Militaire

Un A-4 Sky­hawk gra­tuit pour DCS

Micro Simulateur - - SOMMAIRE - ParEm­ma­nuelB­lan­chard

La pu­bli­ca­tion de cette ex­ten­sion très at­ten­due a été l’évé­ne­ment de la fin 2018 pour DCS World. Ce mo­dule gra­tuit de qua­li­té manque mal­heu­reu­se­ment de do­cu­men­ta­tion : pas de pa­nique, nos ins­truc­teurs sont là !

An­non­cé de­puis deux ans, en­fin pu­blié à la fin no­vembre 2018, le A-4 Sky­hawk pour DCS se dé­marque des autres ex­ten­sions du si­mu­la­teur par plu­sieurs as­pects. Tout d’abord, il est gra­tuit, et vrai­ment gra­tuit ! Pas de coût ca­ché pour dé­blo­quer des fonc­tions, pas d’op­tion pre­mium, et les au­teurs vont même jus­qu’à re­fu­ser toute do­na­tion. Cet ap­pa­reil n’est pas le ré­sul­tat du tra­vail d’une équipe pro­fes­sion­nelle - au sens com­mer­cial du terme - mais il a été mo­dé­li­sé par un groupe de pas­sion­nés, pour des pas­sion­nés (voir en­ca­dré page sui­vante). Il ne s’agit pas d’un mo­dèle 3D ex­té­rieur re­pre­nant le com­por­te­ment et le cock­pit d’une ex­ten­sion dé­jà exis­tante, comme on l’a dé­jà vu dans DCS, mais bel et bien d’un ap­pa­reil com­plet, avec son ar­me­ment propre, son cock­pit vir­tuel, ses sys­tèmes em­bar­qués et son mo­dèle phy­sique de com­por­te­ment en vol. Il n’est pas en­core to­ta­le­ment fi­na­li­sé, nous y re­vien­drons au fil de cet ar­ticle, mais d’autres pro­duits payants (et chers !) pu­bliés en ac­cès an­ti­ci­pé nous ont ha­bi­tués à bien pire en la ma­tière ! Dans ces condi­tions, le A-4 Sky­hawk mé­rite toute l’at­ten­tion des pi­lotes vir­tuels, à plus forte rai­son quand ceux qui sou­haitent pro­fi­ter de DCS World sans trop in­ves­tir ont dé­jà épui­sé les pos­si­bi­li­tés du Su-25T par dé­faut !

Seul pe­tit hic : le A-4 est four­ni sans do­cu­men­ta­tion par dé­faut, sans mis­sion d’en­traî­ne­ment ; si des conte­nus ad­di­tion­nels (tu­to­riels, li­vrées…) sont pro­po­sés par des tiers, tout ou presque est ré­di­gé en an­glais, ce qui pour­rait re­bu­ter cer­tains de nos lec­teurs hexa­go­naux. D’où notre idée de par­ler de l’ex­ten­sion dans la ru­brique Pra­tique plu­tôt que de le trai­ter comme un test clas­sique. De cette ma­nière, nous vous pro­po­sons une vi­site gui­dée de l’ap­pa­reil, en es­pé­rant vous convaincre de l’ajou­ter à votre han­gar vir­tuel ! Alors sans perdre de temps, on branche ses pé­ri­phé­riques, on fait chauf­fer son PC et on s’ap­prête à

mon­ter dans ce « scoo­ter » vo­lant, pour re­prendre le sur­nom du A-4 en vi­gueur dans les forces amé­ri­caines…

Pour ré­cu­pé­rer le Sky­hawk…

L’ex­ten­sion étant gra­tuite et « of­fi­cieuse », elle ne fi­gure pas dans la ru­brique des ex­ten­sion sdu­si­tewww. di­gi­tal com­bats imu la tor.com.P our­ler écu­pé­rer,ilf au tal­ler dans les fo­rum s du site, à la ru­brique DCS World To­pics, puis Mods and Apps, en­fin DCS Mods, et cher­cher le su­jet Now Avai­lable : Com­mu­ni­ty

