P3D v4 à l’usage Un FS sur­vi­ta­mi­né ?

Dans son ADN, P3D reste un cou­sin très proche de FS X. Mais la pré­sen­ta­tion change quelque peu, et les per­for­mances font un bond en avant.

Micro Simulateur - - DOSSIER -

Au risque de nous ré­pé­ter, pré­ci­sons d’em­blée de P3D n’est dis­po­nible qu’en an­glais, aus­si bien pour son in­ter­face que pour le sup­port tech­nique et les fo­rums de dis­cus­sion de son édi­teur. Ce simple fait peut se mon­trer rédhi­bi­toire en France, où l’on sait que la langue de Sha­kes­peare n’a pas que des adeptes… Néan­moins il se­rait dom­mage d’igno­rer ce lo­gi­ciel (qui rap­pe­lons-le n’est pas un si­mu­la­teur de vol de loi­sir… le mes­sage est pas­sé de­puis le temps !) pour des rai­sons pu­re­ment lin­guis­tiques. Car son in­ter­face et sa pré­sen­ta­tion sont fi­na­le­ment as­sez proches de celles de FS X, et même sans com­prendre l es in­ti­tu­lés des ru­briques, on na­vigue as­sez fa­ci­le­ment dans les me­nus et op­tions.

P3D n’est ven­du qu’en ligne, en té­lé­char­ge­ment, sur le site qui lui est dé­dié. Notre at­ten­tion s’est por­tée sur la dé­cli­nai­son dite « Aca­de­mic », es­sen­tiel­le­ment en rai­son de son ta­rif (au­tour de 55 eu­ros) plus abor­dable que la ver­sion Pro (199,99 US$) alors que les dif­fé­rences de conte­nu sont mi­nimes. Sans par­ler de la ver­sion dé­si­gnée « Pro Plus » à 2 300 US$ qui ajoute des op­tions de com­bat aé­rien, un contexte de tra­vail col­la­bo­ra­tif et d’autres op­tions qui la des­tinent avant tout aux dé­ve­lop­peurs et for­ma­teurs pro­fes­sion­nels, donc loin des pré­oc­cu­pa­tions gé­né­rales de nos lec­teurs. Et quitte à ac­cep­ter les res­tric­tions d’uti­li­sa­tion et à res­ter dans un cadre d’ap­pren­tis­sage pé­da­go­gique, la mou­ture Aca­de­mic cor­res­pond à peu près à ce qu’offre X-Plane 11. Le lo­gi­ciel se ré­cu­père sous la forme d’une ar­chive ZIP de 12 Go (ou de plu­sieurs ar­chives pour une taille fi­nale si­mi­laire) et en com­plé­ment d’un code d’ac­ti­va­tion. L’ins­tal­la­tion via l’exé­cu­table dé­com­pres­sé est simple, et le lan­ce­ment peut s’ef­fec­tuer aus­si­tôt… Sauf si on ren­contre des sou­cis suite aux mises à jour ! C’est mal­heu­reu­se­ment ce qui nous est ar­ri­vé. Car P3D n’est pas au­to­ma­ti­que­ment amé­lio­ré ; à chaque chan- ge­ment de ver­sion (ici la 4.3 de juillet 2018), il faut dés­ins­tal­ler la ver­sion pré­cé­dente (et donc les ex­ten­sions ajou­tées), té­lé­char­ger la nou­velle mou­ture in­té­grale et re­faire une ins­tal­la­tion. C’est dé­jà fas­ti­dieux, mais lorsque la nou­velle dé­cli­nai­son est en place et plante au dé­mar­rage, on en­rage… Pe­tit tour sur le fo­rum de sup­port en an­glais pour fi­na­le­ment trou­ver la so­lu­tion : un pe­tit uti­li­taire dans le ré­per­toire d’ins­tal­la­tion per­met de ré­ini­tia­li­ser les élé­ments qui n’au­raient pas été cor­rec­te­ment ef­fa­cés, et tout rentre dans l’ordre. La le­çon à re­te­nir est que si on ne maî­trise pas du tout quelques ru­di­ments d’an­glais, mieux vaut pas­ser son che­min !

No­tez en­fin qu’un SDK propre à la v4 est dis­po­nible en té­lé­char­ge­ment gra­tuit sur le site de l’édi­teur, mais uni­que­ment pour les pro­prié­taires d’une li­cence P3D. À l’ins­tar du SDK de FS X, il per­met de réa­li­ser des conte­nus spé­ci­fiques pour le lo­gi­ciel (dé­cors,

conte­nus) mais at­ten­tion, il est spé­ci­fique à P3D v4 et ne fonc­tionne ni avec une autre ver­sion du lo­gi­ciel, ni avec FS X.

