CI­TRIN DE OXAI / AE­RO­BER­TICS

La Rolls des bi­plans de vol­tige

Modèle Magazine - - SOMMAIRE - Texte : Hervé Mou­ri­choux Pho­tos : Mo­nique Mou­ri­choux

Le Ci­trin est un avion ARTF en­tiè­re­ment en struc­ture bois en­toi­lée à l’Ora­co­ver. Tout est pen­sé pour avoir la cel­lule la plus lé­gère pos­sible, sans avoir re­cours à une pro­fu­sion de car­bone. Le fu­se­lage est très ajou­ré avec un sup­port de l’aile su­pé­rieure très fin et com­plè­te­ment in­té­gré au fu­seau. Deux trous ta­rau­dés vont ser­vir de point de fixa­tion cen­tral. L’ac­cès à l’in­té­rieur se fait par trois trous : le lo­ge­ment de l’aile in­fé­rieure, la bulle, ou une trappe sur le des­sus, juste der­rière le capot mo­teur. L’ac­cès sous la bulle ne pré­sente pas grand in­té­rêt, l’ac­cès par l’avant est dé­dié au lo­ge­ment de l’ac­cu de pro­pul­sion alors que la ra­dio se po­si­tionne au ni­veau de l’aile. C’est clair et simple.

Le capot mo­teur est en fibre de verre peinte, avec les points de fixa­tion en place. On re­marque au pas­sage le tra­vail de dé­co­ra­tion, avec des fi­lets par­fai­te­ment ali­gnés entre le capot mo­teur et les flancs du fu­se­lage. Le train d’at­ter­ris­sage en alu­mi­nium est en deux par­ties à bou­lon­ner clas­si­que­ment sous le fu­seau. Les roues de 50 mm et les petits ca­ré­nages sont bien sûr four­nis. La bulle est en fibre de verre peinte, à fixer sur le fu­se­lage. À l’in­té­rieur de ce der­nier, on trouve une pla­tine ra­dio avec deux lo­ge­ments pour des ser­vos au for­mat mi­ni (pour la pro­fon­deur et la dé­rive). À l’avant, il y a une pla­tine pour fixer l’ac­cu de pro­pul­sion (LiPo 6S).

Le sta­bi­li­sa­teur, d’une pièce, est à col­ler (son lo­ge­ment est dé­cou­pé dans le fu­se­lage). Il pos­sède un di­èdre in­verse im­pres­sion­nant, à l’image des vol­ti­geurs F3A des an­nées 80 avec une mode lan­cée par Han­no, Pret­ner et le lé­gen­daire Cu­rare (les plus an­ciens se sou­vien­dront…). Les deux gou­vernes de pro­fon­deur sont à ar­ti­cu­ler. Le vo­let de dé­rive pos­sède une forme par­ti­cu­lière, avec une épais­seur qui aug­mente au bord de fuite : c’est une par­ti­cu­la­ri­té des mul­tis F3A pour amé­lio­rer l’ef­fi­ca­ci­té de cette gou­verne.

Les deux ailes sont cha­cune d’une pièce, en struc­ture par­tiel­le­ment cof­frée, et ont un pro­fil fin. Elles sont très ef­fi­lées avec une double flèche po­si­tive au bord d’at­taque et né­ga­tive au bord de fuite. Chaque ai­le­ron est mu­ni d’un ser­vo : il en fau­dra donc

quatre, au ga­ba­rit mi­cro. L’aile su­pé­rieure pos­sède un di­èdre né­ga­tif, avec un des­sous plat. Pour l’aile in­fé­rieure, c’est l’in­verse : l’ex­tra­dos est plat, avec un di­èdre po­si­tif à l’in­tra­dos. Les hau­bans ri­gides sont en bois, avec un sys­tème de fixa­tion ori­gi­nal que je dé­taille­rai au cours du mon­tage.

Ar­rê­tons-nous sur la dé­co­ra­tion par­ti­cu­liè­re­ment tra­vaillée de l’aile : c’est une suc­ces­sion d’ara­besques à do­mi­nante rouge sur fond blanc, le ré­sul­tat est ma­gni­fique.

L’en­semble de l’ac­cas­tillage est four­ni (vis au pas mé­trique). Après cette prise de con­tact en­cou­ra­geante, il me dé­mange d’at­ta­quer l’as­sem­blage !

