L’HUMBLE SERVITEUR

PRÉ­SEN­TÉ COMME UN DYNAMISEUR À SES DÉ­BUTS, IL RAYONNE DÉ­SOR­MAIS PAR SA CA­PA­CI­TÉ À FAIRE BRILLER L’ÉQUIPE. CE SA­ME­DI, CE SE­RA EN TANT QU’IM­PACT-PLAYER.

Midi Olympique - - Champions Cup - Par Vincent BISSONNET [email protected]­di-olym­pique.fr

An­toine Du­pont re­vient, An­toine Du­pont marque un tri­plé, An­toine Du­pont joue à l’ou­ver­ture… Le Ger­sois, peut-être le plus grand ta­lent ac­tuel du rugby fran­çais, at­tire in­évi­ta­ble­ment les pro­jec­teurs sur sa per­sonne, se­maine après se­maine. L’un des joueurs les plus per­for­mants et ré­gu­liers du Stade sur le dé­but de sai­son se trouve pa­ra­doxa­le­ment être son concur­rent : Sé­bas­tien Bé­zy. À 27 ans, le ga­min de Ba­gneux a at­teint le cap de la ma­tu­ri­té. L’ac­cé­lé­ra­teur de par­ti­cules du dé­but du man­dat No­vès est pro­gres­si­ve­ment de­ve­nu un ar­ti­san au ser­vice du sys­tème Mo­la, ca­pable de dy­na­mi­ser, tem­po­ri­ser, ré­gu­ler. « Plus jeune, on a moins la vi­sion des choses, évoque l’in­té­res­sé. Avec l’ex­pé­rience, on ap­prend à quel point il est im­por­tant de sa­voir gé­rer. » Ain­si a évo­lué Sé­bas­tien Bé­zy. Le ré­sul­tat ? Moins d’éclats per­son­nels, peut-être, mais un im­pact glo­bal su­pé­rieur, as­su­ré­ment. Ses par­te­naires et en­traî­neurs louent son im­por­tance : « Avant tout, c’est un joueur de très haut ni­veau, je l’avais vu im­mé­dia­te­ment cet été, ra­conte Ré­gis Sonnes. Il cor­res­pond au rugby qu’on veut faire, il fait bien jouer. Il met beau­coup de vi­tesse, nous per­met d’avoir un tem­po éle­vé et a une belle tech­nique dont il fait pro­fi­ter le col­lec­tif. » Un chef d’or­chestre au ser­vice des autres, avant tout. Dans sa bouche comme sur le ter­rain, il conjugue la per­for­mance au plu­riel, sa­luant la qua­li­té de ses avants et la confiance du ves­tiaire.

« J’AI TROU­VÉ ÇA LO­GIQUE… »

Sa per­sonne, ses pres­ta­tions convain­cantes, ses dix ti­tu­la­ri­sa­tions, dé­jà : l’in­té­res­sé ne s’at­tarde sur au­cun de ces su­jets. Une pré­cau­tion for­gée au cours d’un iti­né­raire quelque peu si­nueux. Sa ré­cente convo­ca­tion dans le groupe France - en rem­pla­ce­ment de Mor­gan Par­ra a ré­com­pen­sé, en par­tie, ce sur­saut. Même si sa huitième sé­lec­tion at­ten­dra : « Je ne suis pas vrai­ment frus­tré de ne pas avoir joué. Je m’y at­ten­dais un peu. J’ai été ap­pe­lé car il y avait des bles­sures. Je sa­vais que les sé­lec­tion­neurs comp­taient da­van­tage sur d’autres que moi. J’ai trou­vé ça lo­gique qu’ils fassent ap­pel aux mêmes. Même si je n’ai pas joué, j’étais très heu­reux. Re­ve­nir, c’était dé­jà très po­si­tif. » Il n’avait plus tran­si­té par Mar­cous­sis de­puis deux ans et de­mi : « Je n’y pen­sais pas trop. J’ai sur­tout es­sayé de m’amé­lio­rer. » Cal­me­ment, sû­re­ment, le na­tif des Hauts-de-Seine a re­trou­vé de la confiance, pro­fi­tant de l’in­dis­po­ni­bi­li­té d’An­toine Du­pont pour ga­gner du temps de jeu et s’ins­crire plei­ne­ment dans le pro­jet, taillé pour son pro­fil. « Ca ne m’étonne pas de le re­voir à ce ni­veau, coupe Ju­lien Mar­chand. Même quand ça n’al­lait pas for­cé­ment pour lui le week-end, il était per­for­mant en se­maine. » Le tra­vail de fond est ré­com­pen­sé, dé­sor­mais.

Jus­qu’en mi­lieu de se­maine, l’en­ca­dre­ment a hé­si­té entre le main­te­nir à la mê­lée ou pro­pul­ser An­toine Du­pont, ce sa­me­di, à Co­ven­try. Son ca­det a fi­na­le­ment été plé­bis­ci­té. Ame­né à dé­bu­ter sur le banc, Sé­bas­tien Bé­zy pour­rait, dans tous les cas, se mon­trer dé­ci­sif à l’heure de vé­ri­té. Lors de sa der­nière en­trée, en jeu, à Per­pi­gnan, à la place de Zack Holmes, son as­so­cia­tion avec son al­ter ego à la mê­lée avait cau­sé des ra­vages et lan­cé le feu d’ar­ti­fice des siens.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.