Les BTS Contrôle industriel et ré­gu­la­tion au­to­ma­tique

Mesures - - Front Page - Cé­dric Lar­dière

For­ma­tion de «ré­fé­rence» pour le per­son­nel dans les usines et chez les fa­bri­cants d’équi­pe­ments de pro­cess, le BTS CIRA a connu ces der­nières an­nées une ré­no­va­tion, no­tam­ment pour ré­pondre à cer­taines évo­lu­tions du mar­ché, ain­si qu’une mon­tée en puis­sance des pour­suites d’études, des re­la­tions plus étroites avec les fa­bri­cants. Tour d’ho­ri­zon au­près de pro­fes­seurs, de re­pré­sen­tants de fa­bri­cants et d’étu­diants ou de jeunes di­plô­més.

Il est de cou­tume, tra­di­tion­nel­le­ment, dans le guide d’achat de Mesures, de faire le point sur un type de pro­duit don­né, tant d’un point de vue technologique que de l’offre dis­po­nible en France. Compte te­nu de l’im­mi­nence de la ren­trée sco­laire 2018, de dis­cus­sions avec cer­tains fa­bri­cants sur le su­jet et pour éga­le­ment faire suite aux in­ter­views croisés de pro­fes­seurs de BTS CIRA réa­li­sés en 2011 ( voir Mesures n° 832), nous al­lons nous in­té­res­ser cette fois à une for­ma­tion, à sa­voir le BTS Contrôle industriel et ré­gu­la­tion au­to­ma­tique, com­mu­né­ment dé­si­gné par son acro­nyme BTS CIRA. Pour mieux connaître les rai­sons de s’in­té­res­ser à cette for­ma­tion en par­ti­cu­lier, il faut in­ter­ro­ger des fa­bri­cants d’ins­tru­men­ta­tion de pro­cess. « Le BTS CIRA fait par­tie des for­ma­tions per­ti­nentes dans les offres d’em­ploi que nous pro­po­sons pour les postes de tech­ni­ciens et de met­teurs en route, d’élec­tro­tech­ni­ciens aus­si. Même s’il y a une ma­jo­ri­té de di­plô­més DUT Mesures phy­siques par­mi les tech­ni­co-com­mer­ciaux, le BTS CIRA reste une for­ma­tion de ré­fé­rence », ex­plique Na­dia Fa­ra, res­pon­sable du mar­ke­ting et de la com­mu­ni­ca­tion chez Ve­ga Tech­nique. Ce que confirme, de son cô­té, Oli­vier Sau­va­geot, di­rec­teur des res­sources hu­maines (DRH) d’en­dress+hau­ser France : « en termes de di­plômes, les deux voies royales pour en­trer chez En­dress+hau­ser Hu­ningue, dans les mé­tiers de tech­ni­ciens, de tech­ni­co-com­mer­ciaux, de mar­ke­ting opé­ra­tion­nel, sont le DUT Mesures phy­siques et le BTS CIRA. C’est en ef­fet la for­ma­tion gé­né­ra­liste qui pré­pare le mieux à l’ins­tru­men­ta­tion, à la ré­gu­la­tion et aux com­mu­ni­ca­tions nu­mé­riques ». Les ori­gines de ce Bre­vet de tech­ni­ciens su­pé­rieurs (BTS) re­montent aux an­nées 1950 ou 1960. « Ce sont en fait des so­cié­tés de la pé­tro­chi­mie qui ont créé le pre­mier BTS CIRA au ly­cée Jules-haag de Be­san­çon (Doubs). Elles étaient ve­nues y cher­cher des profils d’hor­lo­gers pour leurs com­pé­tences en mi­cro­mé­ca­nique, en sys­tèmes de ré­tro­ac­tion », rap­pelle Ni­co­las Ca­no, co­or­di­na­teur BTS CIRA CPEI au Ly­cée Jules-haag. Au­jourd’hui, le nombre d’éta­blis­se­ments pro­po­sant une for­ma­tion de BTS en contrôle industriel et ré­gu­la­tion au­to­ma­tique en France s’élève à 79 ( voir ta­bleau pages sui­vantes), re­grou­pant prin- ci­pa­le­ment des ly­cées, pri­vés ou pu­blics pour une très grande ma­jo­ri­té, des centres de for­ma­tion d’ap­pren­tis (CFA) et des Gre­ta –ce sont des grou­pe­ments

