Fal­con 7X pour X-Plane

Une pé­pite à dé­gus­ter sans mo­dé­ra­tion

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - par Vé­ro­nique Rey­nier

L’avion d’af­faires fran­çais em­blé­ma­tique du sa­voir-faire de Das­sault est un rêve pour de nom­breux pi­lotes. Sa ver­sion pour X-Plane est gra­tuite mais lar­ge­ment au ni­veau d’un pay­ware, les ama­teurs ne s’y sont pas trom­pés en té­lé­char­geant avec en­thou­siasme dès sa sor­tie.

Der­nier ava­tar d’une li­gnée consa­crée au Fal­con 7 de­puis la ver­sion 8 de X-Plane, l’add-on d’Af­ter n’est of­fi­ciel­le­ment com­pa­tible qu’avec les ver­sions 10.xx du si­mu­la­teur. Ce­pen­dant, de nom­breux com­men­taires sur sa page de té­lé­char­ge­ment in­diquent qu’il tourne sans sou­ci dans la ver- sion 11, moyen­nant ou non un pas­sage par le conver­tis­seur d’ap­pa­reils. À vous de voir donc, sans risque puisque sans bourse dé­lier !

Pour ceux qui ne le connaî­traient pas en­core, l’avion est un tri­réac­teurs (trois Pratt & Whit­ney Ca­na­da 307A de 6 400 lbs de pous­sée cha­cun) qui peut em­por­ter jus­qu’à huit pas­sa­gers en plus de l’équi­page, à une vi­tesse maxi­male (MMO) de Mach 0,9 et une al­ti­tude maxi­male dé­mon­trée de 51 000 ft. Il vient de fê­ter le dixième an­ni­ver­saire de sa cer­ti­fi­ca­tion (2007), c’est donc un mo­dèle très ré­cent qui bé­né­fi­cie des der­nières in­no­va­tions tech­no­lo­giques tant sur le plan du com­por­te­ment en vol qu’au ni­veau de l’équi­pe­ment du cock­pit. Du reste,

c’est le pre­mier avion d’af­faires au monde à dis­po­ser de com­mandes élec­triques.

Le fi­chier à té­lé­char­ger, d’un peu plus de 58 Mo, se trouve dans la sec­tion « Hea­vy Me­tal » du site XP­lane.org. Une fois le ZIP dé­com­pres­sé, il suf­fit de faire glis­ser son conte­nu dans le ré­per­toire cor­res­pon­dant sur votre PC ou Mac. Son faible en­com­bre­ment ne si­gni­fie pas équi­pe­ment mi­ni­mal, mais s’ex­plique par la pré­sence d’une seule li­vrée et d’un mo­dèle 3D ex­té­rieur un peu fruste. L’es­sen­tiel ici ré­side dans les sys­tèmes de vol.

Prière de res­ter dans le cock­pit

Heu­reu­se­ment, le Fal­con 7X a des lignes tel­le­ment pures qu’il reste es­thé­tique même sans uti­li­ser toutes les pos­si­bi­li­tés gra­phiques des der­nières ver­sions de X-Plane. Si le mo­dèle 3D est res­té ce­lui de la ver­sion 9, il ne dé­pare pas les han­gars de la ver­sion 10. L’unique li­vrée est blanche avec un dra­peau tri­co­lore sur l’ar­rière du fu­se­lage et la dérive. Cu­rieu­se­ment, il n’est pas pos­sible d’in­té­grer des li­vrées per­son­na­li­sées sup­plé­men­taires, un aver­tis­se­ment de l’au­teur in­di­quant qu’au­cune mo­di­fi­ca­tion ou ajout, même à ce ni­veau, n’est au­to­ri­sé.

