40-30 passe sous pa­villon al­le­mand

RAG Stif­tung BG (RSBG) est de­ve­nu l’ac­tion­naire ma­jo­ri­taire du spé­cia­liste de l’élec­tro­nique in­dus­trielle, des tech­no­lo­gies du vide, de la dé­con­ta­mi­na­tion par­ti­cu­laire, etc. SER­VICES

Mesures - - Sommaire - Cé­dric Lar­dière

C’est le 6 avril der­nier que l’ac­qui­si­tion de 85 % des parts du fran­çais 40-30 par l’al­le­mand RAG Stif­tung Be­tei­li­gung­sge­sell­schaft (RSBG), une fon­da­tion spé­cia­li­sée dans l’in­dus­trie et les ser­vices as­so­ciés, l’au­to­ma­tisme 4.0 et les ser­vices à forte va­leur ajou­tée, a été si­gnée pour un mon­tant non dé­voi­lé. « Ce ra­chat re­pré­sente une op­por­tu­ni­té ex­tra­or­di­naire pour pour­suivre l’aven­ture de 4030, qui dure de­puis plus de trente ans », se ré­jouit Pierre De­la­lez, pré­sident de l’en­tre­prise fran­çaise. L’aven­ture dé­bute en 1986: c’est en ef­fet cette an­née-là qu’yves Cotte et Pierre De­la­lez créent 40-30 à Seys­si­net-pa­ri­set (Isère), pour ré­pondre aux de­mandes de pres­ta­tions en élec­tro­nique in­dus­trielle et de main­te­nance de la part de l’in­dus­trie des se­mi-conduc­teurs. « Il s’agis­sait de ré­pa­rer les ma­chines de pro­duc­tion en se­mi­con­duc­teurs. Nous avons en­suite ra­pi­de­ment ac­quis des com­pé­tences en tech­no­lo­gies du vide, par manque d’offres sur le mar­ché, puis en ana­lyse de gaz et en dé­con­ta­mi­na­tion par­ti­cu­laire », pour­suit Pierre De­la­lez. Au cours des deux dé­cen­nies sui­vantes, la so­cié­té a no­tam- ment ou­vert un centre d’in­ter­ven­tion aux Ulis (Es­sonne) en 1997 et un site à Saint-égrève (Isère) en 1999, ain­si qu’une fi­liale à Sin­ga­pour, un site à Ber­nin (Isère) et à Saint-étienne-deSaint-geoirs (Isère) en 2005. 40-30 est au­jourd’hui éga­le­ment pré­sent à Châ­teau­neufle-rouge (Bouches-duR­hône), en Es­pagne, au Be­ne­lux et au Royaume-uni. « En 25 ans, de 1985 à 2010, nous étions pas­sés de 5 à 220 per­sonnes. Mais nous avons alors su­bi de plein fouet la crise éco­no­mique, d’où la mise en place d’une pro­cé­dure de sau­ve­garde de la so­cié­té », rap­pelle Pierre De­la­lez.

Pre­mière so­cié­té fran­çaise pour RAG Stif­tung BG

Cette pro­cé­dure a tou­te­fois per­mis à la so­cié­té de mettre en oeuvre les dé­ve­lop­pe­ments ini­tiés pen­dant la crise, tels que les ac­ti­vi­tés de formation, de vente de pièces dé­ta­chées et de ma­chines de se­conde main, ain­si que d’in­gé­nie­rie en RF de puis­sance, en plas­mas, en tech­no­lo­gies du vide, en ana­lyse de gaz, en mé­tro­lo­gie, etc. « Après le re­dres­se­ment de la so­cié­té, nous avons com­men­cé à pen­ser à l’ave­nir et à pas­ser le re­lais pour Yves Cotte et moi­même. C’est à cette pé­riode que RAG Stif­tung BG s’est ma­ni­fes­té pour re­prendre l’en­tre­prise. Ce­la nous a sur­pris, mais il s’avé­rait que la fon­da­tion nous sui­vait de­puis des an­nées et qu’elle pos­sède des so­cié­tés pré­sentes aus­si dans la mi­cro­élec­tro­nique », ex­plique Pierre De­la­lez. Pour ceux qui ne connaî­traient pas la fon­da­tion, elle a pour vo­ca­tion la re­vi­ta­li­sa­tion et la re­dy­na­mi­sa­tion du bas­sin de la Ruhr et s’in­té­resse donc à des en­tre­prises tech­no­lo­giques pré­sen­tant un fort po­ten­tiel. « 40-30 est la pre­mière so­cié­té fran­çaise dans la­quelle RAG Stif­tung BG a pris une par­ti­ci­pa­tion », in­dique Pierre De­la­lez. La so­cié­té fran­çaise a de­puis re­trou­vé des cou­leurs – son chiffre d’af­faires 2017 est en hausse de plus de 8 % et ses ré­sul­tats, su­pé­rieurs à 10 %. « Un phé­no­mène nous a beau­coup ai­dés ces dix der­nières an­nées : l’in­dus­trie de la mi­cro­élec­tro­nique “dé­teint” sur d’autres sec­teurs in­dus­triels. On re­trouve ain­si des pro­blèmes de dé­pôts, de gra­vures, de dé­tec­tion de fuites ou de clean concept dans l’au­to­mo­bile, l’aé­ro­spa­tial, l’hor­lo­ge­rie, etc. », pré­cise Pierre De­la­lez. Avec cette ac­qui­si­tion, 40-30 peut dé­sor­mais se don­ner les moyens (fi­nan­ciers) pour pour­suivre son dé­ve­lop­pe­ment à l’in­ter­na­tio­nal et réa­li­ser dif­fé­rents pro­jets. Comme des re­cru­te­ments et la mise en place de sy­ner­gies avec des so­cié­tés soeurs, telles que le fa­bri­cant de ma­chines de li­tho­gra­phie Hei­del­berg Ins­tru­ments Mi­kro­tech­nik ou le fa­bri­cant de ro­bots Re­think Ro­bo­tics, voire même des crois­sances ex­ternes, sous l’im­pul­sion des Al­le­mands, pour ajou­ter de nou­velles com­pé­tences.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.