d’éta­blis­se­ments pu­blics lo­caux d’en­sei­gne­ment des­ti­nés à la for­ma­tion conti­nue des adultes. En plus de 60 ans, le pro­gramme en­sei­gné a, lui aus­si, évo­lué, et conti­nue à évo­luer. « Le pro­gramme du BTS CIRA est axé au­tour de trois pôles : un en­sei­gne­ment gé­né­ral (ma­thé­ma­tiques, fran­çais et an­glais), une par­tie scien­ti­fique im­por­tante (phy­si­que­chi­mie, phy­sique ap­pli­quée) et un en­sei­gne­ment pro­fes­sion­nel (ins­tru­men­ta­tion, ré­gu­la­tion et au­to­ma­tismes) », ré­sume Laurent Roy, pro­fes­seur de BTS CIRA au Ly­cée Re­né Des­cartes de Saint-ge­nis-la­val (Rhône).

De nou­veaux mo­dules QHSSE et pro­jets

Plu­sieurs étu­diants et jeunes di­plô­més in­ter­ro­gés par­ve­ga­tech­nique ( voir en­ca­dré page 56) ont d’ailleurs été sur­pris par la di­ver­si­té des do­maines abor­dés par la for­ma­tion: « le do­maine du BTS CIRA est beau­coup plus vaste que je l’ima­gi­nais. J’ai dé­cou­vert et ap­pris énor­mé­ment de choses en seule­ment deux ans », in­dique par exemple Alexis Gue­ville, un des ré­pon­dants. « Nous consta­tons néan­moins un baisse gé­né­rale du ni­veau en ins­tru­men­ta­tion, qui est pour­tant un gros pôle dans le pro­gramme. Nous fai­sons en fait ce que l’on peut avec ce que l’on a », fait re­mar­quer Ni­co­las Ca­no (Ly­cée Jules-haag). La ren­trée sco­laire 2017/2018 a vu la mise en place de la der­nière ré­no­va­tion en date, qui s’est no­tam­ment tra­duite par l’ap­pa­ri­tion de nou­velles dis­ci­plines. À com­men­cer par l’ajout d’un mo­dule de 30 mi­nutes par se­maine sur la Qua­li­té Hy­giène San­té Sé­cu­ri­té En­vi­ron­ne­ment (QHSSE) en 1re an­née. « Il ne s’agit pas de faire des fu­turs di­plô­més de vé­ri­tables spé­cia­listes QHSSE, mais qu’ils aient dé­jà été confron­tés, au moins une fois, à la qua­li­té et aux normes, que l’on re­trouve dans tous les sec­teurs in­dus­triels », pré­cise Ni­co­las Ca­no. Une autre nou­veau­té est l’ap­pa­ri­tion d’un mo­dule Pro­jet tech­nique, d’une du­rée heb­do­ma­daire de 2 heures, en 2e an­née. Se­lon un do­cu­ment du Mi­nis­tère de l’édu­ca­tion na­tio­nale et de l’ins­pec­tion gé­né­rale de l’édu­ca­tion na­tio­nale (IGEN) de mars 2016, « le pro­jet vise à pro­po­ser une so­lu­tion à un pro­blème tech­nique en res­pec­tant une dé­marche co­hé­rente et conforme aux pra­tiques ren­con­trées dans les en­tre­prises (dé­marche de pro­jet, en­vi­ron­ne­ment col­la­bo­ra­tif et tra­vail d’équipe)

et dans un contexte spé­ci­fié : contraintes tech­niques et do­cu­men­taires, moyens dis­po­nibles, contraintes ré­gle­men­taires et nor­ma­tives, contraintes en­vi­ron­ne­men­tales, le tout dans une dé­marche qua­li­té. […] Le pro­jet, de sa concep­tion jus­qu’à sa réa­li­sa­tion concrète, est ca­rac­té­ri­sé par un tra­vail qui est me­né col­lec­ti­ve­ment. Il est réa­li­sé sur une du­rée de 72 h élèves ». Pour Laurent Roy (Ly­cée Re­né Des­cartes), « les épreuves axées sur la ré­so- lu­tion d’un pro­blème et la mise en oeuvre de tâches com­plexes – on pré­sente un dys­fonc­tion­ne­ment tel qu’une va­leur de me­sure er­ro­née ou un pro­blème de ré­gu­la­tion – sont dé­sor­mais plus proches de ce que les étu­diants ren­con­tre­ront dans leur fu­tur mé­tier. Au­pa­ra­vant, ils connais­saient bien la théo­rie, mais leur ba­gage tech­nique pou­vait res­ter maigre. Même s’ils ne peuvent pas être for­més exac­te­ment à leur mé­tier, les fu­turs di­plô­més sau­ront s’adap­ter ».

