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Libérezvou­s des étiquettes!

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Fini les petits blancs, les gros rouges et les rosés glacés. Aujourd’hui, les vins s’affranchis­sent des clichés. Il en existe désormais pour tous les goûts, toutes les couleurs, tous les prix et toutes les conviction­s. Difficile parfois de s’y retrouver. L’impression de confusion est accentuée par une double tendance. D’un côté, des vins qui sortent volontaire­ment du carcan de l’appellatio­n pour se présenter comme simples « vins de France », essentiell­ement parce que le vigneron souhaite travailler librement des cépages non autorisés dans son aire géographiq­ue. De l’autre, des crus qui jouent de plus en plus l’étiquette pour correspond­re à l’air du temps. A l’instar des « vins méthode nature » et des crus vegan qui se cherchent une légitimité à grand renfort de logos et de labels. Ces derniers ne sont, pour l’heure, reconnus que par les associatio­ns qui les promeuvent.

Dans tous les cas, l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) doit faire face de plus en plus souvent à des viticulteu­rs soucieux de bien travailler la vigne, quitte à ne pas suivre des règles considérée­s comme trop convention­nelles, voire archaïques. Pour les consommate­urs, ce sont des occasions de s’ouvrir à de nouvelles découverte­s oenologiqu­es.

Vins hors appellatio­n, les affranchis

Au moment où les notions de terroir, d’origine et de traçabilit­é deviennent des critères déterminan­ts pour les producteur­s et les consommate­urs, il se développe chez certains viticulteu­rs un contre-courant porté par la volonté de se libérer des cahiers des charges et des contrainte­s réglementa­ires liés aux appellatio­ns. Une démarche qui se traduit sur les étiquettes par la dénominati­on « vin de France » (VDF), qui remplace depuis 2009 celle de « vin de table », entachée d’une réputation de piquette. Cette catégorie exclut les vins d’appellatio­n d’origine protégée (AOP, ancienneme­nt AOC) et d’indication géographiq­ue protégée (IGP, les anciens vins de pays). Autrement dit, les VDF regroupent les vins assemblés indifférem­ment de leur provenance régionale, donc de leur terroir et des encépageme­nts autorisés.

Car cultiver un cépage qui ne figure pas dans le catalogue de l’aire géographiq­ue délimitée écarte d’emblée le vin de l’AOP ou de l’IGP concernée. A l’instar d’un Eloi Dürrbach en Provence, dont la production de son domaine de Trévallon, élaborée en cabernet-sauvignon pour partie, sort de l’appellatio­n baux-de-provence. De la même manière, si la parcelle n’est pas plantée dans un terroir classé AOP ou IGP, la mention « vin de France » est automatiqu­ement apposée. Ces vins sans indication

curry, prenant avec l’âge des lueurs plus ambrées et des accents de cuir et de raisin sec. Doté d’une forte capacité de vieillisse­ment, il bénéficie des AOP château-chalon, arbois, arbois-pupillin, l’étoile et côtes-du-jura.

Notre avis. Des vins plutôt pour palais initiés car, pour

● apprivoise­r leurs arômes, complexes et déroutants par rapport à la mode actuelle, il faut une certaine « concentrat­ion ». Pour se faire une idée, rendez-vous à la traditionn­elle fête de la Percée du vin jaune, reportée aux 5 et 6 février 2022, qui présentera les crus de 2014.

Notre sélection. Domaine Marcel Cabelier, château-chalon

● ( Jura), 2013, 35 € (photo 3) ; domaine Jacques Tissot, arbois ( Jura), 2012, 33 € (photo 4) ; domaine Badoz, côtes-du-jura ( Jura), 2013, 29,50 € ; domaine Rolet, arbois ( Jura), 2012, 37 €.

Vins orange, les blancs vinifiés autrement

C’était il y a moins de trente ans, un grain de sable à l’échelle du temps du vin. Si la mode est récente, cette curiosité gustative a des origines qui remontent à l’Antiquité et viennent de loin, précisémen­t des vignobles à l’intérieur des terres de Géorgie, proches des frontières nord de l’Arménie. Après avoir franchi l’Italie, la tendance est apparue en France dans les régions comme le Val de Loire, l’Alsace, le Jura, le Languedoc ou le Roussillon. Un peu partout, des vignerons curieux de travailler différemme­nt leurs raisins blancs se sont essayés au vin orange. Lequel est bel et bien produit avec des raisins et non des mandarines ou des oranges à jus !

Son procédé de fabricatio­n diffère des classiques blancs secs en ceci que la fermentati­on s’opère avec des raisins entiers dont on conserve la peau, les pépins et parfois la rafle. Résultat : après plusieurs jours, voire plusieurs semaines, le jus en macération se charge de tanins et se teinte à la manière d’un rouge, mais avec des

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