LE NU­CLÉAIRE, MO­DÈLE POUR LES AUTRES SEC­TEURS IN­DUS­TRIELS

Mar­ché plu­tôt dis­cret et «sen­sible», l’in­dus­trie du nu­cléaire ci­vil se ré­vèle être un sec­teur im­por­tant pour les fa­bri­cants en ins­tru­men­ta­tion, en au­to­ma­tismes, les four­nis­seurs de ser­vices, etc. Im­por­tant moins en termes de chiffre d’af­faires que de haut

Mesures - - Front Page - Cé­dric Lar­dière

Ces der­nières an­nées, le nu­cléaire a fait plus sou­vent l’ac­tua­li­té pour des rai­sons né­ga­tives, telles que l’ac­ci­dent sur­ve­nu à la cen­trale nu­cléaire de Fu­ku­shi­ma Daii­chi au Ja­pon ou aux dif­fi­cul­tés ren­con­trées par Ora­no (an­cien­ne­ment Are­va) dans la li­vrai­son de la 3e gé­né­ra­tion de cen­trales nu­cléaires, plus connues sous son acro­nyme an­glais EPR ( Eu­ro­pean Pres­su­ri­zed Reac­tor, puis Evo­lu­tio­na­ry Po­wer Reac­tor) ou ré­ac­teurs pres­su­ri­sés eu­ro­péens, à Fla­man­ville en France, à Hink­ley Point en­an­gle­terre et à Ol­ki­luo­to en Fin­lande. Pour­tant le nu­cléaire ci­vil reste une in­dus­trie de hautes tech­no­lo­gies, par­fois même très en amont par rap­port aux autres in­dus­tries et qui peut re­pré­sen­ter un mar­ché in­con­tour­nable pour un cer­tain nombre d’ac­teurs. C’est ce qui res­sort des in­ter­views me­nées au­près de dix re­pré­sen­tants de fa­bri­cants, de centres scien­ti­fiques ou tech­niques, pré­sents dans les sec­teurs de l’ins­tru­men­ta­tion de pro­cess, des vannes, du pesage, des au­to­ma­tismes, des es­sais et contrôles, etc. Et c’est ce que les ex­po­sants et les vi­si­teurs de la 3e édi­tion du­world Nu­clear Ex­hi­bi­tion (WNE), qui s’est dé­rou­lée du 26 au 28 juin der­nier à Pa­ris Nord Ville­pinte, ont pu, une nou­velle fois, consta­ter. « De­puis les quinze der­nières an­nées, le mar­ché de la four­ni­ture élec­trique connaît une évo­lu­tion du mixte éner­gé­tique, se­lon les pays. S’il s’est vu souf­fler la prio­ri­té par le gaz, dont le prix s’est ef­fon­dré, et les éner­gies re­nou­ve­lables, où la prio­ri­té ré­side dans l’in­jec­tion dans le ré­seau, la fi­lière nu­cléaire n’est tou­te­fois pas in­quié­tée, et ce­la pousse les ac­teurs à améliorer leur com­pé­ti­ti­vi­té », constate Tho­mas Grand, vice-pré­sident du dé­par­te­ment Éner­gie & Pro­cé­dés de Das­sault Sys­tèmes.

Les cen­trales nu­cléaires et le cycle du com­bus­tible

Et Gé­rard Kott­mann, pré­sident de l’as­so­cia­tion des in­dus­triels fran­çais ex­por­ta­teurs du nu­cléaire (AIFEN) et du sa­lon WNE, de pour­suivre: « nous sommes ac­tuel­le­ment en plein dé­bat sur la pro­gram­ma­tion plu­ri­an­nuelle de l’éner­gie (PPE) ; la fi­lière du nu­cléaire est donc en at­tente. C’est le cas en France, mais aus­si en Grande-bre­tagne, en Inde, en Ara­bie saou­dite. Si les en­tre­prises et les vi­si­teurs sont ve­nus en nombre au WNE, c’est no­tam­ment pour créer de nou­veaux con­tacts. » Pour la très grande ma­jo­ri­té des per­sonnes in­ter­ro­gées, quand on parle du mar­ché du nu­cléaire en France, il s’agit prin­ci­pa­le­ment des 19 centres nu­cléaires pro­duc­teurs d’élec­tri­ci­té (CNPE), re­grou­pant 58 ré­ac­teurs nu­cléaires et ex­ploi­tés par EDF, ain­si que l’en­semble des so­cié­tés d’in­gé­nie­rie, des fa­bri­cants d’équi­pe­ments et des four­nis­seurs de ser­vices (groupes in­dus­triels, or­ga­nismes pu­blics de re­cherche et plu­sieurs cen­taines de PME). Se­lon les chiffres men­tion­nés sur le site in­ter­net de la Di­rec­tion gé­né­rale des en­tre­prises (DGE), la fi­lière nu­cléaire re­pré­sente, en France, 2600 en­tre­prises, dont 85% de TPE-PME, 220000 em­plois di­rects et un chiffre d’af­faires de 50 mil­liards d’eu­ros (dont 22% à l’ex­por­ta­tion). Pour Oli­vier Ra­co­don, res­pon­sable de l’ac­ti­vi­té nu­cléaire et ra­dio­pro­tec­tion chez Fu­ji Elec­tric France, « l’une des évo­lu­tions que connaît le mar­ché du nu­cléaire d’un point de vue com­mer­cial est une orien­ta­tion de plus en plus mar­quée vers