A-4E-C Mod (il y a de grandes chances que ce su­jet fi­gure sur la pre­mière page du sous-fo­rum). À la pre­mière page du fil consa­cré au A-4 fi­gure un lien Google Drive pour ac­cé­der à la page de té­lé­char­ge­ment de l’ex­ten­sion. Pre­nez soin à bien té­lé­char­ger la ver­sion la plus ré­cente (dans notre cas c’était la v1.01.1) qui est conte­nue dans une archive ZIP de 460 Mo. Une fois dé­com­pres­sée, cette archive livre un ré­per­toire Mods/Air­craft/A-4E-C. Il faut pla­cer le conte­nu du dos­sier A4E-C dans le dos­sier des par­ties sau­ve­gar­dées de DCS : il doit se trou­ver par dé­faut à l’em­pla­ce­ment C:\Uti­li­sa­teurs\(nom d’uti­li­sa­teur)\Par­ties en­re­gis­trées\DCS (ou DCS OpenBe­ta, les deux peuvent co­ha­bi­ter sans sou­cis). Au sein de ce dos­sier il suf­fit de res­pec­ter l’ar­bo­res­cence DCS\Mods\Air­craft\ ; pour faire rapide, on peut co­pier di­rec­te­ment le dos­sier Mods is­su de l’archive dans le dos­sier des par­ties DCS, mais sur­tout pas dans le dos­sier où est ins­tal­lé DCS World (quelle que soit la ver­sion). Pré­ci­sons que toute la pro­cé­dure est dé­taillée sur le fo­rum, mais en an­glais. Au dé­mar­rage sui­vant de DCS, le A-4 se­ra bien pré- sent dans la liste des mo­dules et dans les ap­pa­reils pi­lo­tables de l’édi­teur de mis­sions - on pro­fite même d’un thème de bu­reau consa­cré au Sky­hawk. De nom­breuses li­vrées ac­com­pagnent dé­jà le pack de base, sur­tout pour les forces amé­ri­caines (U.S. Na­vy, Ma­rines Corps, Agres­sors) mais aus­si quelques uti­li­sa­teurs plus exo­tiques.

Pré­pa­ra­tion

Avant de sau­ter en cock­pit, quelques ré­glages sont re­com­man­dés, ne se­rait-ce que dans le pan­neau des af­fec­ta­tions de com­mandes ( fig. 1). Il faut d’abord vé­ri­fier la bonne cor­res­pon­dance des axes de contrôle avec le(s) pé­ri­phé­rique(s) uti­li­sé(s). Nous re­com­man­dons éga­le­ment de pré­ci­ser ou mo­di­fier les fonc­tions sui­vantes, in­dis­pen­sables au pi­lo­tage du A-4 même pour dé­bu­ter :

com­mandes de trim, dans la ru­brique des contrôles de vol ; ●

ca­cher/mon­trer l e manche (ru­brique Gé­né­ral/Hide/show ●

con­trol stick) ; vo­lets ren­trés et ren­trés/sor­tis (ru­brique sys­tèmes) : les vo­lets ● du A-4 ne se dé­ploient pas par crans suc­ces­sifs mais pro­gres­si­ve­ment tant qu’on ap­puie sur le bou­ton cor­res­pon­dant ; en re­vanche ils se re­lèvent jus­qu’en po­si­tion fi­nale.

fonc­tions de tir : le Sky­hawk pos­sède deux bou­tons pour ● les ar­me­ments. Le pre­mier (ru­brique Ar­me­ments/Wea­pon Fire) sert au tir de ro­quettes, mis­siles et ca­nons, le se­cond (ru­brique

Wea­pons/Tir ar­me­ment BRM) pour les bombes. Le reste des fonc­tions est moins im­por­tant et le cock­pit vir­tuel avec zones à cli­quer per­met de pal­lier l’ap­pren­tis­sage des

nom­breux rac­cour­cis. Néan­moins plu­sieurs fonc­tion­na­li­tés ne sont pas en­core dis­po­nibles pour la ver­sion 1.01 du Sky­hawk, il est in­utile pour le mo­ment de s’y at­tar­der. Ce sont prin­ci­pa­le­ment :

la ra­dio de bord ; ●

les fonc­tions de ra­vi­taille­ment en vol (en tant que ci­terne ou ● re­ce­veur) ;

les bombes gui­dées par TV Wal­leye ; ●

le mo­dule de guerre élec­tro­nique. ●

Ga­geons que ces sys­tèmes et ar­me­ments se­ront im­plé­men­tés dans de fu­tures mises à jour. No­tez que nous avons uti­li­sé ici le A-4E tel que four­ni dans l’archive de base. Car dé­jà des mods tiers sont ap­pa­rus pour amé­lio­rer les pos­si­bi­li­tés de l’ap­pa­reil, mais ils risquent d’in­ter­fé­rer avec le mo­dule de la com­mu­nau­té et risquent de pro­vo­quer des bugs. Pour le mo­ment, mieux vaut faire simple !

