ADP, FDJ, En­gie: les pri­va­ti­sa­tions sur les rails

Mieux Vivre Votre Argent - - Bourse - FRÉ­DÉ­RIC BÉRIOT

Le gou­ver­ne­ment Phi­lippe a fran­chi un cap im­por­tant, au dé­but du mois d’oc­tobre, dans le pro­ces­sus de pri­va­ti­sa­tion de trois so­cié­tés connues du grand pu­blic : Groupe ADP, ex-Aé­ro­ports de Pa­ris, l’ex­ploi­tant aé­ro­por­tuaire dont le titre vient d’in­té­grer le por­te­feuille d’ac­tions de Mieux Vivre Votre Argent (voir p. 31), la Fran­çaise des jeux (FDJ) qui gère la Lo­te­rie na­tio­nale et n’est pas co­tée en Bourse, et le groupe éner­gé­tique En­gie (ex-GDF Suez). Les ar­ticles 44 et 52 de la loi Pacte (voir p. 14) au­to­ri­sant l’Etat à ré­duire sa par­ti­ci­pa­tion dans ces trois en­tre­prises ont été adop­tés par les dé­pu­tés. Ac­tion­naire à hau­teur de 72% de la FDJ, l’Etat de­vra conser­ver un mi­ni­mum de 20% du ca­pi­tal. Le mo­no­pole de la so­cié­té sur la Lo­te­rie na­tio­nale est par ailleurs pro­lon­gé pour au moins vingt-cinq ans. Dans le cas d’En­gie, la sé­cu­ri­té des ap­pro­vi­sion­ne­ments de la France en gaz est as­su­rée même si l’Etat des­cend à moins d’un tiers du ca­pi­tal ou des droits de vote du groupe.

Mais la plus grosse opé­ra­tion de ce pro­gramme de pri­va­ti­sa­tion concerne ADP. Elle pour­rait rap­por­ter quelque 10 mil­liards d’eu­ros à l’Etat, dont l’es­sen­tiel doit ali­men­ter un fonds pour fi­nan­cer « l’in­no­va­tion de rup­ture ». Les dé­pu­tés ont au­to­ri­sé la puis­sance pu­blique à abais­ser sa par­ti­ci­pa­tion sous le seuil ma­jo­ri­taire des 50% du ca­pi­tal (l’Etat dé­tient ac­tuel­le­ment 50,63% de l’en­tre­prise), non sans avoir au préa­lable pris la pré­cau­tion de trans­fé­rer les ac­tifs de la so­cié­té (ter­mi­naux, pistes, im­meubles…) dans le do­maine pu­blic. Ce­ci pour évi­ter que le Gou­ver­ne­ment soit ac­cu­sé de di­la­pi­der le pa­tri­moine de l’Etat, comme ce fut le cas lors de la pri­va­ti­sa­tion des au­to­routes en 2006. Con­crè­te­ment, ADP, jusque-là pro­prié­taire des ré­serves fon­cières et des in­fra­struc­tures, pour­ra les ex­ploi­ter pen­dant en­core soixante-dix ans avant que ces ac­tifs ne re­de­viennent la pro­prié­té de l’Etat.

En com­pen­sa­tion, une in­dem­ni­sa­tion com­prise entre 500 et 2 mil­liards d’eu­ros pour­rait être ver­sée aux ac­tion­naires mi­no­ri­taires d’ADP sous la forme d’un di­vi­dende ex­cep­tion­nel. Mais rien n’est ar­rê­té, pas même les mo­da­li­tés de la pri­va­ti­sa­tion. L’Etat cé­de­ra-t-il l’in­té­gra­li­té de ses titres ? à qui ? Les par­ti­cu­liers pour­ront-ils y par­ti­ci­per ? Les ré­ponses de­vraient être ap­por­tées au dé­but de 2019 pour une opé­ra­tion pré­vue vrai­sem­bla­ble­ment avant l’été. Une chose est sûre : les can­di­dats ne manquent pas, à com­men­cer par Vin­ci.

L’Etat pour­rait en­gran­ger 10 mil­liards d’eu­ros avec la vente d’ADP

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