les mar­chés émer­gents tels que la Chine (Tai­shan), l’inde, qui af­fiche un po­ten­tiel très im­por­tant, et la Grande-bre­tagne. Ce­la s’ac­com­pagne par une pré­sence ac­crue au­près des élec­tri­ciens étran­gers, EDF res­tant pour nous une lo­co­mo­tive ». À l’image de l’amé­ri­cain Emer­son Au­to­ma­tion Solutions ou de l’al­le­mand Krohne, deux fa­bri­cants d’ins­tru­men­ta­tion de pro­cess et/ou de vannes, les dé­bou­chés du nu­cléaire vont bien au­de­là. « En plus du parc ins­tal­lé des CNPE et des cons­truc­tions neuves (les EPR), nous sommes pré­sents sur l’en­semble du cycle du com­bus­tible, en amont (les mines d’ex­trac­tion du mi­ne­rai d’ura­nium et les usines d’en­ri­chis­se­ment) et en aval (le re­trai­te­ment des dé­chets), ain­si que les la­bo­ra­toires de re­cherche et le nu­cléaire mi­li­taire (sous-ma­rins et fré­gates, ma­té­riel em­bar­qué) », énu­mère Fa­bien Per­bet, res­pon­sable du mar­ché nu­cléaire chez Krohne France. « Nous sommes pré­sents tout le long cycle du com­bus­tible, mais les étapes en amont et en aval s’ap­pa­rentent plus à l’in­dus­trie de la chi­mie (pas de ca­hier des charges nu­cléaires, pas les mêmes contraintes tech­niques) », pré­cise Ma­rio Bal­za­no, di­rec­teur des ventes Vannes Nu­cléaire chez Emer­son Au­to­ma­tion Solutions France. Quant au fran­çais Pre­cia Mo­len, spé­cia­liste mon­dial du pesage, « nous sommes très peu pré­sents dans les cen­trales nu­cléaires, mais bien plus de­puis la ges­tion de la ma­tière pre­mière jus­qu’à son ex­pé­di­tion, le coeur de mé­tier étant l’en­ri­chis­se­ment. En plus de la tran­sac­tion com­mer­ciale entre les dif­fé­rentes étapes d’en­ri­chis­se­ment, la par­ti­cu­la­ri­té du cycle du com-

bus­tible est sa sur­veillance par les agences gou­ver­ne­men­tales (Au­to­ri­té de sû­re­té nu­cléaire [ASN] en France ou Agence in­ter­na­tio­nale de l’éner­gie ato­mique [AIEA]). Et c’est le pesage qui as­sure la sur­veillance, la tra­ça­bi­li­té et la ges­tion des flux ma­tière », ajoute Ro­main Job, char­gé de pro­jets Nu­cléaire chez le groupe fran­çais.

Une ré­gle­men­ta­tion en­core plus forte

Compte te­nu des tech­no­lo­gies au coeur des cen­trales nu­cléaires et, dé­sor­mais, des risques ac­crus de ter­ro­risme et de cy­ber-ter­ro­risme, on ima­gine sans mal le ni­veau des exi­gences im­po­sées par la ré­gle­men­ta­tion. « Le mar­ché nu­cléaire est au­jourd’hui un sec­teur très exi­geant et très pro­cé­du­rier », at­teste To­ny Sagnes, di­rec­teur com­mer­cial Ins­tru­men­ta­tion chez Yo­ko­ga­wa Elec­tric France. Ce que confirme Pas­cal Mer­rien, di­rec­teur com­mer­cial Éner­gies au Centre tech­nique des in­dus­tries mé­ca­niques (Ce­tim), en ajou­tant que, « comme le nu­cléaire est très ré­gle­men­té d’un point de vue tech­nique et se dis­tingue par un for­ma­lisme très im­por­tant, les ac­teurs ont re­cours à énor­mé­ment d’es­sais di­vers et va­riés (es­sais d’étan­chéi­té, tests sur les équi­pe­ments, contrôles non des­truc­tifs [CND]) et aus­si des cal­culs ». « En France, les équi­pe­ments sont clas­sés se­lon leur ni­veau d’exi­gence pour la sû­re­té nu­cléaire. On dis­tingue ain­si les pro­duits qualifiés K1, K2, K3 et non clas­sés », ré­sume JeanJacques Gros­son, spé­cia­liste du mar­ché nu­cléaire chez Py­ro­con­trole (groupe Chau­vi­nar­noux). Les ma­té­riels de ca­té­go­rie K1, si­tués à l’in­té­rieur du bâ­ti­ment ré­ac­teur, as­surent leurs fonc­tions dans des condi­tions d’en­vi­ron­ne­ment correspondant aux condi­tions de fonc­tion­ne­ment nor­males, ac­ci­den­telles et/ ou post-ac­ci­den­telles, et sous sol­li­ci­ta­tions sis­miques. Il existe éga­le­ment la ca­té­go­rie Ac­ci­dent Grave (AG), qui cor­res­pond à des ma­té­riels qualifiés K1 se trou­vant au coeur du ré­ac­teur. Les équi- pe­ments des ca­té­go­ries K2 et K3 as­surent leurs fonc­tions dans des condi­tions d’en­vi­ron­ne­ment correspondant aux condi­tions de fonc­tion­ne­ment nor­males et sous sol­li­ci­ta­tions sis­miques, res­pec­ti­ve­ment à l’in­té­rieur du bâ­ti­ment ré­ac­teur et hors du bâ­ti­ment ré­ac­teur. Il existe en­fin la ca­té­go­rie K3ad pour des équi­pe­ments si­tués hors du bâ­ti­ment ré­ac­teur et as­su­rant leurs fonc­tions dans des condi­tions d’en­vi­ron­ne­ment correspondant aux condi­tions de fonc­tion­ne­ment en am­biance dé­gra­dée (pres­sion, tem­pé­ra­ture, ir­ra­dia­tion…), et sous sol­li­ci­ta­tions sis­miques. Ro­main Job (Pre­cia Mo­len) pour­suit en ex­pli­quant qu’« il est de­ve­nu beau­coup plus contrai­gnant de dé­ve­lop­per un pro­duit après l’ac­ci­dent de Fu­ku­shi­ma Daii­chi, car les ni­veaux en termes d’exi­gences de sû­re­té ont été en­core plus pous­sés. »« Nous avons en ef­fet connu une évo­lu­tion im­por­tante ces der­nières an­nées, avec l’ac­ci­dent sur­ve­nu à Fu­ku­shi­ma Daii­chi et l’an­nonce par EDF de l’aug­men­ta-