Il est évident, même s’il reste agréable à re­gar­der de l’ex­té­rieur, que cet add-on est fait pour être uti­li­sé dans son cock­pit vir­tuel et pour ses sys­tèmes de pi­lo­tage. Il y a de quoi s’oc­cu­per ! Pre­mière bonne note : la qua­li­té des écrans est ex­cel­lente et, même si les in­di­ca­tions sont très nom­breuses sur cha­cun d’entre eux, tout reste par­fai­te­ment li­sible. Mais ap­pri­voi­ser ce cock­pit de­mande quelques ef­forts, la lo­gique étant quelque peu dif­fé­rente de celle des Air­bus et Boeing.

L’au­teur a donc fait un ef­fort, d’au­tant plus louable qu’il s’agit d’un mo­dule gra­tuit, en four­nis­sant une do­cu­men­ta­tion très riche et, ce­rise sur le gâ­teau, par­tiel­le­ment en fran­çais. La pré­sence d’un tu­to­riel ba­sé sur un vol com­plet entre Ro­dez et Mar­seille Pro­vence, même s’il est en an­glais, est un vrai plus car il per­met une prise en main des sys­tèmes sans prise de tête. Ce type de do­cu­ment est dé­jà rare dans les pay­wares, alors dans un free­ware, mer­ci pour le ca­deau. Cer­tains édi­teurs payants pour­raient s’en ins­pi­rer !

Pla­ni­fier son vol

Même si l’ap­pa­reil peut être mis en oeuvre ré­ac­teurs tour­nant et ali­gné sur la piste, sa lo­gique est celle d’un li­ner, avec une pro­gram­ma­tion dé­taillée du vol qui est en­suite lar­ge­ment au­to­ma­ti­sé, à l’ins­tar de ce que nous avons pré­sen­té dans les pra­tiques sur l’A320 et le B777. Il est très re­com­man­dé, comme souvent dans X-Plane, d’uti­li­ser un lo­gi­ciel ex­terne pour pré­pa­rer son fi­chier .FMS, qui peut être char­gé d’un clic de sou­ris lors de la pré­pa­ra­tion du vol pro­pre­ment dite. Une fois fa­mi­lia­ri­sé avec les nom­breux équi­pe­ments de bord, une des­crip­tion spé­ci­fique du dé­mar­rage cold and dark vous per­met­tra de dé­bu­ter votre vol au par­king.

Vé­ri­fiez bien les moyens ra­dio­nav uti­li­sés. En ef­fet, du­rant nos tests, les fré­quences n’étaient pas mises à jour au­to­ma­ti­que­ment au char­ge­ment du plan de vol, il a fal­lu les mo­di­fier ma­nuel­le­ment sur l’écran prin­ci­pal. Mais il est aus­si pos­sible même avant le dé­col­lage de pré­ci­ser aux sys­tèmes qu’ils doivent suivre les in­di­ca­tions du FMS et non des ba­lises ra­dio­nav, ce qui ré­sout aus­si le pro­blème.

De nom­breux sys­tèmes de vol sont mo­dé­li­sés et c’est là que ré­side l’es­sen­tiel du plai­sir of­fert par cet add-on. Il est ain­si ca­pable de cal­cu­ler la quan­ti­té de car­bu­rant à em­bar­quer, les vi­tesses ca­rac­té­ris­tiques, le plan de mon­tée et de des­cente, la pous­sée né­ces­saire dans toutes les phases de vol – mode au­to­ma­nette ef­fi­cace – of­frant ain­si des sen­sa­tions très proches de la réa­li­té. Sans être aus­si dé­taillé que le Fal­con 7 de Wil­co pour FS/P3D pré­sen­té dans le nu­mé­ro 264, il offre un ex­cellent ni­veau d’im­mer­sion dans tout ce qui fait l’ori­gi­na­li­té de l’ap­pa­reil.

Comme son équi­valent FS/P3D et sur­tout comme l’ap­pa­reil réel, le Fal­con 7X pour X-Plane est très riche en fonc­tions et il est souvent dif­fi­cile de dé­ter­mi­ner sur quel écran et dans quel mode réa­li­ser telle ou telle opé­ra­tion. Il est donc plus que re­com­man­dé de suivre le tu­to­riel dans son in­té­gra­li­té avant de se lan­cer dans ses propres vols.

