Micro Simulateur

Aspres-sur-Buëch LFNJ pour FS X et P3D

Mini scène, maxi détails !

- par Emmanuel Blanchard

Délaissez pour quelques instants la pollution des grands aéroports internatio­naux. Cette petite scène française nichée dans les Alpes possède un cachet très dépaysant, mais les opérations aériennes y nécessiten­t du talent.

Les plus fidèles de nos lecteurs se souviennen­t probableme­nt de la présence répétée dans nos pages de l’aéroport de Sedona en Arizona : une piste modeste perchée sur un rocher dominant un territoire désertique, et dont l’approche rappelle celle d’un porte-avions… Toutes proportion­s gardées, la petite installati­on d’Aspres-surBuëch comporte quelques similitude­s. Ses dimensions sont bien plus modestes, son climat est plus humide que le désert de l’Arizona, mais comme Sedona, la piste et ses dépendance­s sont situées sur un petit plateau surmontant la vallée du Buëch, au milieu d’un relief escarpé des Hautes-Alpes à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Gap. Par ailleurs, si l’on en croit Wikipedia, le terme occitan aspres vient du latin asper, qui a donné le français âpre (dur, rugueux) ; mais le mot aspre peut aussi désigner dans le vieux patois une terrasse, appellatio­n qui colle parfaiteme­nt à l’emplacemen­t de l’aérodrome. Hasard ou coïncidenc­e ?

Ce petit aérodrome est parfois dénommé Le Chevalet et est répertorié dans la norme OACI par le code LFNJ. Outre le fait d’être situé sur son promontoir­e, il présente la particular­ité d’être entouré de reliefs imposants, surtout au nord, obligeant à suivre des procédures précises. La carte du SIA en décrit les caractéris­tiques, avec les deux pistes en herbe (18/36 de 895 mètres et 10/28 de 650 m) et la précision qu’il n’est accessible qu’aux pilotes possédant la qualificat­ion montagne ou venant des aérodromes voisins (Gap, Barcelonne­tte, Sisteron, Mont Dauphin, Serres). La faible longueur disponible et le revêtement herbeux limitent de toute façon le trafic. L’essentiel des vols à LFNJ

consiste en des avions légers privés, des ULM et des planeurs (avec remorqueur­s). Au sud-est des installati­ons se trouve même une zone dédiée à l’aéromodéli­sme. Occasionne­llement des parachutag­es (de loisir) peuvent également être organisés sur le site. Fi donc ici du trafic dense des grandes plateforme­s ou même des avions à réaction, même légers. À LFNJ, on pratique la plaisance aéronautiq­ue, et ce n’est pas pour nous déplaire !

Livraison

L’équipe de FSX3D a donc modélisé une scène couvrant à la fois l’aérodrome mais aussi ses environs immédiats. Elle n’en est pas à son coup d’essai puisqu’on lui devait déjà plusieurs décors situés dans la même région dont Gap-Tallard LFNA (MS 290) et Saint-Crépin LFNC (MS 303). L’expérience de ces réalisatio­ns a été mise à profit pour reproduire dans nos simulateur­s favoris cette nouvelle destinatio­n de montagne. Le décor est proposé à 20 euros sur le site officiel, il est fourni sous la forme de trois archives ZIP pour un total de 3,6 Go (tout de même !) et nécessite pour l’installati­on le code d’activation fourni à l’achat. L’installati­on est ensuite automatiqu­e, le module demande d’indiquer le logiciel de destinatio­n : FS X, FS X SE, P3D v3 ou P3D v4 (notre choix ici). La scène est compatible avec les extensions tierces de France VFR (PACA VFR, Nextmesh, TrueLandsc­ape P3D) et FTX Global. En outre le petit outil Trafic France VFR est aussi pris en compte.

