Hel­go­land pour X-Plane 11

Une pe­tite île al­le­mande per­due en mer du Nord

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - ParAn­ni­ckPey­re­morte

Après avoir été mo­dé­li­sée par l’au­teur Sasha Nor­mann pour Li­me­sim dans FS X et P3D, la scène d’Hel­go­land est main­te­nant adap­tée pour X-Plane par Stair­port Sce­ne­ries à par­tir de la ver­sion de P3D, ce­lui-là même qui nous a pro­po­sé la scène du Sval­bard (voir Mi­cro­Sim n° 292). Elle est té­lé­char­geable sur le site d’Ae­ro­soft en échange de 22 eu­ros en­vi­ron et oc­cupe 683 Mo sur le disque dur. Elle est ré­ser­vée aux pos­ses­seurs de X-Plane 11 (la ver­sion uti­li­sée pour les tests est la 11.26) pour Win­dows 7, 8 ou 10, Li­nux 64 bits et Mac OS 10.10 ou plus. Un do­cu­ment bi­lingue (en an­glais et en al­le­mand) de 9 pages y est as­so­cié qui dé­crit son ins­tal­la­tion et les op­tions gra­phiques re­com­man­dées, mais il n’y a pas grand-chose sur l’ar­chi­pel lui-même.

Hel­go­land ou He­li­go­land ?

He­li­go­land (Hel­go­land en al­le­mand) est donc un en­semble de deux îles, Hel­go­land et Düne, si­tuées au su­dest de la mer du Nord dans la pro­vince de Schles­wig-Hol­stein, à 48 km de la côte al­le­mande. Son nom si­gni­fie « terre sa­crée » en vieil al­le­mand. Elle a tout d’abord ap­par­te­nu au Da­ne­mark, puis aux Royaume-Uni en 1807. Du­rant la Se­conde Guerre mon­diale, l’île d’Hel­go­land a été vio­lem­ment bom­bar­dée, puis oc­cu­pée par les Bri­tan­niques, en­fin res­ti­tuée à l’Al­le­magne en échange de pos­ses­sions en Afrique de l’Est dès 1952. Entre-temps, elle a été uti­li­sée comme cible par l’ar­mée bri­tan­nique et bom­bar­dée quo­ti­dien­ne­ment jus­qu’au 18 avril 1947 où une énorme ex­plo­sion a anéan­ti les der­nières mu­ni­tions. L’île a sur­vé­cu et un cra­tère existe en­core au mi­lieu, té­moin de cet évé­ne­ment. Les ha­bi­tants sont en­suite re­ve­nus et le lieu est ac­tuel­le­ment recherché par les tou­ristes qui ap­pré­cient le bord de mer, l’al­cool et les ci­ga­rettes dé­taxées, ain­si que les ho­mards à dé­gus­ter dans les Hum­mer­bu­den.

Au­cune voi­ture ni vé­lo n’y cir­cule, pour le bon­heur des ha­bi­tants (les Fri­sons) et des phoques de mer du Nord ! Elle est com­po­sée de trois par­ties, l’Un­ter­land, le Mit­tel­land et l’Ober­land. Un gros tra­vail de rem­blaie­ment est ré­gu­liè­re­ment réa­li­sé pour main­te­nir l’île en bon état. Son ac­cès est pos­sible soit par mer avec des fer­ries, soit par air. C’est évi­dem­ment la deuxième so­lu­tion que nous adop­te­rons, si­mu­la­teur de vol oblige !

Peu de gens connaissent Hel­go­land, ce pe­tit ar­chi­pel per­du en mer du Nord. Il a pour­tant eu un rôle stra­té­gique im­por­tant pen­dant la Se­conde Guerre mon­diale et est main­te­nant une des­ti­na­tion tou­ris­tique très ap­pré­ciée, sur­tout par les Allemands. Alors pour­quoi ne pas y al­ler pour des va­cances vir­tuelles ?