Le mo­teur bru­sh­less pré­co­ni­sé est un Ha­cker A50-16S, équi­pé de son contrô­leur Ha­cker X-70SB-Pro. J’ai op­té pour un en­semble plus clas­sique et plus abor­dable : un Jo­ker 5050-9 (KV430) équi­pé d’un contrô­leur Hob­by­wing 80A. Cô­té ser­vos, j’ai choi­si des Hi­tec HS81 pour les ai­le­rons et des Hi­tec HS225 BB pour la pro­fon­deur et la dé­rive. L’ali­men­ta­tion se­ra as­su­rée par le Bec du contrô­leur. L’ac­cu de pro­pul­sion est un LiPo 6S 5 300 mAh de marque Op­ti­po­wer.

MON­TAGE PLU­TÔT RA­PIDE

J’at­taque par le col­lage des char­nières souples des ai­le­rons : si vous mon­tez les pe­tites cloi­sons en bout d’aile (j’ai pris l’op­tion de ne pas l es mon­ter), il faut bien dé­ca­ler la po­si­tion des ai­le­rons vers l’em­plan­ture. Puis on passe au mon­tage des mi­cro-ser­vos dans les ailes. At­ten­tion au choix de ces ser­vos car la pro­fon­deur est comp­tée : entre le des­sous de la patte de fixa­tion et le bas du boî­tier, la cote maxi de­vra être de 19 mm. Au-de­là, vous tou­chez le cof­frage de l’ex­tra­dos. J’ai dû agran­dir les lo­ge­ments pour que mes HS81 rentrent : il s ne sont pour­tant pas gros. Les ser­vos dé­passent pas mal à l’in­tra­dos : ça ne se voit pas trop mais, en les cou­chant, ils au­raient été com­plè­te­ment in­té­grés dans l’épais­seur des ailes.

Les fils des ser­vos sont ti­rés jus­qu’au centre de l’aile. Vous avez deux options : gar­der une voie par ser­vo ou f aire une

connexion avec une ral­longe en Y. C’est l’op­tion que j’ai re­te­nue avec au fi­nal les quatre ai­le­rons re­liés sur une seule voie du ré­cep­teur. C’est la so­lu­tion la plus simple mais elle pré­sente un in­con­vé­nient : on ne peut pas ré­gler de dif­fé­ren­tiel (dé­bat­te­ment vers le bas dif­fé­rent du dé­bat­te­ment vers le haut).

Les gui­gnols en com­po­site sont à col­ler dans chaque ai­le­ron. At­ten­tion, il y a deux types de gui­gnols, qui sont bien dif­fé­ren­ciés dans la no­tice : ceux des ai­le­rons sont les plus grands. Les com­mandes sont des CAP (corde à pia­no) de 2 mm, fi­le­tées d’un cô­té pour vis­ser une chape à boule : elle se­ra cô­té ser­vo alors que l’autre cô­té se­ra confié à une at­tache ra­pide, type do­mi­no.

On peut maintenant mon­ter les ailes sur le fu­seau pour s’oc­cu­per des hau­bans. L’aile in­fé­rieure se fixe avec deux te­nons en bord d’at­taque et une vis M3 à l’ar­rière. L’aile su­pé­rieure a deux points de fixa­tion sur la ca­bane avec de longues vis (M3 éga­le­ment). La ral­longe des ai­le­rons de l’aile su­pé­rieure passe par l’in­té­rieur de la ca­bane : c’est in­vi­sible mais étri­qué ! Je suis content d’avoir une seule prise à bran­cher…

In­té­res­sons-nous maintenant aux hau­bans. Ils sont étranges car cha­cun d’eux est consti­tué de trois mor­ceaux qui semblent ar­ti­cu­lés. En fait, il n’en est rien. Sur les trois mor­ceaux, deux sont col­lés dans les ailes avec une fixa­tion par une CAP qui tra­verse les élé­ments. Il faut col­ler les pieds de hau­ban dans les ailes, dans les lo­ge­ments dé­jà faits. C’est tout mon­té que je fais ces col­lages, pour ga­ran­tir la bonne géo­mé­trie de l’en­semble (qui se­ra contrô­lée avant). Une fois que vous avez compris com­ment ça marche, c’est simple et tout sim­ple­ment gé­nial à l’usage, nous y re­vien­drons.

