P3D v4 vs. X-Plane 11

Il faut se rendre à l’évi­dence : le vé­né­rable Flight Si­mu­la­tor X a at­teint les li­mites de ses ca­pa­ci­tés et n’évo­lue­ra plus. L’ave­nir de la si­mu­la­tion de vol im­pose donc le pas­sage à un autre lo­gi­ciel. Si deux pré­ten­dants se dé­marquent, le­quel choi­sir ? Vo

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - par­la ré­dac­tion de Mi­cro Si­mu­la­teur

Après douze ans de (plus ou moins) bons et loyaux ser­vices, FS X touche à ses li­mites. Il faut se rendre à l’évi­dence : le lo­gi­ciel qui fut le si­mu­la­teur de vol de ré­fé­rence ac­cuse son âge. Car il s’en est pas­sé des choses de­puis l a pa­ru­tion ini­tiale de FS X en sep­tembre 2006 ! Les sys­tèmes d’ex­ploi­ta­tion ont évo­lué, Win­dows XP qui était la norme alors a lais­sé place à Win­dows Vis­ta, puis 7, puis pas­sage éclair d’un 8 to­ta­le­ment in­adap­té, un Win­dows 9 mort-né et dé­sor­mais Win­dows 10 plé­bis­ci­té par les uti­li­sa­teurs ; l a ré­vo­lu­tion Di­rectX10 an­non­cée s’est fi­na­le­ment ré­vé­lée plus un coup mar­ke­ting au lan­ce­ment de FS X et dé­sor­mais DX11 pour­suit son bon­homme de che­min ; l’ac­cès à In­ter­net haut dé­bit est de­ve­nu in­con­tour­nable, voire indispensable. Les ma­té­riels et lo­gi­ciels ex­ploi­tant le 64 bits (tech­no­lo­gie qui per­met à Win­dows de pro­fi­ter de plus de 4 Go de mé­moire vive) offrent de nou­velles pers­pec­tives en termes de cal­cul et de ren­du gra­phique. La « Réa­li­té vir­tuelle » et ses casques im­mer­sifs en­va­hissent le pay­sage vi­déo­lu­dique… Bref, par­don­nez-nous le lieu com­mun, mais douze ans en in­for­ma­tique, c’est un chan­ge­ment d’ère géo­lo­gique !

Dans ces condi­tions, il n’y a rien de désho­no­rant à pro­cla­mer que FS X est un peu dé­pas­sé. Et ce mal­gré ses nom­breuses qua­li­tés, sur­tout de­puis la pu­bli­ca­tion de son Ser­vice Pack 2 (ou de l’ex­ten­sion Ac­ce­le­ra­tion Pack). Quoi qu’on ait pu dire de mé­chant lors de sa sor­tie ini­tiale, il s’est fi­na­le­ment im­po­sé comme la ré­fé­rence en ma­tière de si­mu­la­tion de vol ci­vile gé­né­ra­liste. La liste des ex­ten­sions pu­bliées couvre qua­si­ment tous

les ap­pa­reils exis­tants et ayant exis­té, des des­ti­na­tions des plus po­pu­laires aux plus exo­tiques, des ou­tils de pla­ni­fi­ca­tion qui n’ont rien à en­vier aux lo­gi­ciels em­ployés par les pro­fes­sion­nels de l’avia­tion réelle… Seule­ment voi­là : après toutes ces an­nées, FS X n’évo­lue­ra plus. Les stu­dios en charge du dé­ve­lop­pe­ment de si­mu­la­tion de vol ont été fer­més par Mi­cro­soft, la li­cence FS a été re­ven­due au bri­tan­nique Do­ve­tail Games ; si le lo­gi­ciel est en­core dis­po­nible à la vente (en an­glais) sur la pla­te­forme de té­lé­char­ge­ment Steam, c’est presque un té­moi­gnage du pas­sé. La meilleure preuve du dé­clin de FS X est la dis­pa­ri­tion pro­gres­sive d’ex­ten­sions qui lui sont en­tiè­re­ment consa­crées dans les ca­ta­logues des spé­cia­listes du genre. En ré­su­mé : FS X tourne tou­jours, mais pour de vraies nou­veau­tés et des amé­lio­ra­tions tech­niques, il faut cher­cher ailleurs.

Suc­ces­seurs ?