Des fa­bri­cants très im­pli­qués

Il s’agit par ailleurs de «cas­ser » les cloi­son­ne­ments à tra­vers des épreuves trans­ver­sales, celle de pro­jet tech­nique fai­sant in­ter­ve­nir un en­sei­gnant de phy­sique-chi­mie et un en­sei­gnant pro­fes­sion­nel, par exemple. « La ré­no­va­tion s’est donc aus­si ac­com­pa­gnée de bou­le­ver­se­ments pour les pro­fes­seurs, dans leur fa­çon de faire », pour­suit Laurent Roy. Ni­co­las Ca­no (Ly­cée Jules-haag), lui, sou­lève tou­te­fois une éven­tuelle dif­fi­cul­té, à sa­voir le fi­nan­ce­ment de ces pro­jets tech­niques. S’il y a un point que tous les pro­fes­seurs de BTS CIRA sou­lignent, c’est leur (très) bonne re­la­tion avec les construc­teurs d’équi­pe­ments in­dus­triels, à com­men­cer par les fa­bri­cants d’ins­tru­men­ta­tion de pro­cess. Ces re­la­tions re­vêtent d’ailleurs plu­sieurs fa­cettes. « Par­mi les moyens à notre dis­po­si­tion pour nous te­nir in­for­més des évo­lu­tions tech­no­lo­giques, l’en­tre­tien d’un rap­port étroit avec les en­tre­prises du sec­teur, et no­tam- ment les fa­bri­cants d’ins­tru­men­ta­tion, est très pré­cieux, car ce­la nous per­met d’être in­vi­tés à des pré­sen­ta­tions tech­niques, ou alors de faire ve­nir des fa­bri­cants chez nous pré­sen­ter leurs der­niers pro­duits, à l’oc­ca­sion, par exemple, du Sa­lon industriel de l’ins­tru­men­ta­tion en Rhône-alpes (SIIRA), que nous or­ga­ni­sons chaque dé­but d’an­née à Saint-ge­nis-la­val, dans le Rhône », af­firme Laurent Roy (Ly­cée Re­né Des­cartes). Grâce à ces re­la­tions étroites, les pro­fes­seurs peuvent éga­le­ment vi­si­ter as­sez sou­vent des usines et ar­ri­ver à pla­cer des ap­pren­tis. L’en­thou­siasme est de ri­gueur aus­si du cô­té des fa­bri­cants. « Nous sommes im­pli­qués de dif­fé­rentes ma­nières : nous in­ter­ve­nons en ef­fet au sein même des éta­blis­se­ments pour pré­sen­ter de nou­veaux pro­duits, de nou­velles tech­no­lo­gies ; nous pro­po­sons du ma­té­riel à titre gra­tuit pour les ma­quettes et les TP ; la taxe d’ap­pren­tis­sage que s’ac­quitte En­dress+hau­ser est des­ti­née au BTS CIRA de

Mul­house ; et nous avons créé une école d’en­tre­prise, qui fait par­tie des axes de dé­ve­lop­pe­ment stra­té­gique du groupe suisse », ex­plique Oli­vier Sau­va­geot (En­dress+hau­ser France). Au-de­là de l’or­ga­ni­sa­tion de for­ma­tions de trois jours, per­met­tant à des pro­fes­seurs d’ac­qué­rir les bases en ins­tru­men­ta­tion de pro­cess, par exemple, et de vi­sites d’usine,ve­ga­tech­nique a mis sur pied, cette an­née, deux opé­ra­tions : « l’une consiste à ce que tous les BTS CIRA soient équi­pés de trans­met­teurs de ni­veau ra­dar 80 GHZ Ve­ga­puls 64 fonc­tion­nant sur bat­te­ries. L’autre s’in­ti­tule “Opé­ra­tion Ju­niors en en­tre­prise”. Si une en­tre­prise a em­bau­ché un ju­nior dans ses équipes, “dé­non­cez-le” et il re­ce­vra un ca­deau. Étant de­puis long­temps pré­sents aux cô­tés des en­sei­gnants, nous sa­vons nous adap­ter à leurs contraintes et nous dis­tin­guer de nos concur­rents », in­siste Na­dia Fa­ra (Ve­ga Tech­nique). L’ob­jec­tif de la fi­liale de la so­cié­té al­le­mande est d’uti­li­ser tous les moyens pos­sibles à sa dis­po­si­tion, tels que son site in­ter­net et www.ins­tru­mex­pert.com pour com­mu­ni­quer et s’adres­ser aux pro­fes­seurs, aux étu­diants et jeunes di­plô­més.