tion de la du­rée de vie des cen­trales nu­cléaires fran­çaises, qui s’est tra­duit par une fia­bi­li­té en­core ac­crue des ins­tal­la­tions. D’où l’im­por­tance de la mesure et la mise en place d’une stra­té­gie d’ins­tru­men­ta­tion », in­dique, pour sa part, Pas­cal Mer­rien (Ce­tim). Pour le centre tech­nique, c’est éga­le­ment un ef­fet d’au­baine : « après un cer­tain re­cul du nombre d’ac­teurs, les ré­gle­men­ta­tions plus sé­vères se sont tra­duites par un ré­veil de l’ac­ti­vi­té. D’an­ciens com­po­sants ont dû être re­qua­li­fiés, les in­dus­triels ont mis en place la sur­veillance d’équi­pe­ments et d’in­fra­struc­ture », ex­plique Céline Cam­ma­ra­ta, res­pon­sable des ventes Acous­tique-vi­bra­tions et HUMS au Ce­tim.

Une ma­nière de tra­vailler dif­fé­rente

Du cô­té de Yo­ko­ga­wa, le ja­po­nais a, de­puis plu­sieurs an­nées, qua­li­fié ses en­re­gis­treurs vi­déo. « Cette qua­li­fi­ca­tion cris­tal­lise notre ADN consis­tant à mettre l’ac­cent sur la qua­li­té, la tra­ça­bi­li­té et la fia­bi­li­té des ap­pa­reils. La qua­li­fi­ca­tion nous oblige éga­le­ment à être en mesure de four­nir des pièces dé­ta­chées pen­dant plus de 25 an­nées après l’ar­rêt de pro­duc­tion de la ligne d’un pro­duit, de main­te­nir le ma­té­riel qua­li­fié, mal­gré l’éven­tuelle ob­so­les­cence des com­po­sants, et d’or­ga­ni­ser une ins­pec­tion en usine me­née par le ser­vice Qua­li­té de nos clients, tels QU’EDF, lors de chaque lot de fa­bri­ca­tion », dé­taille To­ny Sagnes (Yo­ko­ga­wa Elec­tric France). Au ni­veau de la pro­duc­tion, que ce soit celle d’un en­re­gis­treur vi­déo ou d’un trans­met­teur de tem­pé­ra­ture, chaque pro­duit doit en ef­fet être qua­li­fié en dif­fé­rentes étapes im­por­tantes (sou­dures, contrôles, etc.), ce qui re­pré­sente au­tant de vi­sites de la part du client. « Par exemple, les ma­té­riaux uti­li­sés pour les élé­ments sensibles d’une sonde de tem­pé­ra­ture font l’ob­jet d’un cir­cuit spé­ci­fique, avec une pro­cé­dure et une tra­ça­bi­li­té par­ti­cu­lières. Il est im­pos­sible de prendre sur stock le ma­té­riau, même s’il s’agit du même que ce­lui uti­li­sé pour des sondes des­ti­nées à des in­dus­tries clas- siques. Ce cir­cuit spé­ci­fique s’ac­com­pagne de contraintes de dé­lai », in­dique Jean-jacques Gros­son (Py­ro­con­trole). À ce­la s’ajoute une autre contrainte: «tout pro­ces­sus dé­fi­ni (ap­pro­vi­sion­ne­ment, pro­duc­tion, contrôles) ne peut être mo­di­fié sans l’ac­cord D’EDF et sans ca­hier des charges. L’in­dus­trie du nu­cléaire se base sur des re­tours d’ex­pé­riences : plus un pro­duit à un REX éle­vé, plus le de­gré de confiance est fort », pour­suit François Drouin, di­rec­teur gé­né­ral de Py­ro­con­trole. Comme on le voit, la mise en place d’une telle or­ga­ni­sa­tion était donc obli­ga­toire. « Nous dis­po­sons d’une Bu­si­ness Unit dé­diée aux ap­pli­ca­tions clas­sées et dans la­quelle on re­trouve notre offre de vannes in­dus­trielles avec les cri­tères de dis­po­ni­bi­li­té et de sû­re­té propres à ce mar­ché (RCC-M [ Règles de concep­tion et de construc­tion des ma­té­riels mé­ca­niques des îlots nu­cléaires REP, NDLR], SIL 3, ac­ci­dent). Nous ve­nons d’ailleurs de chan­ger d’or­ga­ni­sa­tion et nous cou­vrons bien plus de be­soins (vannes de ré­gu­la­tion, sou­papes de sé­cu­ri­té, cla­pets an­ti-re­tour, etc.), suite au ra­chat de l’ac­ti­vi­té Valves & Controls de Pen­tair l’an­née dernière », ex­plique Ma­rio Bal­za­no (Emer­son Au­to­ma­tion Solutions France). Si cette Bu­si­ness Unit est bien disEm er so n A ut o m at io n So lu tio ns tincte des autres ac­ti­vi­tés de la so­cié­té, elle tra­vaille évi­dem­ment main dans la main avec ces der­nières. Ce que confirme Fa­bien Per­bet (Krohne France) en ajou­tant que « ces équipes dé­diées as­surent, en plus de la par­tie com­mer­ciale, la ges­tion de pro­jets et les re­la­tions entre les clients et les usines de pro­duc­tion, comme celle de Ro­mans-sur-isère, aux ni­veaux de la concep­tion (bu­reau d’études mé­ca­nique, code de construc­tion spé­ci­fique), de la qua­li­té (sui­vi

