Tech­nique de vol : les hé­li­co­ptères dans XP11/P3D

Les hé­li­co­ptères sont sous-re­pré­sen­tés dans des si­mu­la­teurs gé­né­ra­listes. Pour­tant pi­lo­ter ces en­gins très par­ti­cu­liers est pos­sible, à condi­tion de prendre quelques pré­cau­tions.

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - par Em­ma­nuel Blan­chard

Les ama­teurs de voi­lures tour­nantes sont un peu dé­lais­sés en si­mu­la­tion de vol. Certes il existe des ex­ten­sions très réa­listes pour des lo­gi­ciels spé­ci­fiques, on pense évi­dem­ment aux ap­pa­reils conçus pour DCS World ; des si­mu­la­teurs spé­ci­fiques sont même dis­po­nibles, tel Take On He­li­cop­ters par Bo­he­mia In­ter­ac­tive. Mais si on se re­centre sur les si­mu­la­teurs de vol dits gé­né­ra­listes, force est de consta­ter que les « ven­ti­la­teurs » res­tent en re­trait. Deux hé­li­co­ptères étaient pré­sents par dé­faut dans FS X, un troi­sième avec l’Ac­ce­le­ra­tion Ex­pan­sion Pack ; P3D v4 a re­pris le pe­tit Ro­bin­son R22 et l’a ac­com­pa­gné de ma­chines mi­li­taires bien plus lourdes mais pas for­cé­ment com­pli­quées à pi­lo­ter. En­fin X-Plane 11 an­non­çait fiè­re­ment à sa sor­tie qu’il in­té­grait dé­sor­mais en stan­dard une ma­chine de ce type, à sa­voir le Si­kors­ky S-76C. Que valent ces aé­ro­nefs en termes d’ac­cès pour les dé­bu­tants et de réa­lisme pour les vé­té­rans ?

Nous n’al­lons pas vous as­sé­ner ici un long cours théo­rique sur le fonc­tion­ne­ment des hé­li­co­ptères mo­dernes – mais si le su­jet vous in­té­resse, il pour­ra faire l’ob­jet d’un ar­ticle pra­tique plus dé­taillé dans un fu­tur nu­mé­ro. Il y a néan­moins quelques prin- cipes élé­men­taires à connaître ou à rap­pe­ler :

le ro­tor n’est pas une hé­lice, il se com­porte plu­tôt comme une ● aile (pté­ros en grec) mo­bile dont l’in­cli­nai­son im­prime l’at­ti­tude de la ma­chine vo­lante ;

le ro­tor de queue sert avant tout à contre­ba­lan­cer le couple ●

du ro­tor prin­ci­pal, et ac­ces­soi­re­ment à contrô­ler la ma­chine sur l’axe de la­cet ;

les tur­bines des hé­li­co­ptères mo­dernes, qui en­traînent les ● ro­tors, ont une vi­tesse fixe. Pour sim­pli­fier (dans une op­tique de dé­cou­verte), une fois que les mo­teurs sont lan­cés et sta­bi­li­sés, la vi­tesse de ro­ta­tion des pales est fixe. Pour chan­ger la vi­tesse ou l’al­ti­tude de l’hé­li­co­ptère, on mo­di­fie l’in­cli­nai­son des pales, sans tou­cher au mo­teur.

Ce­ci nous amène à évo­quer les com­mandes d’un hé­li­co­ptère. Pour le contrôle en vol, on dis­pose de quatre axes et trois ou­tils ( fig. 1) :

le cy­clique, qui rap­pelle le manche à ba­lai d’un ● avion. Il com­mande l’in­cli­nai­son du ro­tor en tan­gage et en rou­lis. Par exemple, pour pen­cher le ro­tor en avant (et par ré­ac­tion faire pi­quer le nez de l’hé­li­co), on pousse en avant ;

le col­lec­tif : ce le­vier la­té­ral contrôle l’in­cli­nai­son ● des pales. Col­lec­tif en bas, les pales ne four­nissent au­cune por­tance, l’hé­li­co­ptère reste au sol (ou tombe) ; col­lec­tif re­le­vé au maxi­mum, les pales pré­sentent le pro­fil le plus ef­fi­cace, mais pré­sentent une ré­sis­tance à l’air qui met le mo­teur à rude épreuve. Ce qui peut al­ler jus­qu’à la rup­ture d’élé­ments mé­ca­niques !

