il a été aus­si at­ten­tif à très vite confes­sion­na­li­ser la ré­volte. Pen­sez aux mi­no­ri­tés sy­riennes : les alaouites, les chré­tiens, les Druzes, les is­maé­liens et autres. Pour eux, le dan­ger était l’is­la­mi­sa­tion et la wah­ha­bi­sa­tion gé­né­rale. Donc, tout de suite, le ré­gime a joué sur les cli­vages confes­sion­nels. J’y étais en 2012. J’ai tra­ver­sé la fron­tière sy­rienne – je le ra­conte en dé­tail dans Pas­sion arabe – ac­com­pa­gné par des pas­seurs. Dans les vil­lages de la ré­gion d’Id­lib. Cette fron­tière est au­jourd’hui in­fran­chis­sable parce qu’elle est contrô­lée, d’un cô­té, par les dji­ha­distes de Hayat Tah­rir al-Cham [com­po­sé entre autres d’anciens du Front alNos­ra] et, de l’autre cô­té, par les Turcs. Là, j’ai ren­con­tré plu­sieurs of­fi­ciers de l’Ar­mée sy­rienne libre qui m’ont fait toutes sortes de pro­fes­sions de foi dé­mo­cra­tiques, non confes­sion­nelles, etc. Les cartes de Fa­brice Ba­lanche pu­bliées dans le livre montrent com­ment le dé­clen­che­ment de la ré­volte sy­rienne s’est opé­ré es­sen­tiel­le­ment dans les zones sun­nites. Soit pour des rai­sons de pau­vre­té, soit pour des rai­sons d’af­fron­te­ments in­ter­con­fes­sion­nels. Très vite, le sou­lè­ve­ment sy­rien a été pris en otage par un conflit plus vaste vi­sant à l’hé­gé­mo­nie au MoyenO­rient. Les Saou­diens, les Qa­ta­ris et les Ko­weï­tiens y ont vu l’oc­ca­sion d’en­le­ver la Sy­rie à la zone d’in­fluence ira­nienne et ain­si de « cas­ser » le crois­sant chiite. Les

“LES ÉTUDES ARABES SE SONT EFFONDRÉES

DANS NOTRE PAYS. DE CE POINT DE VUE,

LE QUIN­QUEN­NAT DE FRAN­ÇOIS HOL­LANDE A ÉTÉ UNE CA­TAS­TROPHE

IN­TEL­LEC­TUELLE.”

