CHIL­LI ET MI­NI CAR­BO­NA­RA DE VALENTA MODEL

À toutes les sauces !

Modèle Magazine - - SOMMAIRE - Texte : Pierre Al­ban Pho­tos : Pierre Al­ban, Éric Le­querme et Fran­cis Jammes

Moins connu que l e Ther­mik XXXL, son an­cêtre de 5 m, l e Chil­li est en fait la dé­cli­nai­son de la der­nière fa­mille des Car­bo­na­ra. Avec ses 4,70 m, le Chil­li est un Car­bo­na­ra XXL, le Car­bo­na­ra « nor­mal » af­fi­chant 4 m d’en­ver­gure.

Le Mi­ni Car­bo­na­ra, quant à lui, uti­lise les bouts d’ailes du grand frère Chil­li, pour un cock­tail dé­ton­nant sur fond de F3F.

Alors, le Chil­li est-il la ver­sion mo­der­ni­sée de son an­cêtre de 5 m ? Que se passe-t-il avec l’en­ver­gure ra­me­née à 3 m du Mi­ni Car­bo­na­ra ? Le maxi est-il la dé­cli­nai­son du Mi­ni ou bien sont-ils ra­di­ca­le­ment dif­fé­rents ? Voi­ci ce que je vous pro­pose de dé­cou­vrir avec ces deux pla­neurs en un.

COMME UNE SÉ­LEC­TION NATURELLE…

Valenta Model, fa­bri­cant tchèque bien connu, pro­pose tou­jours d’ex­cel­lents mo­dèles, ma­gni­fi­que­ment bien fi­nis et qui durent dans le temps. Ses mo­dèles sont ra­re­ment pré­vus pour faire de la com­pé­ti­tion, mais plu­tôt pour une clien­tèle exi­geante, cher­chant des per­for­mances sans tou­te­fois uti­li­ser une pince à épi­ler pour ins­tal­ler la ra­dio ! Grand pu­blic oblige, leurs pla­neurs sont mal­heu­reu­se­ment sou­vent cen­trés comme le Sergent Garcia, afin de ne pas ef­frayer par leurs ca­pa­ci­tés d’ac­cé­lé­ra­tion, dues, on s’en doute, à la fi­ni­tion, mais aus­si à des choix aé­ro­dy­na­miques per­ti­nents.

Mon his­toire avec le Chil­li a com­men­cé par la vente de mon Ther­mik XXXL (5 m) et de mon Zam­be­zi (un Sha­ron de 3,55 m ty­pé F5J avec le fu­se­lage du 4,20 m.). Je sou­hai­tais en fait un pla­neur fa­cile et grat­teur comme le Zam­be­zi, mais plus grand et avec plus d’iner­tie, proche des 5 m du Ther­mik XXXL, en res­tant joueur même à basse al­ti­tude.

Le Ther­mique 3XL, ren­for­cé de gé­né­ra­tion en gé­né­ra­tion, af­fiche maintenant les 7,4 kg dans sa seule ver­sion dé­sor­mais com­mer­cia­li­sée : le double car­bone. Comme ce­la l’in­dique, deux épais­seurs de car­bone com­posent sa voilure, le but étant d’évi­ter qu’il n’ex­plose en vol en cas de sur­vi­tesse. Est-ce que ce­la re­pousse le pro­blème ? On peut le pen­ser, mais de toute fa­çon, il y a une li­mite à tout.

Le pro­blème n’est pas da­van­tage ré­so­lu sur le Chil­li, car s’il existe en simple car­bone comme ici, ou en double car­bone, ce­la ne l’em­pê­che­ra pas de par­tir en flut­ter vers… 320 km/h (même si je pense qu’il soit peu pro­bable d’at­teindre cette vi­tesse). Pour rap­pel, le flut­ter est un phé­no­mène vi­bra­toire, par­fois à ten­dance explosive, où les gou­vernes se mettent sou­dai­ne­ment à battre comme un dra­peau. Au­cune machine vo­lante n’y échappe, car toutes pos­sèdent une vi­tesse à ne ja­mais dé­pas­ser. De fait, plu­sieurs Chil­li ont mal ter­mi­né suite à des « pi­qués de la mort » de­puis 400, voire 600 m d’al­ti­tude.

