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Micro Pratique - - SOMMAIRE - Ro­bert C.

Ma ques­tion concerne les disques durs ac­tuels de ca­pa­ci­tés al­lant de 1 à 4 To. Tout va bien tant que le disque ne pré­sente pas d’en­nui, mais quand il faut dé­pan­ner ou ré­or­ga­ni­ser le disque, les ques­tions se posent sur la du­rée pré­vi­sible des opé­ra­tions. Sur un disque de 1 té­ra­oc­tet de mon no­te­book Com­paq Com­paq 15, j’ai lan­cé une dé­frag­men­ta­tion via le lo­gi­ciel O&ode­frag qui m’an­nonce 4 jours et 12 heures pour l’opé­ra­tion ! J’ai donc ar­rê­té et pour pas­ser au pro­gramme De­fra­gler qui pré­voyait, lui, 24 heures ! J’ai lais­sé ce pro­gramme tra­vailler et il a ter­mi­né en quelques heures seu­le­ment. Je me pose la ques­tion de sa­voir pour­quoi an­non­cer de telles pré­vi­sions si fausses ? Il est vrai qu’avec de telles ca­pa­ci­tés, la main­te­nance com­mence à être pro­blé­ma­tique. Est-ce que la co­pie bru­tale (avec ré­pa­ra­tion des élé­ments fau­tifs) sur un autre sup­port ne se­rait pas une meilleure mé­thode que d’exa­mi­ner sec­teur par sec­teur un disque dur de grosse ca­pa­ci­té ? Échau­dé par la perte d’un SSD pour l’avoir trop dé­frag­men­té, je vou­drais sa­voir com­ment ache­ter sur In­ter­net des SSD qui sont uti­li­sés dans des ser­veurs dont on at­tend une fia­bi­li­té exem­plaire. Pour le mo­ment, les re­ven­deurs connus ne com­mu­niquent pas sur ces SSD pro­fes­sion­nels. C’est donc l’ob­jet de ma ques­tion. Mer­ci pour vos ré­ponses.

RÉ­PONSE

Pour ré­pondre à votre ques­tion et, sans vou­loir in­sis­ter sur une mau­vaise pra­tique de votre part : on ne doit pas dé­frag­men­ter un SSD, c’est non seu­le­ment to­ta­le­ment in­utile, mais sur­tout dan­ge­reux pour ce type de pro­duit ! Donc on ne dé­frag­mente pas un SSD, sauf à vou­loir perdre en per­for­mances et en chan­ger ré­gu­liè­re­ment ! La fia­bi­li­té des SSD, en 2018, est très loin des pre­miers mo­dèles. Si vous pre­nez par exemple la gé­né­ra­tion 2017 du WD Black NVMe, ver­sion pré­cé­dente de celle tes­tée dans nos pages, sa ca­pa­ci­té d’écri­ture maxi­male an­non­cée est de 160 To soit, sur les 5 ans de ga­ran­tie, 80 Go d’écri­ture par jour… Et en­core, on parle ici d’une va­leur théo­rique, sa­chant qu’en prin­cipe un construc­teur met toutes les chances de son cô­té en an­non­çant une va­leur in­fé­rieure à la celle ob­te­nue lors des tests. Tous les SSD du mar­ché, uti­li­sés cor­rec­te­ment, vous don­ne­ront as­su­ré­ment sa­tis­fac­tion. Pour ce qui concerne la co­pie, ef­fec­ti­ve­ment co­pier les don­nées d’un disque « frag­men­té » vers un disque vierge, de­vrait en théo­rie faire bais­ser le taux de frag­men­ta­tion. Mais ce­la reste sans ga­ran­tie. Pour­quoi la du­rée théo­rique d’une opé­ra­tion sur un disque peut-elle va­rier lors d’une opé­ra­tion, va­ria­tion qui peut al­lon­ger ou rac­cour­cir le temps af­fi­ché ? Les rai­sons sont mul­tiples, mais on peut en faire une liste ra­pide : l’uti­li­sa­tion de la ma­chine, puisque la dé­frag­men­ta­tion se fe­ra tou­jours plus fa­ci­le­ment sur un disque non sou­mis à une sol­li­ci­ta­tion (antivirus, sys­tème d’ex­ploi­ta­tion, etc.). Autre va­riable pos­sible, le taux d’oc­cu­pa­tion d’un disque, car pour pou­voir ré­or­don­ner des don­nées, il faut pou­voir les sto­cker d’un cô­té et, pour pou­voir les ré­ins­crire dans l’ordre à un autre em­pla­ce­ment, si la place vient à man­quer, l’opé­ra­tion va prendre en­core plus de temps. Après, vous ci­tez deux lo­gi­ciels, et il est pos­sible qu’ils ne tra­vaillent pas sur les mêmes bases et prin­cipes. Un peu comme nous : pour une même tâche, deux in­di­vi­dus peuvent mettre plus ou moins de temps à la réa­li­ser. Reste pour le La­bo, comme pour la ré­dac­tion, une ques­tion im­por­tante : pour­quoi faites-vous grand cas de la dé­frag­men­ta­tion de votre or­di­na­teur ? En ef­fet, de­puis l’usage du NTFS comme sys­tème de fi­chiers, tous les spé­cia­listes s’ac­cordent pour le dire : la dé­frag­men­ta­tion n’a plus au­cun in­té­rêt, sauf dans des do­maines très poin­tus, comme la pro­duc­tion vi­déo en très haute dé­fi­ni­tion type 4K. Entre l’or­ga­ni­sa­tion des fi­chiers, les mé­moires tam­pons des disques durs et la ges­tion mé­moire, la dé­frag­men­ta­tion n’a pas de sens, sauf à faire tra­vailler plus que de rai­son un disque dur et donc en rac­cour­cir la du­rée de vie. Certes, la fonc­tion existe en­core sous Win­dows ou chez des édi­teurs de lo­gi­ciels, mais le pseu­do gain de per­for­mances face au temps per­du et à l’éner­gie consom­mée n’a que peu de sens. Pour fi­nir, la dé­frag­men­ta­tion aus­si par­faite soit-elle ne dure pas dans le temps. Ima­gi­nez que vous ran­giez pro­pre­ment une bi­blio­thèque, puis qu’une troupe d’ados viennent se ser­vir et éven­tuel­le­ment re­po­ser les livres après lec­ture. Sans au­cun doute, votre ran­ge­ment par­fait ini­tial au­ra vé­cu. Et bien, la dé­frag­men­ta­tion c’est pa­reil ! Si votre disque est par­fai­te­ment ran­gé, il suf­fit que votre or­di­na­teur dé­marre pour que Win­dows se crée un fi­chier d’échange, ac­cède à ses jour­naux de dé­mar­rage et, dé­jà, rien n’est plus en place.

Dé­frag­men­ter un SSD ne sert à rien, au contraire, ce­la peut même rac­cour­cir la du­rée de vie du pro­duit.

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