DE DRÔLES D’AS­SIS­TANTS PAR­LE­MEN­TAIRES, L’UN TRÈS À DROITE, L’AUTRE PAS TRÈS DROIT

Marianne Magazine - - Politique -

Les deux hommes ont fait le voyage en Azer­baïd­jan au cô­té du dé­pu­té Pierre-Alain Ra­phan. On les re­trouve même sur les pho­to­gra­phies officielles du dé­pla­ce­ment. Un trai­te­ment in­ha­bi­tuel dont ont bé­né­fi­cié Yas­sin La­maoui et Oualid Arar, tous les deux as­sis­tants par­le­men­taires de l’élu LREM, les col­la­bo­ra­teurs étant plus gé­né­ra­le­ment can­ton­nés au rôle de petites mains bû­cheuses et dis­crètes. Il faut dire que ces deux-là ne sont pas des as­sis­tants comme les autres. Yas­sin La­maoui est d’ailleurs plus connu pour ses ac­ti­vi­tés po­li­tiques an­nexes que pour son tra­vail de col­la­bo­ra­teur, tra­vail dont il semble avoir vou­lu ef­fa­cer les traces sur In­ter­net. Mais, grâce à Tris Aca­tri­nei, à l’ori­gine du pro­jet Ar­ca­die, site In­ter­net qui ré­fé­rence entre autres les don­nées sur chaque par­le­men­taire, on le re­trouve comme as­sis­tant de Ra­phan du 3 sep­tembre 2017 au 6 oc­tobre 2018. Se­lon nos in­for­ma­tions, il a de­puis quit­té son poste pour de­ve­nir sa­la­rié du mou­ve­ment LREM. Conseiller mu­ni­ci­pal d’op­po­si­tion

à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l’Es­sonne, « il gre­nouille avec son ami d’en­fance Oualid Arar dans la po­li­tique, en se pré­sen­tant comme le porte-pa­role

des quar­tiers de­puis dix ans », ex­plique une source lo­cale. Il a ef­fec­ti­ve­ment fait plu­sieurs bou­tiques à droite, voire à l’ex­trême droite. En 2011, il tente ain­si de mon­ter avec son ami Arar une sec­tion de la tout jeune Al­liance ré­pu­bli­caine éthique (ARE) lan­cée entre autres par Sté­phane Dur­bec, un proche de Jean-Marie Le Pen, en­car­té au FN pen­dant vingt-cinq ans. En 2015, aux cô­tés de Hayette Ha­mi­di, une cadre du mou­ve­ment Sens com­mun, l’éma­na­tion de La Ma­nif pour tous chez Les Ré­pu­bli­cains, il crée le think tank France fière, dont le but est de ral­lier les quar­tiers po­pu­laires à la droite. Quelques mois au­pa­ra­vant, il était mon­té à la tri­bune pour sou­te­nir Va­lé­rie Pé­cresse lors du mee­ting de lan­ce­ment de sa cam­pagne pour les ré­gio­nales en Ile-de-France. Mais ça, c’était avant. De­puis son ar­ri­vée dans la ga­laxie ma­cro­niste, La­maoui semble avoir chan­gé de ligne. On l’a vu ain­si prendre la pa­role lors d’un ras­sem­ble­ment or­ga­ni­sé par Yas­sine Bel­la­tar pour sou­te­nir le plan Ban­lieues de Jean-Louis Bor­loo, au­jourd’hui en­ter­ré. Il est ain­si consi­dé­ré au­jourd’hui comme un « ta­lent, c’est lui

l’ave­nir », par l’hu­mo­riste proche d’Em­ma­nuel Ma­cron. Une consé­cra­tion. Son ami Oualid Arar, tou­jours as­sis­tant de Pierre-Alain Ra­phan, se fait, lui, beau­coup plus dis­cret. No­tam­ment sur son pas­sé ju­di­ciaire. Se­lon nos in­for­ma­tions, il a du­rant plu­sieurs an­nées été un ha­bi­tué du com­mis­sa­riat de po­lice de Sainte-Geneviève-des-Bois.

Le 25 fé­vrier 2000, il est ain­si entendu en tant qu’au­teur dans une en­quête pour ex­tor­sion avec vio­lences, en­lè­ve­ment et sé­ques­tra­tion et viol com­mis en réunion. Une af­faire sor­dide pour la­quelle il se­ra condam­né. Fin novembre 2007, il re­tourne de nou­veau de­vant les po­li­ciers de l’Es­sonne pour une nou­velle af­faire, de tra­vail clan­des­tin cette fois. Un spé­cia­liste des ques­tions po­li­cières en quelque sorte.

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