Est-ce bien rai­son­nable ? Il y a en ef­fet des ma­chines conçues pour ce genre de trai­te­ment, mais elles coûtent le double d’un Chil­li, qui a bien d’autres in­té­rêts que la vi­tesse pour la­quelle il n’est pas spé­cia­le­ment conçu. Bref ! Di­sonsle clai­re­ment, pour du vol ex­trême, il faut y mettre le prix et ce n’est pas sur le Chil­li qu’il faut comp­ter, même s’il peut voler vite.

DIF­FÉ­RENTES VER­SIONS

Le Chil­li existe donc en ver­sion simple car­bone : c’est le mo­dèle tes­té, le plus lé­ger. On peut op­ter aus­si pour le double car­bone, ce qui aug­men­te­ra le poids d’en­vi­ron 550 g d’après le fa­bri­cant. On trouve aus­si une ver­sion « GPS » des­ti­née au fa­meux concours GPS, où, pa­raît-il, le Chil­li ex­celle.

La par­ti­cu­la­ri­té de ce pla­neur est sa dé­rive dé­mon­table (toute la dé­rive). C’est vrai qu’elle est très grande et ce­la peut ai­der au trans­port, mais ce n’est pas in­dis­pen- sable. Le sys­tème est très bien réa­li­sé et pra­tique, puis­qu’une seule vis suf­fit à ver­rouiller le tout. Cer­tains l’ont col­lé ou mo­di­fié. Per­so, je ne vois au­cun point faible, au­cun risque par­ti­cu­lier dès lors que l’ins­tal­la­tion ra­dio est mé­ti­cu­leuse, que tous les élé­ments sont de qua­li­té et qu’au­cun jeu n’est to­lé­ré où que ce soit.

Puisque l’on parle de la dé­rive, par­lons aus­si du sta­bi­li­sa­teur : de type mo­no­bloc comme sur le Ther­mik XXXL, là aus­si il faut veiller à ce qu’au­cun jeu ne soit per­cep­tible, car cette concep­tion est aus­si une source de flut­ter.

Le Mi­ni Car­bo­na­ra, lui, est d’of­fice conçu pour la vi­tesse, car son sta­bi­li­sa­teur pa­pillon offre moins

de traî­née, ses gou­vernes sont bien moins sen­sibles au flut­ter et plus pré­cises. Se des­sinent donc dé­jà leurs ca­rac­tères spé­ci­fiques. Tous deux pos­sèdent un fu­se­lage en kev­lar et par­tagent une par­tie de la même voilure. On no­te­ra que le F3F est dis­po­nible en pla­neur pur avec un fu­se­lage plus fin, à ogive (ce­lui de la ver­sion élec­trique n’est dé­jà pas bien gros).

PAS­SER DU CHIL­LI AU MI­NI CAR­BO­NA­RA

En pre­nant li­vrai­son de mon Chil­li, j’ap­pris que le Mi­ni Car­bo­na­ra re­pre­nait les oreilles du Chil­li. Il suf­fi­sait d’ache­ter un fu­se­lage et son sta­bi­li­sa­teur pour ob­te­nir un F3F, soit un pla­neur de vi­tesse de 3 m. J’ai donc pas­sé com­mande mais on ne m’a pas dit qu’il fallait éga­le­ment com­man­der la clé d’ailes, celles du Chil­li étant trop courte puis­qu’elle sert à join­ter les ailes entre elles alors que, sur le Mi­ni Car­bo­na­ra, il faut en plus tra­ver­ser le fu­se­lage. Qu’à ce­la ne tienne, je l’ai com­man­dé en di­rect chez Valenta avec le bal­last qui s’y loge (soit quatre barres de 225 g).

