L’ac­tua­li­té ex­pli­quée par l’his­toire

En at­ten­dant les éner­gies nou­velles, l’éco­no­mie mon­diale de­meure dé­pen­dante du pé­trole. Outre ses ef­fets sur le cli­mat, cette res­source, qui n’est pas in­épui­sable, se paye en guerres et en rap­ports de force. De­puis la fin de la guerre du Kip­pour, la va­ria

Marianne Magazine - - Sommaire - PAR PIERRE FEYDEL

1973, le pre­mier choc pé­tro­lier Par Pierre Feydel

Le ki­lo­mètre 101, sur la route Suez-Le Caire. Cinq mètres de bar­be­lés po­sés en tra­vers du ma­ca­dam ma­té­ria­lisent la ligne de ces­sez-le-feu, quand, quelques jours plus tôt, le 22 oc­tobre 1973, le Conseil de sé­cu­ri­té de l’ONU a exi­gé l’ar­rêt des com­bats. Même si jus­qu’au 26, l’ar­mée d’Is­raël a conti­nué d’avan­cer, his­toire d’amé­lio­rer ses po­si­tions. De l’autre cô­té de la route, pro­té­gés par une toile de tente ten­due entre deux Jeep et un ca­mion, des of­fi­ciers de Tsa­hal et des forces ar­mées égyp­tiennes dis­cutent du ra­vi­taille­ment de la 3e ar­mée égyp­tienne en­cer­clée dans le Si­naï, de la li­bé­ra­tion des Is­raé­liens pri­son­niers en Egypte… Les né­go­cia­tions ont, de fait, com­men­cé. Is­raël a en­core ga­gné.

Pour­tant, le conflit avait très mal com­men­cé pour l’Etat juif. Le 6 oc­tobre, après un in­tense pi­lon­nage, les com­man­dos arabes se ruent sur la ligne Bar-Lev, de l’autre cô­té du ca­nal de Suez. Une par­tie des dé­fen­seurs est en per­mis­sion à l’oc­ca­sion de Yom Kip­pour (le jour du Grand Par­don, peut-être le plus sa­cré des rites hé­braïques). Ils pé­nètrent ra­pi­de­ment dans le Si­naï. L’agres­si­vi­té de l’ar­mée égyp­tienne, ra­jeu­nie, ré­ar­mée, ré­or­ga­ni­sée de­puis la guerre des Six-Jours, six ans plus tôt, est une très mau­vaise sur­prise pour le gé­né­ral Moshe Dayan, mi­nistre de la Dé­fense de l’Etat juif et la Pre­mière mi­nistre, Gol­da Meir. Au nord, les chars sy­riens dé­boulent sur le Go­lan. L’ef­fet de sur­prise pa­raît to­tal. L’aide amé­ri­caine qui abreuve Is­raël d’ar­me­ment et de ma­té­riel di­vers, l’hé­roïsme des ré­ser­vistes qui se battent le dos au mur face aux Sy­riens, les brillantes ma­noeuvres du gé­né­ral Ariel Sha­ron qui lance ses forces entre la deuxième et la troi­sième ar­mée égyp­tienne, en­cercle cette der­nière, fran­chit le ca­nal et me­nace Le Caire, re­tour­ne­ront la si­tua­tion. Is­raël est sau­vé. Pour le monde dé­ve­lop­pé, en re­vanche, plus rien ne se­ra comme avant.

Le 8 oc­tobre 1973, alors que la guerre bat son plein, d’autres en­jeux sont en cause dans les bu­reaux d’un im­meuble mo­deste du Karl Lue­ger Ring. Cette belle ave­nue de la ca­pi­tale au­tri­chienne porte le

nom d’un an­ti­sé­mite no­toire, maire de Vienne en 1897. C’est là, non loin des bu­reaux de la Texa­co, que siège L’Or­ga­ni­sa­tion des pays ex­por­ta­teurs de pé­trole (Opep). L’ins­ti­tu­tion re­groupe l’Ara­bie saou­dite, l’Al­gé­rie, les Emi­rats arabes unis, l’In­do­né­sie, l’Iran, l’Irak, le Ko­weït, la Li­bye, le Ni­ge­ria, le Qa­tar et le Ve­ne­zue­la.

Ce jour-là, les membres de l’Opep re­çoivent cinq émis­saires des prin­ci­pales com­pa­gnies pé­tro­lières, les ma­jors, pour étu­dier le re­lè­ve­ment des prix du ba­ril, de­ve­nu in­évi­table de­puis la dé­va­lo­ri­sa­tion du dol­lar due à sa dés­in­dexa­tion de l’or dé­ci­dée en 1971 par le pré­sident Nixon.

