Spi­rit of Le Mans

En­trez dans la lé­gende !

Micro Simulateur - - SUMMAIRE - par Em­ma­nuel Blanc hard

Re­vivre la lé­gende qui a construit la ré­pu­ta­tion de la course des 24 heures du Mans ou bien se confron­ter aux meilleurs temps des pi­lotes ac­tuels, voi­là ce que pro­pose cette ex­ten­sion bour­rée de che­vaux !

Nous avions dé­jà fait le mois der­nier une bonne place à la course des 24 heures du Mans, peut-être la com­pé­ti­tion automobile la plus mar­quante au monde. L’af­fir­ma­tion peut être dis­pu­tée, mais com­pa­rons aux deux autres courses de ré­fé­rence : celle des 500 miles d’In­dia­na­po­lis est vrai­ment trop ty­pée amé­ri­caine, ne ren­con­trant qu’un écho mo­deste en de­hors des États-Unis, et le GP de Mo­na­co en For­mule 1 perd un peu de sa su­perbe au fil des mo­di­fi­ca­tions de rè­gle­ment édic­tées par la FIA. Dé­fi­ni­ti­ve­ment, l’épreuve man­celle qui compte en par­tie pour le cham­pion­nat du monde d’en­du­rance mais ac­cueille aus­si d’autres par­ti­ci­pants reste le clas­sique in­dé­trô­nable de la course automobile.

Comme nous l’avions ex­pli­qué le mois der­nier, Pro­ject Cars 2 per­met dans une cer­taine me­sure de re­pro­duire les ca­rac­té­ris­tiques de cette épreuve si par­ti­cu­lière. Et comme nous le sou­li­gnions en der­nière mi­nute, l’équipe de Slight­ly Mad Stu­dios avait pu­blié juste avant notre bou­clage une ex­ten­sion jus­te­ment consa­crée au Mans : trop tard pour un test com­plet, et même pour ré­écrire com­plè­te­ment l’ar­ticle pra­tique (ce qui ne por­tait fi­na­le­ment pas trop at­teinte à son conte­nu sur la ges­tion du temps, la mé­téo, les ni­veaux des ad­ver­saires…). Une fois le ma­ga­zine de juillet en­voyé chez l’im­pri­meur avec des mo­di­fi­ca­tions ef­fec­tuées sur le fil, nous avons en­fin eu le temps de nous pen­cher un peu plus lon­gue­ment sur ce mo­dule com­plé­men­taire. Les dé­ve­lop­peurs nous avaient dé­jà ha­bi­tués à ces pe­tits packs com­pre­nant de nou­veaux bo­lides, des pistes sup­plé­men­taires, on se sou­vient de Porsche Le­gend (MS 293) ; la nou­veau­té, in­ti­tu­lée Spi­rit of Le Mans Pack (à tra­duire plu­tôt par « Am­biance Le Mans ») est pro­po­sée au ta­rif de 9,90 eu­ros sur la pla­te­forme Steam (hors pro­mo­tions ponc­tuelles). Mais elle est dé­jà in­té­grée dans le Sea­son Pass, pour les heu­reux pro­prié­taires de Pro­ject Cars 2 qui au­raient fait le choix d’ac­qué­rir

cette op­tion au mo­ment du lan­ce­ment du jeu. Spi­rit of Le Mans (SoLM) com­porte un cir­cuit et neuf bo­lides sup­plé­men­taires cen­sés faire re­vivre les grandes heures de la course de lé­gende. Soyons clairs d’en­trée de jeu : l’am­bi­tion af­fi­chée est un peu sur­éva­luée, mais le conte­nu reste très plai­sant ! À com­men­cer par le cir­cuit…