Pour une ques­tion d’équi­libre évident, on ne peut les pla­cer que par paires, ce qui fait 450 g ou 900 g, ce même bal­last pou­vant éga­le­ment prendre place dans les clés du Chil­li, ce qu’il fau­dra en­vi­sa­ger qu’avec cir­cons­pec­tion. On pour­rait tout aus­si bien en­vi­sa­ger d’ac­qué­rir d’abord le 3 m pour en­suite ache­ter les élé­ments man­quants au 4,70 m.

INS­TAL­LA­TION RA­DIO DÉ­LI­CATE

Les Car­bo­na­ra de toutes tailles sont équi­pés du sys­tème LDS dans les ailes. Sur le prin­cipe, c’est une com­mande de gou­verne en­tiè­re­ment in­té­grée, avec des pa­lon­niers ul­tra­courts.

Tout le sys­tème LDS et les cadres de ser­vos sont four­nis, avec l’axe sur rou­le­ment et la trans­mis­sion : ce se­rait dom­mage de ne pas les uti­li­ser.

Les cadres four­nis n’ac­ceptent que deux types de ser­vos : Fu­ta­ba S3172SV ou JR DS189 HV, cha­cun dé­cli­né soit en vol­tage nor­mal, soit en HV. J’ai op­té pour des JR, bien en­ten­du en HV, car ce­la per­met de bran­cher en di­rect au ré­cep­teur un Li­po2S ou, mieux, un LiIon 2S.

Un mot sur le LDS : beau­coup d’Al­le­mands ont pré­fé­ré faire une ins­tal­la­tion clas­sique avec des gui­gnols et des pa­lon­niers nor­maux. Ef­fec­ti­ve­ment, le sys­tème d’ori­gine est une ga­geure ! J’y ai pas­sé un week-end en­tier, jour­née et soi­rée à ne faire que ça : ins­tal­ler ces six ser­vos ! Dé­jà, il ne fau­dra pas se trom­per car il y a un cadre par gou­verne, qui est donc lé­gè­re­ment dif­fé­rent de son voi­sin (ques­tion d’épais­seur). J’ai eu un peu de mal aus­si à as­sem­bler le pa­lon­nier de ser­vo, afin de mettre les bonnes ron­delles à la bonne place, de ser­rer la vis (mais pas trop), puis de la blo­quer au frein fi­let pour que ce­la reste sans jeu ni point dur. Ce n’est pas du tout ex­pli­qué dans la no­tice et il faut tâ­ton­ner. Mais le plus dur reste de rac­cor­der l’en­semble à la gou­verne. Oh, c’est juste un axe en corde à pia­no à glis­ser (c’est un peu dur, en plus) dans l’ar­ti­cu­la­tion de l’ai­le­ron ou du vo­let. Le hic, c’est que ça se connecte bien au fond de l’ai­le­ron, sous la lèvre de fer­me­ture de la fente d’ar­ti­cu­la­tion. On ne peut pas don­ner trop d’angle à la gou­verne car ça ne se rac­corde plus, on ne peut pas la fer­mer comme il fau­drait car la pince ne passe plus ! Au­tre­ment dit, il n’est pas exa­gé­ré de pen­ser que c’est du do­maine de l’en­do­sco­pie. En plus, en cet en­droit, la lèvre est hy­per­fra­gile et la peau de l’aile aus­si. L’unique so­lu­tion est de meu­ler d’of­fice la lèvre à la sor­tie de com­mande, sans quoi l’ac­cès est qua­si im­pos­sible. En meu­lant la lèvre, on peut faire un tra­vail plus propre, qui se ver­ra très peu en lisse, ce que j’au­rais dû faire dès le dé­but.

Pour le reste, c’est du gâ­teau ! Dans les deux fu­se­lages, on re­fe­ra la pla­tine ra­dio en fonc­tion des élé­ments à dis­po­ser se­lon le centrage… et la place dis­po­nible. Dans le Mi­ni Car­bo­na­ra, mon sou­ci a été de re­cu­ler au maxi l’ac­cu. Il vient bu­ter sur la clé d’aile, mais il faut aus­si pou­voir le chan­ger, et donc les ser­vos ne doivent pas gê­ner (d’où leur po­si­tion très avant). Mon mo­teur est peut-être un peu lourd, car j’ai dû plom­ber l’ar­rière du pla­neur.