Cheikh Ah­med Za­ki Ya­ma­ni, le mi­nistre saou­dien du Pé­trole, ouvre les dis­cus­sions. Cos­tume bien cou­pé, barbe soi­gneu­se­ment taillée, qua­ran­taine en­ve­lop­pée, ce ju­riste qua­dra­gé­naire pos­sède une double qua­li­té. For­mé aux uni­ver­si­tés du Caire, de New York et à la pres­ti­gieuse école de droit de Har­vard, il connaît bien les Etats-Unis. Né à La Mecque, fils d’un ca­di (juge mu­sul­man), doc­teur res­pec­té de la loi is­la­mique, son at­ta­che­ment à l’is­lam et à la dy­nas­tie qui règne à Riyad, ap­pa­raît in­dé­niable. Le roi Fay­çal l’a donc re­mar­qué. Ce jour-là, après avoir évo­qué les re­ven­di­ca­tions de ces col­lègues, Ya­ma­ni in­ter­roge les re­pré­sen­tants des com­pa­gnies : « Que pro­po­sez-vous ? – Rien », ré­torque George Pier­cy, res­pon­sable du Moyen-Orient à Exxon. Il n’est pas pres­sé. Les ma­jors pro­posent 40 % de hausse du prix du ba­ril. Ya­ma­ni ré­clame 100 %. Il vau­drait mieux se pres­ser pour fixer des prix avant que le ro­bi­net ne soit cou­pé. La rue arabe exige un em­bar­go comme pen­dant la guerre des Six-Jours. An­dré Bé­nard, un Fran­çais, di­rec­teur chez Shell, pro­pose 66 %. Les né­go­cia­tions sont rom­pues. Ri­chard

Nixon, le pré­sident des Etats-Unis, est pré­ve­nu des risques d’em­bar­go, mais il est em­pê­tré dans l’af­faire du Wa­ter­gate. Per­sonne ne veut por­ter la res­pon­sa­bi­li­té d’une hausse. Ni la Mai­son-Blanche, ni les ma­jors. Du coup, les Oc­ci­den­taux su­bi­ront une sé­vère double peine. D’abord, le ba­ril passe d’oc­tobre 1973 à mars 1974 de 2,59 à 11,65 dol­lars et, bien sûr, les prix à la pompe suivent. En France, on craint qu’en 1974 le litre de su­per ne fasse plus que dou­bler, et qu’il n’at­teigne 2 F. Le 16 oc­tobre 1973, l’Or­ga­ni­sa­tion des pays arabes ex­por­ta­teurs de pé­trole (Opaep) a an­non­cé une hausse de 17 % du prix du brut et une aug­men­ta­tion de 70 % des taxes sur les com­pa­gnies. Mais ce n’est pas tout. Elle dé­clare qu’elle ré­dui­ra de 5 % par mois ses li­vrai­sons d’or noir tant que les EtatsU­nis conti­nue­ront de sou­te­nir Is­raël. Le 20 oc­tobre, le roi Fay­çal d’Ara­bie saou­dite dé­cide un em­bar­go to­tal vis-à-vis de Etats-Unis et des Pays-Bas qui sou­tiennent Is­raël. Le chan­tage arabe est clair : les Oc­ci­den­taux doivent sou­te­nir la cause arabe et celle du peuple pa­les­ti­nien lors des né­go­cia­tions de paix avec Is­raël. Ya­ma­ni dé­clare à la té­lé­vi­sion fran­çaise : « Si vous ne chan­gez pas votre po­li­tique [de sou­tien à Is­raël], l’Eu­rope va souf­frir. » Les pays sont d’ailleurs clas­sés se­lon leur de­gré de sym­pa­thie par rap­port à la cause arabe. Les amis sont les Afri­cains, sauf la Rho­dé­sie et l’Afrique du Sud, les pays asia­tiques et d’Amé­rique du Sud ain­si que la France, l’Es­pagne et le Royaume-Uni. Les en­ne­mis res­tent Wa­shing­ton et La Haye.

Même si la très gaul­lienne « po­li­tique arabe de la France » fait bé­né­fi­cier Pa­ris d’une re­la­tive in­dul­gence de la part des pays pro­duc­teurs au Moyen-Orient, le risque de la pé­nu­rie af­fole tout le monde. Les files s’al­longent aux sta­tions-ser­vice. Les Fran­çais stockent les pro­duits de pre­mière né­ces­si­té. Les prix à la consom­ma­tion s’en­volent. D’abord, bien en­ten­du, ceux de car­bu­rants. Mais aus­si d’autres sec­teurs : l’au­to­mo­bile, le ci­ment, la chi­mie ou le tex­tile. Ces hausses en en­traînent mé­ca­ni­que­ment d’autres. La stag­fla­tion, cette com­bi­nai­son fa­tale de l’in­fla­tion et d’une pro­duc­tion qui stagne, me­nace.