Tra­cé 1970

Le cir­cuit du Mans pré­sent par dé­faut dans Pro­ject Cars 2 re­prend le tra­cé dit n° 14, tel qu’il était em­ployé pour les 24 heures entre 2007 et 2017 (l’évo­lu­tion 15 de 2018 ne dif­fère que de trois mètres de lon­gueur et par élar­gis­se­ment du vi­rage dit « du kar­ting »). Avec l’add-on, on voyage cin­quante ans dans le pas­sé avec le cir­cuit n° 5 (1968-1971), ce­lui qui fut le théâtre de l’af­fron­te­ment mis en scène pour le my­thique film Le Mans (1971). La mo­dé­li­sa­tion est im­pec­cable, c’est une in­vi­ta­tion à en­vi­sa­ger la course automobile à une époque où la sé­cu­ri­té – au­tant des conduc­teurs que du pu­blic – était une pré­oc­cu­pa­tion se­con­daire… Le tra­cé em­prunte es­sen­tiel­le­ment des por­tions de route « nor­male » : qua­si­ment pas de vi­breur ni de zone de dé­ga­ge­ment, des rem­blais à la place des ac­tuels bacs à sable, mais heu­reu­se­ment des ram­bardes sur presque toute la lon­gueur du tra­cé de 13,4 km. Si cer­tains mor­ceaux de bra­voure du cir­cuit sont dé­jà re­con­nais­sables, d’autres ont bien évo­lué avec le temps. On com­mence par un large vi­rage à droite en mon­tée sous le pneu Dun­lop, pas de chi­cane « La Cha­pelle », tout à fond jus­qu’à des­cendre vers l’équi­valent des Esses de la fo­rêt : un vi­rage brusque à gauche avec gros frei­nage à la clé, pour en­suite une large courbe à droite avant d’ar­ri­ver au tertre rouge. En 1970, c’était presque un vi­rage à angle droit à prendre en 2e, très dif­fé­rent de ce qu’il est au­jourd’hui (on peut ten­ter la 5e en 2018 !). Puis les Hu­nau­dières… Que dire ? Plus de 5 km en qua­si­ligne droite (les deux chi­canes sont ap­pa­rues en 1990), plus d’une mi­nute à plein ré­gime pour at­teindre des vi­tesses dé­mentes – plus de 370 km/h avec la Ferrari 512S à l’as­pi­ra­tion, croyez-nous, 370 km/h

c’est très ra­pide ! Le pe­tit in­flé­chis­se­ment à droite de la « courbe des Hu­nau­dières » ne se fait pas sen­tir dans une voi­ture nor­male à une vi­tesse rai­son­nable, mais dans un pro­to­type ou une GT d’époque, il faut tu­toyer les ac­co­te­ments (sans vi­breur) avec le risque d’une sor­tie de piste aux consé­quences ca­tas­tro­phiques… On ar­rive sur Mul­sanne, en­core un vi­rage à angle droit avec très peu de dé­ga­ge­ment, pour plon­ger dans la longue ligne du golf, au coeur de la fo­rêt (et avec le so­leil dans les yeux au cré­pus­cule). In­dia­na­po­lis et Ar­nage sont les seuls vi­rages qui n’ont qua­si­ment pas chan­gé dans leurs tra­jec­toires et leurs vi­tesses de pas­sage. En­suite on re­monte une longue por­tion de fausse ligne droite : les vi­rages de Porsche à Kar­ting n’exis­taient pas, tout juste deux dé­cro­che­ments im­posent-ils un pe­tit coup de frein pour évi­ter d’être dé­por­té sur la ram­barde, et on ar­rive à la der­nière chi­cane avant la ligne des stands.

