La pho­to d’en­fance An­gèle

Ce mois-ci, la chan­teuse An­gèle se sou­vient de la mai­son où elle a gran­di, près de Bruxelles, dans une fa­mille d’ar­tistes. Et des jours de fi­nales de « Star Aca­de­my », qui la met­taient en transe.

Marie Claire - - Sommaire - Par Ma­ri­na Ro­zen­man

« J’ai 3 ou 4 ans. Mon frère, Ro­méo, 6 ou 7. Et à chaque ren­trée des classes jus­qu’à mes 17 ans, c’était la tra­di­tion, on pre­nait une pho­to. Re­gar­dez : ça me fait beau­coup rire, on voit à ma tête que je suis trop dé­goû­tée et que j’ai zé­ro en­vie d’al­ler à l’école ! Cette mai­son ? Mes pa­rents y vivent en­core. Elle se trouve à Lin­ke­beek, au sud de Bruxelles. Ses murs ne sont pas du tout ty­piques de la ré­gion. C’est ma mère qui avait choi­si cette pein­ture na­tu­relle, rose- oran­gé. La pou­pée ? Je ne m’en sou­viens pas. Mais le sac que tient Ro­méo, c’était son sac de pis­cine. Il fait genre, là : “J’en­toure ma soeur et je la pro­tège !” Pour nos pa­rents, c’était très chaud à cette époque, parce que mon père avait sor­ti un disque, donc il était sou­vent en tour­née, et ma mère avait re­pris le théâtre. Pen­dant toute une pé­riode, on a été gar­dé, soirs et week- ends. Jus­qu’à ce qu’on ait 8 et 11 ans et que nos pa­rents ac­ceptent de nous lais­ser seuls. Et vrai­ment, il n’y a rien de plus co­ol que d’être res­pon­sa­bi­li­sé ! On sa­vait mettre la piz­za au four. On sa­vait qui ap­pe­ler en cas de drame. Et les jours de fi­nales de “Star Ac’”, au mo­ment où Ni­kos Alia­gas an­non­çait le ou la ga­gnante, on se met­tait à la place des can-

“Vers 8 et 11 ans, nos pa­rents ont ac­cep­té de nous lais­ser seuls, mon frère et moi. (…) On sa­vait mettre la piz­za au four. On sa­vait qui ap­pe­ler en cas de drame.”

di­dats – en se te­nant par la main, et si c’était “moi”, je me je­tais au sol, en pleurs. Main­te­nant, est- ce qu’on pou­vait ima­gi­ner que Ro­méo al­lait de­ve­nir rap­peur ? (et disque d’or en France, comme sa soeur, ndlr.) Je ne sais pas, mais suivre une car­rière ar­tis­tique, cer­tai­ne­ment. Il des­si­nait des BD très claires et très drôles. Et moi ? J’étais ti­mide, mais dès qu’il s’agis­sait d’être sur scène, pour un spec­tacle de fin d’an­née par exemple, j’y al­lais à fond. Il faut dire que dans notre fa­mille, mettre de l’am­biance, on connaît. Te­nez, la se­maine der­nière… J’étais chez mes pa­rents, un di­manche soir. Mon père a pas­sé de la sal­sa. Et quand nous avons ac­cueilli leurs amis, nous étions tous en train de dan­ser en py­ja­ma. Un clas­sique ! »

Der­nier al­bum pa­ru : « Brol », Ini­tial, en concert à l’Olym­pia, Pa­ris 9e, les 12 et 13 mars.

An­gèle, à la n des an­nées 90, avec sa mère et son frère, le fu­tur rap­peur Ro­méo El­vis, de­vant leur mai­son du sud de Bruxelles.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.