Köln/BonnAir­port Pro­fes­sio­nal

Une scène très riche !

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - par Éric De­bord

Nos lec­teurs de moins de trente ans n’ont pas connu l’époque où Ber­lin n’était pas la ca­pi­tale d’une Al­le­magne uni­fiée, mais juste celle de la Ré­pu­blique Dé­mo­cra­tique d’Al­le­magne. Qui au pas­sage n’avait de dé­mo­cra­tique que le nom – c’est gé­né­ra­le­ment un signe pa­ra­doxal l ors­qu’une na­tion s’ajoute cet ad­jec­tif : Ré­pu­blique Dé­mo­cra­tique du Kam­pu­chéa, Ré­pu­blique Dé­mo­cra­tique Po­pu­laire de Co­rée, pour ne don­ner que deux exemples sup­plé­men­taires… Entre 1945 et la réuni­fi­ca­tion, la ca­pi­tale de l a Ré­pu­blique Fé­dé­rale Al­le­mande, aus­si connue comme Al­le­magne de l’Ouest, était Bonn, sur les bords du Rhin. La ville est mo­deste avec seule­ment 300 000 ha­bi­tants, sup­plan­tée par sa voi­sine Co­logne (Köln en VO) à seule­ment 25 km au sud mais hé­ber­geant plus de 3,5 mil­lions de per­sonnes dans son ag­glo­mé­ra­tion. C’est donc na­tu­rel­le­ment qu’une ins­tal­la­tion aé­ro­por­tuaire d’im­por­tance fut dé­ve­lop­pée pour des­ser­vir à la fois la qua­trième ville al­le­mande (après Ber­lin, Ham­bourg et Mu­nich) et le centre po­li­tique du pays. Ini­tia­le­ment base militaire de la Luft­waffe sous le troi­sième Reich, l’aé­ro­port de Co­logne-Bonn fut ré­qui­si­tion­né par la Royal Air Force après la guerre, puis fut ou­vert au trafic ci­vil en 1951. D’im­por­tants tra­vaux

d’agran­dis­se­ment eurent lieu, avec l’ou­ver­ture de deux pistes sup­plé­men­taires et un ter­mi­nal pas­sa­gers. Le trafic conti­nua à pro­gres­ser, no­tam­ment lorsque le trans­por­teur amé­ri­cain UPS dé­ci­da d’en faire un de ses centres de ré­par­ti­tion (hub) pour l’Eu­rope. Après la dis­lo­ca­tion de l’em­pire so­vié­tique et la réuni­fi­ca­tion des deux Al­le­magne, on avait pu craindre une chute des ac­ti­vi­tés sur cet aé­ro­port : le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral était dé­sor­mais ins­tal­lé à Ber­lin, Franc­fort avait pris de l’im­por­tance comme ca­pi­tale fi­nan­cière, et les ac­ti­vi­tés mi­li­taires en­core en cours à EDDK n’avaient plus de rai­son d’être… Co­lo­gneBonn Air­port, re­bap­ti­sé Kon­rad Ade­nauer a pour­tant réus­si une forme de re­con­ver­sion dans les an­nées 2000, jus­qu’à de­ve­nir le sep­tième aé­ro­port d’Al­le­magne pour les pas­sa­gers et le troi­sième pour le fret. Le se­cret de la réus­site ? L’adap­ta­tion aux nou­veaux mar­chés. L’es­sen­tiel du trafic ici est réa­li­sé par des com­pa­gnies à bas coût : Rya­nair, Ea­syJet, Eu­ro­wings, TUI opèrent des vols ré­gu­liers (aus­si bien in­té­rieurs qu’eu­ro­péens) de­puis EDDK, et de nom­breux char­ters ex­ploitent aus­si ses pistes pour des liai­sons sai­son­nières vers les pays mé­di­ter­ra­néens. Un très im­por­tant trafic de fret est éga­le­ment ac­cueilli ici, où les gros trans­por­teurs pro­fitent d’une des rares ins­tal­la­tions ou­verte 24 heures sur 24 pour dé­li­vrer ou em­bar­quer leurs

co­lis. Il ar­rive même que des forces mi­li­taires ex­ploitent EDDK comme es­cale pour tes trans­ports lourds ou pour des mis­sions hu­ma­ni­taires.

C’est donc un aé­ro­port très en­com­bré que nous pro­pose ici Ae­ro­soft pour Pre­par3D v4. Si vous ne ju­rez que par l’avia­tion gé­né­rale, évi­dem­ment vous ris­quez d’être un peu dé­çus par ce dé­cor qui ne pro­pose pas vrai­ment d’oc­ca­sion de pro­fi­ter d’un mo­no­mo­teur de tou­risme – si ce n’est pour ex­plo­rer l’en­semble de la scène.

