Aé­ro-Club Si­mu­la­tion à Pa­ris

Une ap­proche ori­gi­nale

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - ParEm­ma­nuelB­lan­chard

Pro­fi­ter d’un cock­pit d’avion lé­ger tout en bé­né­fi­ciant des conseils avi­sés d’un for­ma­teur est une ex­pé­rience im­mer­sive et pé­da­go­gique. C’est ce que pro­pose cette nou­velle salle de si­mu­la­tion en plein Pa­ris.

De­puis quelques an­nées, les salles de si­mu­la­tion se mul­ti­plient dans les grandes villes ou leurs ban­lieues. On y pro­pose des ses­sions vir­tuelles pour prendre les com­mandes d’Air­bus ou de Boeing, pour tous l es ni­veaux, avec gé­né­ra­le­ment l’ac­com­pa­gne­ment d’un for­ma­teur. Nous avons dé­jà abor­dé ce su­jet lors de di­vers re­por­tages où nous avions ef­fec­tué di­vers vols en A330, B737 et autres li­ners… Mais de­puis l’été der­nier, une nou­velle salle s’est ou­verte en plein coeur de Pa­ris, pro­po­sant une ap­proche ra­di­ca­le­ment dif­fé­rente des stages de pi­lo­tage en si­mu­la­tion. C’est donc avec cu­rio­si­té que nous avons pous­sé la porte d’Aé­ro-Club Si­mu­la­tion pour en sa­voir plus…

Trois ap­pa­reils

Aé­ro-Club Si­mu­la­tion a pi­gnon sur rue et af­fiche clai­re­ment ses in­ten­tions sur sa de­van­ture co­lo­rée : na­vi­ga­tion de dé­tente, ini­tia­tion au VFR ou à l’IFR, stages de per­fec­tion­ne­ment, voire évé­ne­ments pri- vés… Là où la phi­lo­so­phie se dé­marque des autres ins­tal­la­tions de ce genre, c’est qu’ici on ne parle que d’avions lé­gers. Trois ap­pa­reils vir­tuels sont ain­si pro­po­sés dans un en­vi­ron­ne­ment qui rap­pelle un aé­ro­drome réel : un Ro­bin DR400 bien connu des clubs en France, un Cess­na 172RG (train ré­trac­table) et un Bee­ch­craft Ba­ron 58. Pour les concep­teurs de la salle, le pro­blème des avions de ligne en si­mu­la­tion est qu’ils sont com­plexes : soit on est néo­phyte et on dé­couvre un vol en Boeing ou Air­bus sans trop avoir le temps de com­prendre ce qui se passe, soit on passe des heures au­pa­ra­vant à dé­cou­vrir sur son si­mu per­son­nel les fonc­tion­ne­ments des com­mandes, des écrans, des bou­tons et ma­nettes… L’avan­tage des ap­pa­reils lé­gers est qu’ils sont plus ac­ces­sibles, moins com­plexes, et plus proches des pré­oc­cu­pa­tions de beau­coup de pi­lotes réels.

La salle, tout en lon­gueur, pré­sente ain­si trois postes de pi­lo­tage in­ter­fa­cés avec P3D. Le pre­mier est im­pres­sion­nant : une ca­bine avant de DR400 avec ver­rière mo­bile

(comme le vrai), face à cinq gi­gan­tesques mo­ni­teurs. Le deuxième poste, plus mo­deste, est en­core en cours de dé­ve­lop­pe­ment pour le Ba­ron 58. En­fin le der­nier poste re­pro­duit l’am­biance d’un C172 très pré­sent sur les aé­ro­dromes du monde en­tier, là en­core dans une ca­bine com­plète et en­tou­rée d’écrans. Nous avons fait l’ex­pé­rience et aus­si bien dans le Ro­bin que le Cess­na, une fois un vol lan­cé, on ou­blie qu’on est au sol. D’une part la for­mule « ca­bine » ré­duit le champ vi­suel vers l’ex­té­rieur, et per­met d’ob­te­nir une im­pres­sion d’im­mer­sion sur 225° qu’on n’au­rait pas en cock­pit « ou­vert », as­sis de­vant un or­di­na­teur de bu­reau. Et jus­te­ment, cette im­pres­sion est telle qu’on res­sent presque les mou­ve­ments, le cer­veau étant trom­pé par l’illu­sion des dé­pla­ce­ments à l’écran et les sièges vi­brants, plus que par les sen­sa­tions phy­siques.

À la carte ?

Les dé­cors sont de qua­li­té VFR et les vols se font se­lon les en­vies des uti­li­sa­teurs. Par dé­faut, c’est au­tour du lac de Cham­bé­ry que sont ba­sés les aé­ro­nefs. Pour l’équipe d’Aé­ro-Club Si­mu­la­tion, ce­la pré­sente l’avan­tage d’un jo­li pay­sage de mon­tagne. Mais en si­mu­la­tion, toutes les des­ti­na­tions sont en­vi­sa­geables, de même que les condi­tions mé­téo ou de tra­fic. Du­rant notre vi­site, Vincent, ti­tu­laire du bre­vet de pi­lote pri­vé, fai­sait of­fice de for­ma­teur. Nous avons as­sis­té à une ses­sion avec un ama­teur n’ayant au­cune ex­pé­rience en pi­lo­tage – ni réel ni vir­tuel – qui a brillam­ment ac­com­pli son dé­col­lage, son cir­cuit de piste sui­vi d’un po­sé im­pec­cable (quoi­qu’un peu long – cette re­marque n’en­gage que son au­teur !). Chaque cock­pit pos­sède son ins­tru­men­ta­tion propre et fonc­tion­nelle, y com­pris console ra­dio, GPS et ta­blette tac­tile pour les cartes ; les pro­cé­dures de dé­mar­rage sont res­pec­tées à la lettre, casque au­dio avec mi­cro sur les oreilles pour com­mu­ni­quer avec le for­ma­teur-ac­com­pa­gna­teur.

Cette ap­proche de la si­mu­la­tion nous a sé­duits par son as­pect à la fois pé­da­go­gique et ac­ces­sible. Il est plus fa­cile de s’adap­ter au ni­veau de cha­cun sur un mo­no­mo­teur de tou­risme que dans un li­ner lourd et in­ti­mi­dant, et la sen­sa­tion d’im­mer­sion est ga­ran­tie. Tous les pu­blics sont concer­nés ici, de­puis le grand dé­bu­tant cu­rieux jus­qu’au pi­lote réel pré­pa­rant un exa­men. Pre­mier centre en France pour ce genre de pres­ta­tion, Aé­ro-Club Si­mu­la­tion de­vrait sé­duire un large pu­blic !

Pour en sa­voir plus : www.ae­ro­club-si­mu­la­tion.com La ré­dac­tion re­mer­cie l’équipe d’Aé­ro-club Si­mu­la­tion pour son ac­cueil et sa dis­po­ni­bi­li­té !

De­puis l’in­té­rieur du Cess­na, l’im­mer­sion est ga­ran­tie.

Le cock­pit du DR400 en cours de dé­mar­rage.

Ci-contre (haut) : Le Cess­na vu de l’ex­té­rieur, portes ver­rouillées. Ci-contre (bas) : L’in­té­rieur de la salle, am­biance très aé­rienne et DR400 à l’en­trée ! Ci-des­sous : La salle af­fiche clai­re­ment ses am­bi­tions !

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