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Mieux Vivre Votre Argent - - Votre Argent -

Vo­treé­parg ne de pré­cau­tionne de­vrait pas ex cé­der plus de trois fois le mon­tant de vos re­ve­nus men­suels, se­lon les règles d’une bonne ges­tion de pa­tri­moine ! Or ce prin­cipe est ra­re­ment res­pec­té. Certes, toute règle souffre des ex­cep­tions… Vous pou­vez avoir des pro­jets à moins d’un an qui né­ces­sitent de conser­ver de l’ar­gent dis­po­nible (achat d’une nou­velle voi­ture, tra­vaux dans la ré­si­dence prin­ci­pale, etc.) mais ce cas de fi­gure n’ex­plique pas les sommes consi­dé­rables lais­sées en dé­pôt sur les comptes cou­rants ou en cash sous les ma­te­las (534 mil­liards d’eu­ros à la fin du pre­mier tri­mestre 2018 se­lon la Banque de France) ni celles dé­te­nues sur les li­vrets d’épargne ré­gle­men­tée (739 mil­liards d’eu­ros).

Or, cette épargne ne rap­porte qua­si­ment plus rien. Son ren­de­ment an­nuel ne comble même plus le ni­veau de l’in­fla­tion, es­ti­mée à 2% pour l’an­née 2018 par la Banque de France. Ré­sul­tat, au lieu de ca­pi­ta­li­ser, vous per­dez de l’ar­gent. Face à cette si­tua­tion, il faut ré­agir. Faites le point sur les mon­tants que vous avez sto­ckés sur des sup­ports à court terme et sans risque et vé­ri­fiez si, une fois ad­di­tion­nés, le ré­sul­tat est rai­son­nable. Si­non, n’hé­si­tez pas à écrê­ter pour vous tour­ner vers des pla­ce­ments de plus long terme, da­van­tage ré­mu­né­ra­teurs. Et même au sein de vos pla­ce­ments de court terme, faites le tri pour ne conser­ver que ceux qui rap­portent en­core !

Livret A et LDDS : une ré­mu­né­ra­tion faible au moins jus­qu’en 2020

Le livret A est l’exemple même du pro­duit in­con­tour­nable pour vos li­qui­di­tés, mais qui de­vient de moins en moins ren­table. De­puis le 1er août 2015, cette en­ve­loppe, dé­te­nue par plus de 55 mil­lions de Fran­çais qui peuvent y lo­ger jus­qu’à 22950 eu­ros, ne rap­porte plus que 0,75% par an. Une ré­mu­né­ra­tion faible – mais exo­né­rée d’im­pôts et de pré­lè­ve­ment so­ciaux –, qui était ac­cep­table jus­qu’à l’an pas­sé car elle com­blait l’in­fla­tion. Ce n’est plus le cas au­jourd’hui. D’abord parce que les prix sont re­par­tis à la hausse. En­suite, parce qu’une nou­velle for­mule de cal­cul a été ins­tau­rée par le Gou­ver­ne­ment en juin der­nier. Elle en­té­rine le fait que ce pla­ce­ment ne ga­ran­ti­ra plus aux épar­gnants un taux au­to­ma­ti­que­ment su­pé­rieur ou égal à l’in­fla­tion, comme c’était le cas jus­qu’alors. Con­crè­te­ment, sa ré­mu­né­ra­tion res­te­ra ge­lée à 0,75% jus­qu’à la fin de jan­vier 2020. Après cette date, elle pour­ra à nou­veau être ré­vi­sée (en fé­vrier et en août) en fonc­tion des prix à la consom­ma­tion sur douze mois glis­sants et du taux in­ter­ban­caire (Eo­nia).

