LE MAILLON FORT

GRÂCE À LEUR SUC­CÈS BO­NI­FIÉ FACE À NEW­CASTLE (45-8), LES HÉ­RAUL­TAIS S’OFFRENT UNE « FI­NALE » À ÉDIM­BOURG (3 POINTS DE RE­TARD SUR LES ÉCOSSAIS) VEN­DRE­DI, OÙ ILS DE­VRONT GA­GNER POUR SE QUA­LI­FIER. EN MI­SANT NO­TAM­MENT SUR TROIS HOMMES DE L’OMBRE, DÉ­CI­SIFS FAC

Midi Olympique - - Champions Cup 5e Journée - PAR JU­LIEN LOUIS

Maître des airs, Ni­co­laas Van Rens­burg est au­jourd’hui le troi­sième meilleur sau­teur de la com­pé­ti­tion (20 bal­lons cap­tés ; 4 contre New­castle, meilleure per­for­mance du match) : « J’adore le sec­teur de la touche, et mon rôle en par­ti­cu­lier. Là aus­si, je veux pro­gres­ser chaque se­maine. » Na­than Hines, coach des avants, pour­suit : « Ni­co est au­jourd’hui plus calme dans ses an­nonces en touche et a ga­gné en ma­tu­ri­té dans son rôle de ca­pi­taine de l’ali­gne­ment. Il est plus « confor­table » dans ses res­pon­sa­bi­li­tés et son as­su­rance donne confiance à ses co­équi­piers. C’est un gros tra­vailleur, qui est tou­jours sur l’or­di­na­teur la se­maine, en plus de son bou­lot sur le ter­rain, pour ef­fec­tuer le tra­vail d’ana­lyse sur les ali­gne­ments ad­verses. Il est très mé­tho­dique et re­vient à plu­sieurs re­prises vé­ri­fier pour voir si ses choix sont bons. Il ne laisse rien au ha­sard. Il veut sa­voir ce que les ad­ver­saires vont faire s’il fait ce choix et re­garde plu­sieurs fois les matchs. » Une pièce maî­tresse des Cistes, qui, après la ren­contre sa­me­di, se pro­je­tait dé­jà sur le dé­fi en haute al­ti­tude qui l’at­tend à Édim­bourg. Face à l’ali­gne­ment le plus per­for­mant d’Eu­rope (72 bal­lons cap­tés) et ses sau­teurs ré­fé­rences en deuxième ligne, Grant Gil­christ (25 bal­lons cap­tés, meilleur sau­teur) et Ben Too­lis (20 bal­lons), qui culminent à plus de deux mètres. « Nous al­lons af­fron­ter Édim­bourg, et lors de notre der­nier match ils nous avaient mis une énorme pres­sion. J’es­père que nous pour­rons amé­lio­rer notre touche et cette fois, ren­ver­ser la pres­sion sur eux. Ils ont des deuxièmes lignes très ath­lé­tiques, forts en touche, mo­biles, et do­tés d’une bonne tech­nique », ex­plique l’in­té­res­sé.

PLUS DE « POIDS » AU CONTACT

Au­jourd’hui, Van Rens­burg ne peut plus être ré­su­mé à un simple sau­teur surdoué. Car sa pa­lette rug­bys­tique s’est agran­die au fil l’Hé­rault. À tel point, qu’il donne au­jourd’hui le sen­ti­ment de sa­voir tout faire ou presque. Pour preuve, le grand blond cas­qué a aus­si ter­mi­né sa­me­di meilleur pla­queur de son équipe (13, à éga­li­té avec Giu­di­cel­li). Hines confirme : « Il est de plus en plus com­plet après sa grosse sai­son de l’an pas­sé où il a beau­coup ap­pris et conti­nue cette an­née. Il a gran­di dans le jeu où il est dé­sor­mais beau­coup plus ré­gu­lier sur ses pla­quages. »

Et plus in­tel­ligent aus­si dans ses re­po­si­tion­ne­ments, comme sur ce su­blime « geste » tac­tique en pre­mière pé­riode. Sur une at­taque an­glaise, il s’aper­çoit qu’il n’y a plus per­sonne sur le champ pro­fond (ai­lier et ar­rière dans la ligne) et il an­ti­cipe un coup de pied par-des­sus de To­by Flood pour se re­plier tel un nu­mé­ro huit. Choix ga­gnant. Le Sud-Afri­cain ré­cu­père ain­si ce bal­lon brû­lant en l’air, et donne à Steyn qui dé­gage son équipe au pied. Du grand art dans l’an­ti­ci­pa­tion…

Avant de par­ache­ver sa pres­ta­tion trois étoiles d’un es­sai (le troi­sième cette sai­son), après avoir mis Flood sur les fesses au contact. Et même si le nu­mé­ro dix n’est pas le plus co­riace des dé­fen­seurs, cette ac­tion est ré­vé­la­trice de sa nou­velle com­pé­tence, ex­pli­quée par Vern Cot­ter : « Il est très bon sur le dé­pla­ce­ment et en touche, mais là où il com­mence à être un peu mieux, c’est quand il « frappe » un ad­ver­saire. Il « colle » da­van­tage. Et main­te­nant, il com­mence à gé­né­rer plus de puis­sance avec ses épaules et ses jambes pour avan­cer au contact. Il prend une autre di­men­sion. »

Un tra­vail spé­ci­fique ef­fec­tué par ce joueur lon­gi­ligne d’à peine 24 ans (1,99 m et 111 kg) : « Je ne suis pas aus­si cos­taud et fort que Paul (Willemse, N.D.L.R.), Jacques (du Ples­sis) et Kote (Mi­kau­tadze). C’est donc un sec­teur où je peux tra­vailler et pro­gres­ser. Même si ça a fonc­tion­né pour moi contre New­castle. Je bosse avec Ri­chie Gray, qui m’aide sur ma tech­nique avec et sans bal­lon. Com­ment uti­li­ser les jambes, les épaules au contact, les net­toyages… » Tou­jours plus haut, Ni­co­laas Van Rens­burg (14 matchs) s’im­pose cette sai­son comme l’Hé­raul­tais le plus ré­gu­lier. Un maillon fort qui ne fait pas de bruit, mais abat un tra­vail de Ti­tan.

Pho­to Icon Sport

Ni­co­laas Van Rens­burg est un atout de poids pour le MHR.

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