Glo­ba­le­ment ce tra­cé n’est pas tech­ni­que­ment com­pli­qué en lui­même, mais il faut re­voir tous les points de frei­nage et les prin­ci­pales tra­jec­toires. De nuit, au­cun éclai­rage ne vient ai­der les pi­lotes, sauf pour la ligne des stands, le Tertre Rouge, Mul­sanne et Ar­nage. Rou­ler à plus de 350 km/h dans le noir, voi­là une autre ex­pé­rience trau­ma­ti­sante ! Mais ce cir­cuit his­to­rique mé­rite presque à lui seul l’achat de l’ex­ten­sion. D’au­tant plus qu’on au­ra des vé­hi­cules adap­tés…

Op­tion vin­tage

Neuf nou­velles voi­tures sont ajou­tées à PC2 avec Spi­rit of Le Mans, et les plus in­té­res­santes de notre point de vue sont les trois mo­dèles des an­nées 1970-1971. Ils sont clas­sés dans la ca­té­go­rie Pro­to­type His­to­rique A (où fi­gu­rait dé­jà la Porsche 917K du Le­gend Pack) et évoquent les vé­hi­cules qui ont mar­qué ces an­nées :

Porsche 917LH : c’est la dé­cli­nai● son Le Mans de la 917K, qui en dif­fère es­sen­tiel­le­ment par une aé­ro­dy­na­mique plus éla­bo­rée (LH pour Long Haul, coque ral­lon­gée). Une 917 LH a ter­mi­né à la deuxième place en 1970, der­rière une 917K ! La fiche tech­nique de PC2 fait men­tion d’une vi­tesse maxi­male de 396 km/h, dans les faits on par­vient

plu­tôt à 370 (dé­jà pas mal !). Elle freine mieux que ses concur­rentes de même classe et af­fiche une meilleure te­nue de route (re­la­tive).

Ferrari 512S : concur­rente mal­heu● reuse en 1970 (à la qua­trième place, la pire !), elle dé­rive de la sé­rie des pro­to­types de com­pé­ti­tion du construc­teur ita­lien. Dans les Hu­nau­dières à l’as­pi­ra­tion, elle tu­toie les 350 km/h, mais tout frei­nage doit être an­ti­ci­pé et le moindre mou­ve­ment brusque de vo­lant pro­voque des glis­sades pas tou­jours rat­tra­pables…

Ferrari 512M : eh oui, les M sont ● ar­ri­vées après les S ! Ver­sions al­lé­gées et avec un pro­fil plus fin, les 512M sont moins ra­pides que les S mais ont une meilleure te­nue de route, no­tam­ment dans les courbes ra­pides, et pré­sentent une ac­cé­lé­ra­tion plus franche. En re­vanche, cô­té frei­nage, c’est loin d’être l’idéal !

Ces trois voi­tures his­to­riques, mal­gré des com­por­te­ments et des per­for­mances propres à cha­cune, pré­sentent des si­mi­la­ri­tés. Tout d’abord, le frei­nage doit être re­vu, non seule­ment dans les points de tra­jec­toire, mais aus­si sur la tech­nique d’ac­tion sur la pé­dale. Pas d’ABS ou de contrôle de tra­jec­toire en 1970, il faut ap­puyer dou­ce­ment pour d’abord ra­len­tir et ré­tro­gra­der, avant d’at­ta­quer fran­che­ment. Sans quoi c’est le blo­cage des roues et la perte d’adhé­rence ga­ran­tie. Tout est à re­voir pour cou­rir his­to­rique ! Ajou­tons qu’au­cune de ces voi­tures n’ac­cepte de pneus pluie, en cas de mé­téo ca­pri­cieuse la course peut de­ve­nir in­fer­nale.

Am­biance 80

Les deux voi­tures sui­vantes sortent de la dé­cen­nie 1980. Et bi­zar­re­ment, elles au­raient pu faire par­tie du Porsche Le­gend Pack plu­tôt que de cette li­vrai­son Le Mans :

Porsche 924 Car­re­ra GT : sixième au ● gé­né­ral en 1980, elle ter­mi­na on­zième en 1981 mais pre­mière de la ca­té­go­rie GTO. Dans Pro­ject Cars 2, elle est clas­sée dans la ca­té­go­rie Groupe 4, avec comme seule concur­rente di­recte la BMW M1 Pro ; las, cette der­nière est bien plus ra­pide sur le cir­cuit Le Mans Re­tro, avec dix se­condes de moins au tour ! Agréable et dé­pour­vue de vice ma­jeur, la 924 est in­té­res­sante en mul­ti­classe (contre les Groupe 5 et 6) à condi­tion de sa­voir se pas­ser des aides élec­tro­niques – époque oblige – et en choi­sis­sant une stra­té­gie de course qui pal­lie­ra ses per­for­mances moindres que celles des ad­ver­saires.