On peut maintenant col­ler le sta­bi­li­sa­teur. Il y a un peu trop de jeu dans le lo­ge­ment du fu­se­lage, ce qui im­pose de main­te­nir le sta­bi­li­sa­teur en place pen­dant le col­lage (si­non il pour­rait se po­si­tion­ner de tra­vers). Les ser­vos de dé­rive et de pro­fon­deur sont dis­po­sés dans le fu­se­lage sur la pe­tite pla­tine ac­ces­sible par l’ou­ver­ture de l’aile in­fé­rieure. Les lo­ge­ments sont trop grands pour mes mi­ni-ser­vos : j’ai dû ajus­ter un sup­port in­ter­mé­diaire col­lé sur la pla­tine. La dé­rive est ani­mée par un câble al­ler/re­tour. Pour la pro­fon­deur, il faut confec­tion­ner une com­mande avec une âme en bois dur sur la­quelle on colle, aux ex­tré­mi­tés, des CAP fi­le­tées. C’est une tech­nique que l’on uti­li­sait il y a long­temps… et qui a fait ses preuves. Les deux gou­vernes de pro­fon­deur étant re­liées à cette com­mande, il faut donc un seul ser­vo.

Il reste le mo­teur à mon­ter. Le capot étant ajus­té, il faut as­su­rer une cote de 90 mm entre le pla­teau de l’hé­lice et le couple pa­re­feu. J’ai fixé l e mo­teur en face ar­rière sur sa croix, l ’en­semble étant mon­té sur des tiges fi­le­tées de 5 mm so­li­de­ment bou­lon­nées. Je peux ain­si po­si­tion­ner l e mo­teur avec pré­ci­sion et re­tou­cher fa­ci­le­ment si be­soin l’an­ti­couple par exemple. Un cône de 58 mm vient mettre l a touche fi­nale au mon­tage. Le poids, avec un ac­cu LiPo 6S de 5 300 mAh, est de 3 210 g. Le centrage, à 90 mm du bord d’at­taque de l’aile i nfé­rieure, est ob­te­nu en dé­pla­çant l’ac­cu de pro­pul­sion.

Le mon­tage du mo­dèle s’est éta­lé sur trois se­maines. Les seuls points né­ces­si­tant un peu plus d’at­ten­tion sont les col­lages du sta­bi­li­sa­teur et des hau­bans.

Le bi­plan est sou­vent vu, à juste titre, comme long et fas­ti­dieux à mon­ter sur le ter­rain. Le Ci­trin échappe à cette règle : il y a trois vis à ser­rer et quatre CAP à en­fi­ler pour avoir un avion prêt à voler. L’as­tu­cieuse fixa­tion des hau­bans est une vraie bonne sur­prise : j’avais peur d’avoir des dif­fi­cul­tés pour ali­gner les lo­ge­ments et en­fi­ler les axes. Il n’en est rien et, une fois l’aile en place, il suf­fit d’une poi­gnée de se­condes pour que les deux hau­bans soient fixés.

BRILLANT ET AT­TA­CHANT

Le Ci­trin est une belle réus­site : une ligne et une dé­co­ra­tion au top, une concep­tion et une construc­tion maî­tri­sées et des ca­rac­té­ris­tiques de vol im­pres­sion­nantes sont les élé­ments d’une co­pie sans faute. Le Ci­trin est une machine à voler dans la pure tradition d’une vol­tige aca­dé­mique. À consom­mer sans mo­dé­ra­tion, mer­ci Mr Matt !

Pro­po­sé par le ma­ga­sin Ae­ro­ber­tics, le Ci­trin 50 de Oxai est un bi­plan de vol­tige de type F3A fa­cile à pi­lo­ter et très per­for­mant.

Le mon­tage sur le ter­rain est ra­pide, grâce à des fixa­tions as­tu­cieuses des hau­bans. Le Ci­trin 50 n’est pas un pe­tit mo­dèle et le vo­lu­mi­neux fu­se­lage pa­raît énorme par rap­port aux ailes très fines. La dé­co­ra­tion se ré­vèle très tra­vaillée.

Les lignes du Ci­trin sont ma­gni­fiques : on di­rait un ra­cer, avec une im­plan­ta­tion de l’aile su­pé­rieure très basse qui ren­force l’agres­si­vi­té.

Le kit ARTF est très com­plet avec les deux ailes d’une pièce et un fu­se­lage très ajou­ré.

Au-de­là d’une ligne et d’une dé­co­ra­tion ma­gni­fiques, le Ci­trin est un re­dou­table vol­ti­geur, ca­pable d’en­chaî­ner avec pré­ci­sion les fi­gures les plus éla­bo­rées.

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