EDXH Hel­go­land Air­port

Point de dé­part de tous les vols à par­tir de l’ar­chi­pel, l’aé­ro­port d’Hel­go­land se trouve sur l’île de Düne à 8 pieds d’al­ti­tude et au bord de la mer. Il a été construit et for­ti­fié pen­dant la Se­conde Guerre mon­diale avec une simple piste en­core vi­sible, puis ré­ha­bi­li­té en 1962. Il a main­te­nant trois pistes 15/33, 03/21 et 06/24, toutes en grandes dalles de bé­ton. La prin­ci­pale, la 15/33, a été agran­die de 400 à 480 m en 2006, ce qui est en­core vrai­ment très court ! La piste 21 a été blo­quée par une dune de sable qui a com­plè­te­ment dis­pa­ru au­jourd’hui. Les vagues se brisent contre l’ex­tré­mi­té sud des pistes ren­dant les ap­proches tou­jours aus­si dé­li­cates. Pour cette rai­son et à cause de vents dé­fa­vo­rables, la pra­tique de cet aé­ro­port né­ces­site de la part des pi­lotes une for­ma­tion spé­ciale, en­core plus pour les vols com­mer­ciaux. C’est la com­pa­gnie al­le­mande OFD (Ost­frie­si­scher-Flug-Dienst) qui as­sure ces vols entre Nord­holz ou Heide-Bu­sum et Hel­go­land. Le poids maxi­mum au­to­ri­sé au dé­col­lage est de 5 700 kg pour les avions et de 10 000 kg pour les hé­li­co­ptères.

Dans X-Plane, 13 po­si­tions de dé­part sont pos­sibles, si­tuées en ma­jo­ri­té au nord de l’aé­ro­port. Trois autres sont pla­cées sur la pe­tite île, spé­ci­fi­que­ment pour les hé­li­co­ptères. La tex­ture des pistes en car­reaux de bé­ton est très réa­liste. Sur l’aé­ro­port, nous pou­vons dis­tin­guer trois prin­ci­paux bâ­ti­ments. Le plus grand est le ter­mi­nal avec la tour de contrôle très car­rée et de forme classique. La trans­pa­rence des vitres et les tex­tures sont proches de la réa­li­té, quelques per­son­nages en 3D sont pré­sents. Plu­sieurs dra­peaux flottent au vent. Un res­tau­rant, sa grande ter­rasse et une bou­tique s’y adossent. Un bâ­ti­ment ad­mi­nis­tra­tif et un grand han­gar com­plètent les construc­tions. Une na­vette ani­mée fait des va-et-vient de­vant l’en­semble. Les es­paces verts entre les aires de rou­lage et les pistes sont vé­gé­ta­li­sés avec de nom­breuses pe­tites touffes d’ar­bustes va­riés en 3D eux aus­si.

L’Is­lan­der

De­vant l a né­ces­si­té de re­lier le conti­nent à ces îles, un avion par­ti­cu­liè­re­ment adap­té a été choi­si par les com­pa­gnies com­mer­ciales, le BN-2 Is­lan­der. Construit dans les an­nées soixante par Brit­ten Nor­man, il a suc­cé­dé au Do 228 et est le seul à être au­to­ri­sé à opé­rer dans ces îles. En ef­fet, il cor­res­pond aux exi­gences de poids maxi­mum au dé­col­lage, peut em­por­ter une di­zaine de pas­sa­gers et peut dé­col­ler et at­ter­rir sur des pistes ex­trê­me­ment courtes. Il a donc été dé­si­gné pour faire la na­vette avec Nord­holz dans la ré­gion al­le­mande de Cux­ha­ven, ou Heide-Bu­sum dans le Schle­wig-Hol­stein. Nous choi­si­rons le deuxième aé­ro­port

pour les tests. Une ver­sion vir­tuelle de cet avion a été réa­li­sée par Jacques Brault pour X-Plane 8 et 9, mais n’est mal­heu­reu­se­ment pas com­pa­tible avec la der­nière ver­sion 11. En at­ten­dant de pou­voir en pro­fi­ter, et de­vant les crashes de XP­lane avec le Twin Ot­ter (pro­ba­ble­ment in­adap­té pour la der­nière ver­sion), nous uti­li­se­rons le DR401 d’Ae­ro­bask : un mo­no­mo­teur peut sans pro­blème re­lier ces îles au conti­nent très proche, il suf­fit d’adop­ter une al­ti­tude de sé­cu­ri­té pour fi­nir en pla­né «au cas où»....