Porsche 961 : la bête ! Ver­sion de ● com­pé­ti­tion de la su­per­car 959, la 961 a par­ti­ci­pé aux courses du Mans en 1986 (pre­mière place en ca­té­go­rie GTX, sep­tième au gé­né­ral) et 1987 (aban­don). Dans PC2, elle est af­fec­tée à la ca­té­go­rie GTO, au­près des Ferrari F40 LM, Lam­bor­ghi­ni Dia­blo et Nis­san 300 ZX ; le contexte his­to­rique n’est pas res­pec­té à la lettre, mais face à ces concur­rentes la 961 s’en sort plu­tôt bien. Ner­veuse avec une ac­cé­lé­ra­tion très li­néaire (pas comme la 959 « ci­vile » de PC2) et ra­pide, elle souffre juste d’un frei­nage un peu en re­trait et d’un com­por­te­ment sous-vi­reur.

Pour sym­pa­thiques que soient ces deux bo­lides, ils ne sont pas les fi­gures les plus mar­quantes de la dé­cen­nie 80 (la ca­té­go­rie C1 de PC2 est plus re­pré­sen­ta­tive à ce titre). De plus, pour en pro­fi­ter plei­ne­ment, il fau­drait un cir­cuit

adap­té : Le Mans Re­tro est un peu trop an­cien, et la ver­sion 2007 trop ré­cente… Mais rien n’em­pêche de cou­rir des manches d’en­du­rance sur d’autres cir­cuits de PC2 qui eux n’ont guère évo­lué de­puis trente ans : Spa, Mon­za, Imo­la…

Der­niers ar­ri­vés

Les quatre der­nières voi­tures du pack inau­gurent une nou­velle ca­té­go­rie : LMP2016, soit les trois pro­to­types LMP1 ayant par­ti­ci­pé à la course en 2016 et une dé­cli­nai­son par­ti­cu­lière de l’une d’elles. Ces bo­lides donnent un pe­tit coup de vieux aux LMP1 de 2014 par dé­faut, sans que les per­for­mances grimpent en flèche pour au­tant. La prin­ci­pale ca­rac­té­ris­tique est la prise en compte du sys­tème d’aide à l’ac­cé­lé­ra­tion (KERS) à contrôle ma­nuel. Pour les LMP1 pré­cé­dentes, le KERS dé­li­vrait son sur­plus de puis­sance de ma­nière au­to­ma­tique à chaque ac­cé­lé­ra­tion, jus­qu’à épui­se­ment des bat­te­ries qui se re­char­geaient au frei­nage sui­vant. Pour les LMP2016, il faut dé­sor­mais af­fec­ter un bou­ton de com­mande à cette fonc­tion et dé­clen­cher soi-même son fonc­tion­ne­ment. On peut ain­si pri­vi­lé­gier le KERS pour cer­tains seg­ments ou pour dou­bler une voi­ture en sa­chant que son uti­li­sa­tion est li­mi­tée pour chaque tour. La stra­té­gie de course s’af­fine ! Les quatre nou­velles voi­tures sont les sui­vantes :

Au­di R18 e-Tron Fu­ji : elle n’a pas ● par­ti­ci­pé aux 24 heures du Mans, c’était l’un des deux exem­plaires de R18 en­ga­gés dans le cham­pion­nat du monde d’en­du­rance. Elle offre néan­mois de très bonnes per­for­mances.