Pour le Chil­li, c’est le contraire ! Mon mo­teur étant plu­tôt lé­ger, il m’a fal­lu avan­cer au maxi l’ac­cu LiPo. Et là aus­si, dé­ga­ger le pas­sage pour re­ti­rer l’ac­cu. Tout ce­la sous-en­tend qu’au mo­ment de l’ins­tal­la­tion ra­dio, on ait une idée as­sez pré­cise de l’em­pla­ce­ment du centre de gra­vi­té…

La com­mande de pro­fon­deur sur le Chil­li est en at­taque di­recte sur une pla­tine, sorte de cas­sette s’em­boî­tant dans le pied de dé­rive. C’est as­sez bien conçu et ac­ces­sible par la dé­rive amo­vible. Pour être sûr que ça ne bouge pas, j’ai juste fait tra­ver­ser une vis de­puis le pied de dé­rive qui main­tient fer­me­ment tout ça en place.

Sur ce genre de pla­neur do­té d’un sta­bi­li­sa­teur mo­no­bloc, il est im­pé­ra­tif d’ôter tout jeu à la pro­fon­deur, avec un su­per ser­vo sans au­cun jeu : ici un MKS 6125 mi­ni (plus fa­bri­qué) avec un UBec MKS pour sup­por­ter le HV du LiIon 2S. Je lui ai ad­joint un pa­lon­nier en alu et sur­tout un cadre de ser­vo « RC so­lu­tions » sur rou­le­ment, dont je n’ai gar­dé que la par­tie du rou­le­ment. Ain­si l’en­semble est ul­tra­ri­gide et sans jeu.

Je suis un peu moins heu­reux du ser­vo de dé­rive, dont la tête pré­sente un peu de jeu.

ALI­MEN­TA­TION RA­DIO

Dans le Chil­li, j’ai mon­té un ac­cu sé­pa­ré : un LiIon Em­co­tec de 2 900 mAh, que j’uti­lise de­puis trois ans à la ré­cep­tion comme à l’émission, et j’en suis par­ti­cu­liè­re­ment sa­tis­fait. Fiable, lé­ger et dis­po­sant d’une grosse au­to­no­mie, il est par­fait. Il se charge sur le pro­gramme « LiPo », en n’ex­cé­dant pas un cou­rant de 1,3 A. Il n’y a même pas be­soin de dou­bler les ac­cus, il est beau­coup plus utile de dou­bler les prises bat­te­rie sur le ré­cep­teur, ce qui per­met de faire face à un mau­vais con­tact. Mon con­cept est de n’avoir au­cun élé­ment – source de panne – entre l’ac­cu et le ré­cep­teur : pas d’in­ter­rup­teur, mais une grosse prise M6 Mul­ti­plex pour al­lu­mer la ra­dio.

Ques­tion au­to­no­mie, j’ai re­mis 200 mA dans l’ac­cu ra­dio après deux vols de 20 mi­nutes : on a de quoi voler toute la jour­née ! Cô­té sé­cu­ri­té, on a de toute fa­çon la ten­sion qui s’af­fiche à la té­lé­mé­trie.

Sur le Mi­ni Car­bo­na­ra, j’ai mis un contrô­leur YEP, ce­lui dont le BEC per­met 12 Ah pour ali­men­ter la ra­dio, ré­glé sur 8 volts, puisque ce sont tou­jours des ser­vos HV. Le

BEC haute puis­sance de ce contrô­leur est la so­lu­tion que je re­tiens de plus en plus pour mes pla­neurs élec­triques jus­qu’à 4 m. L’ex­pé­rience a mon­tré que, même en cas de pro­blème grave sur la pro­pul­sion (mo­teur blo­qué, pro­pul­sion HS), le ré­cep­teur conti­nuait d’être ali­men­té.

