mai­son d'hotes

Le Pré du Roc, à Bro­mont-la­mothe Au-de­là des vol­cans, en plein coeur des Com­brailles (Puy-de -Dôme), la mai­son d’hôtes Le Pré du Roc offre un conden­sé de sa­veurs, d’odeurs et de pay­sages au­ver­gnats. Ici la ré­gion se res­pire et se dé­guste en s’ac­cor­dant un

Massif Central Patrimoine - - Sommaire - Texte / Ma­thilde Jaul­hac / Pho­tos/ Vincent Jolfre /

Le Pdé du Roc, à Bdo­mont-la­mothe : de­toud veds le temps pdésent.

I «ci on n’a pas la mer. Mais on a tout le reste ». Pa­roles de Bre­tonne tom­bée lit­té­ra­le­ment amou­reuse de l’au­vergne. Ch­ris­tine Guillot en­tre­tient cette pas­sion chaque jour dans sa mai­son d’hôtes ou­verte plus de dix ans en ar­rière. Une ode à la cam­pagne, mais aus­si à la vie au­ver­gnate. Le Pré du Roc se fait ga­rant du sym­bole que n’im­porte qui pour­rait avoir en tête à pro­pos de la ré­gion : le calme et la vo­lup­té. Dans un confort op­ti­mal. Bien que la large bâ­tisse se trouve à quelques en­ca­blures de l’au­to­route A89, le si­lence ne se rompt qu’au son des bre­bis de son ma­ri qui paissent dans le champ si­tué juste en des­sous, ryth­mé par le chant des oi­seaux. Avec un pa­no­ra­ma ex­tra­or­di­naire qui s’ouvre dans le jar­din si­tué plein sud. La chaîne des Puys se dé­ploie à l’ho­ri­zon, comme une frise bien­veillante et sym­bo­lique. Comme une si­gna­ture crayon­née entre ciel et terre. L’au­vergne est là. L’équi­libre de la mai­son semble cou­ler de source, comme un flot de la Sioule qui ser­pente à quelques ki­lo­mètres dans ses gorges ca­chées. Ch­ris­tine mène sa barque comme elle l’en­tend, et ré­gale ses hôtes des vic­tuailles qui font la ré­pu-

ta­tion de la ré­gion sur une table d’hôtes taillée dans un arbre de la pro­prié­té, « des chênes abat­tus par mon père de­ve­nus meubles », pré­cise Vincent Guillot. L’homme garde sa cas­quette d’agri­cul­teur, éle­veur de 600 bre­bis. Mais joue un rôle-clé dans la mai­son­née. Ch­ris­tine s’af­faire au confort des in­vi­tés, et en cui­sine où elle concocte l’une des meilleures truf­fades des alen­tours, gra­ti­née et re­tour­née comme il se doit. L’ori­gi­nal poun­ti et la tra­di­tion­nelle po­tée s’in­vitent aus­si sou­vent au me­nu. Des spé­cia­li­tés au­ver­gnates adop­tées par cette Bre­tonne d’ori­gine, qui garde tout de même dans son ADN cu­li­naire un pe­tit goût de beurre de­mi-sel. Et quelques crêpes ser­vies au pe­tit-dé­jeu­ner quand l’hu­meur lui chante.

Prendre le temps

Ins­tal­lé au coin de la che­mi­née, au rez-de-jar­din de l’an­cienne ferme, l’am­biance se veut douce, un peu bo­hème, au beau mi­lieu d’une dé­co soi­gnée qui rap­pelle les cot­tages an­glais. Une pièce im­mense aux sen­teurs de pat­chou­li où court au beau mi­lieu la poutre d’ori­gine. De larges ca­na­pés cou­leur taupe se dressent face à de dé­li­cats fau­teuils fleu­ris au style fu­rieu­se­ment bri­tan­nique. C’est ici que l’apé­ri­tif est ser­vi. Une ha­bi­tude an­crée dans les moeurs au Pré du Roc. « Ce­la per­met aux gens de faire connais­sance, de créer des liens avant de pas­ser à table », ar­gu­mente Ch­ris­tine. Et c’est pré­ci­sé­ment à cet en­droit-ci que son ma­ri Vincent joue son rôle de mé­tro­nome. Après sa jour­née de tra­vail sur ses terres, il prend le temps de s’as­seoir et de dé­gus­ter le kir mai­son, com­po­sé de vin blanc d’au­vergne et de li­queur du pays. Lance les dis­cus­sions, place quelques idées de ba­lade, pro­digue les meilleurs conseils pour dé­cou­vrir la ré­gion. Ne cher­chez pas la té­lé­vi­sion. Ni ici, ni ailleurs. « Ici, on fait un break », sou­rit Ch­ris­tine qui l’af­firme : « les gens ap­pré­cient cette cou­pure. Ils se re­centrent sur l’es­sen­tiel. Prennent le temps de jouer avec leurs en­fants avec les jeux de so­cié­té qui oc­cupent un plein pla­card. Ils lisent. Ils pro­fitent ». En 11 ans d’ac­ti­vi­té, seules deux ou trois per­sonnes ont de­man­dé le tube ca­tho­dique pour oc­cu­per leurs soi­rées. Les autres se contentent de goû­ter à l’ex­pé­rience Pré du Roc.