en pro­duc­tion), du sou­dage et des contrôles, jus­qu’aux achats. » Pour Pre­cia Mo­len, l’ar­ri­vée sur le mar­ché du cycle du com­bus­tible a ré­vé­lé quelques sur­prises : « la pre­mière chose que l’on a découverte à l’époque a été des re­la­tions avec des in­té­gra­teurs beau­coup plus fré­quentes que dans d’autres sec­teurs in­dus­triels. Nous ne sommes pas maîtres du pro­cess, nous in­ter­ve­nons au­près d’in­té­gra­teurs qui prennent en charge les as­pects do­cu­men­taires », se sou­vient Do­mi­nique Ri­bet, res­pon­sable mar­ché chez le fa­bri­cant du pesage.

Des in­ves­tis­se­ments lourds, mais ren­ta­bi­li­sés

Au vu de ce qu’ex­pliquent toutes les per­sonnes in­ter­ro­gées, en ce qui concerne les qua­li­fi­ca­tions, la pro­duc­tion, etc., on com­prend ai­sé­ment que le mar­ché nu­cléaire ne s’ouvre pas aux pre­miers ve­nus. « Il n’est pas in­utile de rap­pe­ler que tra­vailler pour l’in­dus­trie nu­cléaire exige, pour les four­nis­seurs, des inves- tis­se­ments lourds dans la tra­ça­bi­li­té, la pé­ren­ni­té et la qua­li­té du ma­té­riel. Nous avons par exemple in­ves­ti dans la formation de nos per­son­nels tant au ni­veau tech­nique qu’au ni­veau de la sû­re­té et de la sé­cu­ri­té, afin de ga­ran­tir un ni­veau d’in­ter­ven­tion éle­vé ré­pon­dant aux exi­gences de l’ac­ti­vi­té nu­cléaire et de tout ce qui l’en­toure », af­firme To­ny Sagnes (Yo­ko­ga­wa Elec­tric France). « Il faut en ef­fet beau­coup de res­sources en in­terne au dé­part pour dé­ve­lop­per des ap­pa­reils spé­ci­fiques, qui de­mandent une ré­in­gé­nie­rie d’ap­pa­reils exis­tants pour le nu­cléaire. Un tel dé­ve­lop­pe­ment né­ces­site un à deux ans, sans comp­ter la qua­li­fi­ca­tion qui prend aus­si deux ans. Il faut donc avoir l’as­sise fi­nan­cière so­lide, la vo­lon­té et la vi­sion à long terme d’une en­tre­prise fa­mi­liale comme le groupe Krohne pour y par­ve­nir », as­sure Fa­bien Per­bet (Krohne France). Sans comp­ter non plus des vo­lumes d’uni­tés faibles. Et Jean-jacques Gros­son (Py­ro­con­trole) de ren­ché­rir: « quand on parle de REX, on est sur des in­dus­tries à cycle re­la­ti­ve­ment long – en tant que groupe fa­mi­lial, Chau­vin Ar­noux peut s’ins­crire dans une col­la­bo­ra­tion sur le long terme avec ses clients. Mais comme toutes les an­nées ne se res­semblent pas, il faut savoir être pa­tient et se po­si­tion­ner sur des mar­chés com­plé­men­taires. » Si le mar­ché nu­cléaire ne re­pré­sente pas for­cé­ment un dé­bou­ché si­gni­fi­ca­tif en termes de chiffre d’af­faires pour la grande ma­jo­ri­té des so­cié­tés in­ter­ro­gées, il n’en de­meure pas moins qu’elles voient dé­sor­mais fruc­ti­fier les in­ves­tis­se­ments réa­li­sés. « Les spé­ci­fi­ci­tés du mar­ché du nu­cléaire, re­la­tives aux nom­breux ni­veaux d’exi­gences du sec­teur, nous per­mettent de ré­pondre, avec les mêmes cri­tères, aux autres sec­teurs in­dus­triels », ré­sume To­ny Sagnes (Yo­ko­ga­wa Elec­tric France). Par­mi ces autres sec­teurs exi­geants, on trouve le pé­trole et le gaz, les ci­men­te­ries, la si­dé­rur­gie, etc. « Nous dé­ve­lop­pons ain­si la même dé­marche pour la dé­fense, les contrats EPC [ En­gi­nee­ring Pro­cu­re­ment and Construc­tion, ou In­gé­nie­rie, Ap­pro­vi­sion­ne­ment et Construc­tion], etc., qui re­pré­sentent des parts plus im­por­tantes de notre chiffre d’af­faires. Et nous sommes aus­si struc­tu­rés pour ré­pondre à ces clients », pour­suit Ro­main Job (Pre­cia Mo­len). « Sur cer­tains points, le mar­ché du nu­cléaire est en avance, comme c’est par exemple le cas avec les Long­ter­ma­gree­ments, ou ac­cords-cadres, et la main­te­nance. Nos clients sont en ef­fet très forts en termes de pla­ni­fi­ca­tion de la main­te­nance, de ges­tion des pièces de re­change », constate Ma­rio Bal­za­no (Emer­son Au­to­ma­tion Solutions France). Si le mar­ché du nu­cléaire est en avance sur cer­tains as­pects, il connaît par ailleurs les mêmes grandes ten­dances que l’on ren­contre dans l’in­dus­trie en règle gé­né­rale, à savoir la di­gi­ta­li­sa­tion (ou

