À l’af­fiche du court-mé­trage Rise of a star, réa­li­sé par son ma­ri James Bort, Do­ro­thée Gil­bert in­carne une dan­seuse étoile qui peine à an­non­cer sa gros­sesse.

À l’Opé­ra de Paris, nous avons eu la chance d’avoir, ces der­nières an­nées, des dan­seuses qui ont tra­cé un che­min po­si­tif au­tour de la gros­sesse.

Milk Magazine - - Style - Texte : Aman­dine Grosse – Photos : James Bort

Comment est né ce pro­jet de court-mé­trage ? Une so­cié­té de pro­duc­tion a ap­pro­ché mon ma­ri avec une idée de fic­tion qui s’ins­pi­rait un peu de notre his­toire. En­semble, ils ont beau­coup tra­vaillé sur le scé­na­rio. Puis, la boîte de pro­duc­tion m’a de­man­dé si je sou­hai­tais jouer le pre­mier rôle. Est-ce que ce­la a été fa­cile pour vous de tra­vailler sur ce pro­jet avec votre ma­ri ? Oui ! On a l’ha­bi­tude de tra­vailler en­semble. On s’est ren­con­trés comme ça, d’ailleurs (Do­ro­thée Gil­bert et James Bort se sont ren­con­trés sur la cam­pagne pu­bli­ci­taire de Re­pet­to). J’ai l’ha­bi­tude qu’il me prenne en pho­to. Il me suit sou­vent quand je pars dan­ser à l’étran­ger. Ce­la m’a ai­dée de vivre cette pre­mière ex­pé­rience d’ac­trice avec lui. On a pu échan­ger sur ce qu’il vou­lait. J’étais vrai­ment comme à la mai­son. Et, en plus, le tour­nage se pas­sait dans mon deuxième chez-moi, à l’Opé­ra de Paris ! Pour ce pre­mier rôle, vous jouez aux cô­tés de Ca­the­rine De­neuve dans un court-mé­trage pré­sé­lec­tion­né aux Oscars. Un beau ca­deau… Oui, ce n’est pas rien ! C’est une chance im­mense de com­men­cer aux cô­tés de co­mé­diens de cette en­ver­gure. En danse, quand le par­te­naire est juste dans son in­ter­pré­ta­tion et qu’il donne beau­coup, c’est en­core plus fa­cile pour la par­te­naire de ré­pondre cor­rec­te­ment et d’avoir des sen­ti­ments ap­pro­priés. Quand Ca­the­rine De­neuve et Pierre De­la­don­champs me don­naient la ré­plique, j’avais juste be­soin de les écou­ter pour être dans l’émo­tion juste. Vous jouez une dan­seuse étoile qui a du mal à an­non­cer à sa di­rec­tion qu’elle est en­ceinte. Est-ce que cette crainte est en­core réelle chez les dan­seuses pro­fes­sion­nelles ? Il y a à peine vingt ans, c’était un su­jet tabou d’avoir un en­fant. À l’Opé­ra de Paris, nous avons eu la chance, ces der­nières an­nées, d’avoir des dan­seuses qui ont tra­cé un che­min po­si­tif au­tour de la gros­sesse, et c’est beau­coup plus fa­cile au­jourd’hui. Au­ré­lie Du­pont, notre di­rec­trice de la danse, a aus­si eu des en­fants ; c’est une femme, je pense qu’elle com­prend en­core plus ce que c’est, de vivre ça. En re­vanche, pour d’autres dan­seuses, en France et dans le monde, ça peut res­ter pro­blé­ma­tique. Je pense no­tam­ment à cette dan­seuse à Lyon qui s’était fait ren­voyer parce qu’elle était en­ceinte. Ce su­jet est en­core to­ta­le­ment d’ac­tua­li­té. Comment aborde-t-on le re­tour à la danse après une gros­sesse ? J’étais éton­née de voir à quel point le corps se sou­ve­nait. C’était plus com­pli­qué d’un point de vue psy­cho­lo­gique. Il y avait des au­to­ma­tismes in­cons­cients qui, là, ne fonc­tion­naient plus. Je sen­tais que si je n’étais pas pile-poil dans l’axe où il fal­lait que je sois, mon corps n’al­lait pas tout de suite se re­po­si­tion­ner avec la même fa­ci­li­té qu’avant. Il fal­lait que je sois très at­ten­tive à ce­la. De quoi me stres­ser ! Est-ce que vous dan­sez dif­fé­rem­ment de­puis que vous êtes ma­man ? Je ne le res­sens pas dans mon corps, mais plu­tôt à tra­vers ma ma­tu­ri­té ar­tis­tique. Il s’est pas­sé quelque chose de fort qui fait que je n’aborde pas les rôles de la même ma­nière qu’avant. Et c’est vrai qu’avec un en­fant, les plages de re­pos ne sont plus tout à fait les mêmes qu’avant !

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