RE­CHERCHE DU BON CENTRE DE GRA­VI­TÉ

On vient de voir que du centre de gra­vi­té dé­pend l’im­plan­ta­tion de la ra­dio. Or la marque Valenta a une constante : leurs in­di­ca­tions sont sou­vent i nu­ti­le­ment conser­va­trices. Je dois être à mon 6e ou 7e Valenta, l es cen­trages sont presque tou­jours trop avant. Pour­tant, l’ins­tal­la­tion ra­dio en est tou­jours très dé­pen­dante. Au­tre­ment dit, si on res­pecte le centrage du plan, on va se re­trou­ver avec une ins­tal­la­tion ra­dio à re­faire après les pre­miers vols. Comme à chaque fois, les fo­rums al­le­mands donnent de pré­cieuses in­di­ca­tions et j’en re­lève la va­leur ex­pri­mée la plus ar­rière. Par ex­pé­rience, on peut en­core la re­cu­ler.

Valenta donne pour le Chil­li un centrage entre 100 et 105 mm. Le pre­mier vol a été fait d’of­fice à 107 mm (source forum al­le­mand), pour fi­nir à 109 mm.

Les per­for­mances d’un pla­neur dé­pendent di­rec­te­ment de l a re­cherche du bon centrage, et le fa­meux test du pi­qué n’est pas suf­fi­sant (même s’il donne une bonne base) pour le dé­ter­mi­ner.

Alors, com­ment ré­gler un bon centrage ? Une mo­di­fi­ca­tion de ce der­nier pro­voque obli­ga­toi­re­ment une va­ria­tion du Vé longitudinal : dès que l’on touche à l’un, on doit in­ter­ve­nir sur l’autre ! En fait, le juge de paix, c’est le va­rio et la té­lé­mé­trie. Par temps neutre, il faut trou­ver le meilleur taux de chute, et

alors seule­ment faire l e test de pi­qué. Ce der­nier mon­trant en gé­né­ral que l e pla­neur est trop avant, on re­cu­le­ra le centrage, ce qui va mo­di­fier l e trim de prof. Donc il faut re­cher­cher à nou­veau le meilleur taux de chute, re­faire alors le test de pi­qué, etc. On y passe fa­ci­le­ment plu­sieurs heures, voire plu­sieurs ses­sions de vol ! Mais en­suite, même le pla­neur le plus ba­sique s’en trouve trans­for­mé. C’est alors que l’on af­fi­ne­ra les ré­glages de dif­fé­ren­tiels et autres com­pen­sa­tions (vous ver­rez par exemple que vous n’au­rez plus be­soin de com­pen­sa­tion au mo­teur et moins de dif­fé­ren­tiel aux ai­le­rons).

N’al­lez pas croire non plus que votre pla­neur va de­ve­nir une machine vi­cieuse, c’est exac­te­ment le contraire ! Car il ne s’agit pas de cen­trer ar­rière, mais de BIEN cen­trer. Un pla­neur bien ré­glé vole comme sur des rails, va là où vous vou­lez et vous ren­seigne de fa­çon très ex­pli­cite sur ce qu’il se passe, pour la simple rai­son qu’il n’est plus af­fu­blé d’ef­fets pa­ra­sites. Donc, quand il vous parle, c’est pour une rai­son évi- dente. C’est ce­la l’os­mose avec sa machine.

Ain­si, le Chil­li de­meure d’une gen­tillesse i ncroyable, même quand on le met en dif­fi­cul­té, et le Mi­ni Car­bo­na­ra dé­croche fran­che­ment, certes, mais après l’avoir bien cher­ché, puis le pla­neur retrouve de suite sa ligne de vol.