Ira­niens, en contre­par­tie, ont mis toutes leurs forces der­rière Ba­char al-As­sad, d’abord avec le Hez­bol­lah li­ba­nais puis aus­si les sup­plé­tifs chiites, la force Al-Qods, mais aus­si les Ha­za­ras, des chiites af­ghans. Vous évo­quez la cé­ci­té oc­ci­den­tale. Y a-t-il eu une faillite du Quai d’Or­say ? Il ne s’agit pas de por­ter l’op­probre, mais de com­prendre ce qui s’est pas­sé. Em­ma­nuel Ma­cron a ten­té d’avoir une vi­sion beau­coup plus réa­liste et moins idéo­lo­gique de la si­tua­tion. La France n’est pas si mal pla­cée puisque les Russes, certes, l’ont em­por­té, mais ils sont pris dans une si­tua­tion très com­plexe. Pou­tine, an­cien co­lo­nel du KGB qui a vé­cu la chute de l’URSS cau­sée par l’em­bour­be­ment de l’URSS en Af­gha­nis­tan, n’a au­cune en­vie de s’em­bour­ber en Sy­rie. Les Russes sont très lu­cides de ce point de vue­là. Pou­tine a quatre femmes, si j’ose dire : Is­raël, l’Ara­bie saou­dite, la Tur­quie et l’Iran. Et, comme dans tous les sé­rails, les quatre passent leur temps à se dis­pu­ter sauf Is­raël et l’Ara­bie saou­dite qui là-des­sus sont qua­si­ment sur les mêmes po­si­tions. Que disent les Is­raé­liens et les Saou­diens aux Russes ? « Au fond, on n’a pas d’ob­jec­tion à ce que Ba­char al-As­sad re­prenne la main et que ce soit vous qui lui ser­viez de tu­teur. » Je l’ai en­ten­du des plus hautes au­to­ri­tés, aus­si bien en Ara­bie qu’en Is­raël. Mais, en re­vanche, on ne veut pas de l’Iran. Que se passe-t-il, jus­te­ment, à Té­hé­ran ? Le re­trait amé­ri­cain du trai­té sur le nu­cléaire a de lourdes consé­quences éco­no­miques. L’Iran a dé­jà di­mi­nué par deux ses ex­por­ta­tions de pétrole. Les sanctions ont ai­gui­sé le conflit entre les ul­tra­con­ser­va­teurs et les mo­dé­rés qui se re­trouvent en po­si­tion ex­trê­me­ment dif­fi­cile. Si le guide de la ré­vo­lu­tion, Ali Kha­me­nei, dis­pa­raît, c’est la force Al-Qods, di­ri­gée par Has­san So­lei­ma­ni, qui peut prendre les rênes du pou­voir en in­car­nant une sorte de Re­za Chah bar­bu ! On peut en­vi­sa­ger une évo­lu­tion de l’Iran vers tou­jours da­van­tage de na­tio­na­lisme : mais la Ré­pu­blique is­la­mique se­rait contrainte, pour que le ré­gime per­dure, de mettre beau­coup d’eau dans son vin re­li­gieux. Ce qui n’est pas inen­vi­sa­geable au­jourd’hui parce que la Sy­rie a don­né le sen­ti­ment à l’Iran qu’elle avait triom­phé. Pour « sor­tir du chaos », comme le sou­haite le titre de votre ou­vrage, quel fil di­rec­teur pro­po­sez-vous ? Pour nous, c’est un dé­fi d’ar­ri­ver à trou­ver un mode de né­go­cia­tion et de com­pro­mis per­met­tant de re­cons­truire la Sy­rie à par­tir de la réa­li­té et non à par­tir des fan­tasmes. Des amis sy­riens, chré­tiens, ré­si­dant main­te­nant à l’étran­ger, viennent de pas­ser trois se­maines à Da­mas. Ils m’en ont fait une des­crip­tion tout à fait éton­nante. A Da­mas, il y a des ca­fés et des res­tau­rants par­tout, la ville vit la nuit en per­ma­nence. Il y a des night-clubs ou­verts, une sorte d’eu­pho­rie post­ca­tas­trophe dans la po­pu­la­tion, toutes ca­té­go­ries confon­dues. Tout le monde se fiche de la po­li­tique, on veut vivre. Vivre dans ce Le­vant qui connaît le tra­gique mais pro­duit pa­ra­doxa­le­ment au­jourd’hui une oc­ca­sion his­to­rique pour une so­lu­tion né­go­ciée. Au­cun des vain­queurs, en ap­pa­rence, n’a la ca­pa­ci­té de pé­ren­ni­ser la vic­toire, et les Russes le savent par­fai­te­ment parce qu’il y a, en toile de fond du pas­sé, la han­tise de l’en­li­se­ment so­vié­tique en Af­gha­nis­tan et, au pré­sent, l’af­fai­blis­se­ment de l’Iran. Je parle du Le­vant, dans l’en­semble, et ce­la com­prend, bien sûr, Is­raël. Où la so­lu­tion à deux Etats, avec un Etat pa­les­ti­nien, semble avoir com­plè­te­ment dis­pa­ru… Je ne le pense pas. Pour l’ins­tant, elle semble hors du champ, mais

“C’EST UN DÉ­FI D’AR­RI­VER À TROU­VER UN MODE DE NÉ­GO­CIA­TION ET DE COM­PRO­MIS PER­MET­TANT DE RE­CONS­TRUIRE LA SY­RIE À PAR­TIR DE LA RÉA­LI­TÉ ET NON DES FAN­TASMES.”

