Midi Olympique

MON DESTIN EST LIÉ À L’USD...

DAX CLAUDE DUFAU, FÊTE CETTE ANNÉE SES 60 ANS DE PRÉSENCE À L’USD. IL Y A TOUT CONNU ET VIT AVEC TRISTESSE CES MOMENTS DIFFICILES.

- Par Laurent TRAVINI

Dax reçoit Vannes pour son dernier match dans l’élite. On entrevoit souvent l’histoire de ce club mythique par les mots de glorieux anciens. Comme dans toutes les aventures humaines, il y a aussi des travailleu­rs de l’ombre, des adeptes de la forme la plus sincère du compagnonn­age rugbystiqu­e et qui donnent à ce sport ses lettres de noblesse. Si l’US Dax est souvent associée à des noms prestigieu­x, son histoire est aussi faite par des grands hommes, moins en vue, mais au combien précieux. Claude Dufau en est un. En 1958, alors âgé de 12 ans, il entre à l’école de rugby de l’US Dax, « l’année de sa création ! » nous confie l’homme plutôt réservé sur son histoire au club. « J’ai eu la chance de connaître ma première en équipe une à 16 ans, le 23 décembre 1962 contre Biarritz. » Le jeune centre se retrouve aux côtés de Jean Othats, des frères Albaladejo et de la fameuse première ligne des 3B, Berilhe, Bachelet, Berho… Le 10 septembre 1964, son histoire va à jamais être liée à celle du club. « Nous avions un match amical en nocturne à Bègles. Milou Carrère, vient me chercher chez Dassault à Bayonne avec sa DS, en compagnie de Jean Othats. »

« J’AURAIS DÛ ÊTRE DANS CETTE VOITURE… »

« Après le match, Pierrot Bala me demande de laisser la place à son frère Raymond car il devait prendre un train. Le lendemain, en arrivant au travail, un collègue qui m’avait vu partir dans la DS la veille, m’apprend la terrible nouvelle. » Les trois occupants de la DS, Carrère, Othats et Raymond Albaladejo ont perdu la vie. « J’aurais dû être dans cette voiture… ! À cet instant, j’ai compris que mon destin serait lié à l’USD… » Il sera réserviste pour la finale de 1966 contre Agen. Quelques années plus tard, à l’âge de 24 ans, une vilaine arthrose l’oblige à arrêter le rugby. « Ce jour-là, mon président, Réné Dassé, qui m’avait embauché dans son entreprise me dit : tu ne peux plus jouer Claude, soit, mais tu vas rester près de nous et devenir un grand dirigeant ! » On appelle cela la filiation, la solidarité ou la reconnaiss­ance. Claude va tout connaître. Entraîneur dans toutes les catégories jusqu’à la première. De 1978 à 1980, avec Jean Bachelet, il entraîne les Bastiat, Lux et autres Dourthe. De 1986 à 1990, aux côtés de Léon Berho, il drive l’équipe fanion « J’ai été chanceux de côtoyer ces grands joueurs. C’était parfois cocasse, comme quand Laurent Rodriguez venait vous voir pour savoir qui étaient les quatorze qui allaient jouer avec lui… ! » En 1990, il connaît le deuxième drame de sa vie « Le décès de Dominique Bouet, en tournée avec le XV de France, m’a marqué à jamais… » Devenu par la suite, un intendant discret et bienveilla­nt de l’équipe profession­nelle, Claude va transmettr­e sa passion du club et des valeurs que son histoire dacquoise lui a inculquée. C’est peut-être un peu plus triste que les autres, que Claude va assister au dernier acte de cette pièce longue de 60 ans…

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