DÉ­PAS­SÉS

POUR LA QUA­TRIÈME FOIS DE LA SAI­SON, LE RCT EST TOM­BÉ À DO­MI­CILE. UNE DÉ­FAITE QUI MET EN LU­MIÈRE LES LA­CUNES D’UNE ÉQUIPE QUI NE PAR­VIENT PAS À RE­LE­VER LA TÊTE.

Midi Olympique - - Champions Cup 5e Journée - Par Fa­brice MICHELIER

Pour la pre­mière fois de la sai­son, une sorte d’abat­te­ment voire de las­si­tude s’est em­pa­rée du ves­tiaire tou­lon­nais. Têtes basses, dans un si­lence pe­sant, les joueurs du RCT ont quit­té Mayol en pro­fi­tant des dif­fé­rentes confé­rences de presse pour s’échap­per loin des mi­cros. Dans une sai­son dé­jà com­pli­quée, cette qua­trième dé­faite à do­mi­cile as­somme. Tou­chés. Et presque cou­lés. Car les hommes de Col­la­zo ont été dé­pas­sés par un ad­ver­saire qui, dès qu’il est par­ve­nu à com­bi­ner vi­tesse et pré­ci­sion s’est en­vo­lé. Edim­bourg est une très bonne équipe, mais elle ne semble pour­tant pas en­core en me­sure de ri­va­li­ser avec les monstres eu­ro­péens. Mais sur leurs deux matchs face au RCT, les Ecos­sais sem­blaient pour­tant un ou deux crans au-des­sus de Tou­lon. Col­lec­ti­ve­ment et in­di­vi­duel­le­ment. Au coup de sif­flet fi­nal, Mou­rad Boud­jel­lal se fen­dait d’ailleurs d’un tweet plein de lu­ci­di­té. « Il faut pas­ser de Hulk à Flash. J’ai com­pris... », confron­tant sa pas­sion pour les co­mics la réa­li­té du ter­rain. Ou­blier la force, place à la vi­tesse. Une phi­lo­so­phie qu’un an­cien de la mai­son a su ins­tau­rer de l’autre cô­té de la Manche. « En pre­mière mi-temps, nous avons per­du trop de bal­lons. Nous nous de­vions de mieux le conser­ver en se­conde pé­riode, j’ai de­man­dé plus de concen­tra­tion à mes joueurs. Tou­lon est une équipe très phy­sique, c’est im­por­tant de mettre de la vi­tesse face à eux. Nous ne sommes peut-être pas cos­tauds, mais j’es­père in­tel­li­gents », sou­riait ain­si Ri­chard Co­cke­rill, en­traî­neur de cette équipe d’Edim­bourg. Sur cette ren­contre, les chiffres parlent d’eux-mêmes et sont lar­ge­ment en fa­veur des pro­té­gés de l’éphé­mère ma­na­ger du RCT en 2017. Exemples : 65 % de pos­ses­sion pour les Écossais, 481 mètres ga­gnés contre 264 pour le RCT, 145 bal­lons joués à la main pour 83 en face ou en­core 199 passes ef­fec­tuées contre 84 pour les Tou­lon­nais et 11 fran­chis­se­ments à 4. On ar­rête là pour les chiffres, vous au­rez com­pris.

FAILLITE MEN­TALE

Ce qui ne se me­sure pas en re­vanche, c’est le men­tal. Et là aus­si le RCT a flan­ché. Comme sou­vent cette sai­son. « Nous nous écrou­lons trop fa­ci­le­ment. Chaque er­reur se paie cash et à par­tir de là l’équipe a du mal à re­faire sur­face », pes­tait Pa­trice Col­la­zo. Et de dé­tailler le mo­ment où son équipe a dé­raillé. « Sur une mau­vaise ré­cep­tion de ren­voi en dé­but de se­conde pé­riode, nous per­dons le bal­lon et der­rière c’est un es­sai. À par­tir de là, nous avons 10-15 mi­nutes où nous dé­cro­chons to­ta­le­ment. » S’il a don­né ce qu’il pou­vait à l’image de son énorme pla­quage sur Gil­christ, Ma­thieu Bas­ta­reaud sem­blait ani­mé d’un sen­ti­ment d’im­puis­sance. Ca­pi­taine aban­don­né, il a as­su­mé ses res­pon­sa­bi­li­tés en se pré­sen­tant face à la presse, tout en confiant un cer­tain fa­ta­lisme face à la faillite men­tale des siens. « Je suis certes ca­pi­taine, mais je ne peux pas être dans la tête des mecs. J’ai es­sayé de faire ce que je pou­vais pour ai­der l’équipe, les mo­ti­ver... mais c’est dif­fi­cile. Quand tu es dans une spi­rale né­ga­tive, tu as ten­dance à bais­ser les bras et face à une équipe comme Edim­bourg ça se paie cash, mais c’est une faute de notre part. »

Lui, comme Guil­hem Gui­ra­do, semble être usé à force de de­voir por­ter cette équipe. Col­la­zo es­pé­rait l’émer­gence de nou­veaux lea­ders, mais à l’ex­cep­tion d’un Ra­phaël La­ka­fia, il reste dif­fi­cile d’en trou­ver un. Tou­lon doit dé­sor­mais se re­le­ver. Sou­vent à ré­ac­tion, le RCT doit main­te­nant né­go­cier un dé­pla­ce­ment ven­dre­di soir à New­castle pour mettre un point fi­nal à une cam­pagne eu­ro­péenne ca­tas­tro­phique. Avant de se re­cen­trer sur le cham­pion­nat. Pour l’ins­tant tout aus­si mo­rose.

Pho­to Icon Sport

Dar­cy Gra­ham ins­crit un es­sai à la quin­zième mi­nu­té mal­gré le double pla­quage de Onam­bele et Smai­li. Les Tou­lon­nais ont souf­fert face à la vi­tesse des Ecos­sais.

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