Il y a vingt-cinq ans (douce nos­tal­gie !), la si­mu­la­tion de vol en­va­his­sait les rayon­nages des re­ven­deurs in­for­ma­tiques : la fa­mille FS, Sier­ra Pro Pi­lot, Flight Un­li­mi­ted, dé­jà le pre­mier X-Plane, sans comp­ter les lo­gi­ciels consa­crés à un seul ap­pa­reil ou à d’autres do­maines spé­ci­fiques (pla­neurs, hé­li­co­ptères, ap­pa­reils mi­li­taires). Mal­heu­reu­se­ment, en cette fin 2018, seule­ment deux si­mu­la­teurs pro­posent peu ou prou les élé­ments qui ont fait la force de FS X : une grande po­ly­va­lence, un ac­cès sim­pli­fié pour dé­bu­ter, une re­pro­duc­tion en stan­dard du monde en­tier et une bi­blio­thèque im­po­sante d’ex­ten­sions de tous types – aé­ro­nefs, dé­cors, uti­li­taires. D’un cô­té du ring, X-Plane 11 qui a su ti­rer les le­çons de sa place de chal­len­ger du­rant des an­nées, et s’est bo­ni­fié avec le temps tout en s’ac­com­pa­gnant d’une in­ter­face plus agréable pour les uti­li­sa­teurs. En face, Pre­parED plus connu sous son so­bri­quet de P3D, est is­su des la­bo­ra­toires de dé­ve­lop­pe­ment de l’avion­neur amé­ri­cain Lock­heed Mar­tin et se pré­sente comme une ver­sion très amé­lio­rée de FS X, sur­tout de­puis sa ver­sion 4 qui gère dé­sor­mais les com­po­sants et sys­tèmes d’ex­ploi­ta­tion 64 bits et per­met ain­si de pro­fi­ter de plus de puis­sance et de mé­moire. Seuls sou­cis : son in­ter­face est uni­que­ment en an­glais, et il n’est pas ven­du comme un si­mu­la­teur de vol grand pu­blic, suite à des ar­gu­ties lé­gales pour au­to­ri­ser l’ex­ploi­ta­tion du code source de FS X. C’est of­fi­ciel­le­ment un ou­til d’ap­pren­tis­sage et de dé­ve­lop­pe­ment, avec quelques res­tric­tions d’uti­li­sa­tion (sur les­quelles re­vien­dra la par­tie consa­crée à P3D).

L’ave­nir de la si­mu­la­tion pas­se­ra donc for­cé­ment par l’un de ces deux lo­gi­ciels. Nous lais­sons vo­lon­tai­re­ment de cô­té Aerofly FS2 ; mal­gré d’in­dé­niables qua­li­tés et un in­té­rêt mé­ri­té de la part de tous les pi­lotes vir­tuels, il reste trop li­mi­té en termes de réa­lisme des si­tua­tions et des des­ti­na­tions et oc­cupe une niche dif­fé­rente ; ou­blions aus­si la mal­heu­reuse ten­ta­tive de Do­ve­tail Games avec Flight Sim World, ar­rê­tée en cours de dé­ve­lop­pe­ment alors que le ré­sul­tat fi­nal s’an­non­çait pro­met­teur. Tout juste au­rons-nous une pen­sée pour Flight Gear, le si­mu­la­teur de vol dis­tri­bué en Open Source : lui aus­si pos­sède de nom­breuses qua­li­tés (la gra­tui­té es­sen­tiel­le­ment) mais la mise en oeuvre pour un grand dé­bu­tant en pi­lo­tage et/ou en in­for­ma­tique n’est pas des plus simples.

Com­pa­rai­son n’est pas rai­son

Reste que les afi­cio­na­dos de FS X (ils sont nom­breux) en viennent à se po­ser la ques­tion lé­gi­time : quel suc­ces­seur choi­sir pour pro­lon­ger leurs pul­sions de pi­lo­tage pour les deux ou trois pro­chaines an­nées ? C’est à leur at­ten­tion que nous avons dé­ci­dé de réa­li­ser ce pe­tit guide. Ce n’est pas à pro­pre­ment un match vi­sant à dé­si­gner le meilleur des deux lo­gi­ciels, cha­cun ayant ses propres qua­li­tés et dé­fauts. Or il faut com­prendre que tel ou tel point par­ti­cu­lier peut re­pré­sen­ter un simple désa­gré­ment pas­sa­ger pour un sim­mer, alors qu’il consti­tue­ra un point rédhi­bi­toire pour un autre. Nous re­fu­sons aus­si le concept de com­pa­ra­tif, car même le thème prin­ci­pal du pi­lo­tage vir­tuel n’est pas abor­dé de la même ma­nière (suite aux res­tric­tions im­po­sées par P3D). Nous en­vi­sa­geons plu­tôt les pages qui suivent comme un guide qui per­met­tra aux in­dé­cis de choi­sir en connais­sance de cause le si­mu­la­teur qui les ac­com­pa­gne­ra dans les pro­chaines an­nées. Dans la me­sure où nous pra­ti­quons les trois pro­duits (FS X, X-Plane 11 et P3D v4) en pa­ral­lèle de­puis près d’un an, nous sommes en me­sure de ju­ger se­rei­ne­ment les avan­tages et in­con­vé­nients des deux can­di­dats à la suc­ces­sion. Et par la même oc­ca­sion de vous faire par­ta­ger notre ex­pé­rience pour vous ai­der à pri­vi­lé­gier l’un ou l’autre. Mais si vous res­tez in­dé­cis, gar­dez à l’es­prit que XP­lane 11 et P3D v4 peuvent par­fai­te­ment co­ha­bi­ter sur le même or­di­na­teur, sans au­cun pro­blème !

Ci-contre (haut) : FS X est en­core très ré­pan­du et très po­pu­laire, mais pour com­bien de temps en­core ?

Ci-contre : Le Ba­ron 58 dans Pre­pa3D. C’est le seul ap­pa­reil na­tif que FS X, X-Plane 11 et P3D v4 ont en com­mun, et donc un bon moyen de com­pa­rer les trois lo­gi­ciels.

Ci-des­sus : X-Plane 11 : le concur­rent his­to­rique est-il en bonne voie pour de­ve­nir le nu­mé­ro 1 ? Ci-des­sus (droite) : Flight Sim World au­rait pu consti­tuer une al­ter­na­tive, mais l’arrêt bru­tal de son dé­ve­lop­pe­ment li­mite les choix de suc­ces­sion.

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