nu­mé­ri­sa­tion en bon fran­çais) et l’in­dus­trie du fu­tur, l’in­ter­net des ob­jets in­dus­triels (IIOT), la ro­bo­tique, la cy­ber­sé­cu­ri­té ou en­core les com­po­sites, pour n’en ci­ter que quelques-unes. « L’in­dus­trie du nu­cléaire, de par ses exi­gences en termes de tra­ça­bi­li­té, pé­ren­ni­té, sé­cu­ri­té et sû­re­té, évo­luait jusque-là as­sez len­te­ment par rap­port à d’autres sec­teurs in­dus­triels. Mais, de­puis quelques an­nées, tout se bous­cule dans les centres de re­cherches pour tes­ter des solutions in­no­vantes al­lant vers l’in­dus­trie du fu­tur où les solutions de com­mu­ni­ca­tion in­ter­con­nec­tées fe­ront leur ap­pa­ri­tion (sans-fil, cloud, Big Da­ta, ser­vices avec prise en main à dis­tance, re­mon­tée d’au­to­diag­nos­tic per­met­tant d’op­ti­mi­ser la main­te­nance pré­ven­tive, lo­gi­ciel de main­te­nance avec ges­tion de bases de don­nées, etc.) », constate To­ny Sagnes (Yo­ko­ga­wa Elec­tric France).

La nu­mé­ri­sa­tion se dé­ploie aus­si dans le nu­cléaire

La fi­lière nu­cléaire a com­men­cé, de­puis plu­sieurs an­nées, sa trans­for­ma­tion di­gi­tale (nu­mé­rique) sur l’en­semble de la chaîne de va­leur, à savoir de la re­cherche au dé­man­tè­le­ment, en pas­sant par la construc­tion, l’exploitation, la main­te­nance, la formation. « Au­jourd’hui, l’in­no­va­tion tech­no­lo­gique s’ac­cé­lère et trans­forme en pro­fon­deur la fi­lière pour cons­truire l’in­dus­trie nu­cléaire du fu­tur.avec, comme ob­jec­tifs, de per­mettre une baisse si­gni­fi­ca­tive des coûts, tout en op­ti­mi­sant la qua­li­té, l’ef­fi­ca­ci­té et, donc, la sû­re­té des ins­tal­la­tions exis­tantes et des nou­veaux pro­jets. En pa­ral­lèle, la “di­gi­ta­li­sa­tion” du nu­cléaire ci­vil ré­in­vente les pro­ces­sus in­dus­triels et re­pré­sente une op­por­tu­ni­té unique d’at­ti­rer la pro­chaine gé­né­ra­tion pour cons­truire un socle de com­pé­tences d’ex­cel­lence qui bâ­ti­ront les mé­tiers de de­main », lance Gé­rard Kott­mann (AIFEN et WNE). La So­cié­té fran­çaise d’éner­gie nu­cléaire (SFEN) a d’ailleurs or­ga­ni­sé en pa­ral­lèle du sa­lon WNE la confé­rence IN­DEX (In­ter­na­tio­nal Nu­clear Di­gi­tal Ex­pe­rience), qui a mis en avant les tech­no­lo­gies nu­mé­riques et leurs im­pli­ca­tions dans la trans­for­ma­tion de l’in­dus­trie nu­cléaire. Dans le cadre de l’ins­ti­tut tri­par­tite qui réunit EDF, Ora­no et le CEA, l’ob­jec­tif est de co­or­don­ner les ef­forts de R&D me­nés par cha­cun des membres au pro- fit des grands su­jets iden­ti­fiés comme prio­ri­taires, le nu­mé­rique en fai­sant évi­dem­ment par­tie. « Le CEA-LIST ( La­bo­ra­toire d’in­té­gra­tion des sys­tèmes et des tech­no­lo­gies) porte des pro­jets comme la cy­ber­sé­cu­ri­té ou l’ana­lyse de don­nées et l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle pour la main­te­nance pré- dic­tive. En in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, nous dis­po­sons d’ailleurs au­jourd’hui d’un pool de 200 cher­cheurs qui tra­vaillent en étroite col­la­bo­ra­tion avec des in­dus­triels et des ac­teurs de la sphère pu­blique de tous les sec­teurs d’ac­ti­vi­té. Le rôle du CEA-LIST consiste à dé­ve­lop­per et à intégrer dans des “sys­tèmes” ce qu’on ap­pelle des “briques tech­no­lo­giques gé­né­riques”: il s’agit de tech­no­lo­gies suf­fi­sam­ment ma­tures pour être uti­li­sées dans dif­fé­rentes ap­pli­ca­tions in­dus­trielles », ex­plique Phi­lip­pe­wat­teau, di­rec­teur du CEA-LIST. Lors de l’édi­tion 2018 du sa­lon WNE, l’ins­ti­tut pré­sen­tait no­tam­ment deux dé­mons­tra­tions: le si­mu­la­teur de ré­ac­teur nu­cléaire EVOC, dé­ve­lop­pé avec L’INSTN pour l’en­sei­gne­ment en réa­li­té vir­tuelle et aug­men­tée, com­porte des élé­ments phy­siques «tan­gibles» re­pré­sen­ta­tifs d’un ré­ac­teur réel, tels qu’un pu­pitre de com­mande, couplés à un dispositif de réa­li­té vir­tuelle qui per­met de réa­li­ser des for­ma­tions im­mer­sives 4D «gran­deur na­ture». La se­conde dé­mons­tra­tion, tou­jours ba­sée sur la réa­li­té vir­tuelle, pro­po­sait aux vi­si­teurs de s’im­mer­ger dans l’en­vi­ron­ne­ment d’une «cel­lule chaude» en cours de dé­man­tè­le­ment, dans la­quelle ils pou­vaient in­ter­agir avec le ro­bot qui réa­lise les opé­ra­tions via la cap­ture de mou­ve­ment et le re­tour d’ef­fort. « Par­mi les tech­no­lo­gies nu­mé­riques, la pos­si­bi­li­té de tra­vailler avec un ju­meau nu­mé­rique re­pré­sente un com­plé­ment très in­té­res­sant à l’ap­proche stan­dard. Comme il est ba­sé en

