10 vraies rai­sons de se ré­jouir d’avoir 50 ans

Maxi Hors-série Santé - - BIEN DANS MON ÂGE - PAR SOPHIE ROU­CHON

On s’en fait par­fois tout un monde, mais avoir 50 ans pré­sente fi­na­le­ment de nom­breux avan­tages. Plus ma­ture, plus libre, plus dis­po­nible, on se sent sou­vent aus­si plus sûre de soi. «On voit la vie en mieux !» as­sure la coach Marie M orant. On bé­né­fi­cie de plus de temps libre

À par­tir de la cin­quan­taine, le plus sou­vent, les en­fants sont pré­sents par in­ter­mit­tence ou, au moins, re­la­ti­ve­ment au­to­nomes. Ce qui change tout par rap­port au temps où il fal­lait cou­rir à l’école pour les ré­cu­pé­rer, puis en­chaî­ner sur la fa­meuse rou­tine du soir, les cor­vées de ren­dez-vous avec les en­sei­gnants, mé­de­cins, etc. Sans comp­ter leur temps libre à pla­ni­fier et les achats à leur consa­crer…

Les en­fants Ce qu’on y gagne gran­dissent, puis partent. Même si, dans un pre­mier temps, ce chan­ge­ment peut dé­rou­ter parce qu’il fait va­ciller un pi­lier im­por­tant de notre vie, « il est comme toutes les “pertes” de la vie, la base d’un cycle qui passe par la tris­tesse, l’ac­cep­ta­tion, puis l’ap­pri­voi­se­ment de la nou­velle si­tua­tion », pré­cise Marie Mo­rant, psy­cho­pra­ti­cienne et coach à Pon­toise. Au fil des mois, on ose en­fin se ré­ap­pro­prier le temps dé­ga­gé. Ce temps re­trou­vé ouvre la pos­si­bi­li­té de re­pen­ser à soi et de suivre ses en­vies : s’of­frir un vê­te­ment non prio­ri­taire, choi­sir un type de va­cances sans plus te­nir compte d’eux. Les dé­si­rs et les be­soins de nos en­fants sont de moins en moins sou­vent pla­cés au- des­sus des nôtres. Pe­tit à pe­tit, l’in­quié­tude pour eux cesse, avec la sen­sa­tion d’avoir fait pour le mieux et que leurs choix leur ap­par­tiennent dé­sor­mais. « Il est im­por­tant, pré­cise Marie Mo­rant, de se fé­li­ci­ter pour les êtres qu’ils sont de­ve­nus, pour tout ce qu’on a fait de bien pour eux. En étant conscient aus­si de l’aide que l’on peut en­core leur ap­por­ter et des mo­ments riches que l’on va par­ta­ger, entre adultes dé­sor­mais. »

On cherche à être soi, tout sim­ple­ment

Jeune, on s’ef­force de plaire aux autres, de ré­pondre à un cer­tain idéal de beau­té, de style. À l’âge mûr, on s’ap­plique à se plaire à soi-même. Au dik­tat de la beau­té et de la mode, on op­pose un style per­son­nel, af­fi­né au fil du temps et qui nous res­semble. L’image so­ciale aus­si cesse de s’im­po­ser : la « réus­site » dans un mé­tier, dans l’édu­ca­tion des en­fants, le style de vie, tout est à peu près joué. Ce n’est plus le mo­ment de s’adap­ter aux voeux de l’en­tou­rage ou à l’image stan­dard d’une « vie réus­sie ».

Aban­don­ner le Ce qu’on y gagne car­can de la sé­duc­tion phy­sique ne si­gni­fie pas pour au­tant se lais­ser al­ler. Au contraire, dé­ta­chée des mo­dèles, on trouve un équi­libre entre ce qui nous plaît et ce qui nous va. Dire adieu aux pe­tits hauts mou­lants au pro­fit d’un jo­li dé­col­le­té n’a rien d’un re­non­ce­ment. Du coup, on achète moins, mais avec da­van­tage de conscience et, sou­vent, des vê­te­ments ou des ac­ces­soires de bien meilleure qua­li­té. Pour Marie Mo­rant, cette af­fir­ma­tion de soi se vé­ri­fie sur tous les plans : « La cin­quan­taine est une op­por­tu­ni­té de ren­contre avec soi. On a mis de la dis­tance par rap­port au moule fa­mi­lial et so­cial. » Li­bé­rées d’une image à la­quelle on se conforme de­puis l’en­fance – la ri­go­lote, la forte tête, la désor­don­née, la sé­rieuse… –, on peut en­fin se per­mettre de lais­ser af­fleu­rer d’autres qua­li­tés plus per­son­nelles : l’hu­mour, l’es­prit de re­par­tie ou en­core l’écoute, la ré­flexion… qui font tout le charme des femmes mûres qui ne tentent plus de sé­duire, et, par là même, en de­viennent sé­dui­santes.