Ce qui suit sup­pose que vous avez dé­jà la maî­trise de DCS World pour son édi­teur de mis­sions (il n’est pas com­pli­qué à uti­li­ser même pour un dé­bu­tant), que vous con­nais­sez les rac­cour­cis prin­ci­paux et les ar­me­ments de base pré­sents dans le si­mu­la­teur d’Eagle Dy­na­mics. Pour le reste, sui­vez notre guide…

Dé­mar­rage

Le A-4 est po­si­tion­né par une belle après-mi­di es­ti­vale sur un aé­ro­port militaire, en mode « dé­mar­rage à froid au par­king ». No­tez que ces opé­ra­tions se dé­roulent sur une base ter­restre. Lors de nos essais em­bar­qués, plu­sieurs bugs ont eu lieu (jus­qu’au plan­tage de DCS) et pour le mo­ment mieux vaut évi­ter de par­tir de­puis un porte-avions. Le pi­lote est dé­jà à bord, la ver­rière est ou­verte, mais le mo­teur est éteint. La pro­cé­dure de lancement est très simple et rapide dans DCS World. On com­mence par uti­li­ser le me­nu ra­dio (même si cet équi­pe­ment n’est pas en­core to­ta­le­ment opé­ra­tion­nel) pour contac­ter les équipes au sol et de­man­der le bran­che­ment du groupe de parc dans les op­tions af­fi­chées à l’écran. Ce­la pro­voque l’ap­pa­ri­tion du cha­riot d’ali­men­ta­tion auxi­liaire ( fig. 2) qui four­nit l’élec­tri­ci­té et l’air com­pri­mé né­ces­saires au dé­mar­rage. Sur la console de gauche, on presse le bou­ton Start ( fig. 3) et on sur­veille le ca­dran du ré­gime mo­teur ( fig. 4). Lorsque le ré­gime est à 5 %, la ma­nette des gaz est dé­ver­rouillée - un clic droit suf­fit. Et quand le ré­gime par­vient à 15 %, la ma­nette est avan­cée en po­si­tion ra­len­ti ( idle, deuxième clic droit). On laisse le mo­teur

grim­per en ré­gime (mais tou­jours au ra­len­ti) jus­qu’à 50 % et on peut de­man­der à l’équipe au sol la dé­con­nexion du groupe auxi­liaire. Fer­mez la ver­rière, ar­mez les spoi­lers (console de gauche), al­lu­mez le feu de taxi, et votre Sky­hawk est prêt à rou­ler. No­tez qu’on peut sou­hai­ter au préa­lable pro­gram­mer le sys­tème de na­vi­ga­tion ; mais il se ré­vèle de peu d’uti­li­té dans DCS (deux points tour­nants pro­gram­mables seule­ment) et l’ali­gne­ment de sa cen­trale de­mande cinq mi­nutes de mise en route sans bou­ger. On pas­se­ra outre dans notre cas !

Le rou­lage est simple, le train avant re­lié au pa­lon­nier ré­pond im­pec­ca­ble­ment sans même avoir à ex­ploi­ter le bou­ton d’ac­ti­va­tion de la roue di­rec­trice. En re­vanche, le frei­nage est plu­tôt faible, il ne faut pas cir­cu­ler trop vite (moins de 15 kts). On pro­fite de cette phase pour sor­tir les vo­lets en po­si­tion in­ter­mé­diaire, pré­ci­sée par un in­di­ca­teur en cock­pit ( fig. 5) et en se rap­pe­lant que le dé­ploie­ment est pro­gres­sif alors que le re­lè­ve­ment se fait d’un coup. Un ma­nuel trou­vé sur In­ter­net re­com­mande de ré­gler le trim à 8° haut, mais cette va­leur nous semble ex­ces­sive (ou alors pour un ca­ta­pul­tage), une va­leur de 5° est suf­fi­sante de­puis une piste au sol. Une fois ali­gné, les freins sont ser­rés et le ré­gime mo­teur pous­sé à 90 %. On lâche alors les freins et on laisse l’ap­pa­reil ac­cé­lé­rer. Il suf-

fit de sur­veiller le ba­din, la vi­tesse de ro­ta­tion de 130 kts est clai­re­ment in­di­quée sur le ca­dran ( fig. 6). on tire lé­gè­re­ment sur le manche, on rentre le train aus­si­tôt, puis les vo­lets à 150 kts.