La seule bonne nou­velle ré­side dans l’ins­tau­ra­tion d’un taux plan­cher : à l’ave­nir, le livret A ne pour­ra pas of­frir un taux in­fé­rieur à 0,50%. Mais le Gou­ver­ne­ment a aus­si dé­ci­dé de li­mi­ter sa pos­sible pro­gres­sion. Ain­si, au mieux, le taux pour­rait at­teindre 1,25% en fé­vrier 2020, même en cas de forte re­mon­tée des taux de mar­ché et/ou de l’in­fla­tion. Nous vous re­com­man­dons donc d’y pla­cer uni­que­ment votre tré­so­re­rie né­ces­saire à court terme. Ce con­seil s’ap­plique aus­si aux li­vrets dont la ré­mu­né­ra­tion est in­dexée sur celle du livret A. Le livret de dé­ve­lop­pe­ment du­rable et so­li­daire (LDDS), qui peut ac­cueillir au maxi­mum 12 000 eu­ros, res­te­ra aus­si pla­fon­né à 0,75% jus­qu’en 2020.

Livret Jeune et LEP : deux pro­duits de niche in­té­res­sants

Par­mi les li­vrets ré­gle­men­tés li­quides et non im­po­sables, deux sont en­core in­té­res­sants sur le plan fi­nan­cier. D’abord, le livret Jeune qui per­met aux 12-25 ans de pla­cer jus­qu’à 1 600 eu­ros. Sa ré­mu­né­ra­tion, qui ne peut pas être in­fé­rieure à celle du livret A, dé­pend de la po­li­tique de chaque banque. Ac­tuel­le­ment, les éta­blis­se­ments pra­tiquent des taux al­lant au mi­ni­mum de 1% pour le moins-di­sant (Cré­dit Agri­cole) jus­qu’à 2% pour les plus gé­né­reux (BNP Pa­ri­bas, Mo­na­banq, So­cié­té Gé­né­rale…). Une au­baine dont les jeunes ne doivent pas hé­si­ter à pro­fi­ter !

Autre pro­duit de niche à ne pas né­gli­ger : le livret d’épargne po­pu­laire (LEP). Il est uni­que­ment ré­ser­vé aux per­sonnes à re­ve­nus mo­destes (pour ou­vrir un compte en

2018, le re­ve­nu de ré­fé­rence 2016 du foyer fis­cal ne de­vait pas dé­pas­ser 19 468 eu­ros pour une per­sonne seule, 29 863 eu­ros pour un couple, etc.). La ré­mu­né­ra­tion est tou­jours su­pé­rieure de 0,5 point de pour­cen­tage à celle du livret A, soit ac­tuel­le­ment 1,25%. Les per­sonnes rem­plis­sant les cri­tères de dé­ten­tion ne doivent donc pas hé­si­ter à l’ali­men­ter en prio­ri­té. Elles peuvent y pla­cer jus­qu’à 7 700 eu­ros.

Li­vrets ban­caires : à ban­nir de votre pa­tri­moine

L’ ins­tau­ra­tion en 2018 du pré­lè­ve­ment for faire unique a ren­du la fis­ca­li­té des li­vrets ban­caires moins pe­sante. Les in­té­rêts ne sont plus im­po­sés sur vos re­ve­nus se­lon le cal­cul du ba­rème pro­gres­sif (soit jus­qu’à 62,2% de ponc­tion, pré­lè­ve­ments so­ciaux in­clus), mais uni­que­ment à 30%. Mal­gré tout, leur ni­veau de ré­mu­né­ra­tion reste très en de­çà de ce­lui du livret A. Se­lon les der­niers chiffres de la Banque de France, les li­vrets rap­por­taient en moyenne 0,27% brut à leur dé­ten­teur à la fin d’août 2018.

Quelques rares éta­blis­se­ments pro­posent en­core des pro­duits à des taux plus in­té­res­sants. Dis­tin­go de PSA Banque, Zes­to de RCI Bank & Ser­vices, ou en­core le Livret d’Orange Bank af­fichent une ré­mu­né­ra­tion de 1% brut, soit 0,70% net. Des en­ve­loppes qui peuvent s’en­vi­sa­ger si vous avez des sommes à pla­cer à court terme après avoir at­teint le pla­fond de votre livret A ou si vous êtes non im­po­sable. A dé­faut, fer­mez-les !