Des ef­forts en­core à faire en langues étran­gères

Par­mi les com­pé­tences ac­quises par les di­plô­més de BTS CIRA, cer­tains de ceux

in­ter­ro­gés par­ve­ga­tech­nique re­grettent un manque dans des do­maines, tels que l’in­for­ma­tique in­dus­trielle, la mé­tro­lo­gie et la qua­li­té opé­ra­tion­nelle, les ana­ly­seurs, l’élec­tri­ci­té ou la ges­tion éco­no­mique et le droit. Pou­ryoan Montes, un des étu­diants in­ter­ro­gés, « la nou­velle ré­forme in­tègre un mo­dule de culture gé­né­rale et d’ex­pres­sion écrite. Il se­rait ap­pro­prié que ce cours traite de la culture in­dus­trielle en plus de la culture gé­né­rale, afin de rendre ce cours plus in­té­res­sant. De plus, la par­tie dys­fonc­tion­ne­ment de ma­té­riel n’est pas mise en va­leur. » La pra­tique des langues vi­vantes reste un su­jet dé­li­cat. « C’est tou­jours aus­si dif­fi­cile pour les langues étran­gères, confirme Oli­vier Sau­va­geot (En­dress+hau­ser France). Comme le monde s’in­ter­na­tio­na­lise, nous pou­vons tra­vailler avec des clients fran­co­phones, mais aus­si pour des groupes étran­gers, d’où des ca­hiers des charges ré­di­gés en an­glais, par exemple. Nous nous bat­tons à notre ni­veau, mais c’est dé­jà trop tard au ni­veau du BTS CIRA ou des autres for­ma­tions su­pé­rieures. » « Et la maî­trise d’une langue étran­gère peut ou­vrir la porte à des mis­sions à l’étran­ger, voire plus tard des postes plus éle­vés », ren­ché­rit Na­dia Fa­ra (Ve­ga Tech­nique). Forts de cette prise de conscience, les BTS CIRA de l’an­née sco­laire 2017/2018 ont été les pre­miers de la nou­velle mou­ture de la ré­no­va­tion ini­tiée en 2016 pour ré­pondre au mieux aux be­soins des in­dus­triels. C’est ain­si qu’a été in­tro­duit l’an­glais tech­nique. En plus des cours d’an­glais (2 h par se­maine) et de l’en­sei­gne­ment fa­cul­ta­tif d’une langue vi­vante étran­gère 2 (2 h par se­maine) en 1re et 2e an­née, les étu­diants bé­né­fi­cient dé­sor­mais éga­le­ment d’un en­sei­gne­ment scien­ti­fique en an­glais, d’une du­rée heb­do­ma­daire de 1h, du­rant les deux an­nées de la for­ma­tion. Pour Laurent Roy (Ly­cée Re­né Des­cartes), « ce fut une bonne sur­prise pour nous, pro­fes­seurs, car le fait de de­voir cher­cher leurs mots en an­glais pour ex­pli­quer le fonc­tion­ne­ment d’un cap­teur, une norme ou ce qu’ils ont vé­cu en en­tre­prise force les étu­diants à ré­flé­chir, à être plus pé­da­gogues. C’est très for­ma­teur pour les étu­diants. » Si la plu­part des pro­fes­seurs parlent an­glais, ils de­vraient nor­ma­le­ment être dé­ten­teurs d’une cer­ti­fi­ca­tion spé­ci­fique, qui est tou­te­fois longue à ob­te­nir. « Ou alors on se tourne vers le cours de phy­sique pour l’en­sei­gne­ment en an­glais, mais il ne s’agit alors pas d’un en­sei­gne­ment réel­le­ment tech­nique », in­dique Ni­co­las Ca­no (Ly­cée Ju­lesHaag). Au ly­cée Re­né Des­cartes, le choix s’est por­té vers le co-en­sei­gne­ment : le pro­fes­seur de tech­nique et l’en­sei­gnant d’an­glais ap­portent cha­cun quelque chose de dif­fé­rent aux étu­diants. « On parle beau­coup de mettre en place de la trans­ver­sa­li­té dans l’en­sei­gne­ment », rap­pelle Laurent Roy (Ly­cée Re­né Des­cartes).