On pro­fite mieux du pré­sent

La pre­mière moi­tié de la vie est gé­né­ra­le­ment consa­crée à se construire : se for­mer, choi­sir sa voie, son par­te­naire de vie, puis faire son nid, la mai­son, les en­fants. Tou­jours avec la peur de ne pas en faire as­sez ou de faire le mau­vais choix. Toute l’éner­gie file dans les choses que l’on fait en pen­sant à « plus tard », comme bien pré­pa­rer l’ave­nir de nos en­fants, épar­gner… tout en re­mi­sant ses propres rêves, voyages, pas­sions, à « plus tard ». Mais, à 50 ans, on réa­lise, une fois toutes ces étapes fran­chies, que « plus tard », c’est main­te­nant… et on en pro­fite.

Voir le verre à Ce qu’on y gagne moi­tié plein, à la cin­quan­taine, c’est prendre conscience de la chance d’être à mi-che­min de sa vie, avec der­rière soi des mo­tifs de fier­té et non de re­grets. Marie Mo­rant rap­pelle les bien­faits de se ré­jouir de ce qui nous a construit, de ce qu’on a fait de bien, de ce qu’on a réus­si. Ce qui rend à la fois fier et in­dul­gent en­vers soi ain­si qu’en- vers les autres, car la conclu­sion de ce bi­lan est apai­sante : cha­cun fait ce qu’il peut. « À par­tir de cette bien­veillance, si­gnale- t- elle, émergent des dé­si­rs plus per­son­nels. Qu’est-ce qui me fait plai­sir ? Qu’est-ce qui est bon pour moi ? » C’est en­fin l’oc­ca­sion de lais­ser poindre les en­vies tou­jours re­pous­sées à plus tard, parce que nous avions avant d’autres urgences. Cette sen­sa­tion du che­min par­cou­ru in­cite à prendre un nou­veau vi­rage et à ne plus perdre son temps avec des brou­tilles. Main­te­nant, on va à l’es­sen­tiel….

On fait le tri dans ses re­la­tions

À 3 ans, c’est l’étape du « non » ; à 50 ans, c’est celle du « stop » ! Dans les re­la­tions, par exemple, l’ex­pé­rience en­seigne à fil­trer les per­sonnes avec qui on se sent bien, celles qui nous valorisent et avec les­quelles les échanges sont riches.

Cer­taines Ce qu’on y gagne per­sonnes nous blessent, d’autres se mettent en ri­va­li­té avec nous, cer­taines en­core nous traitent comme l’en­fant que l’on était. Avec la ma­tu­ri­té, la connais­sance que l’on a de soi et la confiance en soi ac­quise, on pri­vi­lé­gie les re­la­tions apai­santes, fon­dées sur la loyau­té et le par­tage. De nou­velles ami­tiés se nouent, voire un nou­vel amour, qui nous en­gagent dans une re­la­tion dif­fé­rente. At­ten­dant moins de l’autre qu’il comble nos manques, on pro­fite mieux de ce qui nous est don­né de vivre.

On est plus ou­verte aux autres

Il est rare, à 50 ans, d’avoir un par­cours li­néaire qui n’ait souf­fert d’au­cun in­ci­dent pour soi ou pour un proche : pro­blèmes de san­té, chô­mage, dis­pa­ri­tion, sé­pa­ra­tion. Tous ces in­ci­dents de par­cours nous fra­gi­lisent et pié­tinent nos cer­ti­tudes. Pour­tant, ils nous ouvrent des fe­nêtres in­es­pé­rées.

Pour Marie Ce qu’on y gagne

Mo­rant, ces pe­tits et grands drames in­citent à se po­ser de bonnes ques­tions : quelles sont mes res­sources (ta­lents, en­vies, connais­sances, ex­pé­riences…) ? Comment puis-je trans­for­mer la si­tua­tion en op­por­tu­ni­té ? En se lais­sant gui­der par son ins­tinct, des portes s’ouvrent. Pour l’une c’est, après avoir fré­quen­té un hô­pi­tal, l’en­vie d’être utile aux ma­lades ; une autre en­core, parce qu’elle es­time ne « plus rien avoir à perdre », va faire une « fo­lie » dont elle a rê­vé toute sa vie. Étant plus libre, plus cu­rieuse, les condi­tions sont bien réunies pour que puisse dé­mar­rer une deuxième vie.

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