Les sexa­gé­naires ont la pêche !

Maxi Hors-série Santé - - SOMMAIRE - PAR ANNE ULPAT

Re­trai­tées ou en­core ac­tives, les femmes de 60 ans et plus sont au­jourd’hui bien dé­ci­dées à cro­quer la vie à pleines dents : plu­sieurs livres sor­tis ré­cem­ment brossent un por­trait joyeux de cette nou­velle gé­né­ra­tion.

Les sexa­gé­naires ont bien chan­gé ! En ef­fet, celles que le so­cio­logue Gérard Mer­met a ap­pe­lées les « sexy­gé­naires » sont dy­na­miques et pré­servent ja­lou­se­ment une exis­tence riche et pal­pi­tante : « L’es­pé­rance de vie ayant net­te­ment aug­men­té, les sexa­gé­naires d’au­jourd’hui savent qu’elles ont en­core de longues et belles an­nées de­vant elles, sou­ligne le so­cio­logue Serge Gué­rin. Elles se pro­jettent donc plus fa­ci­le­ment dans l’ave­nir, et ce, dans tous les do­maines de l’exis­tence, no­tam­ment la vie amou­reuse. » Sans pour au­tant nier que le temps a pas­sé, ces femmes en­tendent bien res­ter ac­trices de leur vie et en pro­fi­ter au maxi­mum.

Des femmes qui veulent s’épa­nouir

Ado­les­centes en Mai 68, elles ont pro­fi­té de toutes les avan­cées qui ont sui­vi : li­bé­ra­tion des moeurs, dé­cou­verte d’une sexua­li­té moins ta­boue, im­por­tance du bien-être per­son­nel, de l’af­fir­ma­tion de soi… Alors que leurs propres mères avaient ap­pris à s’ef­fa­cer pour se dé­dier aux en­fants et à la fa­mille, les femmes qui at­teignent au­jourd’hui la soixan­taine se sont construites avec l’idée qu’il n’y a au­cune rai­son de res­ter dans un couple qui n’est plus sa­tis­fai­sant. Ar­ri­vées à l’âge de la re­traite, elles n’hé­sitent pas à di­vor­cer si elles ne sont plus heu­reuses avec leur conjoint ! Mais le bon­heur de vivre à deux est tou­jours pré­sent : le site de ren­contre Mee­tic re­cense plus de 900 000 per­sonnes de 55 ans et plus. « Les femmes de cet âge sont for­cé­ment beau­coup plus dis­po­nibles pour leur vie de couple, car leurs en­fants sont grands, ex­plique Gérard Ribes, psy­chiatre et sexo­logue. Elles ont plus de temps pour pen­ser à elles, à ce qu’elles sou­haitent, et elles sont par­ti­cu­liè­re­ment at­ta­chées à la qua­li­té de la re­la­tion avec leur com­pa­gnon, c’est-à-dire à la pos­si­bi­li­té d’échan­ger, de faire des ba­lades côte à côte et de s’émou­voir en­semble de­vant la beau­té d’un pay­sage… » Ayant pro­fi­té plei­ne­ment de la li­bé­ra­tion sexuelle, les sexa­gé­naires re­con­naissent aus­si vo­lon­tiers que leur dé­sir est in­tact : « Presque toutes les en­quêtes sont d’ac­cord sur le fait que la plu­part des femmes res­tent sexuel­le­ment ac­tives jus­qu’à 70 ans », ex­plique Marie de Hen­ne­zel, psy­cho­logue. Et Gérard Ribes confirme : « On croit tou­jours qu’avec la mé­no­pause, la li­bi­do plonge, mais c’est faux. Le dé­sir est sur­tout lié à la fa­çon dont notre par­te­naire nous re­garde. »

Des nou­velles sexa­gé­naires très ac­tives

Il n’y a pas si long­temps, 60 ans était l’âge de la re­traite. Même si, ré­cem­ment, il a été re­cu­lé à 65 ans, beau­coup de femmes conti­nuent à tra­vailler, par né­ces­si­té par­fois, mais aus­si par choix. Et celles qui ar­rêtent n’en de­meurent pas moins très dy­na­miques : « Au­jourd’hui, les sexa­gé­naires res­tent très ac­tives, af­firme le so­cio­logue Serge Gué­rin. Elles sont bé­né­voles dans des as­so­cia­tions, s’oc­cupent de leurs pe­tits-en­fants, de leurs pa­rents âgés, pro­fitent de leurs amis, de leur conjoint. Elles maî­trisent les ré­seaux so­ciaux… » Pre­mière gé­né­ra­tion de femmes ayant tra­vaillé en masse, la grande ma­jo­ri­té des sexa­gé­naires est au­to­nome fi­nan­ciè­re­ment. De plus, grâce aux pro­grès de la médecine, elles sont en bonne san­té et n’hé­sitent pas à mul­ti­plier les ac­ti­vi­tés. « Ces femmes ont tra­vaillé toute leur vie, tout en éle­vant leurs en­fants, pour­suit Serge Gué­rin. Elles n’ont donc pas peur de faire deux jour­nées en une, voire trois. » À 62 ans, Maria par­tage son temps entre son com­pa­gnon, sa mère qui vit près de chez elle dans un ins­ti­tut mé­di­ca­li­sé, ses deux pe­tits-en­fants qu’elle adore et sa vie so­ciale : « Je fais du bé­né­vo­lat, car j’es­time que c’est im­por­tant de ve­nir en aide aux autres. Mais je prends aus­si du bon temps pour moi : je vais au ci­né­ma avec des amies, je passe du temps avec mon conjoint… Les jour­nées se dé­roulent vite, mais je m’offre le luxe de faire les choses plus len­te­ment, sans me pres­ser, pas comme quand je tra­vaillais. Et, sur­tout, je peux re­mettre à plus tard ce que je n’ai pas eu le temps de faire. » Sou­cieuses de leur ap­pa­rence, les sexa­gé­naires res­tent jeunes jusque dans leur fa­çon de s’ha­biller. D’ailleurs, cer­taines marques ne s’y sont pas trom­pées et elles com­mencent même à mettre en avant des man­ne­quins se­niors, à l’ins­tar d’Uni­q­lo, pour qui Inès de La Fres­sange a créé une col­lec­tion de vê­te­ments. La preuve, s’il en faut, que la mode n’a pas d’âge !

L’ami­tié n’a pas d’âge, et grâce à leurs nom­breuses ac­ti­vi­tés, les sexas d’au­jourd’hui main­tiennent et en­ri­chissent leur réseau ami­cal.

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