Bourse

6 stra­té­gies pour sé­cu­ri­ser vos gains

Mieux Vivre Votre Argent - - Contents -

Vous avez de co­quettes plus-va­lues sur votre por­te­feuille d’ac­tions et sou­hai­tez vous pré­mu­nir contre d’éven­tuelles tur­bu­lences ? En fonc­tion de votre situation et de vos connais­sances bour­sières, voi­ci six moyens de li­mi­ter votre ex­po­si­tion au risque. En­quête : Em­ma­nuel Scha­froth

Les vents ont été par­ti­cu­liè­re­ment fa­vo­rables sur les mar­chés d’ac­tions ces der­nières an­nées. Pour s’en convaincre, on peut par exemple étu­dier les per­for­mances du CAC 40 NR (pour Net Re­turn). Con­trai­re­ment au CAC 40 « tout court », cet in­dice ne prend pas seule­ment en compte l’évo­lu­tion du cours des so­cié­tés, mais aus­si les di­vi­dendes qu’elles ont ver­sés en fai­sant l’hy­po­thèse que ceux-ci ont été ré­in­ves­tis. De­puis la fin de 2011, cet in­dice CAC 40 NR a dou­blé (+ 99,2%, se­lon les don­nées ar­rê­tées à la fin de juin 2018) et n’a connu que des mil­lé­simes po­si­tifs, af­fi­chant une per­for­mance à deux chiffres en 2012, 2013, 2015 et 2017, l’an­née 2014 ayant été la plus faible (+ 1,7% seule­ment).

Une autre ma­nière d’ap­pré­cier les belles per­for­mances ré­centes des ac­tions fran­çaises est de re­mar­quer que douze des qua­rante va­leurs de l’in­dice phare de la place de Pa­ris ont en­re­gis­tré un re­cord his­to­rique de­puis le dé­but de l’an­née 2018 (voir in­fo­gra­phie, page sui­vante). Ces titres au plus haut émanent prin­ci­pa­le­ment des sec­teurs des biens de consommation, par­ti­cu­liè­re­ment du luxe et de la par­fu­me­rie et cos­mé­tique (Ke­ring, LVMH, L’Oréal). Mais aus­si de l’in­dus­trie, no­tam­ment au­to­mo­bile et aé­ro­nau­tique (Air­bus, Sa­fran, Mi­che­lin). Au­tre­ment dit, des ac­ti­vi­tés qui ont su pro­fi­ter de l’ou­ver­ture de nou­veaux mar­chés, avec la mon­dia­li­sa­tion.

A l’in­verse, les entreprises de la tech­no­lo­gie ou de la ban­que­res­ten­tas­se­zé­loi­gnées­de­leurs­re­cords:mê­me­sielles ont le vent en poupe, les pre­mières n’ont pas re­trou­vé les ni­veaux de cours dé­li­rants de la bulle In­ter­net des an­nées 19982000 ; les se­condes ne se sont pas en­tiè­re­ment re­mises des consé­quen­ces­de­la­cri­se­fi­nan­ciè­rede2008-2009et­souffrent no­tam­ment des taux d’in­té­rêt ul­tra-bas en vi­gueur de­puis lors.

Consé­quence heu­reuse de cette situation, nombre de bour­si­co­teurs, lors­qu’ils ont choi­si les bonnes va­leurs et qu’ils les ont conser­vées pré­cieu­se­ment, peuvent se re­trou­ver au­jourd’hui à la tête de très jo­lies plus-va­lues bour­sières, par­fois en­core plus spec­ta­cu­laires sur des titres hors CAC 40. Le cours d’Ubi­soft a ain­si fran­chi la barre des 100 eu­ros cette an­née, alors que les in­ves­tis­seurs pou­vaient en­core, au dé­but de 2014, payer dix fois moins pour ac­qué­rir des parts du flam­boyant édi­teur de jeux vi­déo.