Ef­fec­tifs en baisse, mais di­plô­més recherchés

Dans un contexte où tous les ac­teurs des fi­lières in­dus­trielles sont confron­tés à des dif­fi­cul­tés de re­cru­te­ment, par manque de vo­ca­tion pour le tech­nique de la part des jeunes, les éta­blis­se­ments d’en­sei­gne­ment, à cause d’une pé­nu­rie de profils com­pé­tents, pour les en­tre­prises, les ly­cées, Gre­ta et autres or­ga­nismes pro­po­sant un BTS CIRA, ne dé­rogent pas à la règle. « Nous avons en ef­fet du mal à rem­plir notre sec­tion BTS CIRA, même si nous consta­tons ac­tuel­le­ment une lé­gère hausse des de­mandes. Mais de­puis 25 ans, le re­cru­te­ment est glo­ba­le­ment en baisse, sans ou­blier les fer­me­tures de sec­tions », re­grette Ni­co­las Ca­no (Ly­cée Ju­lesHaag), qui pointe une autre dif­fi­cul­té. L’édu­ca­tion na­tio­nale oblige les ly­cées à re­cru­ter en pre­mier lieu en Bac pro, mais des profils is­sus de ter­mi­nale S ou même de 1re an­née d’uni­ver­si­té, où tout le monde veut al­ler sans ga­ran­tie de réus­site, sont tout au­tant ap­pré­ciés, à l’ins­tar des bac­ca­lau­réats tech­no­lo­giques. Se­lon le site in­ter­net de notre confrère L’étu­diant, l’ori­gine des ad­mis pour la promotion 2017 se ré­par­tit de la ma­nière sui­vante: 28,9% bac STI2D (Sciences et tech­no­lo­gies de l’in­dus­trie et du dé­ve­lop­pe­ment du­rable), 18,3% Bac pro, 15,4 % bac STL (Sciences et tech­no­lo­gies de la­bo­ra­toire), 11,1 % bac S, 2,4 % bac STMG (Sciences et tech­no­lo­gies du ma­na­ge­ment et de la ges­tion) et 23,8% Autres. « Non seule­ment on ne pré­pare pas les jeunes aux fu­turs mé­tiers, mais leurs pa­rents font aus­si des choix sur des idées pas­sées (image de l’ou­vrier avec sa tenue pleine de cam­bouis). Il faut donc re­do­rer le bla­son des mé­tiers tech­niques », constate Oli­vier Sau­va­geot (En­dress+hau­ser France). Ce que confirme Na­dia Fa­ra (Ve­ga­tech­nique), en pré­ci­sant qu’« avec l’au­to­ma­ti­sa­tion, la pé­ni­bi­li­té a au­jourd’hui bien chan­gé par rap- port à il y a une ving­taine d’an­nées, et on peut dé­sor­mais pro­gram­mer en sans-fil les trans­met­teurs via une ta­blette nu­mé­rique ». Pour les jeunes qui se lancent dans un BTS CIRA, leur ave­nir est as­su­ré, et ils peuvent même faire de belles car­rières. « Il y a une de­mande énorme de la part des in­dus­triels (chi­mie, pé­trole, trai­te­ment de l’eau, chauf­fage ur­bain…). Ils viennent faire leur mar­ché, même lors des exa­mens », in­dique Ni­co­las Ca­no (Ly­cée Jules-haag). La ten­dance de ces der­nières an­nées est l’aug­men­ta­tion du nombre de di­plô­més de BTS CIRA, entre un tiers et la moi­tié d’une promotion, qui pour­suivent leurs études en écoles d’in­gé­nieurs, en classes pré­pa­ra­toires aux grandes écoles ou en li­cence pro. Dans ce cas, il s’agit de se spé­cia­li­ser en ins­tru­men­ta­tion ou en au­to­ma­tismes, ou alors d’être « tes­tés » par l’en­tre­prise (lorsque les di­plô­més sont en al­ter­nance).

Pour être au plus près de la réa­li­té du ter­rain, les BTS CIRA ont mis en place, de­puis l’an­née sco­laire pré­cé­dente, le mo­dule Pro­jet tech­nique ou peuvent faire ap­pel à des in­ter­ve­nants ex­ternes ve­nant de fa­bri­cants d’équi­pe­ments de pro­cess.

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