LA FORCE TRAN­QUILLE

MA­NOA VO­SA­WAI DE­PUIS SON AR­RI­VÉE À VANNES LORS DE L’AC­CES­SION DU CLUB EN PRO D2, LE 3e LIGNE S’EST AF­FIR­MÉ COMME LE PRO­LON­GE­MENT SUR LE TER­RAIN DE L’EN­CA­DRE­MENT TECH­NIQUE.

Midi Olympique - - Pro D2 - Par Di­dier LE PALLEC

Pro­fes­sion­nel jus­qu’au bout des ongles, il est l’ex­pres­sion même de cette force tran­quille que tout club re­cherche dans son ef­fec­tif. Il est ce­lui qui calme les es­prits, ce­lui qui sonne la charge, ce­lui qui mo­tive ses par­te­naires sur le pré. Sa pa­role est écou­tée et res­pec­tée dans le ves­tiaire même, sorte d’Es­pé­ran­to, mé­lange d’an­glais, d’ita­lien et de fran­çais. Per­sonne dans l’ef­fec­tif ne trou­ve­ra à re­dire sur lui. To­tal res­pect pour cet in­fa­ti­gable tra­vailleur, sur qui le poids des ans ne semble pas avoir de prise. Vé­ri­table ma­chine de guerre bal­lon en main, per­fo­ra­teur du pre­mier ri­deau, pla­queur hors pair, l’in­ter­na­tio­nal ita­lien, pré­cé­dé d’une flat­teuse ré­pu­ta­tion n’a ja­mais dé­çu ses en­traî­neurs, ses par­te­naires et le public van­ne­tais. Il est vrai que ses 108 kg har­mo­nieu­se­ment po­sés sur ses 188 cen­ti­mètres, lan­cés à pleine vi­tesse, c’est un peu comme un char Le­clerc… « C’est un point d’an­crage, une sé­cu­ri­té, un guide. C’est le pre­mier à al­ler au feu, le pre­mier à por­ter le bal­lon », confie Jean-Noël Spit­zer son en­traî­neur.

UN GAR­ÇON ADO­RABLE

Guer­rier sur le ter­rain, Ma­noa sait aus­si être tendre en de­hors. Et il fond de bon­heur lors­qu’il évoque son fils qui a fait ses pre­miers pas il y a quelques mois seule­ment, pas peu fier de l’avoir ame­né à la Ra­bine lors du match contre Bayonne la sai­son der­nière. Car der­rière le joueur pro­fes­sion­nel se cache un coeur en or. Sa de­vise : « Don’t wor­ry, be hap­py et work hard » (Ne t’in­quiète pas, sois heu­reux et tra­vaille dur) si­tue bien le per­son­nage. « Ne ja­mais pa­ni­quer », pour­rait en être une autre, car le joueur ne se dé­par­ti ja­mais d’un calme olym­pien.

CA­PI­TAINE À 34 ANS

Sa mo­des­tie est un autre trait de son ca­rac­tère. Ja­mais un mot plus haut que l’autre, mais une force de convic­tion dans le verbe à l’en­droit de ses par­te­naires. Comme di­rait Au­diard : « Quand les types de 130 kg disent cer­taines choses les types de 60 kg les écoutent ! » Bom­bar­dé ca­pi­taine à 34 ans lors du match contre Bayonne en sep­tembre 2017 parce que Clé­ment Payen l’ha­bi­tuel por­teur du bras­sard était bles­sé - Ma­noa s’est dit fier de la confiance que les en­traî­neurs lui té­moi­gnaient ain­si. Ce soir-là - re­la­tion de cause à ef­fet ? - Il fut im­pli­qué dans trois des quatre es­sais van­ne­tais.

UN PAR­COURS REC­TI­LIGNE

Bé­né­fi­ciant de la double na­tio­na­li­té (ita­lo-fid­jienne), le gar­çon s’ho­nore aus­si d’une par­ti­ci­pa­tion à une Coupe du monde sous les cou­leurs ita­liennes, de plu­sieurs par­ti­ci­pa­tions au Tour­noi des 6 Na­tions (23 sé­lec­tions au sein de la Squa­dra Az­zur­ra) et des ren­contres de Coupe d’Eu­rope. C’est là-bas, du reste, sous le soleil d’Ita­lie que Ma­noa a fait l’es­sen­tiel de sa car­rière. Six ans à Parme, quatre à Tré­vise, avant le pays de Galles à Car­diff (deux sai­sons) et Vannes de­puis l’ac­ces­sion du club en Pro D2. Au­jourd’hui adop­té par le peuple bre­ton (et Dieu sait si le Bre­ton est ta­ci­turne et ne donne pas fa­ci­le­ment son ami­tié, mais une fois don­née elle est so­lide !), Ma­no se voit fi­nir sa car­rière à Vannes et en­vi­sage même d’y res­ter. Il tro­que­rait vo­lon­tiers son cos­tume de joueur pour ce­lui d’en­traî­neur. « Pour of­frir aux autres tout ce que le rugby m’a ap­por­té ». Belle pro­fes­sion de foi.

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