À suivre pas à pas

En ef­fet, les ex­pli­ca­tions par­ti­cu­liè­re­ment claires et ac­ces­sibles même avec un ni­veau d’an­glais très li­mi­té de ce tu­to­riel rendent ra­pi­de­ment in­tel­li­gibles tous les écrans du Fal­con 7X. Le pa­ra­mé­trage est pré­sen­té en al­lant à l’es­sen­tiel, sans bla-bla, et il ne faut guère plus de cinq mi­nutes pour dé­col­ler. À l’al­ti­tude de 400 ft/sol, le train rentre, puis les vo­lets, le pi­lote au­to­ma­tique avec ses dif­fé­rentes op­tions – mon­tée, au­to­ma­nette, na­vi­ga­tion – est en­clen­ché, l’avion suit la tra­jec­toire pro­gram­mée sur le plan de vol char­gé au dé­part.

À chaque point, le Fal­con 7X se met en vi­rage si né­ces­saire, tout en pour­sui­vant sa mon­tée puis en adop­tant son al­ti­tude de croi­sière. L’oc­ca­sion de re­gar­der tran­quille­ment comment ré­agissent les dif­fé­rents écrans et conti­nuer à se fa­mi­lia­ri­ser avec les op­tions dis­po­nibles. At­ten­tion, le vol est court et, avant d’at­teindre le point LERGA, vous de­vez pré­pa­rer votre avion pour la des­cente.

Les sys­tèmes étant plus sim­pli­fiés que ceux du Fal­con 7X pour FS/P3D, tout en res­tant as­sez dé­taillés pour le plai­sir du vol, le tu­to­riel est ef­fi­cace et fa­ci­le­ment mé­mo­ri­sé, per­met­tant dès le vol sui­vant de se lan­cer sans ren­con­trer de pro­blèmes. Le pi­lote in­ter­mé­diaire peut ain­si pro­fi­ter de son ap­pa­reil. Seul le dé­bu­tant risque de se perdre as­sez ra­pi­de­ment dans les nom­breuses op­tions dis­po­nibles, mais c’est aus­si une oc­ca­sion de pro­gres­ser. Même en vol au­to­ma­tique et en pre­nant le temps de lire chaque des­crip­tion grâce à l’op­tion Pause, le risque est tou­jours avec ce type d’avion de se re­trou­ver dé­bor­dé par la vi­tesse d’en­chaî­ne­ment des opé­ra­tions.

Vol en li­ber­té ?

Lais­sons un peu le Fal­con 7X s’af­fran­chir de ses au­to­ma­tismes pour voir ses ré­ac­tions dans d’autres modes de vol. Tout d’abord un peu de pi­lo­tage au ban­deau su­pé­rieur : lorsque le contrôle vec­to­rise un avion de ce type, il est fré­quent de faire les mo­di­fi­ca­tions de tra­jec­toire et de vi­tesses de­man­dées au pi­lote au­to­ma­tique. Ici au­cun sou­ci, tout chan­ge­ment de cap, de plan ver­ti­cal, de vi­tesse est im­mé­dia­te­ment ré­per­cu­té et les modes s’af­fichent comme il faut sur l’écran prin­ci­pal des pi­lotes.

Rien n’em­pêche par ailleurs de pi­lo­ter ex­clu­si­ve­ment à la main, quelle que soit la phase de vol. Comme sur n’im­porte quel ap­pa­reil, la ro­ta­tion et les quelques pre­miers cent pieds sont gé­rés de cette ma­nière. Le PA peut être en­clen­ché très tôt, à quelques cen­taines de pieds du sol, ou non. Il est re­com­man­dé de conser­ver le di­rec­teur de vol (FD/TD) en­clen­ché, car il donne des conseils sur l’at­ti­tude à prendre sans for­cer le com­por­te­ment. De même pour l’au­to­ma­nette (bou­ton AT) pour gé­rer la vi­tesse. Mais rien n’est obli­ga­toire.

