LE MA­NOIR DE LA MA­NAN­TIE

Pleine quié­tude au coeur de Le­zoux

Massif Central Patrimoine - - Art De Vivre / Mai­son D’hôtes - Texte / Ma­thilde Jar­lier / Pho­tos / Vincent Jolfre /

Un jar­din à l’an­glaise, un es­ca­lier en pierre de Vol­vic, et une dé­co­ra­tion har­mo­nieuse, le Ma­noir de la Ma­nan­tie ne manque pas de per­son­na­li­té. Si­tuée en plein coeur de Le­zoux, pe­tite ville entre Thiers et Cler­mont-fer­rand, cette de­meure du XIXE siècle en­ve­loppe ses hôtes dans

une at­mo­sphère cha­leu­reuse et apai­sante à la fois. Dé­tente ga­ran­tie.

Elle a un double vi­sage. Une fa­çade ma­jes­tueuse sur cour, d’une classe na­tu­relle, peu­têtre un peu froide, et der­rière cette pre­mière im­pres­sion se cache un coeur cha­leu­reux, bai­gné de lu­mières, qui s’ouvre sur un vaste parc à l’an­glaise. Un charme fou. « C’est la cam­pagne à la ville ici », ex­plique Vé­ro­nique Ver­natRos­si, maî­tresse des lieux. Par­tis à Pa­ris pour tra­vailler, elle est re­ve­nue avec son ma­ri et ses trois en­fants dans la ré­gion pour re­nouer avec cette Au­vergne qu’elle aime tant. Chan­ge­ment de vie à la clé. « Un pro­jet mû­re­ment ré­flé­chi, se sou­vient-elle. Nous avons mis deux ans à trou­ver la bonne mai­son. » A Le­zoux, cette de­meure par­tiel­le­ment ha­bi­tée, da­tant des an­nées 1820-1830, dé­clen­che­ra le coup de coeur. Elle n’était pas for­cé­ment en bon état mais son at­mo­sphère et ses ca­pa­ci­tés ont sé­duit le couple. Des hau­teurs sous pla­fond à cou­per le souffle, des fe­nêtres de 2,50 m de haut, un large es­ca­lier prin­ci­pal en pierre de Vol­vic qui des­sert quatre étages, il fau­dra deux ans de tra­vaux pour re­don­ner vie à cette mai­son « un peu en­dor­mie ». Avec une idée en tête : « Gar­der les vo­lumes et pré­ser­ver ce qui était in­té­res­sant dans le bâ­ti an­cien », note Vé­ro­nique. Pour évi­ter tout pro­blème d’hu­mi­di­té, le couple a fait ap­pel à un ar­chi­tecte dé­co­ra­teur d’in­té­rieur de Ve­nise, Cres­cens Dupuis, spé­cia­li­sé dans la ques­tion. L’homme a pu ap­por­ter son ex­per­tise et pro­po­ser un sys­tème pour gar­der la cir­cu­la­tion de l’air afin d’évi­ter tout sou­ci d’hu­mi­di­té, ce même sys­tème que l’on voit à Ve­nise.

Ex­po­sée plein sud, la mai­son in­vite le so­leil

L’autre grande pré­oc­cu­pa­tion des heu­reux pro­prié­taires au­ra été la lu­mière. « Nous avons beau­coup tra­vaillé sur les éclai­rages », sou­rit Vé­ro­nique, al­lant jus­qu’à faire de nom­breux es­sais de pein­tures dans ce fa­meux es­ca­lier qui des­sert tous les étages. Ex­po­sé plein sud, le so­leil s’y in­vite de ma­nière apai­sante, ras­su­rante. Ain­si, les portes du ma­noir de la Ma­nan­tie ont pu ou­vrir en 2013. Avec cinq vastes chambres mê­lant l’an­cien au contem­po­rain, dont deux suites. Cha­cune a sa per­son­na­li­té, son charme, dans un confort ab­so­lu. Le mo­bi­lier chi­né au fil des an­nées, as­sem­blé aux meubles de fa­mille, per­met aux hôtes de se sen­tir chez eux. Avec de tels vo­lumes, pas ques­tion de tom­ber dans l’at­mo­sphère « châ­teau », « on ne vou­lait pas quelque chose de vieillot, chaque chambre est dif­fé­rente, mais avec une cer­taine har­mo­nie. C’est une mai­son qui vit, pas un mu­sée », ex­plique la maî­tresse des lieux. En rezde-jar­din, on trouve les deux pièces de vie com­mune. L’une ac­cueille les hôtes pour les pe­tits dé­jeu­ners et les re­pas du soir dans une am­biance cam­pagne chic, car le ma­noir de la Ma­nan­tie fait aus­si table d’hôtes. L’autre ap­pelle à la

dé­tente, avec son style club an­glais, très « gent­le­man ». Une bi­blio­thèque abrite les sou­ve­nirs de voyages de la fa­mille, « der­rière chaque ob­jet il y a une his­toire », de quoi meu­bler les dis­cus­sions des soi­rées au coin du feu de che­mi­née dans cette pièce très co­coo­ning, un verre de whis­ky ou de Bo­lée de Sa­tan (vin de la ré­gion) à la main. De­hors, le parc de plus d’un hec­tare per­met de se connec­ter avec la na­ture. Des cen­taines d’arbres frui­tiers dis­si­mulent quelques pe­tits coins de dé­tente, pour prendre un bain de so­leil ou plon­ger dans un bon ro­man, ber­cé par le chant des oi­seaux. « C’est exac­te­ment ce que l’on cher­chait, avoir un ex­té­rieur qui per­met aux hôtes de s’iso­ler fa­ci­le­ment, c’est ce cô­té in­ti­miste qui nous a plu », pré­cise Vé­ro­nique. Cet es­pace est en­tre­te­nu dans une dé­marche de dé­ve­lop­pe­ment du­rable, « avec des es­pèces qui ne de­mandent pas beau­coup d’eau et ne né­ces­sitent pas de pro­duits phy­to­sa­ni­taires ». Ce re­tour aux sources au­ver­gnates, le couple le vit plei­ne­ment, avec pas­sion, et se dresse en am­bas­sa­deur de la ré­gion. « Nous nous sommes ren­dus compte en ha­bi­tant Pa­ris que les gens ne connais­saient pas l’au­vergne, et avaient des cli­chés très ar­rê­tés sur la ré­gion. Nous vou­lons qu’elle soit mieux re­con­nue et dire que cette ré­gion vaut le coup et mé­rite des sé­jours plus longs ». Dans les as­siettes du dî­ner, ou dans la théière du ma­tin et la ti­sane du soir, les ri­chesses ré­gio­nales sont mises en avant avec goût et beau­coup d’amour. Le ma­noir de la Ma­nan­tie est si­tué exac­te­ment au beau mi­lieu de l’axe rou­tier Ge­nève-bor­deaux, pa­roles de Suisses ve­nus sé­jour­ner ici l’été der­nier. Une vé­ri­table bulle d’apai­se­ment, au coeur d’une mai­son bour­geoise gé­né­reuse, ré­no­vée avec soin.

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