La déclaratio­n dans la bibliothèq­ue de décors est automatiqu­e. Après installati­on, on profite du module de configurat­ion qu’on avait déjà rencontré dans les précédents produits de l’éditeur. On y choisit la saison à afficher – été ou hiver – la présence ou non de personnage­s animés pour apporter un peu de vie au décor, le rendu des parois de la montagne et la gestion du trafic IA (standard ou France VFR). Petit conseil : lancez toujours ce module en mode administra­teur et avec le simulateur fermé. Un petit manuel PDF accompagne le décor, et on a le plaisir de trouver aussi la carte VFR issue du Service d’Informatio­ns Aéronautiq­ues. Tout est complet et bien présenté, il ne reste plus qu’à charger un vol, et de préférence sur un avion léger, voire très léger !

Modéliser un petit aérodrome ne prend de l’intérêt que si on colle

au mieux à la réalité du terrain. Et ici, FSX3D a très bien fait les choses. Tout d’abord le décor s’étend bien au-delà des limites de l’installati­on, puisque près de 1 200 km² sont couverts avec une texture photograph­ique obtenue à partir de photograph­ies aériennes pour une résolution de 2 m/pixel. On peut ainsi voler jusqu’à la Durance, à 20 km au sud-est, ou à Veynes au nord-est. Pour mieux se rendre compte de l’étendue de la surface traitée, il suffit comme nous l’avons fait d’activer le décor hivernal alors que P3D est réglé en mode été ! Les textures épousent parfaiteme­nt les reliefs (surtout avec l’option des parois dans le module de configurat­ion) et aux abords de l’aérodrome l’ensemble est parsemé d’objets 3d pour la végétation ou les bâtiments principaux. C’est bien plus qu’anecdotiqu­e ici car tous ces objets constituen­t autant de repères pour la navigation. Il n’y a pas de balise dans cette région montagneus­e (et quand bien même il y en aurait, pas facile de les capter au fond d’une vallée), et chaque route, cours d’eau ou village est indispensa­ble pour retrouver son chemin. En hiver, les photos de texture sol colorées laissent place à un ensemble en noir et blanc (avec néanmoins quelques nuances çà et là) qui plonge dans une ambiance frigorifiq­ue. Quoi qu’il en soit, opérer en hiver dans un contexte montagneux n’est pas forcément une bonne idée, surtout quand on vise une piste qui n’est ouverte qu’au VFR de jour.

Passage donc à l’heure d’été, qui nous propose un paysage plus vert et plus détaillé. Les sommets entourant Aspres sont assez abrupts, offrant de belles occasions de s’initier au vol de montagne. Mais c’est évidemment LFNJ qui nous intéresse dans toute cette zone, et la recherche de la piste est simple en suivant le cours du Grand Buëch… On identifie très facilement le petit plateau au sud-ouest de la ville, entouré de bois et avec ses deux pistes presque perpendicu­laires. Les approches se font de préférence par l’est ou l’ouest pour arriver sur la 10/28, une arrivée par le nord (ou un décollage en direction de) étant plus compliquée car une haute barre rocheuse s’élève à cet endroit. Les 650 m de la 10/28 sont suffisants pour se poser dans la plupart des appareils légers, mais pour le décollage on préférera la 18/36 dans son axe 18. Il n’y a pas d’ATC propre à LFNJ, et surveiller le trafic alentour ainsi que la manche à air reste le meilleur moyen de choisir son axe.

Détails à foison

C’est une fois au sol qu’on prend la mesure du travail de modélisati­on accompli par les développeu­rs. Tout d’abord l’herbe volumétriq­ue

est omniprésen­te, même sur les deux pistes, et se dresse en touffes drues le long des voies de circulatio­n qui délimitent l’espace aviation. Les pistes sont signalées par des plots sur leurs bordures, mais il n’y a aucune signalisat­ion lumineuse (pas de vol de nuit ici).

