Pre­par3D v4 L’âge de rai­son

Is­su des la­bo­ra­toires de l’avion­neur amé­ri­cain Lock­heed Mar­tin, Pre­par3D est avant tout un ou­til de pé­da­go­gie et de dé­ve­lop­pe­ment. Mais l’in­té­rêt gran­dis­sant que lui portent les édi­teurs d’ex­ten­sions prouve que son uti­li­sa­tion dé­passe les li­mites pré­vues…

Micro Simulateur - - DOSSIER -

Il est dif­fi­cile dans un magazine spé­cia­li­sé dans la si­mu­la­tion in­for­ma­tique « de loi­sir » d’évo­quer Pre­par3D. Pour en com­prendre les rai­sons, il faut re­mon­ter aux sources de ce lo­gi­ciel. En 2010, le construc­teur aé­ro­nau­tique amé­ri­cain Lock­heed Mar­tin ache­ta à l’édi­teur de lo­gi­ciels Mi­cro­soft le droit d’ex­ploi­ter le code in­for­ma­tique du mo­dule ESP consti­tuant le coeur de Flight Si­mu­la­tor X. L’ob­jec­tif de Lock­heed Mar­tin était alors de dé­ve­lop­per son propre ou­til de si­mu­la­tion dans un but de re­cherche et d’en­sei­gne­ment. De fait, les ac­cords pas­sés entre les deux par­ties in­ter­di­saient toute com­mer­cia­li­sa­tion du pro­duit sous la forme d’un lo­gi­ciel de si­mu­la­tion de vol grand pu­blic (qui se­rait alors en­tré en concur­rence di­recte avec FS X). D’abord pro­po­sé à un ta­rif pro­hi­bi­tif, le nou­veau ve­nu bap­ti­sé Pre­pa3D (ou Pre­pared, abré­gé en P3D) fut heu­reu­se­ment dé­cli­né en ver­sion dite « Aca­de­mic » plus abor­dable, à usage res­treint pour la for­ma­tion des étu­diants. De fait l’ac­qué­reur d’une li­cence P3D pro­met qu’il n’ex­ploi­te­ra le lo­gi­ciel que dans un cadre pé­da­go­gique, pas pour les loi­sirs. Les in­gé­nieurs de Lock­heed Mar­tin sont-ils dupes de cette li­mi­ta­tion im­po­sée ? Huit ans après, la quan­ti­té d’ex­ten­sions pu­bliées et le nombre crois­sant d’uti­li­sa­teurs laisse pen­ser qu’il s’agit d’un jeu d’hy­po­crites, et au­cune po­lice du jeu vi­déo ne dé­bar­que­ra chez un sim­mer pour vé­ri­fier s’il res­pecte les termes du contrat d’uti­li­sa­tion très res­tric­tif de P3D !

Pas­sage en 64 bits

Les ver­sions de P3D se sont sui­vies, toutes ba­sées sur le code ini­tial de FS X d’où une as­sez bonne com­pa­ti­bi­li­té entre les ex­ten­sions. Du moins jus­qu’en 2017, alors que l’avion­neur pu­blia la qua­trième ver­sion de son ou­til. La grande nou­veau­té était le sup­port du 64 bits, qui au­to­rise l’ex­ploi­ta­tion d’une plus grande quan­ti­té de mé­moire vive (au­pa­ra­vant li­mi­tée à 4 Go) et donc des temps de char­ge­ment ré­duits, une meilleure flui­di­té d’af­fi­chage, des per­for­mances en hausse pour les dé­cors et ap­pa­reils com­plexes. Les op­tions gra­phiques ont aus­si fait un bond en avant avec des ef­fets de lu­mières et d’ombres in­édits. Pour le reste, P3D af­fiche clai­re­ment sa fi­lia­tion avec FS X dans une or­ga­ni­sa­tion des me­nus as­sez proche. Néan­moins le ta­bleau est quelque peu as­som­bri par les li­mi­ta­tions mêmes du pro­gramme : in­ter­face en an­glais (qui n’a pas vo­ca­tion à être tra­duite), mo­teur gra­phique un peu dé­pas­sé, do­cu­men­ta­tion très res­treinte (sauf à pio­cher des in­for­ma­tions sur les fo­rums du site of­fi­ciel). En clair P3D pré­tend avant tout être un lo­gi­ciel pro­fes­sion­nel (même en ver­sion de base) sans s’en­com­brer des fio­ri­tures d’un si­mu­la­teur de loi­sir. Mais si tel était vrai­ment le cas, peu d’uti­li­sa­teurs au­raient fran­chi le pas et les ventes de la mou­ture « Aca­de­mic » se­raient in­si­gni­fiantes, tout comme l’in­té­rêt por­té par les édi­teurs tiers. Dans les faits, P3D peut dé­sor­mais consti­tuer une al­ter­na­tive à un FS X vieillis­sant !

Ci-des­sus : Dé­cou­verte du pi­lo­tage : quelques le­çons ont fait leur ap­pa­ri­tion, et on com­mence par la pré­vol extérieure. Ci-des­sus (droite) : Le pi­lo­tage d’avions mi­li­taires est mis en avant dans P3D.

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