Mal­gré la hausse du Brent, les mar­chés res­tent se­reins

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Par­mi les in­di­ca­teurs dif­fi­ciles à an­ti­ci­per sur les mar­chés, le pé­trole fait un re­tour très re­mar­qué sur le de­vant de la scène de­puis plu­sieurs se­maines. Le ba­ril de Brent de la mer du Nord, qui était pas­sé de 115 dol­lars à 27 dol­lars entre juin 2014 et jan­vier 2016, vient de connaître un nou­veau sur­saut en frô­lant le seuil des 80 dol­lars, pour la pre­mière fois de­puis no­vembre 2014, après la dé­non­cia­tion par les Etats-Unis de l’ac­cord sur le nu­cléaire ira­nien. Con­sé­quence de cette dé­ci­sion, Wa­shing­ton im­po­se­ra de nou­veau des sanc­tions éco­no­miques contre l’Iran et les en­tre­prises étran­gères en lien avec ce pays, ce qui de­vrait li­mi­ter les ex­por­ta­tions de pé­trole de­puis la Ré­pu­blique is­la­mique. Or, le Brent avait dé­jà re­pris une orien­ta­tion haus­sière consé­cu­tive à la mise en oeuvre de l’ac­cord de li­mi­ta­tion de pro­duc­tion si­gné par les membres de l’Opep et plu­sieurs pays al­liés, comme la Rus­sie, à la fin de l’an­née 2016.

Jus­qu’où le ba­ril ira-t-il ? Les fac­teurs in­fluant sur son évo­lu­tion sont trop nom­breux pour que l’on puisse ré­pondre avec exac­ti­tude. Les pays de l’Opep ont, certes, in­té­rêt à voir les cours conti­nuer de pro­gres­ser, no­tam­ment l’Ara­bie saou­dite, con­fron­tée de­puis peu à la pro­blé­ma­tique des dé­fi­cits bud­gé­taires et qui a be­soin d’un ba­ril cher pour as­su­rer le suc­cès de l’in­tro­duc­tion en Bourse de sa com­pa­gnie na­tio­nale, Sau­di Aram­co. Mais les Etats-Unis, qui ne font pas par­tie de l’ac­cord sur les quo­tas, pour­raient jouer les trouble-fête en inon­dant le monde de leur pé­trole de schiste. Plus les prix du ba­ril aug­mentent et plus les ex­ploi­ta­tions de ces gi­se­ments de­viennent ren­tables et se mul­ti­plient.

Pour l’heure, la fer­me­té des cours du brut est sur­tout consi­dé­rée comme un signe de vi­gueur de l’éco­no­mie mon­diale et n’in­quiète pas les mar­chés. Elle pro­fite clai­re­ment aux com­pa­gnies pé­tro­lières (comme notre cham­pion na­tio­nal, To­tal, dont le bé­né­fice ajus­té a bon­di de 13 %, à 2,88 mil­liards de dol­lars au pre­mier tri­mestre), qui pour­raient re­prendre leurs in­ves­tis­se­ments pour le plus grand bon­heur de leurs four­nis­seurs pa­ra­pé­tro­liers (comme Tech­nipFMC ou Val­lou­rec).

Le dan­ger se­rait que le prix du ba­ril grimpe trop vite car la fac­ture pé­tro­lière et de ma­tières pre­mières de­vien­drait vite in­sup­por­table pour cer­taines en­tre­prises éner­gi­vores, et l’in­fla­tion re­vien­drait au ga­lop, contrai­gnant les banques cen­trales à dur­cir leur po­li­tique mo­né­taire, avec un im­pact for­cé­ment né­ga­tif sur la crois­sance mon­diale. Il y au­rait, dans une telle hy­po­thèse, beau­coup de per­dants en Bourse et très peu de ga­gnants.

L’Ara­bie saou­dite a be­soin d’un ba­ril cher pour réus­sir l’en­trée en Bourse de Sau­di Aram­co

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