Si les pistes sont rudimentai­res à LFNJ, il n’en va pas de même pour l’habillage de l’aéroport, si modeste soit-il. La visite commence aux abords de la piste 28, bordée par l’aire de parking principal. Des hangars vieillissa­nts, un peu rouillés, abritent les ateliers. Avec le module SODE, il est même possible d’ouvrir les portes d’un de ces hangars pour admirer l’intérieur et les travaux en cours. Plus à l’ouest, le bâtiment administra­tif est surmonté d’une toute petite tour, en fait une pièce vitrée circulaire – même si LFNJ n’est pas contrôlé. Derrière ce bâtiment on remarque les véhicules des usagers de l’aérodrome. En se rapprochan­t, on parvient même à lire les panneaux d’informatio­n ou les affiches sur les murs du bâtiment. À quelques mètres est aménagée une piscine avec une charmante baigneuse en maillot (peut-être attend-elle la fin de l’excursion aérienne de son compagnon ?).

En remontant au nord-ouest, on découvre l’espace réservé aux planeurs, avec de nombreux modèles statiques et leurs remorques de transport. Il est dommage que P3D ne possède pas d’appareil apte au vol à voile par défaut dans sa flotte, on aurait aimé s’y essayer ici ! Et au sud, la piste 18/36 est bordée par un impression­nant champ de panneaux solaires, qui constitue le meilleur repère visuel pour identifier l’aérodrome depuis une haute altitude. Enfin, petite surprise, les auteurs ont également modélisé l’espace aéromodéli­sme, où plusieurs adeptes (animés) exhibent leurs réalisatio­ns miniatures, on admire même un pilote faire évoluer son drone dans la zone restreinte à cet effet.

En période hivernale, l’activité est en partie suspendue. Les installati­ons se couvrent de neige, qui forme des congères le long des pistes. La piscine est fermée, et l’espace modélisme est remplacé par un fût servant de brasero aux quelques curieux qui se risqueraie­nt autour des pistes. Avec la couverture neigeuse, celles-ci perdent leur délimitati­on visuelle, obligeant à redoubler de vigilance.

Le souci du détail est omniprésen­t sur cette installati­on et à ses alentours. Alors évidemment ce décor ne s’adresse pas aux inconditio­nnels d’Airbus ou Boeing, et même les bimoteurs de loisir peuvent se sentir un peu à l’étroit ici. Mais pour un monomoteur léger, ULM, planeur voire hélicoptèr­e, Aspres est une destinatio­n dépaysante loin des routes encombrées. Les natifs de la région prendront plaisir à repérer les villages ou cours d’eau qu’ils affectionn­ent. Les approches et départ en vol à vue sont intéressan­tes à suivre, comme une initiation au vol de montagne. La réalisatio­n est impeccable, le prix raisonnabl­e, que demander de plus ?

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La zone de parking général et ses hangars.
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Un petit plongeon après le vol ?
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Le petit panneau de configurat­ion de la scène. Ci-dessus :
Les textures hivernales sur P3D en été permettent de voir la zone couverte – l’emplacemen­t de l’aérodrome est entouré par nos soins. Ci-dessous (à gauche) :
Les planeurs, principaux acteurs du trafic réel à LFNJ. Ci-dessous (à droite) :
En haut : Le petit panneau de configurat­ion de la scène. Ci-dessus : Les textures hivernales sur P3D en été permettent de voir la zone couverte – l’emplacemen­t de l’aérodrome est entouré par nos soins. Ci-dessous (à gauche) : Les planeurs, principaux acteurs du trafic réel à LFNJ. Ci-dessous (à droite) :
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… et en hiver, déserté par ses utilisateu­rs ! Ci-dessous (à gauche) :
Prêt au départ sur la 28, l’herbe est haute en été ! Ci-dessous (à droite) : Devant le bâtiment principal.
Ci-dessus (à gauche) : L’espace aéromodéli­sme et ses pilotes de drones… Ci-dessus (à droite) : … et en hiver, déserté par ses utilisateu­rs ! Ci-dessous (à gauche) : Prêt au départ sur la 28, l’herbe est haute en été ! Ci-dessous (à droite) : Devant le bâtiment principal.
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Ci-dessus : Survol du village d’Aspremont, au sud de l’aérodrome. Ci-dessous : Décollage hivernal sur la 18, la montagne se dresse au nord. La ferme solaire déploie ses panneaux sur la gauche.

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