Le fi­nan­ce­ment: la ques­tion ja­mais po­sée

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Un in­di­vi­du ma­rié est sus­cep­tible de coû­ter plus cher à son ré­gime de re­traite. A co­ti­sa­tions égales du­rant sa car­rière, sa pen­sion pour­ra lui sur­vivre via la ré­ver­sion que tou­che­ra son conjoint sur­vi­vant. A l’in­verse, la pen­sion d’un cé­li­ba­taire meurt avec son por­teur.

« La ré­ver­sion consiste en une re­dis­tri­bu­tion de re­ve­nus des cé­li­ba­taires vers les couples ma­riés », ré­su­mait le Con­seil d’orien­ta­tion des re­traites en 2007. Le dis­po­si­tif a été créé alors que « le ma­riage était la norme », rap­pelle de son cô­té l’Ins­ti­tut des po­li­tiques pu­bliques (IPP) dans un rap­port de 2013, ajou­tant que le « risque veu­vage » était ain­si à l’époque

« com­mun à tous », d’où «une adhé­sion au prin­cipe forte ». « Le ma­riage re­cu­lant dans les jeunes gé­né­ra­tions », cette re­dis­tri­bu­tion « de­vient su­jette à ques­tion », note l’IPP, qui n’hé­site pas à po­ser la ques­tion sen­sible: qui doit fi­nan­cer la cou­ver­ture du risque veu­vage?

« C’est un choix de so­cié­té, ana­lyse Va­lé­rie Ba­tigne, de Sa­pien­do-re­traite.fr.

La ré­ver­sion a un coût, faut-il le faire payer à tous? A mon sens, il n’y au­rait pas de dif­fi­cul­té tech­nique, dans notre sys­tème par ré­par­ti­tion, à faire fi­nan­cer le dis­po­si­tif par les couples en ren­dant la ré­ver­sion op­tion­nelle. L’époux qui sou­hai­te­rait en faire bé­né­fi­cier son conjoint ver­rait en contre­par­tie sa pen­sion propre di­mi­nuer. » L’al­ter­na­tive: « Pro­po­ser une sur­co­ti­sa­tion aux couples. » Le risque avec les dis­po­si­tifs fa­cul­ta­tifs est que le conjoint le plus vul­né­rable ne soit plus pro­té­gé. Des mé­ca­nismes obli­ga­toires peuvent aus­si être en­vi­sa­gés, sou­ligne l’IPP.

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