OÙ EN EST LE RE­TOUR DU LOUP DANS LE MAS­SIF?

Une pré­sence confir­mé du grand pré­da­teur

Massif Central Patrimoine - - Histoire / D’hier A Aujourd’hui - Texte / Anne Bourges /

Trois gé­né­ra­tions n’avaient plus co­ha­bi­té avec un grand pré­da­teur sau­vage. Mais voi­là que des at­taques d’ovins, en

Haute-loire et dans le Can­tal, peuvent être at­tri­buées au loup. Où en est sa re­con­quête du Mas­sif cen­tral ?

Les pre­miers re­tours do­cu­men­tés en Au­vergne re­montent à 1997 (La­veis­sière, Can­tal) et à 1999 (Ap­chat, Puy-deDôme). Il s’agis­sait de dé­pouilles d’animaux (per­cu­tées par un vé­hi­cule et ti­rées). Et plus de signes jus­qu’en 2006 ! Ch­ris­tophe Du­champ et Éric Mar­bou­tin, char­gé d’études et chef de pro­jet « Grands car­ni­vores loup lynx » à la di­rec­tion Études et re­cherches de l’of­fice na­tio­nal de la chasse et de la Faune sau­vage (ONCFS) font le point. Peut-on ima­gi­ner une ré­ins­tal­la­tion d’une po­pu­la­tion de loups ? « Tout dans la bio­lo­gie de l’es­pèce dit qu’il faut l’ima­gi­ner, mais rien ne per­met de dire quand… Ce­la peut être l’an pro­chain comme dans vingt ans », ré­pond Éric Mar­bou­tin.

Quel est le front de co­lo­ni­sa­tion ? « Quelques iden­ti­fi­ca­tions spo­ra­diques té­moignent de l’ac­ti­vi­té co­lo­ni­sa­trice de quelques in­di­vi­dus de­puis les Alpes », ré­sume Ch­ris­tophe Du­champ. Et sa pré­sence doit être si­gna­lée deux hi­vers consé­cu­tifs sur un ter­ri­toire pour qu’une zone de pré­sence per­ma­nente (ZPP) soit re­te­nue. Com­ment pro­gressent les loups ? Les loups vivent en ter­ri­toires ex­clu­sifs. Les fa­milles (deux à huit in­di­vi­dus) dé­fendent un ter­ri­toire de 150 à 350 km : de fa­çon le plus sou­vent pas­sive (mar­quage) et sur des fron­tières dy­na­miques. Les animaux quittent la meute entre 18 mois et 3 ans pour al­ler conqué­rir leur propre ter­ri­toire : entre des sec­teurs dé­jà oc­cu­pés ou au-de­là.

Y a-t-il une meute dans le Mas­sif cen­tral ? Non. L’idée est ex­clue par L’ONCFS. Même pour la Lozère. « Il y a des loups. Et ils peuvent faire des in­cur­sions dans le Can­tal ou la Haute-loire. Et il y a aus­si des animaux qui peuvent ve­nir de beau­coup plus loin : on a re­trou­vé en 2006 à Saint-laurent-de-mu­ret (Lozère) la si­gna­ture gé­né­tique d’un loup si­gna­lé dans le Quey­ras », ex­plique Éric Mar­bou­tin. « Mais on n’a au­cun in­dice de re­pro­duc­tion dans le Mas­sif cen­tral… Le seul en­droit où ce po­ten­tiel là existe, c’est l’au­brac, où l’on soup­çonne la pré­sence d’un mâle et d’une fe­melle », pré­cise Ch­ris­tophe Du­champ. Fin août, une pros­pec­tion par la mé­thode des hur­le­ments pro­vo­qués vers La Blatte a confir­mé la pré­sence de deux in­di­vi­dus et l’ab­sence de lou­ve­teaux.

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