MOTORISATIONS

Le Chil­li est équi­pé d’un Ha­cker ré­duc­té A40 10S V2 gea­red 6,7 :1. Jusque-là, j’avais plu­tôt l’ha­bi­tude de consta­ter chez ce fa­bri­cant des don­nées très op­ti­mistes, no­tam­ment avec des consom­ma­tions en­vi­ron 30 % de plus qu’an­non­cé. Eh bien là, c’est le contraire : il tourne une plus grande hé­lice, plus vite et en consom­mant moins que pré­vu ! Une 21,5 x 12,5 Graup­ner consomme seule­ment 42 A et une 23 x 12 RFM (ex­cu­sez du peu !) tourne au sol à 5 100 tr/min en consom­mant 61 A. J’uti­lise un contrô­leur YEP 100 A et un ac­cu LiPo Gen Ace 6S 3 700 mAh 60C. Avec un rap­port puis­sance/poids bien su­pé­rieur à 1, sans en faire une fu­sée, ça monte fort – en­vi­ron 10 m/se­conde en moyenne et maxi 12 m/sec – et sur­tout en consom­mant re­la­ti­ve­ment peu. Ain­si, même en uti­li­sant beau­coup le mo­teur pour faire des pas­sages et de la vol­tige, un vol de 20 mi­nutes ne vide la bat­te­rie qu’à moi­tié.

Cet en­semble de pro­pul­sion lé­ger et per­for­mant est donc vrai­ment bien adap­té aux qua­li­tés du Chil­li. En re­vanche, faites un mé­plat sur l’axe mo­teur si vous uti­li­sez un cône Freu­den­tha­ler, pour ne pas ris­quer de perdre l’hé­lice…

La mo­to­ri­sa­tion est com­pa­ra­ti­ve­ment plus lourde sur le Mi­ni Car­bo­na­ra, avec un Hy­pe­rion GS 3032/08, un LiPo 4S 3 000 mAh et une hé­lice RFM 15x8. Ce n’est pas un F5B mais pour un mo­dèle de loi­sir, ça grimpe fort et ça convient bien au ca­rac­tère du pla­neur qui est, comme on va le voir, plu­tôt du genre dé­mons­tra­tif ! Mal­heu­reu­se­ment, ce mo­teur n’étant plus dis­po­nible, je vous orien­te­rais sur un mo­teur ré­duc­té, comme le Po­lyTec 500-30 avec une 17 x 10 pour com­men­cer et un LiPo 4S. Autre op­tion, tou­jours en 4S, un mo­teur plus lé­ger comme le Po­ly-Tec 490-23, ce qui évi­te­ra de mettre du plomb à l’ar­rière du pla­neur, comme j’ai dû le faire. Dans les deux cas je suis très content des motorisations choi­sies.

DU BIENFAIT DES PHASES DE VOL

J’aime les pla­neurs plu­tôt neutres et ré­ac­tifs. Le genre qui on­dule tout le temps, plein d’ef­fets pa­ra­sites et à qui on doit en­voyer un fax quand on veut en­ta­mer une fi­gure, ce n’est pas le genre de la mai­son… Mon style de pilotage est du genre hé­li­co, c’est-à-dire très fin, très an­ti­ci­pé, mais avec beau­coup de dé­bat­te­ment en ré­serve quand il y en a be­soin. Aus­si ai-je l’ha­bi­tude de mettre le maxi pos­sible par­tout, puis de ré­gler mes dif­fé­ren­tiels et mes com­pen­sa­tions di­rec­te­ment en vol. Mer­ci Mul­ti­plex !

Trois phases de vol sont né­ces­saires, que ce soit d’ailleurs sur un pla­neur en mousse ou sur une machine à 3 000 eu­ros. Une po­si­tion « ther­mique », une po­si­tion « nor­mal » ou « tran­si­tion » et une po­si­tion « vi­tesse » ou « acro ». De cha­cune de ces phases de vol

dé­pendent un ré­glage de dif­fé­ren­tiel propre, ex­po et dé­bat­te­ment itou, et sur­tout la cour­bure de l’aile avec son trim de pro­fon­deur ad hoc. Le but est d’ob­te­nir trois com­por­te­ments dis­tincts en fonc­tion du type de vol et des con­di­tions. Et bien en­ten­du, que chaque état soit op­ti­mi­sé au mieux.