le pa­lon­nier : il contrôle l’angle des pales du ro­tor ● de queue et agit ain­si sur les mou­ve­ments en la­cets. Un axe spé­ci­fique au pa­lon­nier est in­dis­pen­sable pour pi­lo­ter un hé­li­co­ptère !

Le pro­blème en si­mu­la­tion gé­né­ra­liste est l’af­fec­ta­tion des axes des pé­ri­phé­riques. Pour l e cy­clique et le pa­lon­nier, les ré­glages sont les mêmes que dans un avion classique pour les axes de tan­gage et de rou­lis. Dans X-Plane 11, on pro­fite de la pos­si­bi­li­té d’avoir un axe spé­ci­fique au col­lec­tif ( fig. 2). Pour P3D en re­vanche, le col­lec­tif cor­res­pond par dé­faut à l’axe gé­né­rique de com­mande des gaz. Pe­tite as­tuce : nous avons pris l’ha­bi­tude de ré­gler tous nos axes de col­lec­tif en « axe in­ver­sé » par rap­port aux avions, de ma­nière à ap­pri­voi­ser les gestes (ti­rer vers soi pour aug­men­ter, pous­ser pour réduire, au contraire d’une ma­nette des gaz d’avion). Et ac­ces­soi­re­ment, il faut tou­jours vé­ri­fier que la com­mande du col­lec­tif est au neutre (po­si­tion basse) avant de com­men­cer un vol !

Au dé­mar­rage

Vous avez vé­ri­fié vos axes, dé­fi­ni les pa­ra­mètres de vol, il est temps de vous lan­cer… Dans X-Plane, le S-76C est char­gé par dé­faut à l’ar­rêt. Le plus simple pour lan­cer le mo­teur (col­lec­tif abais­sé on le rap­pelle) est d’uti­li­ser le me­nu Vol/Dé­mar­rer les mo­teurs, ce qui lance les deux tur­bines et met en marche les sys­tèmes in­ternes. Il faut juste ac­ti­ver ma­nuel­le­ment les gé­né­ra­trices pour que l’ap­pa­reil soit au­to­nome en ali­men­ta­tion élec­trique ( fig. 3). Dans P3D, le dé­mar­rage est plus ca­pri­cieux se­lon les ap­pa­reils. Le plus simple reste de com­men­cer avec le Ro­bin­son R22, hé­li­co­ptère d’ap­pren­tis­sage par ex­cel­lence, qui est char­gé par dé­faut mo­teur en route et prêt à dé­col­ler. En re­vanche, pour les Si­kors­ky des fa­milles H-53 et H-60, il en va au­tre­ment. Avant toute chose, lors de l’af­fec­ta­tion des axes, il est re­com­man­dé de bien dé­fi­nir l’am­pli­tude to­tale de l’axe

af­fec­té au col­lec­tif/com­mande des gaz ( throt­tle), sans quoi il risque d’être li­mi­té en dé­bat­te­ment. En­suite, si on a conser­vé des ré­glages de mé­lange et d’hé­lice, il faut re­pé­rer les com­mandes dans le cock­pit vir­tuel (ou les planches 2D) qui cor­res­pondent. Pour les H-60, on s’as­sure d’abord que les cir­cuits de car­bu­rant sont ou­verts, que les com­mandes des ré­gimes mo­teurs sont pous­sées ( fig. 4) et on peut dé­mar­rer les tur­bines avec Ctrl + E. Pour les H-53, nous n’avons mal­heu­reu­se­ment pas trou­vé l a sé­quence idéale de l an­ce­ment : nos deux ma­chines ne dé­mar­raient qu’une fois sur deux, mal­gré le bou­ton « Au­tos­tart » de l’ove­rhead 2D ( fig. 5). C’est as­sez frus­trant mais le manque de do­cu­men­ta­tion sur ces gros-por­teurs li­mite les pos­si­bi­li­tés…