De tels gains donnent le ver­tige et cer­tains d’entre vous peuvent se sou­ve­nir d’un vieil adage bour­sier qui veut que « les arbres ne montent pas jus­qu’au ciel ». Est-il temps de vendre ? Ce n’est pas si simple. Car les in­di­ca­teurs éco­no­miques res­tent plu­tôt bons : le re­cul du chô­mage, ces der­nières an­nées, au sein des prin­ci­pales éco­no­mies, se pour­suit et sou­tient la consommation. Les entreprises main­tiennent, dans les en­quêtes, leur confiance en l’ave­nir. De plus, les

Le contexte por­teur des mar­chés ac­tions a gé­né­ré de belles plus-va­lues

mar­chés ac­tions sont plu­tôt chers mais ils conti­nuent d’être por­tés par les pers­pec­tives de crois­sance des bé­né­fices des entreprises et ont peu de « concur­rents » aux yeux d’un épar­gnant sou­hai­tant faire fruc­ti­fier son ca­pi­tal. Les fonds mo­né­taires perdent de l’ar­gent, le ren­de­ment des fonds en eu­ros de l’as­su­rance vie pour­suit son éro­sion et les obli­ga­tions, qui vont un jour ou l’autre souf­frir de la re­mon­tée des taux, n’offrent plus la sé­cu­ri­té d’an­tan.

Les ac­tions conservent donc des atouts ir­rem­pla­çables pour un por­te­feuille fi­nan­cier, même si l’an­née 2018 montre que l’ac­tion po­li­tique – celle du pré­sident amé­ri­cain en par­ti­cu­lier – de­vient un su­jet d’in­quié­tude pour les places fi­nan­cières, no­tam­ment avec le risque d’une guerre com­mer­ciale et ses consé­quences dif­fi­ci­le­ment me­su­rables en Bourse mais aus­si sur l’éco­no­mie réelle (voir en­ca­dré, p. 64).

De tous ces élé­ments, il res­sort une cer­ti­tude dé­jà pal­pable : la pé­riode du­rant la­quelle les mar­chés s’éle­vaient qua­si­ment en ligne droite avec une vo­la­ti­li­té très faible est ré­vo­lue. Et, à dé­faut d’une tem­pête bour­sière, des vagues sont à pré­voir.

Vous pou­vez cu­mu­ler les ou­tils pour ré­duire les risques

Dans ce contexte com­pli­qué, la meilleure op­tion semble être de conser­ver une ex­po­si­tion aux ac­tions, mais en « ré­dui­sant la voi­lure ». Il existe plu­sieurs fa­çons de pro­cé­der pour par­ve­nir à cet ob­jec­tif de dé­sen­si­bi­li­sa­tion de votre por­te­feuille. Toutes ne sont pas adap­tées à tous les pro­fils d’in­ves­tis­seurs. Par exemple, l’uti­li­sa­tion de pro­duits dé­ri­vés de type put sup­pose un mi­ni­mum d’ex­per­tise, spé­cia­le­ment lors­qu’il s’agit de pro­duits très tech­niques comme les war­rants, et de sur­veillance des po­si­tions choi­sies. A l’op­po­sé, la simple prise de bé­né­fices sur des po­si­tions ac­quises est une stra­té­gie fa­cile à mettre en oeuvre, mais qui né­ces­site un peu de ré­flexion et de pré­cau­tion, no­tam­ment con­cer­nant le choix des titres à ar­bi­trer. Vous orien­ter sur l’une ou l’autre des so­lu­tions dé­pend aus­si du temps que vous pou­vez consa­crer à votre por­te­feuille. Si vous n’êtes pas sûr d’être suf­fi­sam­ment dis­po­nible, peut-être vaut-il mieux en dé­lé­guer la ges­tion à un pro­fes­sion­nel, comme un gé­rant de fonds flexibles, qui se char­ge­ra de prendre les dé­ci­sions au bon mo­ment.

Pour cha­cune des six pos­si­bi­li­tés évo­quées, nous vous in­di­quons dans quelle situation elle peut se ré­vé­ler utile mais aus­si les écueils à évi­ter. Gé­rer un por­te­feuille intelligemment re­quiert sou­vent de faire un pas de cô­té pour prendre du re­cul et agir avec calme plu­tôt que dans la pré­ci­pi­ta­tion. Ce­la est d’au­tant plus vrai à un mo­ment où l’es­pé­rance de gain sur les ac­tions est moins éle­vée. Plus ques­tion de se lais­ser por­ter par la vague : une ges­tion ac­tive de vos po­si­tions re­de­vient né­ces­saire.

Cer­taines so­lu­tions sont par­ti­cu­liè­re­ment simples à mettre en oeuvre

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