L’élu Kurt Vile

S’il cultive une cer­taine non­cha­lance, le ro­ckeur amé­ri­cain, sor­ti de l’ombre en duo avec l’Aus­tra­lienne Court­ney Bar­nett, pu­blie son sep­tième al­bum*, entre grands es­paces et ame­ri­ca­na rê­veuse.

Marie Claire - - Sommaire - Par Char­line Le­car­pen­tier

Fei­gnasse

Avec ses longs che­veux et sa voix traî­nante, le re­lax Kurt Vile, 38 ans, per­pé­tue une li­gnée de mu­si­ciens amé­ri­cains dits « sla­ckers » (fei­gnasse), terme at­tri­bué à des groupes qui ont néan­moins sor­ti des al­bums mé­mo­rables, de Pa­ve­ment, dans les an­nées 90, à, plus ré­cem­ment, Mac deMar­co. « Je suis un sla­cker mais pro­duc­tif en même temps, c’est sur­tout un style », rap­pelle-t-il.

A l’en­vers

Sur le titre Bas­sa­ck­wards, son folk psy­ché rê­veur as­sume une usure vin­tage et une dé­marche lente, à contre- cou­rant. Kurt Vile y chante non seule­ment sa nos­tal­gie, mais en­re­gistre éga­le­ment des sons à l’en­vers dans un ef­fet trou­blant, en clin d’oeil au Straw­ber­ry fields fo­re­ver des Beatles, dont la fin, écou­tée à l’en­vers, re­cèle un mes­sage ca­ché.

Conduc­teur de train

« Quand je passe une jour­née chez moi, je fais tout aus­si len­te­ment que pos­sible, que ce soit des­cendre au ca­fé, mar­cher dans les bois, traî­ner dans mon jar­din… » Il com­pose sur son pia­no dans sa nou­velle mai­son tran­quille, dans le centre de Phi­la­del­phie, ville où il a gran­di en écou­tant la col­lec­tion de disques blue­grass de son père, conduc­teur de train.

Deux filles

Sous ses airs ir­res­pon­sables et in­do­lents, Kurt Vile, le der­nier d’une fra­trie de dix en­fants, est père de deux filles de 6 et 8 ans, Awil­da et Del­phine. Il ra­con­tait, sur le titre Too hard (2013), la né­ces­si­té de chan­ger ses ha­bi­tudes de tour­née afin d’être pré­sent pour elles, mais aus­si la dif­fi­cul­té de s’adap­ter à ce nou­veau mode de vie.

Block­bus­ter

En 2017, Kurt Vile a trou­vé un al­ter ego en l’Aus­tra­lienne Court­ney Bar­nett, brillante gui­ta­riste qui ex­celle aus­si dans l’écri­ture de say­nètes de la vie quo­ti­dienne qu’elle trans­forme en chants rock émou­vants. Leur al­bum com­mun Lot­ta sea lice – en­re­gis­tré en quelques jours, dans la dé­con­trac­tion, à Mel­bourne – a été, l’an der­nier, un block­bus­ter in­die rock sur­prise.

Ayur­ve­da

Lors de son ma­riage, en 2003, avec une femme dé­sor­mais conseillère en ayur­ve­da, Kurt Vile avait dis­tri­bué à tous ses in­vi­tés un CD gra­vé avec dix chan­sons de son cru. De­puis ses 14 ans, lors­qu’il a ac­quis son pre­mier ban­jo, il a été un mu­si­cien pro­li­fique ; mais le suc­cès n’ar­rive que tar­di­ve­ment, en 2015, quand le titre Pret­ty pim­pin entre dans le clas­se­ment de Bill­board.

Bous­sole

Avec une bonne bous­sole, vous trou­ve­rez plus fa­ci­le­ment Kurt Vile dans les grands es­paces amé­ri­cains que dans les villes grouillantes. Il met en bou­teille une vi­rée dans le dé­sert avec le groupe The Sa­dies, sur les titres Bot­tle it in et Cold was the wind – « des mo­ments uniques cap­tu­rés en pleine na­ture » –, et s’est ins­pi­ré de ses road trips en fa­mille pour ses der­niers textes.

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