Com­por­te­ment

C’est d’au­tant plus frus­trant qu’en vol, les H-53 se ré­vèlent très agréables à pi­lo­ter : stables, avec juste ce qu’il faut d’iner­tie, ce sont presque des ma­chines pour dé­bu­tants. La vi­si­bi­li­té est très bonne pour ef­fec­tuer les sta­tion­naires ou se po­ser sur une sur­face ré­duite. L’au­to­no­mie et la ca­pa­ci­té d’em­port sont éga­le­ment des avan­tages. Si seu­le­ment ils pou­vaient dé­mar­rer sim­ple­ment ! Les H-60 sont plus sen­sibles et ca­pri­cieux. Quant au R22, il est agréable à pi­lo­ter, sans vice ma­jeur, mais pa­ra­doxa­le­ment se montre lourd au manche et im­pose d’an­ti­ci­per les ma­noeuvres (ce der­nier point est com­mun à tous les hé­li­co­ptères réels).

Dans X-Plane 11, le S-76C est plus dé­li­cat à ma­nier avec des ré­ponses très vives au cy­clique. Le col­lec­tif et le pa­lon­nier sont très bien gé­rés et per­mettent di­verses ma­noeuvres ; mais à basse vi­tesse (ap­proche ou ten­ta­tive de sta­tion­naire) le Si­kors­ky doit être cor­ri­gé constam­ment. Ce qui est plus proche de la réa­li­té que la sta­bi­li­té bon­homme des H-53, mais risque de dé­cou­ra­ger les néo­phytes. Quoi qu’il en soit, le meilleur moyen de domp­ter ces ven­ti­los, c’est de les es­sayer !

Le S-76C dans X-Plane

Fig. 1 : Les com­mandes de vol d’un hé­li­co­ptère mo­derne : 1- cy­clique ; 2- col­lec­tif (moyen mné­mo­tech­nique : le COl­lec­tif est si­tué à CÔ­té du pi­lote) ; 3- pa­lon­nier.

Le MH-53, un des plus gros hé­li­co­ptères amé­ri­cains.

Le R22 dans P3D v4, ty­pique des hé­li­co­ptères d’ap­pren­tis­sage.

Fig. 2 : Dans le pan­neau des contrôles de X-Plane, il faut af­fec­ter un axe spé­ci­fique au col­lec­tif. Les axes des gaz et du mé­lange cor­res­pondent aux ré­glages mo­teurs (non abor­dés dans cet ar­ticle).

Fig. 3 : L’em­pla­ce­ment des com­mu­ta­teurs des gé­né­ra­trices sur le S-76C de X-Plane (po­si­tion haute pour ac­ti­ver).

La fa­mille H-60 com­prend des ma­chines de trans­port d’as­saut, de re­cherche et sau­ve­tage, de pa­trouille ma­ri­time…

Fig. 4 : Dans les hé­li­co­ptères de la fa­mille H-60, l’axe de mé­lange cor­res­pond à l’ali­men­ta­tion des tur­bines (rouge) et ce­lui du pas d’hé­lice au ré­gime mo­teur (vert). Mais il peut être pra­tique de ma­ni­pu­ler ces com­mandes à la sou­ris plu­tôt qu’avec des axes dé­diés.

Fig. 5 : L’ove­rhead 2D et le pan­neau d’in­for­ma­tion mo­teurs des H-53 : mal­gré le bou­ton « Au­tos­tart » en haut à gauche, nos « Giant Green » ont eu des sou­cis…

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