EDXB-EDXH

EDXB Heide-Bu­sum Air­port n’a que quelques bâ­ti­ments gé­né­riques et fait par­tie de X-Plane « Glo­bal Air­ports », mais les pistes sont tout à fait pra­ti­cables et c’est tout ce que nous de­man­dons pour le dé­part. Il y a 35 nm à par­cou­rir au cap 272° au-des­sus de la mer du Nord, ce qui nous prend en­vi­ron une de­mi-heure. Nous aper­ce­vons en­fin les îles au loin. La fi­nale pour la piste 33 per­met de voir à sa gauche l’île de Hel­go­land et sa pe­tite ville, son port et la grande plage toute blanche de Düne. L’at­ter­ris­sage se fait d’ailleurs au ras du sable ! Une fois sur place, nous pou­vons gar­der notre DR 401 pour la suite, ou prendre par exemple le pe­tit ULM Eu­ro­fox de Vs­ky­labs voire un hé­li­co­ptère pour ex­plo­rer la ré­gion.

L’ar­chi­pel tout en­tier est re­pré­sen­té dans X-Plane. Le mesh est en haute ré­so­lu­tion, il est pos­sible de voir les dé­tails à un mètre près comme les dunes près de l’aé­ro­port ou les fa­laises sur l’autre île. Les images aé­riennes sont pré­cises et com­pa­rables à celles de Google Earth, voire plus ré­centes.

Nous dé­col­lons donc de la piste 21 de Düne et sur­vo­lons d’abord des pe­tites mai­sons en bois à l’ar­rière, puis la plage agré­men­tée de ca­bines mul­ti­co­lores pro­té­gées du vent par des haies vé­gé­tales mo­dé­li­sées sur toute sa lon­gueur. Nous tra­ver­sons le pe­tit bras de mer qui sé­pare les deux terres en di­rec­tion d’Hel­go­land. Quelques ba­teaux, comme des fer­ries qui font la na­vette entre les deux îles, ani­més et de toutes tailles, na­viguent dans ce pe­tit dé­troit. Les fonds sous­ma­rins sont vi­sibles, de cou­leur réa­liste avec une eau est trans­pa­rente. Des digues brise-lames consti­tuées de gros ro­chers dis­po­sés en ligne en­tourent les îles comme pour en sou­li­gner les contours, pro­ba­ble­ment pour les pro­té­ger de l’éro­sion. Nous ar­ri­vons face à la com­mune d’Hel­go­land dans l’ar­ron­dis­se­ment de Pin­ne­berg, ma­té­ria­li­sée par un en­semble de bâ­ti­ments très ser­rés. L’hô­tel Nord­seein­sel est le pre­mier vi­sible avec sa tour en verre dont la trans­pa­rence est bien trai­tée. Un es­pace aqua­tique rec­tan­gu­laire sur le bord

de mer sert de ran­ge­ments aux ba­teaux. La ville est consti­tuée de mai­sons à plu­sieurs étages, au toit gris ou rouge. Une pis­cine à la forme ori­gi­nale tranche avec son eau de cou­leur tur­quoise. Un centre de bien-être, Mee­res­kos­me­tik, lui est at­te­nant. À la pointe ouest se trouve un ter­rain de foot­ball éclai­ré et à l’air libre en contre­bas d’un pla­teau de roches rouges.