Si les ob­jets connec­tés (IOT) ont, une nou­velle fois, at­ti­ré la lu­mière sur eux lors des sa­lons Mtom & Ob­jets connec­tés - Em­bed­ded Sys­tems et Iot­world, qui se sont dé­rou­lés les 21 et 22 mars 2018 à Pa­ris Ex­po-porte de Ver­sailles, la 7e édi­tion de RF & Mi­cro­wave a tou­te­fois te­nu son rôle d’évé­ne­ment de la com­mu­nau­té des ra­dio­fré­quences, des hy­per­fré­quences, du sans-fil, de la com­pa­ti­bi­li­té élec­tro­ma­gné­tique (CEM) et de la fibre op­tique, tant au ni­veau des tables rondes et con­fé­rences tech­niques que de l’ex­po­si­tion. Cette 7e édi­tion de RF & Mi­cro­wave a en ef­fet réuni 1522 vi­si­teurs (560 par­ti­ci­pants aux con­fé­rences) et 47 ex­po­sants, « une édi­tion très convain­cante pla­cée sous le signe du dy­na­misme et qui a per­mis aux vi­si­teurs de dé­cou­vrir un pa­no­ra­ma com­plet d’an­nonces pro­duits et d’ap­pli­ca­tions », af­firme l’or­ga­ni­sa­teur Birp-groupe Solutions. Les four­nis­seurs d’ins­tru­ments de test et de mesure étaient ve­nus avec une ri­bam­belle de nou­veau­tés. L’al­le­mand Rohde & Sch­warz pré­sen­tait en ef­fet ses nou­velles sé­ries d’os­cil­lo­scopes nu­mé­riques d’en­trée de gamme RTC1000 et de mi­lieu de gamme RTM3000 et RTA4000 ( voir Me­sures n°902), ain­si que l’ana­ly­seur de spectre d’en­trée de gamme FPL1000, les ana­ly­seurs de ré­seau vec­to­riels ZNL et ZNLE, le gé­né­ra­teur de si­gnaux mi­cro-ondes et ana­lo­giques RF SMA100B ( voir Me­sures n° 897). Quant à l’amé­ri­cain Na­tio­nal Ins­tru­ments, il met­tait en avant sur son stand, via des dé­mons­tra­tions, ses solutions pour le test NFC et pour la ra­dio­lo­gi­cielle, avec le mo­dule USRP-2945, ain­si que son VST PXIE-5840 ( voir Me­sures n° 887), pour l’ana­lyse de spectre en temps réel, la ra­dio­go­nio­mé­trie, la si­mu­la­tion de cibles ra­dar, le test de se­mi-conduc­teurs, la tech­no­lo­gie 5G –le nou­veau dri­ver NI-RFMX NR per­met par exemple de créer des formes d’onde 5G avec le VST. En plus de l’ana­ly­seur de ré­seau vec­to­riel USB TTR500, des sondes à fibre op­ti­que­tivh ETTIVM série Iso­vu, de la ver­sion «pro­fil bas» (MSO58LP) et des op­tions lo­gi­cielles dé­diées à l’au­to­mo­bile, à l’ana­lyse de puis­sance et à l’aé­ro­nau­tique (5-SRAUTO, 5-CMAUTOEN, 5-PWR et 5-SRAERO) de sa série d’os­cil­lo­scopes nu­mé­riques à si­gnaux mixtes MSO 5 ( voir Me­sures n° 897), l’amé­ri­cain­tek­tro­nix, lui, ve­nait de lan­cer, quelques se­maines au­pa­ra­vant,

