La pho­to d’en­fance de… Isa­belle Ma­rant

Une per­son­na­li­té nous confie une image et un sou­ve­nir d’elle en­fant et les ra­conte avec ses mots. Ce mois-ci, la créa­trice Isa­bel Ma­rant.

Marie Claire - - Sommaire - Par Ma­ri­na Ro­zen­man.

Isa­bel Ma­rant (à droite), au dé­but des an­nées 70, avec sa mère et son pe­tit frère. « J’ai 5 ans. C’est mon pa­pa qui a pris la pho­to. Il avait vrai­ment un oeil pour ça. A gauche, c’est ma ma­man. Au mi­lieu, mon pe­tit frère. Et la pe­tite, toute gro­gnon, à droite, c’est moi. Je pense que nous sommes à Saint-Tro­pez. On y al­lait de temps en temps et il me semble que je re­con­nais la mai­son, grâce au car­re­lage. Ma­man est al­le­mande. De Mu­nich. Elle est ve­nue en France comme fille au pair et a ren­con­tré pa­pa, qui est tom­bé fou amou­reux d’elle. Je ne sais pas com­ment elle est de­ve­nue man­ne­quin. Nous n’en avons ja­mais par­lé. Mais je ne crois pas qu’elle ait eu une longue car­rière. A l’époque, il n’y avait pas énor­mé­ment de dé­fi­lés. Mais elle a fait plein de cou­ver­tures de Har­per’s Ba­zaar. Je les ai re­trou­vées plus tard dans des car­tons à des­sins, à la cave et au gre­nier. Mes pa­rents vont se sé­pa­rer peu de temps après cette pho­to. Ils res­te­ront très amis. C’est juste qu’ils avaient des ca­rac­tères trop dif­fé­rents… Ma mère étant très douce, et mon père plu­tôt un dra­gon ! Mais le but de cette pho­to, c’était sur­tout de vous par­ler de mon pe­tit frère. Qui a quinze mois de moins que moi, et qui était ex­trê­me­ment beau et sym­pa­thique. Alors que j’étais as­sez moche et re­vêche ! Tout le monde al­lait tou­jours vers lui, en di­sant : “Oh, mais qu’est-ce qu’elle est mi­gnonne cette pe­tite fille !” Et moi, per­sonne ne me cal­cu­lait, ja­mais… Pe­tit à pe­tit, ça a eu l’ef­fet d’une cer­taine frus­tra­tion, qui m’a don­né une es­pèce de niaque ! Qui a fait que très jeune j’ai vou­lu me faire re­mar­quer par ce que j’avais à dire et par mon look. A 9-10 ans, les jeans Le­vi’s que nous rap­por­te­ra un co­pain amé­ri­cain de mes pa­rents se­ront une ré­vé­la­tion : je ne por­te­rai plus ja­mais de jupes. Et plus tard, cer­taines de mes te­nues, au ly­cée, se­ront tel­le­ment too much que je me fe­rai par­fois vi­rer ! Cette re­la­tion que j’ai eue avec mon frère au­ra donc fait celle que je suis. Donc mer­ciiii Alexis ! »

Col­lec­tion au­tomne-hi­ver sur isa­bel­ma­rant.fr et col­lec­tion Isa­bel Ma­rant x L’Oréal Pa­ris ac­tuel­le­ment en vente.

“Per­sonne ne me cal­cu­lait, ja­mais… Pe­tit à pe­tit, ça a eu l’ef­fet d’une cer­taine frus­tra­tion, qui m’a don­né une es­pèce de niaque !”

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