Gra­phismes et flui­di­té

Une fois le lo­gi­ciel cor­rec­te­ment confi­gu­ré et quelques ajus­te­ments ef­fec­tués dans le pan­neau des af­fec­ta­tions de com­mandes, on prend le manche d’un des aé­ro­nefs pro­po­sés ; la liste est bien dif­fé­rente de celle de FS X, elle couvre l’avia­tion gé­né­rale et mi­li­taire mais les li­ners sont ab­sents. Avions lé­gers, hé­li­co­ptères, ap­pa­reils his­to­riques et sur­tout mi­li­taires sont au pro­gramme. L’ori­gi­na­li­té ré­side dans la pré­sence de per­son­nages ( ava­tars) dont on peut prendre le contrôle pour évo­luer au ni­veau du sol ; deux sous­ma­rins sont même in­té­grés pour va­rier les si­tua­tions (mais avec une uti­li­sa­tion anec­do­tique). La base de don­nées de na­vi­ga­tion est hé­ri­tée de FS X, elle com­mence à da­ter sé­rieu­se­ment de par l’ob­so­les­cence des in­for­ma­tions (routes aé­riennes, ba­lises…) et pas l’ab­sence d’aé­ro­ports ou­verts au tra­fic dans les douze der­nières an­nées… On peut y re­mé­dier par des ex­ten­sions, mais l’âge se fait sen­tir mal­gré tout. Cô­té ap­pren­tis­sage, les dé­bu­tants an­glo­phones pro­fitent de vols sau­ve­gar­dés pour dé­cou­vrir les ru­di­ments du pi­lo­tage au fil d’une dou­zaine de le­çons (iden­ti- fiées comme « Tu­to­rials ») qui af­fichent des mes­sages à l’écran, dé­si­gnent les com­mandes ou ins­tru­ments concer­nés et ba­lisent les routes à suivre. Ce n’est pas un cur­sus di­plô­mant, mais ce­la per­met de faire ses pre­mières armes.

Le char­ge­ment du vol est très ra­pide : choix de l’ap­pa­reil, de l’heure du jour et de l a date, des condi­tions mé­téo (thèmes pré­dé­fi­nis ou per­son­na­li­sés, mais pas de mé­téo réelle) et on saute en cock­pit. Aus­si­tôt on ap­pré­cie la flui­di­té de l’af­fi­chage. Même avec les op­tions de gra­phisme haute ré­so­lu­tion (HDR) ac­ti­vées, on gagne en fra­me­rate par rap­port à un FS X dans les mêmes condi­tions et sur l e même PC. La qua­li­té des dé­cors est un peu plus agréable que chez le vé­né­rable grand frère, bé­né­fice de la ges­tion de tex­tures en haute ré­so­lu­tion et des ef­fets d’éclai­rages amé­lio­rés. Le monde vir­tuel se dé­roule sous nos yeux, avec ses mo­nu­ments re­mar­quables (plus que dans X-Plane où ils font sou­vent dé­faut), son land­class, ses tuiles de tex­tures gé­né­riques et son au­to­gen. En fait, P3D fait pen­ser à un FS « 10.5 », bé­né­fi­ciant en­fin des amé­lio­ra­tions tech­niques tant at­ten­dues. Les points fort du si­mu­la­teur pré­cé­dent sont bien pré­sents (or­ga­ni­sa­teur de vol, fa­ci­li­té de prise en mains) mais à l’heure du 64 bits l’ex­pé­rience est plus fluide, plus agréable. Les points noirs : une politique de li­mi­ta­tion d’uti­li­sa­tion (mais fi­na­le­ment peu contrai­gnante pour un sim­mer à do­mi­cile), l’in­ter­face en an­glais et des mises à jour pas très simples à mettre en place. Rien de dra­ma­tique tou­te­fois !

Ci-contre (haut) : L’in­ter­face prin­ci­pale, en an­glais mais tout de même ac­ces­sible. Ci-contre : Les hé­li­co­ptères sont bien trai­tés dans P3D – le CH-35 est ap­pa­ru dans la v4.3.

Ci-des­sus : Le lac d’An­ne­cy (à com­pa­rer avec la cap­ture du C172 dans X-Plane page pré­cé­dente !). Ci-contre : Les vols sau­ve­gar­dés comme tu­to­riaux per­mettent de s’ini­tier au pi­lo­tage. Ci-contre (bas) : En fi­nale pour KLAX en Su­per Cons­tel­la­tion, il n’y a pas de li­ner mo­derne par dé­faut dans P3D.

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