En vol

Une fois en l’air, on réa­lise à quel point le Sky­hawk est vif aux com­mandes : tan­gage et rou­lis ré­pondent im­mé­dia­te­ment au manche, même avec un ap­pa­reil char­gé. L’avion se ré­vèle in­stable, im­po­sant d’in­ces­santes cor­rec­tions mal­gré un trim cor­rec­te­ment ajus­té. Ce qui n’est guère gê­nant en phase de com­bat où les ma­noeuvres s’en­chaînent de­vient aga­çant en vol de croi­sière. Heu­reu­se­ment l’ap­pa­reil est équi­pé d’un pi­lote au­to­ma­tique ru­di­men­taire, l’AFCS. Ses contrôles sont si­tués en bas de la console de gauche ( fig. 7). Il faut d’abord ar­mer le sys­tème en vé­ri­fiant que le bou­ton prin­ci­pal est en po­si­tion Stand­by, il faut trente se­condes pour ar­mer le pi­lote au­to. En­suite, en vol, on passe le com­mu­ta­teur prin­ci­pal sur En­gage, puis on place ma­nuel­le­ment l’avion en pa­lier (ou presque, c’est-à-dire sans vi­tesse ver­ti­cale im­por­tante ni in­cli­nai­son la­té­rale trop mar­quée) et on sé­lec­tionne l’un des modes prin­ci­paux. Le com­mu­ta­teur HDG ac­tive le sui­vi d’un cap, in­di­qué dans la pe­tite fe­nêtre nu­mé­rique (cap 36° dans notre cap­ture) et ré­glé à l’aide de la mo­lette SET. Le com­mu­ta­teur ALT fait conser­ver l’al­ti­tude ba­ro­mé­trique ac­tuelle de l’avion. L’en­semble du sys­tème au­to­ma­tique est désac­ti­vé lors­qu’on

bouge les com­mandes de vol. Pas d’aide au­to­ma­ti­sée à l’at­ter­ris­sage ou au vol sans vi­si­bi­li­té, mais pour re­joindre la zone de com­bat ces deux modes sont très suf­fi­sants.

Une des particularités du A-4 étant d’opé­rer à basse al­ti­tude pour ses passes d’attaque, l’avion est équi­pé de deux ra­dars : le pre­mier pour l’al­ti­tude, le se­cond pour dé­tec­ter les obs­tacles. Le pre­mier se règle par une mo­lette à la base de son in­di­ca­teur, où on sé­lec­tionne l’al­ti­tude d’alerte mo­dé­li­sée par un re­père sur le ca­dran ( fig. 8). Des alertes so­nore et vi­suelle (voyant rouge « Laws ») pré­viennent le pi­lote lors­qu’il est sous la li­mite fixée. Le deuxième ra­dar (propre à la ver­sion C du Sky­hawk) est un an­cêtre des ou­tils d’évi­te­ment de ter­rain. Son grand écran trône sur la planche prin­ci­pale, ses contrôles sont si­tués sur la console gauche, entre l’AFCS et la ma­nette des gaz ( fig. 9). Il faut d’abord faire chauf­fer le sys­tème pen­dant au moins trois mi­nutes en pla­çant son bou­ton ro­ta­tif sur STBY. Puis on sé­lec­tionne un des modes dis­po­nibles… En­fin en théo­rie ! Car nous avouons hum­ble­ment que le mode SRCH (pour

Search, cen­sé ai­der au re­pé­rage des cibles au sol) et le mode A/G (pour le ci­blage) ne nous ont pas par­ti­cu­liè­re­ment convain­cus par leur uti­li­sa­tion ! En re­vanche le mode TC ( Ter­rain Contour) est utile pour les vols à basse al­ti­tude. Au préa­lable on bas­cule le bou­ton Angle of At­tack

Comp( en­sa­tion) sur ON pour que l’an­tenne du ra­dar adopte na­tu­rel­le­ment un plan ho­ri­zon­tal, quelle que soit l’at­ti­tude de l’ap­pa­reil. Mais il est aus­si pos­sible de gar­der l’an­tenne so­li­daire de l’ap­pa­reil, voire de mo­di­fier son in­cli­nai­son vers le haut ou le bas avec le bou­ton ro­ta­tif TILT à gauche du pan­neau des ré­glages ra­dar.