Un peu de ma­nia ? Rien de moins ris­qué, le Fal­con 7X dis­pose d’un mo­dèle de vol « fly-by-wire » qui vous in­ter­dit toute ma­noeuvre ha­sar­deuse. Ten­tez par exemple un vi­rage à grande in­cli­nai­son, il re­fu­se­ra de dé­pas­ser les 60°. Es­sayez de prendre une as­siette de plus de 30° po­si­tive, il vous blo­que­ra vers 32°. Une re­cherche de dé­cro­chage ? Pas de chance, l’as­siette se­ra corrigée au­to­ma­ti­que­ment lorsque la vi­tesse chu­te­ra. Les biz­jets de luxe peuvent ri­va­li­ser avec les li­ners com­mer­ciaux pour la sé­cu­ri­té.

Les ap­proches sont un peu dé­li­cates, dans la me­sure où le Fal­con 7X est ra­pide et fin, donc peu en­clin à dé­cé­lé­rer. Le pla­cer di­rec­te­ment à 10 nm – ne par­lons pas de 3 nm – de sa des­ti­na­tion oblige à le confi­gu­rer très ra­pi­de­ment au risque que les vi­tesses soient su­pé­rieures à celles au­to­ri­sées pour le bra­quage des vo­lets. Le dé­fi n’en se­ra que plus amu­sant pour cer­tains, mais au dé­but il vaut mieux pri­vi­lé­gier un plan de vol court per­met­tant d’ef­fec­tuer toutes les étapes de l’ar­ri­vée sans pré­ci­pi­ta­tion.

Si l’on ex­cepte sa re­pré­sen­ta­tion ex­té­rieure, le Fal­con 7X est digne d’un ex­cellent pay­ware. Comme le pi­lote passe moins de temps à l’ex­té­rieur qu’à l’in­té­rieur de l’avion et que cette réa­li­sa­tion est free­ware, il mé­rite donc tous les éloges de la ré­dac­tion, d’au­tant plus que l’ef­fort de do­cu­men­ta­tion est re­mar­quable. Les échos re­cueillis sur sa com­pa­ti­bi­li­té avec la ver­sion 11 du si­mu­la­teur étant po­si­tifs, nous ne pou­vons qu’in­vi­ter les sim­mers à la tes­ter, s’ils ont fran­chi le pas. Pour ceux qui pré­fèrent pour le mo­ment res­ter en ver­sion 10, c’est ab­so­lu­ment un « must have » !

En croi­sière à 35 000 ft. Un ove­rhead très com­plet. Comme l’A320, le Fal­con 7X se pi­lote avec un mi­ni-manche.

Le « fly-by-wire » bloque l’in­cli­nai­son à un maxi­mum de 60°.

Une belle mo­dé­li­sa­tion du pe­des­tal.

Com­mandes et écrans sont dou­blés à droite. 4:

1: Mon­tée ini­tiale en­core en ma­nuel, il est temps de ren­trer les vo­lets. 2: Tout passe en au­to­ma­tique, comme l’in­dique le ban­deau su­pé­rieur de l’écran de pi­lo­tage. 3: En mon­tée, l’écran de na­vi­ga­tion en mode VOR, vi­rage pour re­joindre le point sui­vant...

Avant le dé­col­lage, vé­ri­fi­ca­tion des pa­ra­mètres cal­cu­lés par les sys­tèmes de l’ap­pa­reil en fonc­tion du plan de vol. Pre­mière ro­ta­tion un peu tar­dive, VR vient d’être pas­sée.

En fi­nale, toutes les traî­nées sor­ties. Pré­pa­ra­tion de la des­cente avant le point LERGA. Les vi­tesses de ré­fé­rence sont cal­cu­lées au­to­ma­ti­que­ment.

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