Ain­si, le mixage ai­le­rons vers vo­lets est sup­pri­mé en po­si­tion « ther­mique » afin de ne pas dé­for­mer le pro­fil en spi­rale. Le trim de pro­fon­deur est mé­mo­ri­sé d’une phase de vol à l’autre, ce qui per­met de bien grat­ter, d’ac­cé­lé­rer en « nor­mal » pour tran­si­ter, ou même d’avoir un com­por­te­ment bien plus neutre en po­si­tion « acro ». Il est bien en­ten­du que tous ces ré­glages va­rient en fonc­tion du centrage. Un centrage avant obli­ge­ra à avoir plus de dif­fé­ren­tiel, plus de com­pen­sa­tion au mo­teur, etc. Au ni­veau er­go­no­mie sur votre ra­dio, le manche des gaz doit être at­tri­bué aux aé­ro­freins cro­co­diles, le mo­teur est pas­sé sur un in­ter deux ou trois po­si­tions (deux po­si­tions avec un « slow » de 1,2 se­conde pour ma part) et les phases de vol sur un in­ter trois po­si­tions qui doit éga­le­ment tom­ber na­tu­rel­le­ment sous le doigt.

Cô­té mixages, le taux de rou­lis étant ex­cellent sur les deux pla­neurs, nul be­soin des vo­lets in­té­rieurs pour faire ai­le­rons. En re­vanche, comme le Chil­li pos­sède des vo­lets ex­té­rieurs, ils viennent en ajout des ai­le­rons (avec un dif­fé­ren­tiel plus im­por­tant pour les vo­lets ex­té­rieurs), ce qui donne une pro­por­tion d’ai­le­rons de 2/3 d’en­ver­gure, comme un pla­neur vol­tige ! Par contre, leur ac­tion est au­to­ma­ti­que­ment cou­pée en mode « Ther­mique », pour ne pas dé­for­mer le pro­fil sans ar­rêt, le pla­neur conser­vant bien as­sez de ré­pon­dant en spi­rale avec ses ai­le­rons ex­té­rieurs seuls. Le mixage snap-flap (prof => vo­lets) n’est utile que sur le F3F, et en­core pour vrai­ment faire des bases ser­rées. Sur le Chil­li, on trou­ve­ra meilleur avan­tage à tra­vailler sur les dif­fé­ren­tiels en fonc­tion des phases de vol, d’où le très grand in­té­rêt de pou­voir les mo­di­fier en l’air. Je ne re­lève pas les bords de fuite en po­si­tion « acro », car le pla­neur ac­cé­lère suf­fi­sam­ment et le vol dos n’en a pas da­van­tage be­soin.

Le sys­tème LDS per­met d’avoir de très bons dé­bat­te­ments, alors pro­fi­tons-en (ce qui n’em­pêche pas d’être fin en ré­glages). Ain­si les cro­cos et les ai­le­rons sont re­dou­ta­ble­ment ef­fi­caces sur les deux ma­chines. Je n’ai mis au­cun ex­po sur le Chil­li, on peut en mettre un peu aux ai­le­rons du Mi­ni Car­bo­na­ra.

EN CONCLU­SION

Avant de se lan­cer dans l’achat de ces fan­tas­tiques ma­chines, il faut se po­ser la ques­tion de ce que l’on sou­haite en faire afin de les uti­li­ser cha­cune dans leur cré­neau. Si le but est de voler fort en VDP, ne pre­nez pas un Chil­li, car le Mi­ni Car­bo­na­ra en­voie du lourd… Certes, les grands pla­neurs ca­pables de dé­pas­ser en sé­cu­ri­té les 300 km/h coûtent deux fois plus cher, mais ce n’est pas par ha­sard non plus. Si vous sou­hai­tez voler très loin et très haut, il vous fau­dra une bonne vue car, avec son fu­se­lage fin, il ne se­ra pas très vi­sible à longue dis­tance. En re­vanche, pour voler dans l’es­pace lé­gal d’un club, pour voler en pente par pe­tit temps ou faire du VTR, le Chil­li est juste fa­bu­leux. C’est un pla­neur fa­cile, d’au­tant plus qu’il est bien cen­tré. À par­tir de là, il vole tout seul en étant très per­for­mant. Mais on peut aus­si al­ler beau­coup plus loin dans l’optimisation, et c’est ce­la qui est in­té­res­sant. Si vous cra­quez pour le Chil­li, payez-vous le fu­se­lage du Mi­ni Car­bo­na­ra, ça vous fe­ra deux pla­neurs en un, par­fai­te­ment ad­dic­tifs dans cha­cun de leur do­maine ! Leur dua­li­té est par­faite. Voi­là tout le mal que je vous sou­haite !