Une fois le mode TC ac­ti­vé, on re­passe sur la planche prin­ci­pale. Par dé­faut, l’écran ra­dar pré­sente une vue du plan ho­ri­zon­tal : l’avion est mo­dé­li­sé par une pe­tite sil­houette en bas de l’écran, et les échos re­pré­sentent les obs­tacles qui se pré­sentent de­vant l’ap­pa­reil. En bas­cu­lant le bou­ton de por­tée

Long/Short sous le mo­ni­teur, on change la por­tée de 20 à 10 nau­tiques ( fig. 10). Le deuxième sous-mode de TC est l’aper­çu ver­ti­cal : le bou­ton Pro­fil/Plan bas­cu­lé en po­si­tion Pro­fil af­fiche les re­liefs de­vant l’ap­pa­reil, ce­lui-ci étant re­pré­sen­té par une sil­houette à gauche du mo­ni­teur ( fig. 11). Une ligne conti­nue mo­dé­lise l’al­ti­tude de l’ap­pa­reil, les échos ra­dars in­diquent les élé­va­tions du ter­rain de­vant le Sky­hawk. Lorsque la ligne passe sous les re­liefs, une alarme vi­suelle (« OBST ») et so­nore aver­tissent le pi­lote. Et là en­core, on peut jouer sur la por­tée du ra­dar.

Cette par­tie sur le vol en A-4 ne se­rait pas com­plète sans une men­tion du TACAN, prin­ci­pale source de na­vi­ga­tion dans l’ap­pa­reil. Les ré­glages de fré­quences se font sur la console de droite ( fig. 12). Le com­mu­ta­teur doit d’abord être pla­cé sur REC pen­dant quelques mi­nutes pour faire chauf­fer le sys­tème, puis T/R pour les ba­lises au sol (ou A/A pour les ra­vi­tailleurs, mais non fonc­tion­nels en­core). La fré­quence de la ba­lise (en X uni­que­ment) est ca­lée sur le tu­ner ro­ta­tif. Puis sur la planche prin­ci­pale, le com­mu­ta­teur BDHI est pla­cé sur TACAN ; l’in­di­ca­teur de nav pointe alors sa flèche double en di­rec­tion de l’émet­teur et la dis­tance est men­tion­née dans le ca­dran ( fig. 13).

Les ar­me­ments

Le Sky­hawk n’em­porte pas d’ar­me­ments so­phis­ti­qués, confor­mé­ment à son ori­gine qui im­po­sait une sim­pli­ci­té de mise en oeuvre. Il com­porte

deux ca­nons de 20 mm aux em­plan­tures des ailes, ar­més via un pous­soir du pan­neau d’ar­me­ments (GUN) et dé­clen­chés par la dé­tente du manche. Pe­tite re­com­man­da­tion, désac­ti­vez les ca­nons par pré­cau­tion, si­non le tir de mis­siles ou de ro­quettes pro­vo­que­ra aus­si le tir des obus… Les armes ac­tuelles sont les sui­vantes :

ro­quettes : pa­niers de 4 ZUNI ou 19 ● FFAR qui peuvent être ex­plo­sives (HE), an­ti­blin­dage (HEAT) ou fu­mi­gènes (WP) ;

bombes : mu­ni­tions de 227 à ● 907 kg, frei­nées ou non, ré­par­ties sur des éjec­teurs mul­tiples ; ce­la in­clut éga­le­ment les bombes à frag­men­ta­tion et les Mk-77 conte­neurs de na­palm (équi­va­lents à des bombes clas­siques dans DCS) ;

bombes en grappes : elles dis­pen● sent des sous-mu­ni­tions peu puis­santes sur de larges sur­faces ;

ca­nons en na­celle : jus­qu’à trois de ces conte­neurs peuvent ● être em­por­tés. Ils doivent être préa­la­ble­ment ac­ti­vés par les sé­lec­teurs pla­cés un peu au-des­sus de la ma­nette des gaz ;

mis­siles an­ti­ra­dar : les AGM-45 Sh­rike sont la pre­mière gé­né● ra­tion de mis­siles an­ti­ra­dia­tion. Une fois ti­rés, ils se di­rigent au­to­ma­ti­que­ment vers l’an­tenne émet­trice la plus proche et la plus puis­sante de­vant l’avion. Mal­heu­reu­se­ment le A-4 n’est pas équi­pé d’un dé­tec­teur de ra­dar, les Sh­rike sont lan­cés un peu au ha­sard ou sur des cibles re­pé­rées par des sources tierces ;

mis­siles air-air : em­ployés pour l’au­to­dé­fense, ils si­gnalent ● leur ac­ti­va­tion par un si­gnal au­dio conti­nu qui de­vient ai­gu lors­qu’une cible est ver­rouillée. La por­tée est ré­duite (au­tour de 1,2 nau­tique), mais la ma­nia­bi­li­té et la taille ré­duite du Sky­hawk en font un ap­pa­reil re­dou­table en dog­fight !

