Dé­cor de verre par les Bou­roul­lec

— Ren­contre avec Ro­nan qui pour­suit en com­pa­gnie de son frère Erwan son ex­plo­ra­tion du verre. Les de­si­gners fran­çais ont ima­gi­né “Al­co­va”, une col­lec­tion de vases en verre cou­lé tout en vi­bra­tion, pour l’édi­teur Won­derG­lass. —

Milk Decoration - - SOMMAIRE. - TEXTE : MA­RIE RANDON DU LANDRE - PHO­TOS : MAURIZIO RUSSO

“Al­co­va”, leur col­lec­tion de vases en verre cou­lé pour Won­derG­lass.

Comment est née “Al­co­va”, cette fa­mille de vases en verre cou­lé ?

Nous avons dé­cou­vert le verre cou­lé il y a trente ans, une tech­nique dont j’ai tou­jours trou­vé sen­suelle la trans­pa­rence voi­lée. Il y a quelques an­nées, nous avions dé­jà des­si­né pour Glas Ita­lia des tables dont le pla­teau était en verre cou­lé. C’est une tech­nique as­sez simple : du verre en fu­sion dont la tex­ture a la consis­tance du miel, qui est re­cueilli dans un go­det et que l’on verse dans un moule rec­tan­gu­laire. On ré­cu­père en­suite à l’aide d’une pelle cette forme lé­gè­re­ment ri­gi­di­fiée et on la glisse dans une forme in­cur­vée, dé­fi­ni­tive.

Lors du Sa­lon de Mi­lan, vous avez pré­sen­té cette col­lec­tion ain­si que des pa­ra­vents en verre pour Glas Ita­lia. Une ma­tière que vous ai­mez par­ti­cu­liè­re­ment ex­plo­rer en ce mo­ment ?

Nous n’ob­ser­vons au­cune hié­rar­chie dans les ma­té­riaux que nous uti­li­sons, ni entre les édi­teurs avec les­quels nous tra­vaillons. Ce qui nous in­té­resse dans notre tra­vail, c’est la va­rié­té des pos­si­bi­li­tés d’ex­pres­sion, comme une pa­lette in­fi­nie dans la­quelle nous pui­sons.

Qu’est-ce qui vous a in­té­res­sé dans la tech­nique du verre cou­lé ?

Je dois dire que je nour­ris un in­té­rêt cer­tain pour la vi­bra­tion, l’im­per­fec­tion. Je pense aus­si que nous avons un rôle à jouer pour que les sa­voir-faire per­durent. Cette tech­nique du verre cou­lé au­tre­fois ba­nale est en train de dis­pa­raître. J’ai vou­lu conser­ver cet es­prit ma­nuel, cette tech­nique rustre dans le ren­du des pièces.

Comment avez-vous choi­si cette pa­lette trans­pa­rente de vert, orange et jaune ?

Nous avons pio­ché dans la pa­lette dé­jà exis­tante de l’ate­lier, par­mi les cou­leurs peu usuelles. Mais ce qui nous a sur­tout in­té­res­sés, c’est le ré­sul­tat chro­ma­tique de leur as­so­cia­tion,

de leur su­per­po­si­tion et le ren­du de la cou­leur en fonc­tion de l’épais­seur des pièces.

Une pa­lette, des formes, mais aus­si un jeu in­té­res­sant entre les pleins et les vides…

Nous tra­vaillons le com­bi­na­toire de­puis long­temps. Cette jus­tesse des équi­libres entre les pleins et les vides a été tra­vaillée en amont. Nous pro­po­sons donc des com­po­si­tions avec une forme de li­ber­té contrô­lée, nous des­si­nons des pièces en ayant en tête qu’elles fonc­tion­ne­ront en­semble.

Le vase est consti­tué du conte­nant et d’une al­côve, les deux sont-ils in­dis­so­ciables ?

Oui, c’est l’en­semble qui consti­tue le vase. L’al­côve est comme un fond dans le­quel on ob­serve les fleurs. Ce qui fait la force de cette col­lec­tion, c’est la re­la­tion entre l’épais­seur, les di­men­sions et la com­bi­nai­son des pièces. Elles forment un en­semble co­hé­rent et nou­veau mal­gré l’ex­trême sim­pli­ci­té, ba­na­li­té de la tech­nique.

Très sculp­tu­rale, cette col­lec­tion est-elle réel­le­ment des­ti­née à ac­cueillir des fleurs ou l’avez- vous ima­gi­née comme un pe­tit pay­sage do­mes­tique suf­fi­sant en lui-même ?

Avec le tra­vail du meilleur maître d’ike­ba­na, le ré­sul­tat de­vrait être pas mal… Oui, cette col­lec­tion est bien des­ti­née à re­ce­voir des fleurs. Nous avons ai­mé tra­vailler sur cette fonc­tion bien­veillante.

“Nous avons tra­vaillé en amont la jus­tesse des équi­libres entre les pleins et les vides.”

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