Taille im­po­sante

Le dé­cor est ven­du sur le site de son édi­teur au ta­rif de 28,19 eu­ros en té­lé­char­ge­ment, uni­que­ment pré­vu pour P3D v4. Le ta­rif peut sem­bler éle­vé, mais une pre­mière ex­pli­ca­tion est li­vrée au mo­ment du té­lé­char­ge­ment : 3,7 Go de don­nées, ce qui laisse de­vi­ner un conte­nu im­por­tant. Ef­fec­ti­ve­ment, la scène ne couvre pas que l’aé­ro­port et ses abords im­mé­diats, mais aus­si près de 1 000 km², une sur­face qui in­tègre une par­tie de la ville de Co­logne, le Rhin, les routes alen­tour… Les ac­qué­reurs de la scène se voient pro­po­ser deux té­lé­char­ge­ments com­plé­men­taires. En pre­mier lieu l’uti­li­taire SODE pour amé­lio­rer et pro­vo­quer cer­taines ani­ma­tions, à ins­tal­ler à la main dans le ré­per­toire de la scène (les opé­ra­tions sont dé­crites dans le ma­nuel qui ac­com­pagne le ZIP) ; en se­cond lieu, une bi­blio­thèque d’ob­jets au for­mat BGL per­met d’aug­men­ter la dis­tance de vi­si­bi­li­té des ob­jets 3D. Nous ne l’avons pas es­sayé ici, il met à rude épreuve les ca­pa­ci­tés de cal­cul de notre PC et la scène est dé­jà très com­plète telle quelle !

Trois conte­nus sont en re­vanche four­nis en stan­dard. Tout d’abord l’in­dis­pen­sable ma­nuel PDF en an­glais et al­le­mand, suc­cinct mais suf­fi­sant (il fau­drait qu’Ae­ro­soft ar­rête de pré­sen­ter dans ses ma­nuels l’ava­tar Franck, qui ne semble plus d’ac­tua­li­té dans P3D v4 !). En­suite le mo­dule NavDa­ta Pro Charts et les cartes propres à EDDK, de ma­nière à en pro­fi­ter même sans connexion In­ter­net. En­fin un ou­til de confi­gu­ra­tion aux mul­tiples op­tions pour pa­ra­mé­trer le dé­cor se­lon ses en­vies ou les ca­pa­ci­tés de la ma­chine ! Il est ain­si pos­sible d’y ré­gler la prise en compte ou non des alen­tours de l’aé­ro­port, la den­si­té d’ob­jets 3D, la qua­li­té des tex­tures… On ap­pré­cie cet ou­til (à exé­cu­ter en mode ad­mi­nis­tra­teur, ce n’est pas men­tion­né ex­pli­ci­te­ment dans la do­cu­men­ta­tion !) qui va bien plus loin que les ha­bi­tuels choix de tex­tures sai­son­nières.

La prise en compte du nou­veau dé­cor est au­to­ma­tique dans la bi­blio­thèque de P3D. Une pe­tite con­sul­ta­tion des cartes au sol laisse dé­jà en­tre­voir la taille des ins­tal­la­tions au sol, le com­plexe en­tre­lacs des pistes et taxi­ways et les

dif­fé­rentes zones spé­cia­li­sées au sein de l’aé­ro­port. Mais bien évi­dem­ment, ça ne rem­place pas une vi­site des lieux !

Au pre­mier char­ge­ment, on constate qu’ef­fec­ti­ve­ment le dé­cor re­monte à 25 km au nord de l’aé­ro­port et en­globe une bonne par­tie de la ville de Co­logne, du moins pour les tex­tures sol en haute ré­so­lu­tion et cer­tains bâ­ti­ments re­mar­quables. Le reste de l’au­to­gen est com­po­sé de construc­tions gé­né­riques dis­po­sées un peu anar­chi­que­ment, mais la scène n’ayant pas vo­ca­tion à être un dé­cor de qua­li­té VFR, on sau­ra s’en conten­ter. Au sud, Bonn est aus­si re­pré­sen­té, tou­jours en tex­tures haute ré­so­lu­tion et avec de nom­breux dé­tails 3D. Pré­ci­sons que les tex­tures va­rient se­lon les sai­sons, elles se couvrent de neige à la pé­riode ac­tuelle de l’an­née.