EMCVU, une so­lu­tion tout-en-un pour les tests de pré-confor­mi­té et le dé­bo­gage d’in­ter­fé­rences élec­tro­ma­gné­tiques (IEM) et de CEM. Cette so­lu­tion four­nit aux in­gé­nieurs une ap­proche pré­cise, pra­tique et ren­table pour dé­ter­mi­ner si la concep­tion de leurs pro­duits pas­se­ra les tests de confor­mi­té avec suc­cès dès le pre­mier es­sai. Op­tion du lo­gi­ciel Si­gnal­vu-pc as­so­ciée aux ana­ly­seurs de spectre USB du fa­bri­cant, EMCVU com­porte un as­sis­tant, avec prise en charge in­té­grée des normes (IEC/CISPR, Ce­ne­lec/en, FCC, MIL-STD, etc.), la sélection et la confi­gu­ra­tion des ac­ces­soires par simple pres­sion d’un bou­ton. Le lo­gi­ciel fa­ci­lite éga­le­ment le dé­bo­gage grâce à la cap­ture au­to­ma­tique du bruit am­biant, à la re­me­sure des dé­faillances mul­tiples et aux mar­queurs d’har­mo­niques pour une ana­lyse ap­pro­fon­die. Les ré­sul­tats de l’ex­pé­rience peuvent être fa­ci­le­ment en­re­gis­trés avec des notes et des images, dans un rap­port confi­gu­rable au for­mat PDF ou RTF. « Suite à son ra­chat il y a un an [voir Me­sures n°893], Noise ex­ten­ted Tech­no­lo­gies [XT] a in­té­gré la BU RF & Hy­per de Sphe­rea Test & Ser­vices, ce qui s’est tra­duit par un em­mé­na­ge­ment dans nos bu­reaux dis­tants de seule­ment 400 m en no­vembre 2017 », an­nonce Bru­no Cohen, di­rec­teur com­mer­cial de Qua­li­ty­source (groupe fran­çais Sphe­rea Test & Ser­vices). Et Guillaume De Gio­van­ni, à la tête de l’ac­ti­vi­té Noise XT de pour­suivre : « il s’agit de lo­caux plus grands, ce qui nous per­met­tra de dis­po­ser de moyens sup­plé­men­taires et de mul­ti­plier par deux les ef­fec­tifs en em­bau­chant une di­zaine d’in­gé­nieurs et de doc­teurs d’ici deux ans ».

Des nou­veau­tés, aus­si, en CEM

Par­mi les autres four­nis­seurs en test et en mesure, ci­tons le dis­tri­bu­teur Co­te­lec, qui mon­trait sur son stand la pointe de test ca­pa­ci­tive à com­mande pneu­ma­tique PKS 399, pour le test et l’uti­li­sa­tion sur écrans tac­tiles, et la pointe de test co­axiale HFS-807, pour connec­teurs haute vi­tesse jus­qu’à 20 Gbit/s 12 GHZ, de l’al­le­mand In­gun, ain­si que le dis­tri­bu­teur Ac­qui­sys. Ce der­nier pré­sen­tait, entre autres, le sys­tème dur­ci epc-na­no (CPU COM Ex­press et site XMC) d’in­no­va­tive In­te­gra­tion (groupe amé­ri­cain Mo­lex), le sys­tème d’ac­qui­si­tion de don­nées au­to­nome Log­gi­to de l’al­le­mand Del­phin Tech­no­lo­gy et l’en­re­gis­treur au­to­no­me­web­daq-504 de Mea­su­re­ment Com­pu­ting (groupe Na­tio­nal Ins­tru­ments) pour les ap­pli­ca­tions acous­tiques et de vi­bra­tions. Les vi­si­teurs in­té­res­sés par des solutions de test et de mesure ne de­vaient pas hé­si­ter à ar­pen­ter les sa­lons voi­sins, pour ren­con­trer l’amé­ri­cain Te­le­dyne Le­croy –le fa­bri­cant a lan­cé la confor­mi­té de puis­sance dé­li­vrée pour l’ana­ly­seur de pro­to­cole Voya­ger M310P, et un Mo­tor Drive Ana­ly­ser (MDA), un ana­ly­seur de pro­to­cole PCI 3.0 Sum­mit T3-8, des os­cil­lo­scopes nu­mé­riques Wa­ve­run­ner 8404-MS, HDO6104A et HDO9404 fai­saient l’ob­jet de dif­fé­rentes dé­mons­tra­tions–, la jeune pousse Ika­lo­gic et l’al­le­mand Com­prion sur les sa­lons Em­bed­ded Sys­tems et Mtom & Ob­jets connec­tés, voire même le ja­po­nais An­rit­su sur les sa­lons Cloud Com­pu­ting Ex­po, Solutions Da­ta­cen­ter Ma­na­ge­ment et IOT World. « Nous nous po­si­tion­nons aus­si de plus en plus sur le mar­ché des da­ta­cen­ters », in­dique l’un des re­pré­sen­tants de la so­cié­té sur le stand. Re­ve­nons sur RF & Mi­cro­wave, et en par­ti­cu­lier à la CEM, où les dif­fé­rents ac­teurs n’étaient pas ve­nus les mains vides. À com­men­cer par EMC Part­ner France qui pro­fi­tait de l’évé­ne­ment pour cé­lé­brer sa 10e an­née d’exis­tence.