“UNE MU­TA­TION CULTU­RELLE EST À L’OEUVRE CHEZ LES SAOU­DIENS. C’EST TRÈS IM­POR­TANT POUR NOUS, FRAN­ÇAIS. EN CE QUI CONCERNE LE LE­VANT, ON PEUT ES­QUIS­SER TI­MI­DE­MENT DES PISTES D’ES­POIR.”

les Pa­les­ti­niens le ré­pètent par déses­poir. En réa­li­té, ils fe­ront par­tie du deal glo­bal qui ré­sou­dra les tra­gé­dies. Jus­qu’ici, Is­raël a aus­si pro­fi­té du fait qu’on ne gé­rait pas le pro­blème ré­gio­nal et se fé­li­ci­tait de cet épar­pille­ment. Or, il y a un vé­ri­table es­poir, pour les deux peuples et leurs voi­sins, à condi­tion de pen­ser en termes le­van­tins. Voi­là l’en­jeu que je veux ab­so­lu­ment sou­li­gner. Dans ce contexte, les mé­ta­mor­phoses sup­po­sées ou réelles de l’Ara­bie saou­dite prennent un re­lief sai­sis­sant. L’al­liance entre Trump et les Saoud est-elle tem­po­raire ou bien sur­vi­vrat-elle avec une nou­velle ad­mi­nis­tra­tion amé­ri­caine ? La vi­site de Trump en Ara­bie saou­dite, sa pre­mière vi­site comme pré­sident, avait pour ob­jec­tif de res­sus­ci­ter un front com­mun contre l’Iran et d’ef­fa­cer le conten­tieux du 11 sep­tembre 2001. Il se passe ef­fec­ti­ve­ment des choses en Ara­bie saou­dite où j’ai pu re­ve­nir après y avoir été in­ter­dit de sé­jour pen­dant sept ans. Quand je dis­cu­tais au­tre­fois avec des princes saou­diens, ils pra­ti­quaient la langue de bois. Le sys­tème de ré­par­ti­tion de la rente pé­tro­lière blo­quait tout le pro­ces­sus. Au­jourd’hui la dé­ci­sion est dans les mains d’une seule per­sonne : Mo­ham­med ben Sal­mane. Il veut reprendre la main sur le monde sun­nite tout en mar­gi­na­li­sant le wah­ha­bisme. Les re­li­gieux ne sont plus au coeur du sys­tème. Dans le monde, no­tam­ment afri­cain, les ten­dances ex­tré­mistes ne bé­né­fi­cient plus au­jourd’hui du sou­tien de na­guère. L’an­cien pré­sident de la Ligue is­la­mique mon­diale a été jus­qu’à me dire, quand je l’ai in­ter­viewé, que ceux qui n’ac­ceptent pas les règles de la laï­ci­té en France n’ont qu’à par­tir de notre pays ! Cet homme est un ju­riste re­li­gieux ! Une mu­ta­tion cultu­relle est donc bel et bien à l’oeuvre chez les Saou­diens. C’est d’une très grande im­por­tance pour nous, Fran­çais, parce que ce qui a construit la rup­ture cultu­relle dans les quar­tiers po­pu­laires, c’est le sa­la­fisme fi­nan­cé sans li­mi­ta­tion. Plus on était ul­tra­sa­la­fiste, plus on avait de pé­tro­dol­lars. La si­tua­tion est en train de chan­ger. Vous voyez qu’en ce qui concerne le Le­vant, comme pour notre ho­ri­zon fran­çais, on peut es­quis­ser ti­mi­de­ment des pistes d’es­poir.

PROPOS RE­CUEILLIS PAR M.G. ET A.L.

› SPÉ­CIA­LISTE DE L’IS­LAMet du monde arabe contem­po­rain, Gilles Ke­pel en­seigne à l’uni­ver­si­té Pa­ris sciences et lettres. Il oc­cupe la chaire Moyen-Orient Mé­di­ter­ra­née à l’Ecole nor­male su­pé­rieure.

“POU­TINE A QUATRE FEMMES :Is­raël, l’Ara­bie saou­dite, la Tur­quie et l’Iran. Et, comme dans tous les sé­rails, les quatre passent leur temps à se dis­pu­ter”, ex­plique Gilles Ke­pel. Ci-contre, avec Has­san Roa­ha­ni et Re­cep Tayyip Er­do­gan, à An­ka­ra, le 4 avril.

“LE SYS­TÈME DE RÉ­PAR­TI­TION de la rente pé­tro­lière blo­quait tout le pro­ces­sus. Au­jourd’hui, la dé­ci­sion est dans les mains d’une seule per­sonne : Mo­ham­med ben Sal­mane, [ici, avec Do­nald Trump, à Wa­shing­ton, le 20 mars]. Il veut reprendre la main sur le monde sun­nite tout en mar­gi­na­li­sant le wah­ha­bisme”, ana­lyse Gilles Ke­pel.

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