Pays en pleine crise

La hausse des prix pré­ci­pite les consom­ma­teurs dans les ma­ga­sins. On se dé­pêche d’ache­ter avant que les prix ne montent en­core. Le chiffre d’af­faires des grands dis­tri­bu­teurs aug­mente : + 31 % pour Car­re­four, + 25 % pour le Prin­temps, + 30 % pour Pa­ri­doc. Les Fran­çais, pru­dents, font aus­si des pla­ce­ments. Le Prin­temps ob­serve 154 % d’aug­men­ta­tion de son rayon joaille­rie. En 1973, le sa­laire ho­raire a bien aug­men­té de 15,9 %, mais ceux qui n’ont pas les moyens de jouer avec l’in­fla­tion tire la langue. La hausse des prix a non seule­ment concer­né l’es­sence, mais aus­si la viande ou les pro­duits lai­tiers. Georges Pom­pi­dou, son Pre­mier mi­nistre Pierre Mess­mer, son mi­nistre des Fi­nances Va­lé­ry Gis­card d’Es­taing, tentent de li­mi­ter les dé­gâts par tous les moyens. Et d’abord en es­sayant de contrô­ler les prix en France des autres éner­gies : gaz et élec­tri­ci­té. La mul­ti­pli­ca­tion des cen­trales nu­cléaires fait alors l’una­ni­mi­té, elle est consi­dé­rée comme le plus sûr moyen d’as­su­rer l’in­dé­pen­dance éner­gé­tique de la France. Il y a, sur ce point, une conver­gence d’in­té­rêts

entre le pré­sident de la Ré­pu­blique et la puis­sante CGT d’EDF. Le choix de l’éner­gie nu­cléaire s’im­pose, dans les plans gou­ver­ne­men­taux comme dans le pro­gramme com­mun si­gné par le PC et le PS. Georges Mar­chais dé­nonce vio­lem­ment les pre­mières ma­ni­fes­ta­tions an­ti­nu­cléaires qui per­turbent les chan­tiers des cen­trales.

Fin 1973, le pré­sident Pom­pi­dou es­père qu’une fois la confé­rence de la paix amor­cée entre Is­raé­lien et Arabes, ces der­niers re­non­ce­ront à fer­mer un peu plus le ro­bi­net du pé­trole. Les li­vrai­sons de pé­trole ne bais­se­raient que de 10 à 20 %. A plus de 20 %, la France en­tre­rait en ré­ces­sion. Mais ces chiffres ne tiennent pas compte de la pres­sion sur les prix qui va af­fec­ter les modes de consom­ma­tion. D’ailleurs, cer­tains se fé­li­citent que les contraintes éco­no­miques mettent fin au gas­pillage. Dans l’Ex­press, Fran­çoise Gi­roud écrit : « Ceux qui ont connu le temps où l’on fai­sait « du­rer », le temps où l’on ne je­tait ja­mais un vê­te­ment, un us­ten­sile, un mor­ceau de ru­ban, ceux qui ont ap­pris, en­fant, à éteindre en sor­tant d’une pièce… Bref, ceux qui sont nés avant le temps du gas­pillage éprouvent une sorte de plai­sir sombre, et va­gue­ment sa­dique à l’idée que les en­fants gâ­tés de la so­cié­té de consom­ma­tion sont sans doute sur le point d’ap­prendre le vrai prix des choses. » Ces der­niers ou­blie­ront vite la le­çon.

Le 18 jan­vier 1974, Is­raël signe un ac­cord de re­trait de ses troupes de la rive ouest du ca­nal de Suez. Le 5 mars, Tsa­hal éva­cue. L’em­bar­go pé­tro­lier est aus­si­tôt en grande par­tie le­vé. Les Arabes, Saou­diens en tête, savent par­fai­te­ment qu’ils n’ont au­cun in­té­rêt à étran­gler leurs clients.

Le 2 avril 1974, le pré­sident Pom­pi­dou de­puis long­temps at­teint de la ma­la­die de Wal­dens­tröm, une forme rare de leu­cé­mie qui ne se soigne pas, meurt à 21 h dans son ap­par­te­ment du quai de Bé­thune. Avec un rare cou­rage, il au­ra lut­té jus­qu’au bout. Le 19 mai 1974, Va­lé­ry Gis­card d’Es­taing, 48 ans, est élu pré­sident de la Ré­pu­blique avec 50,81 % des voix, contre Fran­çois Mit­ter­rand. Le voi­là à la tête d’un pays en pleine crise. Avec son pre­mier Pre­mier mi­nistre, Jacques Chi­rac, il va lan­cer un des pre­miers plans d’aus­té­ri­té, sui­vis de­puis de nom­breux autres. Il marque la fin de ces fa­meuses Trente Glo­rieuses qui ont vu l’éco­no­mie et la so­cié­té fran­çaise s’en­ri­chir et pro­gres­ser de fa­çon conti­nue de­puis la Li­bé­ra­tion. Il s’agit de ju­gu­ler l’in­fla­tion ga­lo­pante et le dé­fi­cit du com­merce ex­té­rieur.

