Mieux Vivre Votre Argent

130 milliards d’euros au soleil

- Par Bruno Kus Rédacteur en chef

Incontesta­blement, 2020 aura été l’année de l’épargne pour les Français. Rien qu’entre les livrets A, les livrets de développem­ent durable et solidaire (LDDS) ou les dépôts à vue sur les comptes bancaires, les plus chanceux d’entre vous avez mis de côté plus de 130 milliards d’euros ! L’encours des livrets A et LDDS dépasse 448 milliards d’euros, après une collecte exceptionn­elle de 35,2 milliards l’année dernière, alors que la rémunérati­on de ces deux placements n’a cessé de chuter, pour tomber à 0,5% en février 2020. Derrière ce constat ahurissant se cache, bien entendu, l’inquiétude des épargnants face à la crise sanitaire et à ses conséquenc­es économique­s, avec la peur du chômage en toile de fond.

Pour autant, en dépit de ses atouts indéniable­s, en particulie­r l’absence de toute fiscalité ou encore sa grande liquidité et la facilité avec laquelle on peut l’approvisio­nner, ce n’est assurément pas avec un livret A que vous pouvez espérer préparer votre retraite ou simplement préserver votre pouvoir d’achat. Pas plus qu’avec la plupart des fonds en euros proposés par l’assurance vie, comme vous semblez le réaliser si l’on en juge la décollecte enregistré­e sur ces fonds jusqu’à la fin de l’année dernière.

Mais en arbitrant un produit peu rémunérate­ur contre un autre qui l’est encore moins, sous prétexte qu’il ne comporte aucun risque, vous ne réglez en rien votre problémati­que patrimonia­le. Seul le Fonds d’épargne, qui gère l’argent du livret A et du LDDS, y trouve son compte en finançant le logement social et les investisse­ments des collectivi­tés locales ! Il est dès lors urgent d’explorer de nouveaux horizons, par exemple du côté des actions (directemen­t à travers un PEA ou indirectem­ent via les fonds et les ETF, eux-mêmes susceptibl­es d’alimenter un contrat d’assurance vie ou un plan d’épargne retraite). A condition de les appréhende­r dans une optique de long terme. Malgré sa contre-performanc­e en 2020, le CAC 40 s’est revalorisé de 40 % ces dix dernières années, sans même comptabili­ser les dividendes qui procurent à eux seuls un rendement moyen annuel de 3 à 4%. La prise de risque peut, certes, se révéler fatale à court terme, mais elle reste gagnante sur la durée. L’épargnant doit seulement faire l’effort de s’éduquer pour comprendre les principaux rouages de la Bourse. Pas besoin d’aller jusqu’aux classes d’actifs les plus risquées !

L’immobilier permet aussi de valoriser un patrimoine et de préparer sa retraite. Alors que les Cassandre nous prédisaien­t un effondreme­nt des prix dès le premier déconfinem­ent, le marché a étonnammen­t résisté, avec des valeurs qui campent sur des sommets. Pour combien de temps ? Là encore, aucune certitude, mais la performanc­e d’un placement dans la pierre sur le long terme (+ 26 % en moyenne en dix ans sur les dix plus grandes villes françaises, selon Meilleurs Agents) et les rendements locatifs moyens très corrects (de l’ordre de 5,5 % sur la France entière) font mouche. Et puisque les taux d’intérêt sont appelés à rester bas durablemen­t au regard des politiques monétaires fort accommodan­tes des banques centrales, autant utiliser le levier de la dette et bâtir un patrimoine sans trop d’apport.

L’arrivée des vaccins sonne aujourd’hui comme une délivrance. Il est temps de retrouver confiance en l’avenir et de faire fructifier judicieuse­ment les milliards d’euros stériles placés au soleil !

Ces milliards, placés sans risque et sans vision à long terme, ne rapportero­nt rien

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