« Ni ha­sard, ni chance »

THIER­RY EMIN - PRÉ­SIDENT D’OYON­NAX RUGBY CONFIR­MÉ DANS SES FONC­TIONS MER­CRE­DI SOIR, LE PRÉ­SIDENT DU CLUB DE L’AIN ÉVOQUE LE PRÉ­SENT ET L’AVE­NIR DU RUGBY OYON­NAXIEN.

Midi Olympique - - Pro D2 - Propos re­cueillis par Jean-Pierre DUNAND

Quel re­gard por­tez-vous sur le par­cours spor­tif de votre club dans la pre­mière par­tie de sai­son ?

Nous res­tons sur une grosse dé­cep­tion mais avant la ré­cep­tion de Biar­ritz nous étions dans notre plan de marche avec une mon­tée en ré­gime de­puis quelques se­maines. On peut es­pé­rer que ce match ne mar­que­ra pas un coup d’ar­rêt. Il y a deux ans nous avions per­du chez nous face à Co­lo­miers lors de la troi­sième jour­née et nous avions néan­moins at­teint notre ob­jec­tif de mon­tée. Il faut ce­pen­dant conve­nir que de­puis le dé­but de sai­son nous n’avons ja­mais été hy­per se­reins.

Même quand nous pen­sions avoir creu­sé l’écart au score nous, nous avons sou­vent vu la marge se ré­tré­cir. Il ap­par­tient aux joueurs de faire en sorte que ce re­vers ne soit qu’une pé­ri­pé­tie.

Com­ment a été vé­cue l’an­nonce du dé­part d’Adrien Buo­no­na­to ?

Dès juillet nous avons échan­gé sur son éven­tuelle pro­lon­ga­tion de contrat en conve­nant d’at­tendre le dé­but de sai­son pour ar­rê­ter une dé­ci­sion. Adrien était en fin de contrat, c’est une si­tua­tion que nous avons dé­jà connue par le pas­sé. En au­cun cas il n’a été pous­sé vers la sor­tie comme cer­tains ont cher­ché à le lais­ser croire. Nous avons pris cette dé­ci­sion en par­faite en­tente et nous sa­vons qu’Adrien as­su­re­ra le bou­lot jus­qu’au bout.

L’an­nonce de cette dé­ci­sion a coïn­ci­dé avec celle de l’ar­ri­vée de Joe El Abd. Est-ce pour vous un choix fort ?

Quand Her­vé Da­vid a re­cru­té Joe El Abd comme joueur en 2012, notre ob­jec­tif était d’ac­cé­der au Top 14 et il était convain­cu que Joe était l’homme de la si­tua­tion. Il ne s’était pas trom­pé. Ch­ris­tophe Urios non plus en l’in­té­grant dans son staff. Joe est l’in­car­na­tion de l’Oyo­men. Il était im­por­tant pour nous de faire ap­pel à quel­qu’un ayant cette connais­sance de notre club et de notre ter­ri­toire pour me­ner notre pro­jet. Joe a tou­jours fait l’una­ni­mi­té au­près des joueurs, du public, des par­te­naires, des di­ri­geants. Ce choix était pri­mor­dial pour re­don­ner de l’uni­té à notre pro­jet et il offre une belle op­por­tu­ni­té à Joe de de­ve­nir nu­mé­ro un dans un club où la com­po­si­tion du fu­tur staff se­ra dé­voi­lée en jan­vier.

L’ac­tua­li­té d’Oyon­nax rugby a aus­si tour­né au­tour du dé­part de Ben Bo­ti­ca ?

Ben au­rait pu nous quit­ter en fin de sai­son pas­sée mais il avait un contrat mo­ral avec nous. Il nous l’a re­dit quand il a re­çu le titre de meilleur joueur de Top 14 et il a vou­lu l’ho­no­rer. Son trans­fert vers Bor­deauxBègles s’est fait à la loyale, en échan­geant avec lui. Contrai­re­ment à ce qui a pu être dit nous n’avons pas fait le for­cing pour le re­te­nir.

Peu après vous avez officialisé la si­gna­ture de Lio­nel Beauxis ?

Nous vou­lions au plus vite cla­ri­fier la si­tua­tion sur le poste d’ou­vreur, sa­chant que Que­tin Etienne, en fin de contrat, est sol­li­ci­té. Lio­nel avait une pro­po­si­tion de pro­lon­ga­tion avec le LOU, il a choi­si de nous ap­por­ter son ta­lent et son ex­pé­rience.

En sep­tembre, vous avez lan­cé un cri d’alarme concer­nant la gou­ver­nance du club, en re­met­tant en cause votre man­dat. Pour­quoi ?

Qui au­rait cru que le club d’une ville de 23 000 ha­bi­tants ar­ri­ve­rait là où il est ar­ri­vé. Nous avons dé­cro­ché deux titres de Pro D2, le club s’est his­sé en Top 14. Pour­tant, mal­gré cette réa­li­té, cer­tains ont eu ten­dance à ba­na­li­ser la per­for­mance, voire la sur­per­for­mance. Nous n’au­rons ja­mais un bud­get de 25 mil­lions, parce que notre économie est ba­sée sur notre tra­vail, pas sur le ha­sard ou sur la chance. Il n’y a pas de mé­cène à Oyon­nax. Nous di­ri­geons ce club à trois, de ma­nière bé­né­vole, avec Her­vé Da­vid et Dou­gal Bend­ja­bal­lah en don­nant beau­coup de notre temps et de notre ar­gent. Quand des voix s’élèvent pour tout re­mettre en cause, pour s’at­ta­quer aux hommes on ne peut pas ac­cep­ter. En dé­but de sai­son nous avons per­du plus d’une ving­taine de par­te­naires et plus de 800 000 eu­ros. Nous avons pro­po­sé de cé­der notre place mais au­cun pro­jet cré­dible n’a émer­gé..

Où en est-on ?

Mer­cre­di soir l’as­sem­blé des ac­tion­naires a re­nou­ve­lé sa confiance au con­seil de sur­veillance qui nous a re­con­duits tous les trois à la tête du di­rec­toire. Pa­ral­lè­le­ment des lignes ont bou­gé. Nous avons en­ga­gé des dis­cus­sions avec les col­lec­ti­vi­tés pour pour­suivre l’évo­lu­tion de nos struc­tures afin d’ap­por­ter en­core plus à notre public en 2019. Un tra­vail de fond a été en­ga­gé avec les par­te­naires. Avec l’ap­port de nou­veaux chefs d’en­tre­prise une cel­lule « Oyon­nax Rugby Dé­ve­lop­pe­ment » va être créée afin de mettre en place de nou­veaux par­te­na­riats et d’étof­fer notre bud­get. C’est un mes­sage fort. Avec Her­vé Da­vid et Dou­gal Bend­ja­bal­lah nous al­lons pou­voir pour­suivre le tra­vail en­ga­gé. Nous avons été ré­élus pour un man­dat de quatre an­nées mais à la fin de cette sai­son nous fe­rons le point sur l’avan­cée des deux im­por­tants dos­siers que sont l’évo­lu­tion de nos struc­tures et le dé­ve­lop­pe­ment de nos par­te­na­riats. ■

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