Pierre Al­ban vous pro­pose de dé­cou­vrir deux pla­neurs de la gamme Valenta : le Chil­li et le Mi­ni Car­bo­na­ra. Pour­quoi ces deux-là ? Très simple, les ailes du Mi­ni Car­bo­na­ra (3 m) uti­lisent les pan­neaux ex­té­rieurs des ailes du Chil­li (4,7 m) !

1 La pla­tine de pro­fon­deur du Chil­li, où tout est fait pour sup­pri­mer tout jeu pos­sible. Ré­sul­tat : une pré­ci­sion au cran de trim près… 2 La dé­rive en­tière du Chil­li est dé­mon­table. À l’usage, c’est fiable, so­lide et sans jeu. 3 Dé­rive du Chil­li dé­mon­tée, on dé­couvre les sys­tèmes ca­chés : la vis de fixa­tion de la dé­rive, sa com­mande et la cas­sette du ser­vo de pro­fon­deur. 4 Le sys­tème LDS et les cadres de ser­vos sont in­clus dans le kit : l’ins­tal­la­tion n’est pas ai­sée, mais in­vi­sible en­suite. 5 Les ai­le­rons vont jus­qu’aux ex­tré­mi­tés : c’est moins fra­gile que des sau­mons qui re­viennent, plus ef­fi­cace en rou­lis et tout aus­si gen­til en spi­rale. 6 Les clés d’ailes ne souffrent pas la mé­dio­cri­té ! Elles pour­ront re­ce­voir des bal­lasts pour adap­ter les mo­dèles aux con­di­tions de vol (jus­qu’à 900 g). 7 Sur le Chil­li, l’ac­cu Rx LiIon 2 900 mAh est pla­cé au ni­veau des ailes. On voit ici le pro­fi­lé PVC qui se­ra col­lé dans le fu­se­lage, re­ce­vant ain­si l’ac­cu. 8 Tou­jours sur le Chil­li : l’ac­cu Rx est fa­cile à pla­cer dans son lo­ge­ment. En le dé­pla­çant, on peut jouer fi­ne­ment sur le centrage. On no­te­ra le fu­se­lage en Kev­lar et le renfort en car­bone. 9 Chil­li : l’ac­cu de pro­pul­sion LiPo 6S 3 700 mAh en place, dont le lo­ge­ment a été adap­té à sa me­sure. À no­ter les prises M6 Mul­ti­plex, ser­vant à bran­cher en di­rect la ré­cep­tion à l’ac­cu LiIon 2S. 10 La pla­tine ra­dio du Mi­ni Car­bo­na­ra, l’ac­cu LiPo 4S 3 000 mAh pre­nant place juste der­rière, en ap­pui sur la clé d’ailes. Là aus­si, le fu­se­lage est réa­li­sé en kev­lar. 11 De par un mo­teur un peu lourd, il a fal­lu plom­ber au maxi­mum la queue du Mi­ni Car­bo­na­ra avec des billes de plomb noyées dans la ré­sine. 12 Le Chil­li mé­rite bien les housses sur me­sure de RC-Ta­schen !

Non, ce n’est pas le der­nier asy­mé­trique de Valenta Model ! L’as­sem­blage ain­si réa­li­sé per­met juste de mon­trer la com­pa­ti­bi­li­té des élé­ments…

Le Chil­li est une su­perbe machine tout com­po­site. Avec sa géo­mé­trie (di­èdres, grand bras de le­vier, dé­rive im­mense), on com­prend qu’il soit stable.

Un cha­riot est pra­tique pour faire dé­col­ler le Chil­li en sé­cu­ri­té, bien que le mo­dèle se lance fa­ci­le­ment avec cette puis­sante mo­to­ri­sa­tion. L’en­vol se fait en quelques mètres, la trac­tion sta­tique est de l’ordre de 9 kg !

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