AD­JAO : LA NA­TURE LES INS­PIRE

Le pro­duit d’ici En­ra­ci­nés en Haute-loire, Vi­viane Royer et Mi­chel Phi­li­bert ont crée Ad­jao, une marque de lu­mi­naires, mo­bi­lier et d’ob­jets de dé­co­ra­tion très ap­pré­ciée des dé­co­ra­teurs.

Massif Central Patrimoine - - Art De Vivre / Savoir-faire - Texte / Vé­ro­nique Feuer­stein /

C’est la nou­velle co­que­luche des dé­co­ra­teurs, des ar­chi­tectes et des bou­tiques de dé­co­ra­tion. Avec leur pro­duit phare, un ta­bou­ret avec une as­sise en peau de mou­ton na­tu­relle, ils car­tonnent. Pour­tant, Vi­viane Royer et Mi­chel Phi­li­bert, les créa­teurs d’ad­jao Mai­son, ont un temps tâ­ton­né. « Nous n’avions pas un pro­jet pré­cis d’en­tre­prise au dé­part, nous étions un peu des rê­veurs. Nous vou­lions dé­tour­ner des ob­jets dé­ni­chés dans des voyages » se sou­vient, un brin amu­sée, Vi­viane. A mi-par­cours de sa vie pro­fes­sion­nelle, le duo fan­tas­mait sur­tout sur une re­con­ver­sion pro­fes­sion­nelle. Mi­chel vou­lait re­nouer avec un vieux rêve d’en­fant : de­ve­nir char­pen­tier de ma­rine, avec comme ob­jec­tif de re­prendre un pe­tit chan­tier en Bre­tagne. Mais très vite, mu­ni de son CAP, il se ren­dit compte qu’il ne se fa­bri­quait plus beau­coup de vieux grée­ments en bois et que le mar­ché n’était pas très por­teur. Il ne se dou­tait pas en­core que le bois al­lait de­ve­nir le fil conduc­teur d’ad­jao Mai­son, la so­cié­té qu’ils créent en 2008. Très vite, ils aban­donnent le pro­jet de dé­tour­ner des ob­jets et se lancent dans la créa­tion de lu­mi­naires, mo­bi­lier et d’ob­jets de dé­co­ra­tion. « Avec Vi­viane, nous ai­mions ra­mas­ser du bois flot­té sur le Rhône, la Mé­di­ter­ra­née, l’at­lan­tique. Notre pre­mière pièce fut un arbre qui res­sem­blait à un dau­phin que nous avons ven­du en Au­triche. Nous lui avons fa­bri­qué un im­mense abat-jour et l’avons trans­for­mé en lampe », ré­sume Mi­chel. Il ne sa­vait pas en­core que ces pièces uniques réa­li­sées à par­tir de bois flot­té al­laient sé­duire Re­lais et Châ­teaux et adresses 5 étoiles. L’une d’entre elles trône d’ailleurs dans le cha­let du ci­néaste Claude Le­louch à Me­gève et a aus­si ser­vi de dé­cor au film Sa­laud on t’aime du réa­li­sa­teur, avec John­ny Hal­ly­day. Dif­fi­cile de rê­ver meilleure pu­bli­ci­té. Une re­con­nais­sance qui per­met une en­vo­lée des com­mandes. « Nous avons dix arbres en com­mande qui vont par­tir au Mexique, à New York et Ma­jorque » pré­cise la co-fon­da­trice d’ad­jao. Une lampe arbre se né­go­cie entre 2.250 et 3.250 eu­ros prix pro­fes­sion­nel, sans la marge du re­ven­deur. Forts de ce suc­cès, Vi­viane Royer et Mi­chel Phi­li­bert peuvent en­vi­sa­ger plus se­rei­ne­ment l’ave­nir et com­men­cer à ré­flé­chir au dé­ve­lop­pe­ment d’ad­jao. Por­tés par la vague de l’au­then­tique, ils ne tra­vaillent que des ma­té­riaux nobles et na­tu­rels, en es­sayant de pri­vi­lé­gier la fa­bri­ca­tion fran­çaise quand c’est pos­sible. La laine pro­vient de la très vieille ma­nu- fac­ture Ar­pin ins­tal­lée en Sa­voie, le fil cui­vré de Saint-pal-en-cha­len­con (43), les co­cons de vers à soie du Bré­sil car cette production a dis­pa­ru en France. Tou­jours à la re­cherche de nou­velles idées, les deux créa­teurs ré­flé­chissent à une lampe avec des verres de la ver­re­rie de Saint-just-saint-ram­bert et ima­ginent d’autres pro­duits qui peut-être se re­trou­ve­ront un jour sur leur site de vente sur In­ter­net : www.ad­jao.com. Ils ne re­grettent pas d’avoir aban­don­né leur com­merce de dé­co­ra­tion pour Vi­viane ou l’en­tre­prise spé­cia­li­sée dans l’hy­giène col­lec­tive pour Mi­chel.

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