Un cô­té bo­hème

Dans les chambres, les pré­noms des grands-mères donnent l’âme aux pièces. Ma­rie sent la la­vande et se pare de cette jo­lie cou­leur mauve tran­chée par un vert li­chen, et ar­bore un air de jar­din à la fran­çaise. Phi­lo­mène se veut plus cam­pa­gnarde, avec un pe­tit air an­glais. Au­gus­tine ar­bore l’al­lure d’une châ­te­laine, avec un pla­fond de style fran­çais, son an­cien né­ces­saire à toi­lettes et son pot à eau éle­vé au rang de dé­co­ra­tion. Ro­sa­lie, elle, ré­vèle une per­son­na­li­té plus tour­née vers la na­ture et la fo­rêt, dans un es­prit cha­let d’hi­ver et souffle cette phrase aux oreilles de ses oc­cu­pants comme un cha­leu­reux « bien­ve­nue » : « Les rêves sont la lit­té­ra­ture du som­meil ». Au­tre­ment dit, les nuits pai­sibles sont as­su­rées. L’ins­pi­ra­tion aus­si. Sur ses plus de 300 m2, la mai­son d’hôtes ar­bore ce cô­té bo­hème, et clame sa per­son­na­li­té, celle is­sue d’un vé­ri­table pro­jet de vie à deux. Et même au-de­là. « C’est un vrai pro­jet de fa­mille. Nos filles ont vé­cu au rythme de la mai­son, et main­te­nant, l’une d’entre elles s’ap­prête à nous re­joindre dans l’aven­ture. » En ap­por­tant sa pierre à l’édi­fice de cette de­meure de la fin XIXE siècle, Ca­ro­line culti­ve­ra des lé­gumes et des plantes mé­di­ci­nales pour en­suite créer sa propre bou­tique au sein du Pré du Roc, et nour­rir les hôtes de sa pro­duc­tion grâce à la cui­sine de Ch­ris­tine. Quand ils ne sont pas af­fai­rés dans leur mai­son, Ch­ris­tine et Vincent prennent la route. A mo­to. Leur pe­tit plai­sir per­son­nel. « En Au­vergne, nous avons la chance d’avoir un ré­seau rou­tier par­fait, c’est un vrai ré­gal de tour­ner sur le sec­teur. La va­rié­té des pay­sages, des plaines les plus fer­tiles d’eu­rope jus­qu’au mas­sif du Sancy, en pas­sant par les Com­brailles bien sûr. Nos lacs, nos mon­tagnes, nos vol­cans font qu’on est sur une ré­gion ex­cep­tion­nelle », af­firme Vincent Guillot. Faire pas­ser cette émo­tion, cet at­ta­che­ment à cette terre, na­tale pour l’un et d’adop­tion pour l’autre, telle est la ligne de conduite au Pré du Roc. Tout en par­ta­geant de bons mo­ments en­semble. « On a en­vie que les gens re­partent heu­reux. C’est le but quand on tient une mai­son d’hôtes non ? Si­non on va à l’hô­tel », confie Vincent Guillot. La mai­son d’hôtes du couple ne se can­tonne pas à sa proxi­mi­té de Vul­ca­nia pour rem­plir ses chambres. Ici, l’au­vergne se dé­ploie dans les yeux et dans les coeurs.

J

Hau­te­roche à Bro­mont-la­mothe (Puy-de-dôme)

entre 60 et 65 € la nui­tée, pe­tit dé­jeu­ner com­pris. Table d’hôte : 22 € pour les adultes, 11 pour les en­fants.

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