Fonds mo­né­taires: un pla­ce­ment à ren­de­ment né­ga­tif

Pré­sen­tés sou­vent par le pas­sé comme une al­ter­na­tive aux comptes à terme et li­vrets ban­caires pour pla­cer des li­qui­di­tés à trois, six ou douze mois, les fonds mo­né­taires ont lar­ge­ment per­du leur at­trait. Ces Si­cav, qui in­ves­tissent sur les mar­chés dans des ins­tru­ments fi­nan­ciers de dette à court terme, pâ­tissent de la fai­blesse des taux. Leur in­dice de ré­fé­rence, l’Eo­nia (le taux in­ter­ban­caire de la zone eu­ro) est en ter­ri­toire né­ga­tif, à - 0,362% au 7 no­vembre 2018. Dans ce contexte, les Si­cav peuvent dif­fi­ci­le­ment faire mieux sans prendre de risque.

D’après Eu­ro­per­for­mance, les fonds de tré­so­re­rie li­bel­lés en eu­ros et com­mer­cia­li­sés en France af­fichent une perte moyenne de 0,32% sur les neuf pre­miers mois de l’an­née. Et rien ne laisse pré­sa­ger que leur si­tua­tion s’amé­liore à moyen terme. Un pla­ce­ment à évi­ter ab­so­lu­ment !

PEL et CEL : gon­flez vos vieux contrats

Mettre de l’ar­gent de cô­té pour une fu­ture ac­qui­si­tion im­mo­bi­lière, tel est l’ob­jec­tif de l’épargne lo­ge­ment. Mais force est de consta­ter que ces pro­duits, eux aus­si, rap­portent de moins en moins. C’est par­ti­cu­liè­re­ment vrai pour le compte épargne lo­ge­ment (CEL), qui peut re­ce­voir jus­qu’à 15 300 eu­ros. De­puis le 1er août 2015, sa ré­mu­né­ra­tion brute stagne à 0,50%. Les comptes ou­verts avant 2018 bé­né­fi­cient tou­jours d’une fis­ca­li­té al­lé­gée car ils sont sou­mis uni­que­ment aux pré­lè­ve­ments so­ciaux. Mais ceux sous­crits de­puis le 1er jan­vier 2018 sont en outre as­su­jet­tis à l’im­pôt sur le re­ve­nu (« flat tax » de 30%) et ne bé­né­fi­cient plus de la prime d’Etat. Un pro­duit à ou­blier.

Le plan d’épargne lo­ge­ment (PEL), dont la spé­ci­fi­ci­té ré­side dans sa clô­ture en cas de re­traits, s’est vu ap­pli­quer ces mêmes règles fis­cales en 2018. Les contrats ou­verts de­puis le 1er jan­vier 2018 sont ré­mu­né­rés à 1% mais im­po­sés à 30%. Ils sont donc beau­coup moins in­té­res­sants. Com­pa­ra­ti­ve­ment, les vieux plans, qui peuvent être ali­men­tés jus­qu’à 61 200 eu­ros, en sont d’au­tant plus at­trac­tifs. Beau­coup ont des taux bien su­pé­rieurs puisque le rende ment moyen des PEL ou­verts en France s’élève à 2,69%, d’après la Banque de France.

Il est vrai que la ré­mu­né­ra­tion de ce pro­duit a dé­grin­go­lé ces der­nières an­nées : il af­fi­chait res­pec­ti­ve­ment, au dé­but des an­nées 90 et 2000, un taux de 4,62% puis de 3,27%… Si votre PEL est an­cien, vous êtes donc as­su­ré d’ob­te­nir en­core de beaux ren­de­ments (voir in­fo­gra­phie ci-des­sus) . Et ce, même si les in­té­rêts de tous les PEL vieux de plus de douze ans sont im­po­sés.

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