Du cô­té de la ville et au centre du grou­pe­ment de mai­sons, l’église de Saint Ni­co­las dé­passe par sa pointe haute et acé­rée. Une énorme an­tenne rouge et blanche barre ver­ti­ca­le­ment l’ho­ri­zon. À l’ar­rière, seul ves­tige de la guerre, un phare en forme de tour qua­dran­gu­laire en­tou­ré d’une ram­barde mé­tal­lique et pla­qué de briques rouges, est tou­jours ac­tif. Son ra­dar est ani­mé. La nuit, il est sub­ti­le­ment éclai­ré, tout comme les mai­sons alen­tour. Il donne di­rec­te­ment sur les fa­laises ver­ti­cales en pierre ro­sées sur­plom­bées d’es­paces de ver­dure, mo­dé­li­sées elles aus­si dans le si­mu­la­teur. Il ne manque que les oi­seaux ! Cette barre ro­cheuse se ter­mine par une co­lonne rouge de 45 m de haut ap­pe­lée « Na­thurn Stak » ou « ai­guille du Nord ». Le point culmi­nant d’Hel­go­land est le Pin­ne­berg au nord qui fait 61 m d’al­ti­tude.

Sur la pointe sud-est se trouvent l’hô­pi­tal ma­té­ria­li­sé par une croix rouge sur son toit et le port de croi­sière avec un hé­li­port à trois dé­parts pour les ama­teurs de voi­lure tour­nante. En contre­bas et en bord de mer sont ali­gnées les cé­lèbres ca­banes à ho­mard ou Hum­mer­bu­den mul­ti­co­lores. C’est là que les tou­ristes peuvent dé­gus­ter les crus­ta­cés ty­piques de l’île. En conti­nuant vers le sud, il est pos­sible d’at­ter­rir avec un hé­li­co­ptère sur une frégate au mi­lieu de l’eau. Mais ce na­vire au­rait mé­ri­té une mo­dé­li­sa­tion plus dé­taillée et des tex­tures plus pré­cises !

À 30 nm au nord se trouve de­puis oc­tobre 2015 « Am­rum­bank West ». Il s’agit d’un parc de 80 éo­liennes Sie­mens d’une ving­taine de mètres de pro­fon­deur et 70 mètres de haut sur 32 ki­lo­mètres car­rés et d’une pla­te­forme off­shore sur la­quelle a été mo­dé­li­sé un hé­li­port pour les ama­teurs de voi­lures tour­nantes. Les ins­tal­la­tions à terre de ce parc éo­lien sont si­tuées sur l’île d’Hel­go­land. Du­rant toutes les aven­tures vir­tuelles, le fra­me­rate a os­cil­lé entre 20 et 30 fps, ce qui est tout à fait ho­no­rable – la mer oc­cupe une grande par­tie du dé­cor, mais le ni­veau de dé­tail est très éle­vé ! Voi­là donc une des­ti­na­tion ori­gi­nale, peu connue des Fran­çais et in­té­res­sante pour les sim­mers, en par­ti­cu­lier ceux qui aiment les hé­li­co­ptères ou les ul­tra­lé­gers !

L’église de Saint Ni­co­las dé­passe au centre de la ville avec sa pointe haute et acé­rée.

Vue sur le port et les mai­sons à ho­mards.

La plage est oc­cu­pée par de nom­breuses ca­bines mul­ti­co­lores.

Les fa­laises rouges sont bien mo­dé­li­sées, ain­si que « Na­thurn Stak ».

An­kunft veut dire ar­ri­vée en al­le­mand. L’hô­tel Nord­seein­sel est le pre­mier bâ­ti­ment que l’on voit en ar­ri­vant sur l’île.

Les trois pistes d’Hel­go­land forment un tri­angle.

« Am­rum­bank West » est un en­semble d’éo­liennes au nord de l’île. Quelques per­son­nages rendent l’aé­ro­port plus vi­vant.

La vé­gé­ta­tion est re­pré­sen­tée en 3D.

Fi­nale sur la piste 33.

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