En­trée dans une nou­velle ère

La hausse des prix est telle qu’elle mine la com­pé­ti­ti­vi­té du pays et que la crois­sance et l’em­ploi sont me­na­cés. La France n’ex­porte pas as­sez pour payer une fac­ture pé­tro­lière sé­rieu­se­ment aug­men­tée. Le gou­ver­ne­ment veut ré­duire l’im­por­ta­tion de pé­trole. D’abord par une hausse d’un prix à la pompe à plus de 2 F le litre. De nou­velles me­sures d’iso­la­tion ther­mique sont im­po­sées aux construc­teurs. Les im­pôts sont aug­men­tés. Il s’agit de di­mi­nuer par tous les moyens le pou­voir d’achat. Les in­dus­triels sont « in­vi­tés » à li­mi­ter les hausses de sa­laires, y com­pris pour les classes moyennes. D’autres idées cir­culent : aug­men­ter les taux d’in­té­rêt pour les épar­gnants, ou en­core créer un nou­vel im­pôt qui frappe cer­taines plus-va­lues de pro­prié­taires de biens.

Consé­quence di­recte du choc pé­tro­lier, la crois­sance fran­çaise s’est ef­fon­drée. En 1973, elle est de 6,3 % du PIB, en 1974, de 4,3 %. L’an­née sui­vante, elle est né­ga­tive, – 0,1 %. Elle re­monte à 4,3 % en 1976. Mais c’est fi­ni, la crois­sance du­rable a été cas­sée. De 1960 à 1974, la moyenne des hausses est de 5,6 %. A par­tir de cette date, la moyenne s’éta­blit au­tour de 2,3 %. Moi­tié moins.

Le monde dé­ve­lop­pé entre dans une autre ère. Le pro­gramme nu­cléaire fran­çais est ac­ti­ve­ment dé­ve­lop­pé. On com­mence ce­pen­dant à par­ler d’éner­gies nou­velles, so­laire, éo­lienne, mais sur­tout, à l’époque, de géo­ther­mie. Et l’idée de « crois­sance 0 » émerge. Le Club de Rome, groupe de ré­flexion qui réunit éco­no­mistes, in­dus­triels et scien­ti­fiques, s’est dé­jà fait connaître en 1972 par un rap­port in­ti­tu­lé « Halte à la crois­sance ? ». Ses au­teurs sont des cher­cheurs du pres­ti­gieux Mas­sa­chu­setts Ins­ti­tute Of Tech­no­lo­gy. En 1974, il pu­blie une suite : « Stra­té­gie pour de­main ». On y lit : « La crise ac­tuelle ne re­met pas seule­ment en ques­tion notre sys­tème po­li­tique, éco­no­mique et so­cial, mais l’homme lui-même, ses rap­ports avec la na­ture, son mode de vie, son équi­libre in­té­rieur. » En fait, l’im­pé­ra­tif éco­lo­gique est peut-être né de la guerre du Kip­pour et de l’em­bar­go pé­tro­lier qui a sui­vi. Il y a qua­rante-cinq ans.

D’OC­TOBRE 1973 à mars 1974, le prix du ba­ril passe de 2,59 à 11,65 dol­lars. Les prix à la pompe suivent. En France, on craint que le litre de su­per ne double pour at­teindre 2 F. Ci-des­sus, site de fo­rage en Ara­bie saou­dite, en jan­vier 1974.

UN CHAN­TAGE LIM­PIDE En oc­tobre 1973, l’Opep dé­clare qu’elle va ré­duire de 5 % par mois ses li­vrai­sons d’or noir tant que les Etats-Unis conti­nue­ront de sou­te­nirIs­raël. CheikhAh­med Za­ki Ya­ma­ni, mi­nistre du Pé­trole d’Ara­bie saou­dite, avait dé­cla­ré à la té­lé­vi­sion fran­çaise : “Si vous ne chan­gez pas votre po­li­tique, l’Eu­rope va souf­frir.” Ci-contre, au c., sou­riant, le 16 mars 1974, à la confé­rence de l’Opep, à Vienne.

LE 18 JAN­VIER1974, Is­raël signe un ac­cord de re­trait de ses troupes de la rive ouest du ca­nal de Suez. Le 5 mars Tsa­hal éva­cue. L’em­bar­go pé­tro­lier est aus­si­tôt en grande par­tie le­vé. Ci-contre, le gé­né­ral égyp­tien Ga­mas­si et le gé­né­ral fin­lan­dais Sii­las­vuo, lors de la si­gna­ture de l’ac­cord de désen­ga­ge­ment du front du ca­nal de Suez.

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