Laï­ci­té

NOUS NOUS OPPOSONS AUX MO­DI­FI­CA­TIONS DE LA LOI DE SÉ­PA­RA­TION DES ÉGLISES ET DE L’ÉTAT DU 9 DÉ­CEMBRE 1905.

Marianne Magazine - - Sommaire - Pétition dis­po­nible sur change.org

Pétition : l’ap­pel des 113

De­puis cent treize ans, la loi de sé­pa­ra­tion des Eglises et de l’Etat est un texte fon­da­teur de notre Ré­pu­blique. Cette loi, et nulle autre, as­sure la li­ber­té de conscience et af­firme sans am­bi­guï­té ni faux-sem­blants que la Ré­pu­blique ne re­con­naît, ne sa­la­rie, ne sub­ven­tionne au­cun culte. Elle ga­ran­tit le libre exer­cice des cultes as­su­ré par des as­so­cia­tions dont l’ob­jet et le pa­tri­moine doivent être stric­te­ment cultuels.

Par l’es­prit et la lettre, elle oeuvre au ras­sem­ble­ment des êtres hu­mains par-de­là leurs dif­fé­rences. Avec la Dé­cla­ra­tion des droits de l’homme et du ci­toyen de 1789, elle est au coeur du fonc­tion­ne­ment de notre vie col­lec­tive, elle est le mo­teur du dé­ve­lop­pe­ment de nos li­ber­tés, elle contri­bue de ma­nière dé­ci­sive à l’éga­li­té entre tous les ci­toyens quelles que soient leurs convic­tions.

La loi de 1905 est la clé de voûte de l’édi­fice dé­mo­cra­tique et ré­pu­bli­cain qui nous abrite et l’ex­pres­sion de l’idéal de jus­tice et de fra­ter­ni­té uni­ver­selle qui nous anime. Le prin­cipe de laï­ci­té qui en dé­coule est si fon­da­men­tal qu’il a été ins­crit à l’ar­ticle 1er de notre Cons­ti­tu­tion. Par l’uni­ver­sa­li­té des prin­cipes qu’elle af­firme et des dis­po­si­tions qu’elle édicte, la loi de sé­pa­ra­tion s’ap­plique à tous les cultes et pose le prin­cipe de leur adap­ta­tion à la so­cié­té ré­pu­bli­caine. Non l’in­verse. Les si­gna­taires de l’ap­pel sont conscients des in­quié­tudes sou­le­vées par les me­nées com­mu­nau­ta­ristes et par les dé­rives in­té­gristes de l’is­la­misme po­li­tique, qui af­fai­blissent la so­cié­té fran­çaise. L’or­ga­ni­sa­tion du culte mu­sul­man, la trans­pa­rence de ses fi­nan­ce­ments et le contrôle du res­pect de l’ordre pu­blic par les or­ganes cultuels sont les trois pré­oc­cu­pa­tions que met en avant le gou­ver­ne­ment pour en­vi­sa­ger la ré­vi­sion de la loi de sé­pa­ra­tion. En au­cun cas la mo­di­fi­ca­tion de cette loi ne sau­rait être l’un des moyens de droit per­met­tant de ré­soudre ces graves pro­blèmes. L’or­ga­ni­sa­tion d’un culte et a for­tio­ri ses prin­cipes théo­lo­giques ne re­gardent pas l’Etat, mais les croyants et les pra­ti­quants. La trans­pa­rence du fi­nan­ce­ment pri­vé des cultes peut être as­su­rée par des me­sures de po­lice fis­cale et par des contrôles étroits au­to­ri­sés par les lois fran­çaises. La po­lice des cultes est dé­jà en­tiè­re­ment conte­nue dans la loi de 1905. Quant à la lutte contre les me­nées sub­ver­sives et ter­ro­ristes, elle ne re­lève pas de cette loi. Au mo­ment où l’uni­té ci­toyenne et la paix so­ciale sont mises en pé­ril, il ne peut être ques­tion d’af­fai­blir leurs fon­da­tions en ou­vrant la voie aux exi­gences de tous les groupes de pres­sion et en re­la­ti­vi­sant le ca­rac­tère in­vio­lable de leurs prin­cipes. C’est pour­quoi les si­gna­taires

de­mandent à tous les ci­toyens et toutes les ci­toyennes, toutes les as­so­cia­tions, tous les syn­di­cats, tous les par­tis po­li­tiques ré­pu­bli­cains de se ras­sem­bler au­tour de cet ap­pel pour en faire une très large pétition na­tio­nale exi­geant le res­pect de la loi de sé­pa­ra­tion des Eglises et de l’Etat du 9 dé­cembre 1905.

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