Reste que c’est sur­tout l’aé­ro­port qui nous in­té­resse. Et il est par­fai­te­ment réa­li­sé. Les ins­tal­la­tions au sol sont très vastes, ré­par­ties en trois grands en­sembles. La zone pas­sa­gers s’ar­ti­cule en deux es­paces dis­tincts. Le Ter­mi­nal 1 est sur­mon­té de la tour de contrôle et do­mine les par­kings. Il pos­sède deux sa­tel­lites et sur­prend par son as­pect mas­sif. Le ter­mi­nal 2, ou­vert en 2000, est plus mo­derne dans son ar­chi­tec­ture mê­lant verre et acier plu­tôt que le bé­ton du pre­mier bâ­ti­ment. Sur­prise, les in­té­rieurs sont (en par­tie) mo­dé­li­sés et on peut s’y pro­me­ner, soit avec l’ava­tar dans P3D, soit en mode trans­po­si­tion. On re­con­naît ain­si les salles d’at­tente, les zones d’em­bar­que­ment, avec des pas­sa­gers ani­més qui dé­am­bulent… Or ces pas­sa­gers se re­trouvent sur le tar­mac, ils se di­rigent vers cer­tains des nom­breux avions sta­tiques aux cou­leurs d’opé­ra­teurs réels. Les ob­jets 3D sont in­nom­brables, entre les plots de si­gna­li­sa­tion, les vé­hi­cules ani­més ou non, le per­son­nel de piste… Les pas­se­relles sont mo­biles et les portes d’em­bar­que­ment du T2 dis­posent d’un gui­dage vi­suel à des­ti­na­tion des pi­lotes. Am­biance par­faite ! Au sud s’étend la zone de fret, plus vaste en­core que celle des pas­sa­gers. Là en­core, des avions sta­tiques si­glés FedEx, UPS et DHL, des conte­neurs au sol, de l’équi­pe­ment de piste, mais pas de per­son­nage ani­mé. Si vous êtes adeptes des avions-car­gos, c’est ici qu’il fau­dra opé­rer, de jour comme de nuit ! En­fin à l’ouest, un es­pace est ré­ser­vé à la main­te­nance et l’en­tre­tien des aé­ro­nefs.

La place manque pour dé­crire les dé­tails qui four­millent ici. L’herbe est vo­lu­mé­trique, les taxi­ways et par­kings ont leurs tex­tures et mar­quages propres – on re­marque évi­dem­ment les al­véoles en­core uti­li­sées par les avions mi­li­taires qui fré­quentent EDDK. Se­lon les condi­tions mé­téo, les pistes changent d’as­pect et se « conta­minent », avec des ef­fets vi­suels convain­cants.

Des­ti­na­tion de choix

Bien évi­dem­ment cette mul­ti­pli­ca­tion d’ob­jets exige une confi­gu­ra­tion ma­té­rielle en pleine forme, même en jouant avec les ré­glages du mo­dule de confi­gu­ra­tion. Mais c’est une scène de choix pour mettre en scène les courts et moyen­cour­riers de votre flotte vir­tuelle, sur­tout aux cou­leurs d’opé­ra­teurs à bas coût ! Les pi­lotes de car­go pro­fitent évi­dem­ment d’un hub spé­cia­li­sé, de jour comme de nuit, avec des éclai­rages soi­gnés qui savent res­ter ef­fi­caces sans trop en faire. Même les villes au­tour de l’aé­ro­port pro­fitent des ef­fets lu­mi­neux. Les cartes four­nies donnent toutes les in­di­ca­tions de dé­part et d’ar­ri­vée, in­té­res­santes à suivre pour évi­ter le sur­vol de Co­logne au nord et Bonn au sud, ain­si que les res­tric­tions ho­raires se­lon les pistes uti­li­sées (in­for­ma­tions sur­tout utiles aux car­gos vo­lants qui évo­luent gé­né­ra­le­ment de nuit). La seule contrainte de notre point de vue se­rait de pou­voir ex­ploi­ter un ges­tion­naire de trafic AI en plus pour avoir une bonne im­pres­sion de la den­si­té des vols sur cette in­fra­struc­ture. Ae­ro­soft a fait un très bon tra­vail ici, mê­lant à la fois un sa­voir­faire tech­nique et un choix de des­ti­na­tion in­té­res­sant. D’où un ta­rif un peu plus éle­vé que d’ha­bi­tude, mais à notre avis par­fai­te­ment jus­ti­fié ici. Au­cun doute, nous vo­le­rons très bien­tôt à EDDK !

Les ins­tal­la­tions au sol d’après la carte NavDa­ta fournie.

Ci-des­sus : La zone fret, avec ses gros car­gos. Ci-des­sous (haut) : Le per­son­nel en at­tente de­vant le ter­mi­nal 2. Ci-des­sous (bas) : Des pas­sa­gers ani­més prennent place dans un des ap­pa­reils sta­tiques. En bas à gauche : Le mo­dule de confi­gu­ra­tion, de nom­breuses op­tions pour af­fi­ner les dé­tails ou sou­la­ger le PC.

Ci-des­sus : Vue gé­né­rale de l’aé­ro­port : en bas à droite, le ter­mi­nal 2 ; au centre, le ter­mi­nal 1 et ses deux sa­tel­lites en forme d’étoiles ; à gauche, la zone fret ; en haut, la par­tie main­te­nance. Ci-contre (haut) : L’en­vers du dé­cor : l’in­té­rieur du ter­mi­nal 2 avec ses pas­sa­gers ani­més. Ci-contre (bas) : Dé­part de sai­son, les pistes changent d’as­pect se­lon la mé­téo.

Co­logne au nord de l’aé­ro­port (vi­sible en haut de l’image) avec des tex­tures pho­to­réa­listes.

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