Pierre Bon­zom, pré­sident D’ELA In­no­va­tion. Des­ti­nés aux ap­pli­ca­tions d’iden­ti­fi­ca­tion et de sui­vi en tem­pé­ra­ture, les nou­veaux cap­teurs Bea­con Blue­tooth LE sont les pre­miers mo­dèles Blue­tooth du fa­bri­cant, spé­cia­li­sé jusque-là dans les tags RFID. « Après deux an­nées de dé­ve­lop­pe­ment, nous pro­po­sons dé­sor­mais des cap­teurs dont les don­nées sont in­ter­opé­rables avec les smart­phones. Ce­la nous per­met d’étendre les mar­chés po­ten­tiels et aus­si d’en­trer chez des grands comptes », pré­cise Pierre Bon­zom. Il ne fal­lait pas al­ler bien loin sur Mtom & Ob­jets connec­tés-em­bed­ded Sys­tems pour dé­cou­vrir d’autres nou­veau­tés en ma­tière d’ob­jets connec­tés in­dus­triels. En face du stand D’ELA In­no­va­tion, son com­pa­triote Adeu­nis a en ef­fet lan­cé les trans­met­teurs TIC et Pulse Atex, ain­si que l’offre Adeu­nis Con­nect pour l’in­ter­net des ob­jets. Les deux trans­met­teurs Lo­ra per­mettent de trans­for­mer un comp­teur élec­trique équi­pé d’une interface TIC (ou deux comp­teurs de gaz, d’élec­tri­ci­té, d’eau ou de cha­leur dans le cas de Pulse Atex) en un comp­teur com­mu­ni­cant sans fil, ce qui rend pos­sible la sur­veillance à dis­tance de la consommation. Quant à Adeu­nis Con­nect, elle com­prend la pla­te­forme de De­vice Ma­na­ge­ment dé­ve­lop­pée par Tha­lès, dont le rôle est d’op­ti­mi­ser le fonc­tion­ne­ment et la sé­cu­ri­té d’un parc hé­té­ro­gène de cap­teurs IOT, ain­si que ses ser­vices Adeu­nis Mo­bi­li­ty, qui as- sur­ent la confi­gu­ra­tion, la mise à jour et la main­te­nance des pro­duits sur site, sans que les uti­li­sa­teurs aient à dé­con­nec­ter leur flotte des ré­seaux IOT, donc sans rup­ture d’exploitation. Si­gna­lons par ailleurs la start-up fran­çaise Sen­sing Labs, qui pré­sen­tait le cap­teur de tem­pé­ra­ture et d’hu­mi­di­té re­la­tive Sen­lab T+H des­ti­né aux me­sures des sols dans en agri­cul­ture «connec­tée», ain­si que, sur le sa­lon IOT World, son com­pa­triote JRI avec son offre Lo­ra Spy. « Comme son nom l’in­dique, nous ve­nons de lan­cer sur le mar­ché une gamme d’en­re­gis­treurs de tem­pé­ra­ture Lo­ra, dé­diés à la sur­veillance des pro­duits sensibles à chaque étape de la chaîne lo­gis­tique. Grâce éga­le­ment à l’ap­pli­ca­tion web My­si­rius, ces nou­veaux en­re­gis­treurs sont très simples à mettre en oeuvre et à uti­li­ser », ex­plique Jean-luc Bayre, chef des ventes France chez JRI. La gamme se com­pose du cap­teur ro­buste Lo­ra Spy T0 (- 40 °C à + 85 °C), des cap­teurs Lo­ra Spy T1 (-30°C à +70°C et 0% à 100% HR ou ou­ver­ture de porte), des cap­teurs Lo­ra Spy T2 (- 50 °C à + 105 °C) pour en­ceintes ther­mo-contrô­lées ou in­cu­ba­teurs et du cap­teur Lo­ra Spyt3 (-200°C à 0°C).

Et n’ou­blions pas les ser­vices IOT

Tou­jours sur Iot­world, la start-up tou­lou­saine ffly4u a lan­cé le ser­vice IOT my­trai­ler-by-ffly4u. « Jus­qu’à pré­sent, les

pro­prié­taires de re­morques de­vaient se tourner vers des solutions té­lé­ma­tiques d’usage et d’ins­tal­la­tion com­plexes, con­nec­tées à la bat­te­rie du vé­hi­cule et uti­li­sant la trans­mis­sion d’in­for­ma­tions par GSM, coû­teuse et consom­ma­trice d’éner­gie », rap­pelle la so­cié­té. Ce nou­veau ser­vice est une al­ter­na­tive, à la fois plus simple, plus au­to­nome et moins chère, grâce à l’uti­li­sa­tion de deux boî­tiers, com­pacts et au­to­nomes – l’un po­si­tion­né sur le toit du trac­teur et l’autre, em­bar­quant des fonc­tions de GPS, de mesure de tem­pé­ra­ture et de dé­tec­tion de mou­ve­ments, sur le de­vant de la re­morque–, connec­tés à un ré­seau bas dé­bit (Sigfox, Lo­ra, etc.) dis­po­nible par I R abon­ne­ment. Une

J fois trans­mises, les don­nées sont mises à dis­po­si­tion des uti­li­sa­teurs sur une pla­te­forme spé­ci­fique pi­lo­tée par Thing­worx de PTC. La to­ta­li­té des fonc­tions sont pro­po­sées à la lo­ca­tion par ffly4u pour une du­rée de 3 à 7 ans. Même si la fré­quen­ta­tion en termes de vi­si­teurs a re­cu­lé –en 2017, Mi­cro­wave & RF avait en­re­gis­tré la ve­nue de 1 903 vi­si­teurs et Mtom & Ob­jets Connec­tés-em­bed­ded Sys­tem as­so­cié à IOT World, 8731 vi­si­teurs, dont 4374 pour le pre­mier–, les trois sa­lons sont d’ores et dé­jà pré­vus les 20 et 21 mars 2019, tou­jours à Pa­ris Ex­po-porte de Ver­sailles. Ce qui de­vrait nous ré­ser­ver en­core une ri­bam­belle de nou­veau­tés et l’oc­ca­sion d’as­sis­ter à des con­fé­rences tech­niques, comme celles or­ga­ni­sées cette an­née et in­ti­tu­lées «IIOT: Main­te­nance in­dus­trielle pré­dic­tive, com­ment vite chan­ger de pa­ra­digme mais… sans prendre de risque ?», «IOT dur­cis (in­dus­trie, mi­li­taire, mé­di­cal, spa­tial…) : intégrer les contraintes tech­niques dès la concep­tion et jus­qu’à la main­te­nance opé­ra­tion­nelle» et «Pré­pa­rer l’avè­ne­ment de la 5G: une chance et un dé­fi pour nos in­dus­tries ».

Krohne

Kroh ne

Py­ro­con­trol

ic tr ec El ji Fu

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.