La mise en oeuvre des ar­me­ments de­mande un peu de dis­ci­pline. Il faut d’abord ap­pri­voi­ser le pan­neau de ges­tion des armes, pla­cé der­rière le manche ( fig. 14). Il com­porte plu­sieurs sous-mo­dules :

l’ac­ti­va­teur MAS­TER : un com­mu­ta­teur à pla­cer en po­si­tion ● haute, c’est un peu la sécurité de tir (sauf pour les ca­nons in­ternes qui ont leur propre com­mu­ta­teur d’ac­ti­va­tion GUNS) ;

le sé­lec­teur d’ar­me­ment : gros bou­ton blanc ro­ta­tif par dé­faut ● sur OFF, à pla­cer sur Ro­ckets pour les ro­quettes (et oui !) ou sur

Bombs & GM pour les autres mu­ni­tions ; les sé­lec­teurs de py­lônes : cinq com­mu­ta­teurs ali­gnés qui ● cor­res­pondent aux points d’em­port de gauche à droite. Ils sont par dé­faut en po­si­tion basse (OFF), il faut les pla­cer en po­si­tion haute (REA­DY) pour ac­ti­ver l’em­port sé­lec­tion­né ;

le sé­lec­teur de fu­sée : pour ar­mer les bombes, à po­si­tion­ner ● sur Nose & Tail de pré­fé­rence.

Sous ce pan­neau se trouve le ges­tion­naire de tir AWRS ( fig. 15), em­ployé pour les bombes ou ro­quettes. At­ten­tion, les choses se corsent ! Tout dé­pend à la fois du type et du nombre de mu­ni­tions em­por­tées. Le sé­lec­teur QTY de gauche per­met de choi­sir la quan­ti­té de pro­jec­tiles à ti­rer : 2, 3, jus­qu’à 40 (pour des ro­quettes). Le sé­lec­teur cen­tral règle l’in­ter­valle de lar­gage, en mil­li­se­condes, mais on ne s’en sert que ra­re­ment. En re­vanche, le sé­lec­teur de mode à droite est pri­mor-

dial. Il est di­vi­sé en deux sec­teurs : STEPS à gauche, RIPPLE à droite, cha­cun des sec­teurs com­po­sé des ré­glages

Single/Pair/Sal­vo. La par­tie STEPS pro­voque le lar­gage ou le tir à chaque pres­sion de la dé­tente (ou du bou­ton de lar­gage) ; la par­tie RIPPLE pro­voque les tirs aux in­ter­valles ré­glés sur le sé­lec­teur cen­tral tant que la dé­tente est pres­sée. En­suite l’op­tion Single ne fait par­tir les mu­ni­tions que sur un point d’em­port, alors que Pair ef­fec­tue un lar­gage sy­mé­trique (du moins si les sé­lec­teurs de py­lônes ont été cor­rec­te­ment confi­gu­rés) et Sal­vo tire tous les py­lônes ac­tifs… Mais en fonc­tion de la quan­ti­té choi­sie sur le sé­lec­teur 1 !

Un exemple étant plus par­lant, ima­gi­nons que l’ap­pa­reil em­barque six bombes en deux fois trois sur les py­lônes in­té­rieurs 2 et 4. Le pi­lote sé­lec­tionne donc Bombs

& GM, puis les py­lônes 2 et 4. Sur l’AWRS, il place QTY sur 2, Mode sur STEP/PAIR. Il ef­fec­tue son pi­qué sur la cible et presse le bou­ton de lar­gage. Une bombe à droite et une à gauche sont éjec­tées… Avec QTY sur 4, ce sont 4 bombes (deux à droite, deux à gauche) qui sont lar­guées. Mais si on a QTY 2 et STEP/SINGLE, deux bombes sur le même py­lône sont lar­guées (ce qui va dés­équi­li­brer l’ap­pa­reil). N’hé­si­tez pas à en­chaî­ner les essais pour ap­pri­voi­ser ce sys­tème, il est rus­tique mais fi­na­le­ment pra­tique pour des passes d’attaque.

Reste le pro­blème du ci­blage. Le col­li­ma­teur est ru­di­men­taire, et doit être ré­glé en fonc­tion des mu­ni­tions, de la vi­tesse et de l’al­ti­tude de l’ap­pa­reil. On change la hausse avec une mo­lette si­tuée à gauche sous le vi­seur ( fig. 16), mal­heu­reuse- ment au­cune table n’est fournie pour trou­ver les bonnes va­leurs. Donc il fau­dra s’en­traî­ner là aus­si : du­rant nos essais, nous avons ob­te­nu d’as­sez bons ré­sul­tats en ca­lant le vi­seur sur une va­leur entre 40 et 60.