Au­di R18 e-Tron LM : elle se ● dé­marque du mo­dèle du cham­pion­nat par une aé­ro­dy­na­mique mo­di­fiée à l’avant et des rap­ports de boîte plus longs en stan­dard. De fait elle ob­tient une vi­tesse de pointe plus éle­vée (pra­tique pour les Hu­nau­dières). C’est avec elle que nous avons ob­te­nu les meilleurs temps sur le tra­cé du Mans !

Porsche 919 Hy­brid : ga­gnante de ● l’édi­tion 2016, elle pré­sente des per­for­mances un peu plus mo­destes que les trois autres LMP2016, no­tam­ment à cause d’une te­nue de route un peu plus dé­li­cate et un éta­ge­ment de boîte 7 rap­ports qui mé­rite d’être op­ti­mi­sé à la main.

Toyo­ta TS050 : la concur­rente mal● heu­reuse de 2016, qui tom­ba en panne à 4 mi­nutes de la fin de la course de­vant la ligne des stands… Dom­mage, car elle est très stable, agréable à conduire, même si sa con­som­ma­tion est la plus éle­vée du qua­tuor (d’où plus de temps pas­sé aux stands).

Le plus im­pres­sion­nant avec ce pack com­plet est qu’il per­met de sai­sir l’évo­lu­tion des vé­hi­cules du­rant les cin­quante der­nières an­nées. Les LMP2016 sont moins ra­pides que les pro­to­types de 1970, en­vi­ron 325 km/h en pointe contre par­fois plus de 375. Mais pour le frei­nage ou le pas­sage en courbe à haute vi­tesse, c’est le jour et la nuit ! C’est d’ailleurs un exer­cice éton­nant que de pa­na­cher les ca­té­go­ries : les LMP2016 se font dé­pas­ser al­lè­gre­ment dans les Hu­nau­dières, mais en­chaînent les vi­rages S de Porsche ou la courbe Dun­lop pied au plan­cher.

La conclu­sion de ce test com­plet est que mal­gré quelques in­co­hé­rences dans les choix des voi­tures et les af­fec­ta­tions dans les ca­té­go­ries propres à PC2, cette ex­ten­sion consa­crée au Mans est de­ve­nue in­con­tour­nable dès le jour de sa sor­tie. Les GT et l’en­du­rance sont les dis­ci­plines pri­vi­lé­giées en com­pé­ti­tion dans le si­mu­la­teur, loin de­vant le ral­lye, les mo­no­places ou les rou­tières spor­tives… Alors pour moins de 10 eu­ros, Spi­rit of Le Mans per­met de tu­toyer la lé­gende du cir­cuit sar­thois, de voya­ger dans le temps, et de faire le plein de sen­sa­tions. Que de­man­der de plus ?

340 km/h en 917LH dans la longue ligne des Hu­nau­dières, et l’im­pres­sion de conduire en 16/9.

So­leil de face en 924 GT. Les « mo­destes » 924 GT, en queue de pe­lo­ton, ne par­viennent à ri­va­li­ser avec les autres voi­tures du Groupe 4.

À près de 360 km/h dans les Hu­nau­dières, la 512S prend l’avan­tage sur une 917K.

Les R18 en tête au dé­part pour les six heures de Fu­ji : les LMP2016 ne sont pas can­ton­nées qu’au Mans ! Les LMP2016 (ici la TS050) ont toutes un pe­tit mo­ni­teur vi­déo en guise de ré­tro­vi­seur.

La Porsche 961 par­vient à ri­va­li­ser avec la F40 LM.

Presque cin­quante ans sé­parent la clas­sique 917LH de la mo­derne 919 Hy­brid.

Le vi­rage de Mul­sanne en 1970 : pas de dé­ga­ge­ment ni de vi­breur.

Dans la R18 de nuit, am­biance sapin de Noël !

La Toyo­ta TS050, concur­rente mal­heu­reuse en 2016.

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