Re­tour

Pour sa dé­fense, le Sky­hawk ne dis­pose que d’un éjec­teur de contre-me­sures, si­tué à gauche du cock­pit ( fig. 17). Il s’ac­tive avec le bou­ton PWR et de­mande une mi­nute de pré­chauf­fage. Le bou­ton su­pé­rieur per­met de sé­lec­tion­ner l’éjec­tion des paillettes mé­tal­liques ou chaffs (po­si­tion 1) contre les mis­siles à gui­dage ra­dar, des leurres in­can­des­cents ou flares (po­si­tion 2) contre les mis­siles à gui­dage in­fra­rouge, ou les deux en po­si­tion Both. Pen­sez juste à af­fec­ter une com­mande à l’éjec­tion des contre-me­sures.

Évi­dem­ment, cette pré­sen­ta­tion gui­dée du Sky­hawk ne se­rait pas com­plète sans un pa­ra­graphe sur l’at­ter­ris­sage. L’avion ne dis­pose pas d’ILS et reste donc sou­mis à de bonnes condi­tions de vi­si­bi­li­té. En contre­par­tie, il est maniable et agile, il ac­cepte

des ap­proches que d’autres avions ju­ge­raient im­pos­sibles ! L’ar­ri­vée dans le cir­cuit se fait au­tour de 200 kts, on ra­len­tit grâce aux aé­ro­freins plu­tôt ef­fi­caces. La check-list re­com­mande de vé­ri­fier que tous les ar­me­ments sont désac­ti­vés, les spoi­lers sur OFF, mais ce der­nier point reste su­jet à dé­bat. Sous cette vi­tesse, on peut sor­tir le train et les pleins vo­lets. On en­tame la fi­nale à l’al­ti­tude de 1 000 ft/sol entre 120 et 170 kts. L’in­di­ca­teur d’angle d’attaque, à gauche de la ver­rière, af­fiche trois lu­mières : flèche rouge, l’avion penche trop en avant ; rond jaune, po­si­tion idéale ; flèche verte, l’avion est trop ca­bré - mais ce n’est pas rédhibitoire. Du­rant cette phase, mieux vaut com­pen­ser la vi­tesse ver­ti­cale avec les gaz qu’au manche, au risque de se re­trou­ver en dé­cro­chage (sous les 120 kts). Il est re­com­man­dé d’ac­ti­ver plu­sieurs fois les freins de roue (comme pour les pom­per) afin qu’ils soient ef­fi­caces au tou­cher des roues. Ali­gne­ment fi­nal face au vent, vi­tesse ver­ti­cale in­fé­rieure à 200 ft/min, le train prin­ci­pal touche et aus­si­tôt des vo­lets d’ex­tra­dos se dé­ploient. On pousse le manche pour for­cer la roue avant en même temps qu’on coupe les gaz, et on pompe les freins. Mais ceux-ci se ré­vèlent sous-di­men­sion­nés et une bonne lon­gueur de piste est à pré­voir, même avec un ap­pa­reil à vide… Cer­tains A-4 étaient équi­pés d’un pa­ra­chute, le rac­cour­ci cla­vier est même pré­vu, mais vi­si­ble­ment cette ver­sion vir­tuelle en est dé­mu­nie - du moins pour le mo­ment. No­tez aus­si que le Sky­hawk pos­sède un as­sis­tant au­to­ma­tique qui gère l’angle d’attaque et la puis­sance mo­trice, l’APC dont les com­mandes sont si­tuées au-des­sus de la ma­nette des gaz. Mais nous avons pré­fé­ré nous en pas­ser, on se pose très bien sans lui !

Si le A-4 connaît quelques sou­cis pour les ca­ta­pul­tages, ce n’est pas le cas des ap­pon­tages, par­fai­te­ment fonc­tion­nels ( fig. 18). Les grandes lignes sont les mêmes que pour un at­ter­ris­sage au sol, si ce n’est que la crosse doit être dé­ployée, l’al­ti­tude lé­gè­re­ment re­vue à la hausse (c’est haut un pont de porte-avions !) et l’angle d’attaque plu­tôt dans le vert que le jaune. Le mi­roir d’ap­pon­tage est une aide pré­cieuse et la faible vi­tesse en fi­nale au­to­rise des cor­rec­tions ef­fi­caces. Il faut pen­ser au ré­flexe des pi­lotes em­bar­qués, pous­ser les gaz à fond dès que le train touche le pont. Si la crosse ac­croche un brin, on baisse aus­si­tôt le ré­gime ; mais si on rate, on est as­su­ré d’avoir une ré­serve de puis­sance pour re­par­tir.

Nous es­pé­rons vous avoir four­ni les pre­mières in­for­ma­tions in­dis­pen­sables pour es­sayer ce Sky­hawk et l’ajou­ter à votre flotte de com­bat. L’ap­pa­reil n’est pas par­fait, il com­porte en­core la­cunes et bugs, mais il se ré­vèle au ni­veau de plu­sieurs ad­dons payants alors qu’il est to­ta­le­ment gra­tuit ! Il pour­rait même don­ner en­vie à cer­tains de se mettre à DCS World, dans la me­sure où le lo­gi­ciel de base est gra­tuit lui aus­si. Il im­pose une dis­ci­pline de vol et évoque l’avia­tion de com­bat du dé­but des an­nées soixante… Et jus­qu’aux an­nées quatre-vingt, quand les Sky­hawk ar­gen­tins ont pré­le­vé un lourd tri­but sur les na­vires bri­tan­niques en­ga­gés aux Ma­louines.

Fig. 1 : Les af­fec­ta­tions de com­mandes sont vé­ri­fiées et si be­soin est mo­di­fiées puis va­li­dées. Bien que le Sky­hawk ne soit pas aus­si pous­sé en réa­lisme que d’autres mo­dules pour DCS, il pré­sente des particularités qui lui sont propres.

Fig. 3 : Em­pla­ce­ment du bou­ton START pour le dé­mar­rage du ré­ac­teur. Fig. 4 : Le ré­gime est sur­veillé : à 5 %, la ma­nette des gaz est dé­ver­rouillée, à 15 % elle passe en po­si­tion de ra­len­ti. Fig. 5 : L’in­di­ca­teur des vo­lets, ici sor­tis en po­si­tion in­ter­mé­diaire. Fig. 3 Fig. 4 Fig. 5

Fig. 6 : Un re­père sur le ba­din, en­vi­ron 135 kts, in­dique vi­suel­le­ment la vi­tesse de ro­ta­tion.

Fig. 2 : Le groupe de parc est bran­ché, on peut lan­cer le mo­teur.

Is­raël fit un usage in­ten­sif de ses A-4 du­rant la guerre du Kip­pour.

Fig. 8 : Vol à très basse al­ti­tude (voyants d’alerte al­lu­més), la li­mite de l’al­ti­mètre ra­dar a été fixée à 170 ft par la mo­lette à gauche sous le ca­dran.

Fig. 7 : Le mo­dule AFCS et ses contrôles pour le pi­lote au­to­ma­tique.

Fig. 9 : Les com­mandes du ra­dar em­bar­qué, uti­li­sé prin­ci­pa­le­ment en mode TC (ici en STBY).

Une cap­ture qui de­vrait rap­pe­ler un film à cer­tains…

Fig. 10 : Le ra­dar en mode plan (po­si­tion de l’avion au bout de la flèche), les re­liefs du ri­vage sont mo­dé­li­sés droit de­vant.

Fig. 11 : Le ra­dar en mode pro­fil : la ligne conti­nue in­dique l’al­ti­tude de l’ap­pa­reil, les échos re­pré­sentent le re­lief qui dé­passe notre tra­jec­toire.

Dé­si­gna­tion d’ob­jec­tif avec des fu­mi­gènes, une des fonc­tions des der­niers A-4 en ser­vice.

Fig. 14 : Le pan­neau d’ar­me­ment, on com­prend pour­quoi il est bon d’es­ca­mo­ter l’af­fi­chage du manche !

Fig. 13 : L’in­di­ca­teur TACAN de la planche de bord : la ba­lise est au cap 80°, dans nos deux heures, et à 36 nau­tiques.

Fig. 12 : Les ré­glages TACAN sur la console droite.

Lour­de­ment char­gé, le Sky­hawk ri­va­lise avec des bom­bar­diers plus vo­lu­mi­neux.

Fig. 15 : Le ges­tion­naire AWRS, en bas du pan­neau d’ar­me­ment.

Fig. 16 : Le ré­glage du vi­seur : il im­plique une bonne dose d’em­pi­risme !

Mis­sion SEAD avec deux mis­siles an­ti­ra­dar Sh­rike.

Fig. 17 : Le mo­dule des contre-me­sures, à gauche de la ver­rière.

Passe d’attaque avec la na­celle ca­non.

Fig. 18 : Ap­pon­tage réus­si !

Tou­ch­down réus­si, mais il va fal­loir frei­ner et s’ar­rê­ter !

« Ma­ve­rick, tu es à ma pogne ! ».

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